Idolâtrie

Articles à venir

(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
*Saison parisienne 08/09
*Mats Ek à Garnier
*Félicity Lott au Châtelet
*Porgy & Bess à l'Opéra Comique
*I Capuletti à Bastille
*Don Carlos à Bastille
*Falstaff au TCE
*Signes à Bastille


*Portrait de Silvia Tro Santafé
*Portrait de Max Cencic
*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci

 

*Destructive Aria
*L'impératrice du Pérou

Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!! 

La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Représentations
Lundi 26 mai 2008
par Licida
Rossini, Elisabetta, regina d’Inghilterra
Drama per musica en deux actes (Naples 1815)
Livret de Giovanni Federico Schmidt

Elisabetta : Marguerite Krull
Leicester : Gregory Kunde
Matilde : Anna Maria dell'Oste
Norfolc : Antonino Siragusa
Enrico : Blandine Staskiewicz
Guglielmo : Yves Saelens

Choeur et Orchestre Symphonique de la Monnaie
Direction musicale, Julian Reynolds

Paris, Salle Pleyel, le 13 avril 2008

Le temps qu'il m'a fallu pour publier cet article est à la mesure de la déception ressentie suite à l'annulation d'Anna-Caterina Antonacci dans le rôle titre (ça commence bien hein?!). J'aime bien cet opéra qui est loin d'être le plus raffiné ou original de Rossini, c'est même une écriture assez automatique mais interprété par de vraies bêtes de scène avec des moyens vocaux conséquents, le show fonctionne parfaitement, en résumé c'est une oeuvre très efficace à défaut d'être géniale.



Le plateau était plutôt alléchant, surtout pour qui connait les témoignages rossiniens de la grande Anna-Caterina, plus callassienne que jamais dans ce repertoire tant dans la vocalisation "liée" (et non "hachée" comme Horne ou Bartoli, technique tout aussi défendable, n'allez pas croire que je mette l'une au dessus de l'autre) que dans la déclamation et le port de la tragédienne. Pour ceux qui ne connaissent toujours pas, je conseille fortement son Ermione (live de Rome 1991 plutot que DVD de Glyndenbourne), son Mose in Egitto (live de Londres 1994), sa Donna del Lago (live de Gênes 2001) et évidemment son Elisabetta (live de Naples 1991). Mais bon Antonacci n'était pas là ce soir, alors cessons de remuer le couteau dans la plaie.

Toutes les conditions étaient pourtant réunies pour que la soirée soit réussie: l'Orchestre Symphonique de la Monnaie dirigé tambour-battant par Julian Reynolds brillait par sa rutilance, rien qui ne sorte des sentiers battus mais les musiciens faisaient preuve de suffisamment de professionalisme et d'enthousiasme pour placer cette version dans le haut du panier.

Blandine Staskiewicz en Enrico, quel luxe... totalement inutile, tant le rôle est embryonaire, deux récitatifs et hop, tu peux te rasseoir en attendant le choeur final. D'autant que dans ces deux récitatifs Blandine faisait preuve de bien plus de prestance que la reine de la soirée, mais bon... On ne pourra pas en dire plus long sur le Guglielmo d'Yves Saelens, je crois me souvenir que Rossini a gratifié le rôle d'un air totalement insignifiant.

Passons donc aux vrais rôles: nos deux ténors furent les stars de la soirée. Gregory Kunde que les mauvaises langues ne cessent de déclarer fini a fait preuve d'une hargne, d'un élan vocal et d'une présence en scène absolument ravageurs; certes la voix accuse quelques faiblesses dans les extrêmes de la tessiture et l'air suinte souvent dans les vocalises rapides, mais cela se tient encore admirablement avec bien plus de personnalité qu'un Florez par exemple et surtout bien plus de classe qu'un Schicoff (oui quand je dois taper sur un ténor c'est toujours sur lui, je le reconnais, mais c'est à la mesure de la prétention du type). En méchant Norfolc Antonio Siragusa est aussi excellent que dans le disque avec Jennifer Larmore (version de référence à mes oreilles, je recommande fortement): j'ai rarement entendu une voix aussi puissante, franche et assurée et ce qui pouvait sembler un peu violent pour le prince amoureux dans La Cenerentola est ici idéal. Evidemment rien ne lui résiste et l'on ne sait plus quoi louer, les notes longuement tenues, le souffle inépuisable, la caractérisation manichéenne à souhait qui vient irriguer chaque note, voilà un ténor rossinien idéal. Alors quand nos deux bonhommes chantent leur duo, la salle est en liesse et c'est parti pour le bis!

