Idolâtrie

Articles à venir

(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
*Saison parisienne 08/09
*Mats Ek à Garnier
*Félicity Lott au Châtelet
*Porgy & Bess à l'Opéra Comique
*I Capuletti à Bastille
*Don Carlos à Bastille
*Falstaff au TCE
*Signes à Bastille


*Portrait de Silvia Tro Santafé
*Portrait de Max Cencic
*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci

 

*Destructive Aria
*L'impératrice du Pérou

Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!! 

La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Radio & Tv
Vendredi 9 mai 2008
par Caroline
Semaine du 10 au 16 mai :
 
 
 
TELEVISION:
                       
 
        ¤¤  Così fan tutte de Mozart (Aix, Juillet 05) : lundi 12 à 22h30  (ARTE)
D. Harding / P. Chéreau - E. Wall; E. Garanca; S. Degout; S. Mathey; B. Bonney; R. Raimondi
 
 
        ¤¤  Musiques au coeur, cinq étoiles: La voix dans tous ses états : vendredi 16 à 22h35  (France2)
[déjà annoncé il y a un mois, mais non diffusé pour cause d'hommage à Césaire]
 
 
        ¤¤  Toute la musique qu'ils aiment: invitée: Magali Léger : vendredi 16 à minuit 20  (France3)
[cette fois sera peut-être la bonne...]
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: Tétralogie romantique (1) : samedi 10 à 18h  (FM)
 
 
        ¤¤  Parsifal de Wagner (ONP, mars 08) : samedi 10 à 19h07  (FM)
Dir.: H. Haenchen - [voir article de Licida]
 
 
        ¤¤  Histoires de musique: les musiciens de Shakespeare (2) : dimanche 11 à 19h07  (FM)
Les joyeuses commères de Windsor de Nikolai (Munich, 1963) - R. Heger - G. Frick, F. Wunderlich, E. Mathis à 20h07
 
 
        ¤¤  Concert Berlioz/Dutilleux/Debussy/Ravel (Oslo, mars 07) : lundi 12 à 10h02  (FM)
Dir: J.P. Saraste - avec Barbara Hanning
 
 
        ¤¤  La Cenerentola de Rossini : lundi 12 à 21h  (Radio Classique)
G. Ferro - L. Valentini Terrani, F. Araiza, E. Dara, D. Trimarchi, A. Corbelli...
 
 
        ¤¤  L'enterrement de Mozart de Mantovani (Aix, avril 08) : mardi 13 à 16h  (FM)
Conte musical pour 5 voix et 9 instruments - Dir.: R. Hayrabedian
 
 
       ¤¤  Tolomeo de Haendel (TCE, avril 08) : jeudi 15 à 20h  (FM)
A. Curtis - A. Bonitatibus, K. Gauvin, S. Prina, V. Priante, R. Basso [voir article du Bajablog]
 
 
        ¤¤  Così fan tutte de Mozart (Milan, janvier 1956) : dans la nuit de vendredi à samedi à 1h  (Radio Classique)
G. Cantelli - E. Schwarzkopf, N. Merriman, L. Alva, R. Panerai, F. Calabrese...


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publié dans : Radio & Tv
Dimanche 4 mai 2008
par Caroline
[Si vous avez des insomnies ou si vous rentrez avant le petit matin, il y a aussi "L'art de Marcelle Meyer", en deux épisodes, diffusé mardi 6 et mercredi 7 à partir de 4h du matin sur FM... voir 'Vivace' pour les détails et les redif.]
 
 
________________________________
 
Semaine du 3 au 9 mai :
 
 
 
TELEVISION:
                       
 
        ¤¤  Karajan, ou la beauté telle que je la vois [??] : dans la nuit de lundi à mardi vers 1h30 du matin  (France2)
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Jenufa de Janacek
(Monte Carlo, mars 08) : samedi 3 à 19h30  (FM)
Dir.: J. Lacombe - B. Haveman...
 
 
        ¤¤  Hans Heiling de Marschner : dans la nuit de samedi à dimanche à 1h du matin  (FM)
J. Keilberth - H. Prey, L. Synek, L. Kirschstein, H. Plümacher, Hering, Franzen... [voir 'Vivace']
 
 
        ¤¤  Les rois de la galette: Stabat Mater de Scarlatti : dimanche 4 à 15h  (FM)
 
 
        ¤¤  Histoires de musique: les musiciens de Shakespeare : dimanche 4 à 19h07  (FM)
 
 
        ¤¤  Le matin des musiciens: Les vrais Contes d'Hoffmann : de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
 
 
        ¤¤  Ode à Napoléon de Schoenberg, puis Le Prisonnier de Dallapiccola 
(ONP, avril 08) : lundi 5 à 16h  (FM)
L. Zagrosek - R. Plowright, E. Nikitin, C. Merritt...
 
