Idolâtrie

Articles à venir

(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
*Saison parisienne 08/09
*Mats Ek à Garnier
*Félicity Lott au Châtelet
*Porgy & Bess à l'Opéra Comique
*I Capuletti à Bastille
*Don Carlos à Bastille
*Falstaff au TCE
*Signes à Bastille


*Portrait de Silvia Tro Santafé
*Portrait de Max Cencic
*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci

 

*Destructive Aria
*L'impératrice du Pérou

Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!! 

La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Radio & Tv
Dimanche 6 avril 2008
par Caroline
[Je signale rapidement en gris les hommages télévisés à Karajan... en ce qui concerne la radio, je n'assure que le service minimum]
 
 
________________________________
 
Semaine du 5 au 11 avril :
 
 
 
TELEVISION:
        
               
        ¤¤  Don Giovanni (Salzbourg, 1987) : samedi 5 à 20h30  (!Mezzo!)
Avec A. Tomowa-Sintow... [Voir Bajablog]
 
 
        ¤¤  Concert anniversaire Karajan (Vienne, janv. 08) : samedi 5 à 21h  (ARTE)
Ozawa - A.S. Mutter
 
 
        ¤¤  Herbert von Karajan (docu, 1999) : samedi 5 à 23h  (ARTE)
 
 
        ¤¤  Symphonie de Dvorak : dans la nuit de samedi à dimanche à 1h05  (France 3)
Film de Clouzot [apparemment il y a eu embrouille dans les dates... je l'annonçais déjà la semaine dernière]
 
 
        ¤¤  Ouverture de Coriolan + La Symphonie n° 5 de Beethoven : dimanche 6 à 19h  (ARTE)
Filmé par Clouzot pour la 5e et par Karajan pour l'ouverture
[aussi en simultané sur Radio Classique]
 
 
        ¤¤  Karajan, le culte de l'image (docu, 2008) : lundi 7 à 22h35  (ARTE)
Sur Karajan metteur en image
 
 
        ¤¤  Requiem de Verdi (Milan, 1967) : dans la nuit de lundi à mardi vers 1h25 du matin  (France2)
Avec Pavarotti
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  La Bohème de Puccini (MET, en direct) : samedi 5 à 19h30  (FM)
Dir.: N. Luisotti - Vagas; Gheorghiu; Tézier...
 
 
        ¤¤  Le matin du musicien: La leçon de musique de Janine Reiss (2) : de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
                       
 
        ¤¤  Un requiem allemand de Brahms (Salzbourg, mars 1978) + Te Deum de Bruckner (Salzbourg, juil. 1972) : lundi 7 à 21h  (Radio Classique)
 Avec G. Janowitz pour Brahms
                       
 
        ¤¤  Cambreling invité pour Wozzeck à Bastille : mardi 8 à 8h15  (FM)
 
 
        ¤¤  Mireille Delunsch  (Opéra-Comique, mars 08) : mardi 8 à 10h02  (FM)
J. Rhorer - Gluck, Cherubini, J.C. Bach, Hérold... [Voir Bajablog]
 
 
        ¤¤  N. Manfrino invitée pour son CD d'airs d'opéras français : mercredi 9 à 8h15  (FM)
 
 
        ¤¤  Aminta e Fillide de Haendel (Châtelet, mars 08) : mercredi 9 à 16h  (FM)
N. Rial; P. Jaroussky
 
 
        ¤¤  Karajan et ses orchestres (2) : mercredi 9 à 21h  (Radio Classique)
les années 50
                       
 
        ¤¤  L'atelier des chanteurs : Dialogues des Carmélites : jeudi 10 à 15h02  (FM)
 
 
        ¤¤  Maddalena ai piedi di Cristo de Caldara (Cité de la musique, oct. 07) : jeudi 10 à 20h  (FM)
Jacobs - [voir commentaire de Licida]
 
 
        ¤¤  Concert Beethoven / Scriabine / Nono (Cité de la musique, mars 08) : vendredi à 16h  (FM)
                       
 
        ¤¤  Le goût des autres: Valery Gergiev : vendredi 11 à 21h  (Radio Classique)
 

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publié dans : Radio & Tv
Samedi 29 mars 2008
par Caroline
Semaine du 29 mars au 4 avril :
 