Un peu en retrait par rapport à ces deux bêtes de scène, Anna Maria Dell'Oste a tout de même chanté une Matilde pleine d'humilité et de noble pudeur dans l'émotion, ce n'est jamais bluffant vocalement mais le personnage fonctionne pleinement et, encore une fois, fait preuve de plus de noblesse que la reine. La reine Elisabetta interprétée par Marguerite Krull donc... je sais bien qu'il ne faut pas tirer sur l'ambulance, qu'il n'a pas du être facile de trouver une remplaçante pour toute la série, mais cette chanteuse s'est tout de même batti une réputation de rossinienne et à déjà chanté le rôle à Buenos Aires. On ne peut lui en vouloir d'avoir accepter ce remplacement prestigieux, mais elle n'est clairement pas au même niveau que ses collègues... et à défaut d'une Larmore dans l'idéal, j'aurai donné cher pour que cela soit Staskiewicz qui remplace Antonacci. M'enfin... l'interprétation de Marguerite Krull est difficilement défendable: elle n'a pas la tessiture du rôle, savonne les vocalises, joue les princesses de cour de récré (c'est de qui l'idée du diademe de Miss??!!), sa confrontation avec Matilde est particulièrement pénible, l'entendre crier hystériquement "Custodie!" comme d'autres crient "Maîtresse!". Bref elle n'a rien d'une reine ni dans le port ni dans la voix, ce qui est tout de même gênant pour un opéra qui repose avant tout sur ses épaules. Et puis cette façon de faire croire qu'elle est encore dans l'hallucination de son rôle cinq minutes après la dernière note, je trouve ça  prétentieux, surtout pour du Rossini, faut pas déconner, ça ne demande pas une investissement psychologique abyssal!

Bref une soirée qui aurait pu être excellente avec une vraie reine à la tête de tout ce beau monde.

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publié dans : Radio & Tv
Samedi 24 mai 2008
par Caroline
Semaine du 24 au 30 mai :
 
 
 
TELEVISION:
                       
 
        ¤¤  Concours Reine Elisabeth 2008 (Bxl, le jour même) : samedi 24 à 22h30  (ARTE)
Finale et résultats
                       
 
        ¤¤  Haendel: Feux d'artifices royaux (Proms 2007) : dimanche 25 à 19h  (ARTE)
I. Bostridge; Kate Royal - Orchestre baroque de Fribourg et l'Orchestre de l'Âge des Lumières
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: Tétralogie romantique (3) : samedi 24 à 18h  (FM)
 
 
        ¤¤  Les Rustres de Wolf-Ferrari (Toulouse, février 08) : samedi 24 à 19h30  (FM)
Dir.: D. Callegari - [voir article du Bajablog]
 
 
        ¤¤  Histoires de musique: les musiciens de Shakespeare (4) Falstaff : dimanche 25 à 19h07  (FM)
Acte II du Falstaff de Verdi. 
Par F. Reiner (N.Y. , 1949) avec L. Warren, G. Valdengo, G. di Stefano, R. Resnick, L. Albanese à 20h07
 
 
        ¤¤  Le matin des musiciens: La figure de Don Quichotte : de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
 
 
        ¤¤  Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach : lundi 26 à 21h  (Radio Classique)
K. Nagano - Alagna, Dessay, Van Dam, Vaduva, S. Jo....
 
 
        ¤¤  Concert de Deborah Polaski (Bastille, mai 08) : mardi 27 à 16h  (FM)
Dir.: T. Hengelbrock - Berlioz: Mort de Cléopâtre / Liszt: Héroïde funèbre / Wagner: Götterdämmerung, final de Brünnhilde
 
 
        ¤¤  Un mardi idéal : mardi 27 à 20h  (FM)
Avec S. Guèze, J. Corréas et Les Paladins...
 