 
        ¤¤  Concert 'Messes noires'
(Cité de la musique, avril 08) : lundi 5 à 20h  (FM)
P. Mc Creesh - K. Kammerloher, T. Lehtipuu, C. Purves, J. Lemalu
 
 
        ¤¤  Patrimoine classique: Antal Dorati : mardi 6 à 23h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Concert Ives/Kurtag/Benjamin/Daï Fujikura/Messian
(Cité de la musique, avril 08) : mercredi 7 à 10h02  (FM)
S. Mälkki - L. Lixenberg, M. Husmann - P.L. Aimard
 
 
        ¤¤  Werther de Massenet : jeudi 8 à 4h du matin  (FM)
E. Cohen - G. Thill, N. Vallin, G. Feraldy... [voir 'Vivace']
 
 
        ¤¤  Récital Szymanowski
(Varsovie, avril 07) : jeudi 8 à 10h02  (FM)
U. Kryger, mezzo-soprano - H. Höll, piano
 
 
        ¤¤  Les contes du jeudi: une cantate pour la Pentecôte, Bach : jeudi 8 à 13h15  (FM)
 
 
        ¤¤  L'atelier des chanteurs: autour de Poulenc et de Menotti : jeudi 8 à 15h02  (FM)
  [Allô?...]
 
 
       ¤¤  Les Sacrifiées de Pécou (
Nanterre, janv. 08) : jeudi 8 à 20h  (FM)
L. Cuniot - S. Manoukian, S. Vadimova, J. Mayeur
 
 
        ¤¤  La vie baroque: Alan Curtis : jeudi 8 à 21h  (Radio Classique)


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publié dans : Représentations
Lundi 28 avril 2008
par Licida
Roméo et Juliette
Opéra en neuf numéros de Pascal Dusapin
Livret d'Olivier Cadio

Opéra Comique, 28 avril 2008

Mise-en-scène Ludovic Lagarde
Costumes Christian Lacroix
Lumières Sébastien Michaud
Scénographie Ludovic Lagarde et Antoine Vasseur
Dramaturgie Marion Stoufflet
Conception sonore Gilles Grand
Ingénieur du son David Poissonier
Ingénierie sonore IRCAM

Roméo Jean-Sebastien Bou et Marc Mauillon
Juliette Karen Vourc'h et Amaya Dominguez
Bill Laurent Poitrenaux
Quatuor vocal Caroline Chassany, Valério Rio, Jean-Paul Bonnevalle et Pierre-Alexandre Dubois

Choeur Accentus dirigé par Laurence Equilbey
Orchestre de Paris dirigé par Alain Altinoglu


Que dire de ce spectacle ? (soupir)

L'oeuvre elle-même souffre d'un livret volontairement brouillon au propos mille fois rabaché: echec du discours, echec de la relation amoureuse, echec de la pensée, echec de la lutte politique et voilà Roméo et Juliette qui s'engueulent, parlent puis chantent tantôt en anglais, tantot en français,  parfois de la musique contemporaine parfois du jazz, boxent, s'embrassent le tout sous la direction d'un "poète" raisonneur, ils ne s'entendent pas, personne ne s'entend, d'ailleurs les personnages sont doubles, deux Roméo, deux Juliette, les mots s'entrechoquent; au milieu de tout ça on assiste à la révolution communiste et à une scène chamanique autour du drapeau rouge... Bien bien... Bof bof... La perte du sens, l'absurde, l'impossibilité de communiquer, l'être humain cet animal le plus bizarre de la Création... Le problème, c'est que Ionesco et Beckett, c'était dans les années 50, alors certes il est toujours intéressant de voir ça à l'opéra mais on ne peut s'empêcher de penser que le librettiste enfonce des portes ouvertes il y a un demi-siècle. C'est pompeux, pédant, lourd.
Le plus gênant pour quelqu'un qui veut commenter ce spectacle, vient du propos même qui se veut rétif à toute transposition dans la rationalité du langage... moi je veux bien... mais qu'au moins il nous reste l'émotion, le sentiment d'avoir vécu une expérience différente, enrichissante, étrange, indicible... or à force de jouer la carte de la cacophonie avec des platitudes, on se lasse très vite, le temps devient long, on s'extrait du spectacle, on perd en attention, bref on s'ennuie et on ressort de là avec une jolie migraine, mais c'était pour l'amour de l'art et pour soutenir la création contemporaine, alors on est resté jusqu'au bout.