 
        ¤¤  Concert de Philippe Jaroussky (TCE, mai 08) : jeudi 29 à 16h  (FM)
Programme Haendel / Mozart - Dir.: J. Rhorer - Le Cercle de l'Harmonie
 
 
        ¤¤  Porpora: Salve Regina / Cherubini: Chant sur la mort de Haydn / Schubert: Messe en si bM (St-Denis, en direct) : jeudi 29 à 20h30  (FM)
R. Muti - G. Kühmeier, E. Garanca, T. Lehtipuu, H. Lippert, L. Pisaroni
 
 
        ¤¤  Samson de Haendel : dans la nuit de vendredi à samedi à 4h du matin  (FM)
Harnoncourt - voir 'Vivace'
 
 

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publié dans : Artistes
Dimanche 18 mai 2008
par Licida

A présent voilà la liste des représentations et concerts que j'ai pu écouter ou auxquels il m'a été donné d'assister. Etrangement toutes ces bandes non publiées la montrent souvent sous un jour différent de celui que laissent percevoir ses disques, souvent des oeuvres sacrées ou des disques qu'elle a enregistrés jeune et moins assurée. Voici donc de nombreux concerts avec plus d'oeuvres du XVIIIème que dans sa discographie, et donc des oeuvres qui font appel à une tessiture plus étendue et exige des tempéraments plus excessifs, bref tout ce qu'il faut pour mettre en valeur notre héroïne.
Tous les extraits illustrés de tableaux sont tirés de la chaine de
Crindoro sur Youtube.

 





*Bach, Messe in B minor - Dantone (Ravenne)

 


*De Majo, Gesu sotto il peso della croce - Biondi (Rome)

Clément: c'est une très belle œuvre, et Invernizzi y chante une Vierge magnifique de noblesse douloureuse et véhémente. Sa façon de rendre expressifs les ornements de son air "Sul doloroso monte" est poignante. J'ajoute que Cirillo est vocalement très à l'aise dans le mezzo de Maddalena, et que Carlo Allemano est comme souvent étonnant d'éloquence.

 


*Galuppi, L'Olimpiade - Marcon (Venise)

Encore une superbe résurrection que l'on doit à l'infatigable et excellent Marcon: même si le plateau n'est pas idéal (beaucoup sont dépassés par les difficultés redoutables de la partition), l'orchestre est déchainé et malgré le son lointain, on est captivé, surtout par cet acte II presque tout en fureur. C'est dans cet acte qu'Invernizzi chante le grand air de tempête d'Argene, rajouté par Galuppi. C'est juste incroyable: tout y est, je vous laisse juges.


*Handel, Partenope - Florio (Villette)

Un souvenir inoubliable, j'en étais revenu délirant. Voilà ce que j'en avais écris à l'époque: "Roberta Invernizzi est une Partenope pour laquelle j'aurai presque voulu être un quatrième soupirant (c'est dire!). Non seulement sa voix est splendidissime, avec des flambées de vocalises et des aigus scintillants au dessus d'un medium corsé, avec une aisance confondante, mais en plus c'est vécu d'un bout à l'autre: les récitatifs étaient, grace à elle et Prina, absolument captivants, on s'y croyait  Son "L'amor ed il destin" cranait fièrement et légitimement, j'ai écrasé une petite larme après son "Voglio amare"... je ne vais pas m'amuser à tous les citer mais j'epsère que la radio diffusera cette performance: c'est bien simple pour moi avec Gauvin, Piau et Kalna, c'est la plus grande soprano handelienne actuelle. A l'article des reproches, je comprend que l'on puisse se lasser des ces incessantes volutes vocales, qui si elles n'ont rien de scolaire seraient assez identiques entre elles et répetitives, n'etait l'investissement psychologique d'une finesse remarquable qui vient transcender le luxe vocal." Malheureusement, je n'ai jamais réussi à trouver la moindre trace audio de ce concert mémorable.



*Handel, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno - Spering (Hildesheim)

Une splendeur incomparable, le "Lascia la spina", de très beaux airs du Piacere mais le rôle est trop grave pour elle, et le ratage du "Come nembo" est total: problèmes de respiration, vocalises mécaniques et survolées, il n'y aura même pas de da capo. En plus de la tessiture du rôle (que seule un mezzo colorature possède: Ernman, Bartoli, Hallenberg...), je pense qu'elle a du mal à suivre Spering, chef à la baguette parfois trop vive et qui la soutient mal (elle a le même problème dans Il Ritorno di Tobia avec le même chef dont la vitesse la force à survoler certaines vocalises). Dans le même oratorio, elle a aussi chanté Belleza et elle doit y être beaucoup plus à sa place.

 




*Monteverdi, Orfeo - Dantone (Cremone)



*Mozart, Regina caeli & Davide penitente - Harnoncourt (Graz)

Pas la peine de se lecher les babines, Harnoncourt lui a confié le rôle de second soprano, elle ne chante donc que des airs mineurs où elle est sous employée, dommage, même si Hartelius fait du très bon boulot par ailleurs.



*Pergolesi, Il Flaminio - Dantone (Beaune)

Très bon, elle fait montre ici de toute l'experience qu'elle a acquise auprès de Florio dans l'interprétation d'intermezzi et d'oper buffa; la partition expose donc plus ses talents d'actrice que de virtuose.



*Piccinni, Didone abandonata - Florio (Paris)

Encore une résurrection: de très beaux airs, mais Piccini n'est pas mon compositeur favori à cette époque et j'ai du mal à écouter le tout continument, toute cette luxuriance est finalement assez lassante, d'autant que le plateau assez sage n'aide pas forcément. Invernizzi est une très bonne Didon, mais j'ai trouvé son air d'entrée encore meilleur lors du concert Sachini et Piccini de Versailles, je ne peux donc m'empêcher de penser qu'elle y serait encore meilleure aujourd'hui. Ce récital est sorti en cd, mais voilà la vidéo du da capo de l'air en question.

 






*Scarlatti, La Santissima Annunziata - Biondi (Paris)

Absolument boulversant! Elle a parfaitement compris que toute la force de la musique de Scarlatti était dans la retenue et l'impact dramatique. Sa vierge est donc extrêmement digne, aussi humble que puissante au milieu de ces allégories. Son air final, angoissé, conscient, chaotique et franc est à l'image de toute cette prestation hallucinante (je mets ici un extrait du live de Cracovie à la prise de son plus proche de la réalité en salle que celle de Paris).

Lors du concert de Cracovie.



*Scarlatti - La Vergine dei dolori - Biondi (Vienne & Cracovie)

Elle y chante St Jean aux cotés de la vierge de Prina, c'est superbe forcément et pour ne pas me répêter je vous laisse écouter.





*Vivaldi, Cantates - Bonizzoni (Cracovie)

L'exhubérance à fleur de peau de Vivaldi lui va décidemment comme un gant: lors de concert elle a chanté Sum in medio tempestatum, O qui caeli et In turbato mare irato. En plus de souligner que ce ne sont pas les plus évidents (diantre!), je ne peux que m'incliner devant son interprétation volcanique qui hisse ce concert au rang de référence; sans compter l'excellent accompagnement de Bonizzoni.






*Vivaldi, Juditha Triumphans - Fasolis

Ce live est devenu pour moi la version de référence de ce chef d'oeuvre de Vivaldi, supplantant l'excellente version deMarchi parue chez Naïve: Fasolis et ses Barochisti sont stupéfiants et ont réussi à renouveler ma perception d'airs que je pensais connaître par coeur, bref idéal et grisant. Tout le plateau est proche de la perfection à commencer par la Juditha ténébreuse de Mingardo, Laurens est étonnante à défaut de toujours chanter juste et Custer enthousiasmante. Invernizzi est un Vagaus à la tessiture plus réduite que celle de la toujours excellente Comparato dans les rôles d'adolescent (disque Naïve) et contrairement à cette dernière n'arrive pas à laisser deviner la moustache juvénile du jeune écuyer, mais elle fait preuve d'une facilité époustouflante dans la virtuosité presque craneuse, à l'image de l'assurance du jeune homme, et ainsi épaulée par Fasolis, on ne peut qu'applaudir le résultat d'une musicalité qui touche à l'évidence.

 


 




*Vivaldi, La Senna festeggiante - Bolton (Londres)

 


 


 


 

Au rayon des disparus, nous continuons les fouilles et acceptons toute aide, elle a aussi chanté:

- Aristea dans L'Olimpiade de Pergolesi avec Dantone (en alternance avec Bertagnolli)
- L'Incoronazione di Poppea et Il Ritorno di Ulisse (Minerva) avec le même Dantone (et rien moins qu'Antonacci et Prina pour partenaires) à Crémone
- Armida dans Rinaldo de Handel (là dedans elle devait être impériale!)
- Lucio du Tito Manlio de Vivaldi avec Dantone à Londres en février 2008
- Belleza dans Il Trionfo del Tempo de Handel
- Cantates de Vivaldi avec Alessandrini à la Villette, dont le In furore dans lequel elle doit exceller



Au rayon des merveilles que nous reserve l'avenir, notons

- Santa Helena al calvario de Hasse avec Biondi à Salzbourg.
- Ercole sul Termodonte de Vivaldi à Venise puis Paris avec Biondi
- La Dafne de Gagliano à Cremone
- La Passion selon St Jean avec Antonini à Madrid
- La Serva Padrona de Pergolese
- Tolomeo de Scarlatti avec Curtis



Pour conclure voilà une petite série de photo de sa Minerva du Retour d'Ulysse et une de son Ottavia (Incoronazione di Poppea).