C'est dommage car la musique est intéressante, potentiellement; elle le sera pleinement dans le superbe Perelà, pleine réussite tant pour la musique,que le livret ou la mise-en-scène. Alors ça à coté... j'ai un peu la désagréable impression d'avoir été le cobaye d'une musique expérimentale qui a plus sa place dans un laboratoire que dans un opéra.

C'est d'autant plus dommage que les beaux décors, les lumières léchées, les costumes flamboyants, les choeurs précis, les chanteurs impliqués, l'orchestre réactif, tout aurait pu être très réussi... avec une oeuvre à la hauteur.

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publié dans : Radio & Tv
Lundi 28 avril 2008
par Caroline
Semaine du 26 avril au 2 mai :
 
 
 
TELEVISION:
                       
 
        ¤¤  L'heure de l'opéra: Aïda : samedi 26 à 22h55  (France3)
 
 
        ¤¤  Aïda de Verdi (Zurich, 2006) : samedi 26 à minuit  (France3)
Adam Fischer / Nicolas Joel - N. Stemme; L. d'Intino; S. Licitra; J. Pons; M. Salminen...
 
 
        ¤¤  Concert musiques françaises et voix humaines [??] (Lorient, déc. 2004) : dans la nuit de lundi à mardi vers 2h30 du matin  (France2)
Dir.: F.X. Roth
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: Giuseppe Maletto : samedi 26 à 18h  (FM)
 
 
        ¤¤  La Fille du régiment de Donizetti (MET, en direct) : samedi 26 à 19h30  (FM)
Dir.: M. Armiliato - N. Dessay, J.D. Florez, F. Palmer, A. Corbelli...
 
 
        ¤¤  Les greniers de la mémoire : Giuseppe di Stefano : dimanche 27 à 11h  (FM)
 
 
        ¤¤  La Mort de Cléopâtre de Berlioz : dimanche 27 après 21h  (France Inter)
B. Uria-Monzon [sans doute après 'Le rouet d'or' de Dvorak]
                       
 
        ¤¤  Vêpres de la Vierge de Monteverdi (Edimbourg, août 2007) : lundi 28 à 16h  (FM)
J. Savall
 
 
        ¤¤  Concert Kaija Saariaho (Pleyel, mars 08) : lundi 28 à 20h  (FM)
Eschenbach - K. Mattila
 
 
        ¤¤  Parsifal de Wagner : lundi 28 à 21h  (Radio Classique)
Karajan - E. Wächter, T. Franc, H. Hotter, F. Uhl, W. Berry, C. Ludwig...
 
 
        ¤¤  Karajan et ses orchestres (5) : mercredi 30 à 21h  (Radio Classique)
Philharmonique de Berlin (2)
                       
 
        ¤¤  Le Carnaval et la Folie de Destouches (Opéra-Comique, fév. 08) : jeudi 1er à 20h  (FM)
H. Niquet - [voir Bajablog]
 
 
        ¤¤  Patrimoine classique: N. Harnoncourt : jeudi 1er à 23h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Le Vampire de Marschner : dans la nuit de vendredi à samedi à 1h du matin  (FM)
Rieger - R. Hermann; H.H. Fiedler; N. Hillebrand; A. Auger; D. Grobe; A. Tomowa-Sintow; V. von Halem...
[voir 'Vivace']
 
 

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publié dans : Représentations
Samedi 19 avril 2008
par Licida
Mort à Venise
Danse macabre de John Neumeier, créé à Hambourg en 2003
Ballet de Hambourg
Théâtre du Châtelet
19 avril 2008



Chorégraphie, mise en scène et lumières John Neumeier
Décors Peter Schmidt
Costumes John Neumeier et Peter Schmidt
Piano Elizabeth Cooper
Musiques Bach, Wagner et autres




















Je reviens tout chamboulé de ce spectacle, une des plus beaux ballets qu'il m'ait été donné de voir. Le projet n'était pourtant pas gagné d'avance: chorégraphier le film culte de Visconti, aussi culte que le roman de Mann, voilà qui risquait d'être l'adaptation de trop pour les amours de notre brave Gustav. C'était par ailleurs la première fois que je voyais un ballet de John Neumeier, et je constate qu'il n'a pas volé sa réputation, ce spectacle pourtant réçent ne donne jamais dans la masturbation néoclassique, écueil dans lequel Roland Petit est notemment tombé avec un sujet proche la saison dernière pour son Proust ou les intermittences du coeur.