 

 

Et pour être toujours au courant de ses prestations, voilà le site de son agent.


 

Voilà, maintenant vous n'avez plus aucune raison d'ignorer son culte: allez donc précher la bonne parole!


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publié dans : Radio & Tv
Samedi 17 mai 2008
par Caroline
[Quelle idée j'ai eu d'utiliser du rouge la semaine dernière! Licida a crié si fort au favoritisme et à l'injustice que ça a fini par effrayer FM qui du coup a renoncé à la diffusion! Promis, juré, je ne recommencerai plus...
 
Ce week-end, il y a la nuit des musées...]
 
 
________________________________
 
Semaine du 17 au 23 mai :
 
 
 
TELEVISION:
                       
 
        ¤¤  L'heure de l'opérette: La Belle Hélène : samedi 17 à 23h15  (France3)
                       
 
        ¤¤  La Belle Hélène d'Offenbach (Châtelet, 2000) : samedi 17 à minuit 15  (France3)
Minkowski / Pelly - F. Lott; Y. Beuron...
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: Tétralogie romantique (2) : samedi 17 à 18h  (FM)
 
 
        ¤¤  Thésée de Lully (TCE, février 08) : samedi 17 à 19h30  (FM)
Dir.: E. Haïm - A.S. von Otter; S. Karthaüser; J. Azzaretti; P. Agnew; S. Haller... [voir article de Licida]
 
 
        ¤¤  Histoires de musique: les musiciens de Shakespeare (3) Falstaff : dimanche 18 à 19h07  (FM)
Acte I de Falstaff de Verdi par Karajan (1956) avec T. Gobbi; Schwarzkopf; Moffo, etc. et par Toscanini (1950)
 
 
        ¤¤  Le matin des musiciens: Ingmar Bergman : de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
 
 
        ¤¤  Concert du Poème Harmonique (Festival de musique ancienne de Boston, juin 07) : lundi 19 à 10h02  (FM)
Dir: V. Dumestre
 
 
        ¤¤  Concert avec Salomé Haller (Cité de la musique, avril 08) : lundi 19 à 21h  (Radio Classique)
Ensemble Pulcinella - O. Gaillard - Programme Couperin / Fiocco
 
 
        ¤¤  Alcide (ActeIII) de Marias-L. Lully / Didon et Enée de Purcell (Acte II) / La fausse magie de Grétry (Acte II) (Cité de la musique, avril 08) : mardi 20 à 16h  (FM)
Dir.: J. Corréas - M. Léger; A.M. Panzarella; S. Révidat; J. Oxley; A. Buet
 
 
       ¤¤  Concert Caresana / Giacco / Ziani 'Le Diable et le bon Dieu' (Cité de la musique, mai 08) : mercredi 21 à 10h02  (FM)
A. Florio - M. Ercolano; R. Basso; V. Varriale; G. de Vittorio; R. Totaro; R. Costantini
 
 
        ¤¤  Concert Strauss / Mahler (Pleyel, avril 08) : mercredi 21 à 16h  (FM)
I. Fischer - M. Persson
 
 
        ¤¤  L'atelier des chanteurs: l'Ensemble Sagittarius : jeudi 22 à 15h02  (FM)
Programme Carissimi et M. A. Charpentier
 
 
        ¤¤  Concert 'Klag Babylonis' (Louvre, mai 08) : jeudi 22 à 16h  (FM)
Programme Telemann / Kirnberger / Strasnoy / Mantovani / Mendelssohn - Dir.: L. Equilbey
 
 
        ¤¤  Concert Reimann / Sibelius / R. Strauss (en direct de Pleyel) : vendredi 23 à 20h  (FM)
S. Mälkki - C. Schäfer


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publié dans : Artistes
Mardi 13 mai 2008
par Licida

Roberta Invernizzi


C'est sans doute la plus grande soprano baroque vivante, de Monteverdi à Haydn, rien ne lui résiste: une large tessiture, un sens inouï de la coloration, des aigus fulgurants, une virtuosité à tout épreuve et surtout une délicatesse dans le phrasé, un art de dynamiser le verbe par l'esprit qui n'appartient qu'à elle. Si l'on ajoute que la discographie de la dame est immense, on s'étonne que son talent soit si peu reconnu sur scène et qu'elle demeure si peu connue du grand public. Pour tenter de réparer cette injustice criante, un cavalier qui surgit hors de la nuit, cours vers l'aventure au galop, son nom il le signe à la pointe de son clavier, d'un L qui veut dire Lici!

 

DISCOGRAPHIE
(accrochez-vous, c'est long!)

Evidemment je ne connais pas le quart de sa discographie, et parmi ce que je possède, j'ai du à peine en écouter la moitié attentivement car elle a beaucoup enregistré de musique du XVIIème siècle qui me passionne moins; c'est surtout par ses live que je la connais (dans la seconde partie du portrait). Ainsi, pour éviter les répétitions, je ne commenterai que le peu de disques que j'ai pu écouté soigneusement - les commentaires exterieurs sont naturellement les bienvenus pour remplir les trous! Comme d'habitude, je souligne les disques qu'il me semble prioritaire d'écouter pour découvrir ses qualités. Je ne mets ici aucun extrait musical, mais les plus beaux airs qui s'y trouvent sont souvent disponibles à l'écoute sur Youtube (je vous conseille notemment la chaine de Crindoro, qui en est fan et illustre ses morceaux de superbes tableaux).

*Alfonso X, Cantigas de Santa Maria

*Bach, Passion selon Saint Jean - Fasolis

*Bach, Messe en do - Fasolis

*Bach, Magnificat & Cantates - Fasolis

*Badia, La Fuite en Egypte - Florio


*Battiferri, Vola de Libano

*Boccherini, Stabat mater - L'Archibudelli

*Buxtehude, Membra Jesu nostri - Fasolis

*Caccini, Dolcissimo sospiro - Rasi

*Caresana, Per la Nascita del Verbo - Florio

*Carissimi, Jonas, Dives Malus, Beatus vir - Fasolis

*Cavalli, La Statira - Florio

Superbe disque: oeuvre très émouvante, même pour moi qui ai du mal à me laisser emporter par cette musique; Florio est un chef très attentif à la précision et à la plenitude du son, ainsi qu'au soutient de ses chanteurs indispensable dans ce genre d'oeuvre très dramatique. Evidemment tous les chanteurs ne sont pas aussi excellents qu'Invernizzi, Florio tournant souvent avec son équipe de chanteurs méritants et très honnêtes mais à qui il manque souvent une voix plus impressionante. Si comme moi vous avez du mal avec ce repertoire, la lecture du livret à l'écoute me semble indispensable, sans cela (et à moins que vous ne compreniez parfaitement l'italien), vous louperez tout ce qui fait le charme de l'interprétation d'Invernizzi qui donne ici constemment dans la nuance et l'intention délicate.



*Cavallo, Il Giudizio universale - Florio

*Colonna, Nisi dominus & Mottetti - Cera

*Dowland, Come away, come sweet love - Rasi

*Draghi, La Vita nella morte - Coin

*Durante, Lamentationes Jeremiae prophetae & Vespro breve - Fasolis

*Ferrari, Il Sansone - Curtis

*Fiocco, Messe - Florio

*Gagliano, La Dafne - Garrido

*Gossec, Grande messe des morts - Fasolis

*Handel, Cantates pour le marquis Ruspoli - Bonizzoni

Dommage que dans ce deuxième volume, Invernizzi chante peu de chose puisqu'elle partage les parties de soprano avec Galli, jolie soprano très agréable et investie mais qui n'a pas du tout le feu de sa consoeur pour animer ces petits opéras que sont les cantates de Handel. Cela dit je n'ai écouté que partiellement ce disque et je me base surtout pour juger Galli sur sa prestation en Ange chez Scarlatti dans La Santissima Annunziata.

 

*Handel, Cantates pour le cardinal Pamphili - Bonizzoni

Superbe disque, un complément idéal à celui que Kozena avait enregistré avec Minkowski: la démarche est ici plus exhaustive puisque Bonizzoni a prévu d'enregistré toutes les cantates romaines quand Minkowski n'avait retenu que les plus célèbres pour un disque historique. Bonizzoni et son ensemble sont excellents, un son très italien, très proche de celui de Marcon et son Venice Baroque Orchestra, avec un surcroit d'aisance harmonique qui les rapproche d'Alessandrini et son Concerto Italiano. Invernizzi est bien sur délirante, et sait aussi bien rendre la virtuosité allegrement sage d'un Tra le fiamme que la gravité du Da quel fatal giorno.