Un rapide mot sur l'excellent ballet de Hambourg que je découvrais tout autant: n'étant pas assez féru de danse, ni connaisseur techniquement, il m'est difficile de détailler les prestations mais tous m'ont semblé excellents dans une chorégraphie qui ne les ménage pas (Aschenbach danse pendant presque toute la première partie qui dure une heure; nombreuses acrobaties et pas de deux au corps à corps...) sans que jamais l'émotion cède le pas à la virtuosité.







Aschenbach et ses esquisses







Neumeier a choisi une chorégraphie narrative qui suit le même ordre chronologique que le film mais avec des éléments étrangers qui font particulièrement sens et éclairent brillament le film. Evidemment pour qui n'a pas vu le film, beaucoup de choses ont du paraître absurdes et ne restait que la surface d'une esthétique. Ayant vu le film bien trop de fois pour mon jeune age, je n'ai pas eu ce problème.
Romancier chez Mann, musicien chez Visconti, Aschenbach sera chorégraphe chez Neumeier, voilà décidemment une figure hautement autobiographique pour qui s'en empare, mais Neumeier a l'intelligence de ne pas limiter ainsi son personnage qui s'affirme plus comme un artiste touche-à-tout, au milieu de ses "esquisses" ou de ses "concepts" (comme on peut le lire dans la distribution) et qui attache une grande importance à la musique, un artiste qui doute en tout cas au point d'interrompre violemment les concerts chorégraphiques de ses esquisses à plusieurs reprises, et de rejeter les photographies sépia qui le presentent en grand homme des arts.





On découvre donc cette figure faisant danser ses esquisses aux costumes stylisés ou tout droit venu du XVIIIème siècle: on se demande même si ce n'est pas du Kylian que l'on voit là. Un commencement faussement néoclassique donc, à l'image des aspirations aussi perfectionnistes que nobles d'Aschenbach. Puis, première irruption inattendue, au moment où Aschnebach quitte le plateau par l'orchestre, il revient finalement sur la scène où s'entrelaçent deux Apollons en jeans moulants, Ray-Ban noires et chemises enlevées, uniquement ceintes dans le pantalon: cette apparition de deux fantasmes homosexuels californiens étonne d'abord, que viennent faire ces années 70 gorgées de sexe dans notre belle stylisation atemporelle? La réponse ne vient que plus tard, on retrouvera effectivemment les deux mêmes danseurs en gondoliers vétus de longs manteaux de cuir gris (dans le film le gondolier refuse de mener Aschenbach à bon port), lors de la bacchanale, puis en rockeurs guitaristes à la Gene Simmons et enfin en coiffeurs (dans le film le coiffeur vient "embellir" l'artiste viellissant en le maquillant à outrance). Ils représentent les pensées charnelles d'Aschenbach, opposées à ses pensées platoniques qui trouvent à s'exprimer dans sa fascination pour Tadzio.







 Les deux fantasmes californiens







Cet Aschenbach, c'est un peu Tannhäuser finalement, d'ailleurs, autre irruption dans la seconde partie du spectacle cette fois çi, une scène de bacchanale sur la musique bien connue de l'opéra de Wagner, scène où apparait Dionysos et à laquelle succède les jeux des jeunes éphèbes sur la plage menés par Jaschu. Le film avait minimisée cette tension entre l'apollinien et le dionysiaque (exception faite de la figure de Jaschu), mais je crois me souvenir que cette tension est plus présente dans le roman. Evidemment le dyonisiaque est bien trop stylisé ici, pour faire notre pédant-la-bouche-en-coeur on parlerait plutot d'Apollon le couteau à la main, des pantalons aux imprimés Tigre et des torses nus n'ont jamais suffit à faire du dionysiaque. Mais le propos reste intelligent: l'émotion nait de cette déchirure d'Aschenbach entre le monde esthétisé tel qu'il le voit, tel que nous le présente la chorégraphie et dans lequel trône Tadzio au milieu de sa cour d'éphèbes en maillot-de-bain et ce monde gorgé de caresses, à la sexualité explosive tel qu'on nous le présente dans la bacchanale ou pendant le concert de rock (troisième et dernière irruption).