*Handel, La Lucrezia & autres cantates - Retablo barocco

*Handel, Floridante - Curtis

*Handel, Rodrigo - Curtis

*Handel, Te Deum & Dixit dominus - Fasolis


*Haydn, Il Ritorno di Tobia - Spering

Une très belle version d'une des plus belles oeuvres vocales de Haydn: Hallenberg est boulversante, Karthaüser un peu absente et Invernizzi souffre parfois d'une direction très rapide qui donne quelques vocalises un peu survolées mais le rôle de l'ange est de loin le plus difficile du point de vue de la virtuosité, avec des écarts de tessitures importants et des vocalises aussi précises qu'abondantes. Bref ce n'est pas parfait, mais cela reste d'excellente facture et à découvrir absolument.

*d'India, Sivlio e Dorinda - Curtis

*Jommelli, Don Trastullo - Florio

*Jommelli, Veni creator spiritus - Florio

Frédéric: Le CD Jommeli-Porpora etc est une petite merveille que j'ai acheté juste après l'Olimpiade tellement Invernizzi m'a plu. Ell y est époustouflante de virtuosité dans le Motet de Jomelli comme dans la cantate qui suit.

Clément: J'ai ce Veni creator spiritu, c'est par ce disque que je l'ai découverte. J'avais aimé, sans être époustouflé, à l'époque. C'était les premières publications de Florio et de la collection Tesori di Napoli.
Je l'ai réécouté il y a peu : elle est expressive et pleine d'esprit, jolie voix, moins appuyée dans le grave qu'aujourd'hui, ce n'est pas encore aussi personnel qu'à la "maturité" disons, mais très plaisant. C'est une cantate de Sabatino qui la met le plus en avant. Il y a du reste une chaconne de Jommelli que je trouve magnifique, sur ce disque, et que Florio reprenait dans ses concerts avec Ciofi (Cimarosa, Di Majo, Piccinni...).


*Latilla, La Finta cameriera - Florio

*Legrenzi, La Morte del cor penitente - Sonatori de la gioiosa marca

*Lotti, La Vita caduca - Curtis

*Monteverdi, A voce sola con sinfonie - Rasi

*Monteverdi, Intégrale des duos (2 volumes) - Curtis

 

 

*Monteverdi, Vespro della beata Vergine - Alessandrini

*Monteverdi, Orfeo - Garrido

*Paisiello, Pulcinella vendicato - Florio

*Paisiello, Passionne di Gesu Cristo - Fasolis

 

*Piccini & Sachini, Arias - Florio (Versailles)

Critique ici.


*Porpora, Dorindo, dormi ancor - Velardi

*Provenzale, Mottetti - Florio

*Provenzale, La Colomba ferita - Florio

*Provenzale, Vespro - Florio

*Purcell, Beati omnes - Fasolis

*Rossi, Madrigaux - Curtis

*Scarlatti, La Santissima Trinita - Biondi

Une très bonne façon de découvrir la musique d'Alessandro Scarlatti: la distribution est brillante et, cela n'arrive pas si souvent au disque, Invernizzi n'est pas seule à briller, puisqu'elle est accompagnée de Gens et de Genaux; Biondi dirige l'oeuvre d'une façon alerte et toujours un peu sèche mais qui convient très bien à ce débat théologique en musique tout de même bien plus séduisant qu'une somme de Saint Thomas!


*Stradella, Moro per amore - Velardi

*Stradella, Esule dalle sfere - Velardi

*Stradella, Lo Schiavo liberato - Velardi

*Vinci, Le Zite 'n galera - Florio

*Vinci & Leo, L'opera buffa - Florio

*Vinci, Cantates et intermezzi - Florio


De jolies pieces notemment une en espagnol (Addios!), un programme intéressant sur les passerelles entre l'Italie napolitaine et l'Espagne, mais on reste un peu sur notre faim: les intermezzi même brillement interprétés, c'est tout de même toujours un peu la même chose, et Invernizzi ne chante (superbement) qu'une seule cantate, la seconde est confiée à un contralto de second ordre comme Florio sait malheureusment si souvent en trouver.

*Vivaldi, Motezuma (Teutile) - Curtis


Vous n'avez aucune excuse pour ne toujours pas connaître ce disque! Non seulement l'oeuvre est magnifique (même DavidLeMarrec le dit!), mais c'est le plus beau disque de Curtis qui semble enfin se reveiller de sa mollesse habituelle et enfin la distribution est époustouflante dans les airs comme dans les récitatifs qu'on a rarement entendu si investis pour un opera seria. Pour ne parler que d'Invernizzi, elle campe une Teutile cristalline qui ne semble s'incarner que dans la souffrance, c'est absolument prodigieux, elle semble se dépasser elle même à chaque air, cette musique lui semble si naturelle qu'elle réussi ce petit miracle que seules de rares monstres sacrés réussissent: chanter avec le même naturel que celui de la parole. Sans doute le meilleur disque pour la découvrir.