 La bacchanale








Jaschu et les éphèbes sur la plage

Ce concert de rock a clairement interpellé une partie de public qui a du se demander s'il n'y avait pas une erreur dans la bande son: l'assistance bourgeoise, stylée et que venait entacher dans la première partie deux follasses gominées au teint béta-carotène, qui ne dansait que sur des musiques raffinées et contenues, se déhanche d'abord sur du funk avant de se déchainer sur du rock, accompagnées des bacchants de la scène précédente, tandis que des hommes en costumes noirs, portant des masques noirs de processionnaires espagnols tirent de longs draps blancs, suaires dans lesquels viennent s'allonger des membres de l'assistance. Cette scène assourdit Aschenbach. Si l'on se réfère au film, on se souviendra sans doute de la scène du guitariste au sourrire aussi édenté que railleur. C'est lui que l'on retrouve ici. Le propos est clair: la pestilence mortelle qui envahi ce rivage, c'est la débauche de sexe, cette vie gorgée de sensualité, fantasmes, pulsions qu'Aschenbach ne peut concilier avec son esthétique classique; Aschenbach porte en lui dès le début de l'oeuvre, cette déchirure qui le perdra, le faisant sortir saignant de l'orgie puis qui le conduira à se grimer ridiculement chez le coiffeur. La portée autobiographique ici est évidente (et un peu convenue, j'en conviens): la pestilence, c'est le sida qui se répand avec la liberté sexuelle et le déchainement du début des années 80.

Aschenbach chez le coiffeur






Le concert de rock









Or il est particulièrement brillant de souligner cette déchirure chez Aschenbach, lui dont la fascination pour Tadzio est à l'égale de son impuissance devant lui, double drame que le sien: drame de la sexualité et drame de l'artiste; on est loin ici d'une caricature du personnage en pédophile platonicien comme on nous le présente trop souvent.
Le drame de la sexualité trouve sa plus belle expression lorsque juste après l'apparition des deux homos californiens, Aschenbach contemple le battifolage insouciant d'un homme et d'une femme assez jeunes, battifolage qui s'achève sous les frondaisons pendant l'averse: les deux jeunes gens ont droit au luxe de l'orchestre de Tristan et Isolde; quand Aschenbach danse, lui, il n'a droit qu'au martellement aussi poétique qu'abrupte du piano qui joue la même musique.
Le drame de l'artiste lui se joue totalement dans la dernière scène: Aschenbach tente longuement de caresser Tadzio puis réussit enfin à la prendre dans ses bras avant de mourrir à ses pieds, devant l'appareil photo (comme dans le film) de la première scène, tandis que le piano "cogne" la mort d'Isolde et que Tadzio fixe le lointain de ses jumelles, symbole de sa route vers l'avenir, de l'idole qui échappe à son adorateur en même temps que son dernier souffle.

Aschenbach et ses concepts



Les danse des deux amoureux après l'apparition des fantasmes



Tadzio aide Aschenbach à se relever après l'avoir bousculé lors d'un jeu avec ses amis




Mon seul regret est que Neumeier n'a rien fait de Jaschu, l'ami brun, poilu et bronzé de Tadzio qui l'humilie et le plaque à terre dans la scène finale du film (seul symbole de la lutte apollinien/dionysiaque du film) et qui est ici trop intégré dans le groupe des jeunes Apollons (d'autant que j'ai toujours trouvé Jaschu bien plus excitant que Tadzio, pour le coup je ne fais pas vieux pd :o) ); utilisation assez sommaire aussi de la mère (faut dire que sans Sylvana Mangano - la plus belle femme du monde rappellons le! - c'est difficile) ou des soeurs qui sont ici charmantes et ne servent pas du tout de faire valoir comme dans le livre ou le film . Par ailleurs on peut aussi déplorer que ne soit retenue de Venise que la lagune (eau et plage), dont vient pourtant la pestilence, Venise à la fois fascinante et malsaine. Mais ces petits regrets sont bien peu de choses devant l'intelligence de la dramaturgie (qui utilise d'autres symboles que Jaschu et Venise), l'utilisation brillante de la musique et la sensibilité de la chorégraphie.









Aschenbach enlace Tadziu avant de mourir à ses pieds









Sur la plage, la mère, les soeurs, Tadzio, les éphèbes et les concepts dansent sous le regard d'Aschenabch






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