*Vivaldi, L'Olimpiade - Alessandrini


Superbo di me stesso! Comme beaucoup c'est avec ce Megacle que je la découvrais; ce premier opéra de l'édition Naïve est une franche réussite. Je n'ai jamais entendu ailleurs qu'avec Alessandrini une telle homogénéité de l'orchestre qui semble constemment nimbé dans la basse continue comme Venise dans la brume, une direction très dix-septiemiste donc d'une douceur parfois torrentielle (Quel destrier, E troppo spietato, Gemo in un punto...). Outre le glorieux Megacle de notre héroïne du jour dont l'italien est un pur rêve, on notera la présence de la superbe et ténébreuse Mingardo en Licida (que je découvrais aussi et à qui je dois d'avoir choisi ce pseudonyme) et de la non moins marquante Prina (encore une découverte avec ce disque qui est décidemment celui de bien des révélations). En plus cet livret est un des plus réussis et connu de Metastase, donc vous ne pouvez pas passer à coté.

*Vivaldi, Vespri per l'Assunzione di Maria Vergine - Alessandrini


Un disque indispensable mais pas forcément pour elle: pour les oeuvres absolument, pour Alessandrini aussi, pour Mingardo surtout qui signe les plus beaux Nisi Dominus et Salve Regina de la discographie à mon humble avis, pour Bertagnolli aussi qui chante un très réussi Laudate pueri même si ce n'est pas le meilleur que l'on connaisse. A Invernizzi ne reviennent finalement que des parties d'ensembles qui sonnent comme de luxueuses transitions entre les pièces les plus célèbres. Ses apparitions sont néanmoins remarquables, notemment un superbe Ascende laeta.

*Vivaldi, Dixit Dominus (+ 3 psaulmes de Galuppi) - Kopp

SuperGarfield:  Ce disque possède l'intérêt d'être un inédit Vivaldien, un troisième Dixit découvert, très beau, très semblable à celui enregistré par Alessandrini chez Naïve. Cependant, Kopp ne semble pas très familier de cette musique, et c'est un peu trop mesuré. L'approche un peu trop lisse pour convaincre pleinement, et le choeur n'est pas très incisif. Les solistes sont très bons, particulièrement Mingardo, Invernizzi et Agnew, très suprenant d'agilité et de phrasé dans le "Dominus a dextris tuis", réplique quasiment complète de la 1ere section du fameux air "Alma Oppressa" de la Fida Ninfa).
Les psaumes de Galuppi sont intéressants également, de vastes dimensions et de facture assez impressionnante (beaucoup d'alternances choeur-solistes au sein d'un même morceau).
A connaître pour l'intérêt de l'inédit.


*Vivaldi, La Silvia - Bezzina

Une des premières réssurections d'opéra de Vivaldi que l'on doit au pionnier Bezzina: l'oeuvre est agréable et champêtre, mais n'était Invernizzi, on oublierait bien vite ce que l'on entend, l'orchestre assez hésitant ou les autres chanteurs assez éffacés.

*Vivaldi, Cantates (2 volumes) - Concerto vago

Ces deux disques ne sont plus disponibles dans le commerce; je ne connais que le premier volume. Il souffre malheureusement d'un accompagnement extrêmement réduit qui, à force de jouer à fond la carte du madrigal, rend toutes ces pièces rares assez interchangeables. Invernizzi a beau y mettre tout le soin qu'on lui connait, c'est très beau mais guère marquant faut de caractérisation d'ensemble suffisante.

*Vivaldi, Gloria & Magnificat - Gubert

*Musica delle capelle di Napoli - Florio

*Salon napolitain

*Récital, Donne barocche - Bizzarie Armoniche


Un de ses trop rares récital, consacré ici à des "compositrices" du XVIIème et XVIIIème siècles. J'ai un peu du mal à parler de la qualité des morceaux présentés ici étant peu familier de ce répertoire, mais voilà un disque que j'écoute avec beaucoup de plaisir, même si l'ensemble qui l'accompagne me semble parfois un peu trop mériter son nom (Bizzarie armoniche).

 

*O dolce vita mia - Rasi

*La Notte d'amore - Curtis

*Non e tempo d'aspettare - Rasi



 

On dirait pas comme ça, mais je pense qu'il en manque, donc si vous connaissez un disque non mentionné dans cette liste, n'hésitez pas à le signaler!



 


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