 
 
TELEVISION:
        
               
        ¤¤  L'Orfeo de Monteverdi (Lyon, 2004) : dans la nuit de lundi à mardi vers 1h35 du matin  (France2)
Dir.: P. Pickett - m.s.: Latella
 
 
        ¤¤  Karajan intime : vendredi 4 à 23h25  (France3)
Par Duault
[Suivi de la 5e symphonie de Beethoven (Berlin 1973) à minuit 15 + symphonie n° 9 de Dvorak filmée par Clouzot]
                       
       
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Padmâvati de Roussel (Châtelet, mars 08) : samedi 29 à 19h30  (FM)
Dir.: L. Foster - S. Brunet... [Voir article Licida]
 
 
        ¤¤  Par les rues, par les chemins: Hambourg, histoire de l'opéra : dimanche 30 à 14h  (FM)
                       
 
        ¤¤  Histoires de musiques: Stéphane Mallarmé: dimanche 30 à 19h07  (FM)
Boulez - C. Schaefer
+ Hériodiade de Massenet - M. Plasson - C. Studer, N. Denize, T. Hampson, Heppner à 20h07
 
 
        ¤¤  Capriccio de Strauss, scène finale (Pleyel, oct. 06) : dimanche 30 vers 21h45  (France Inter)
Dir.: P. Järvi - S. Isokoski 
[après la Symphonie n° 5 de Sibelius] 
 
 
        ¤¤  Concert Wagner / Mahler (TCE, mars 08) : lundi 31 à 20h  (FM)
Dir.: M. Jansons - Mihoko Fujimura (Wesendonck-Lieder) - Symphonie n° 1 Titan
 
 
        ¤¤  Patrimoine classique: Christa Ludwig : lundi 31 à 23h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Joséphine vendue par ses soeurs de Roger (sept. 1965) Le temps des croisades de Terrasse (mars 1956) : mercredi 2 à 20h  (FM)
Dir.: M. Cariven
 
 
        ¤¤  Karajan et ses orchestres (1) : mercredi 2 à 21h  (Radio Classique)
Berlin - avec divers témoignages
                       
 
        ¤¤ Les contes du jeudi : Theodore Dubois: jeudi 3 à 13h15  (FM)
 
 
        ¤¤  Concert Respighi / Rossini (Stabat Mater) (TCE, en direct) : jeudi à 20h  (FM)
Lopez-Cobos - A. Pendatchanska, S. Koch, I. D'Arcangelo...

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publié dans : Représentations
Dimanche 23 mars 2008
par Licida
Padmâvatî
opéra-ballet d'André Roussel sur un livret de Louis Lalloy (1923)

head_padmavati2-copie-1.jpg

Direction musicale Lawrence Foster
Mise en scène Sanjay Leela Bhansali

Padmâvatî Sylvie Brunet
Ratan-Sen Finnur Bjarnason
Alaouddin Alain Fondary
Le Brahmane Yann Beuron
Badal François Piolino
Nakamti Blandine Folio Peres
Gora Laurent Alvaro
La Sentinelle Alain Gabriel

Scénographie Omung Kumar Bhandula
Chorégraphie Tanusree Shankar
Costumes Rajesh Pratap Singh

Orchestre Philharmonique de Radio France
Chœur du Châtelet

padmavati2.jpg

Magistrale réussite que cette production de Padmâvatî au Châtelet. L'oeuvre tout d'abord est renversante: elle mèle intelligemment scènes dramatiques et ballets, sans pour autant que ces derniers soient hors de l'action; tout ici est atmosphère, décor musical et la moindre des danses évoque une tension aussi inquiétante que les bruits de guerre, une urgence funèbre aussi implaccable que les scènes de confrontation. Le mélange est si réussi que l'on ne fait presque plus la distinction entre une danse et la méditation de Padmâvatî à la fin de l'acte I, tant la musique semble irriguer le drame à chaque instant. Mais que l'on ne se trompe pas, point d'Inde de pacotille ici, au contraire, c'est une Inde presque arabisante, étouffée de senteurs et assombrie, sur laquelle pèse fortement la puissance menaçante du divin. Dans ce cadre, l'action est d'autant plus intense qu'elle est simple: un sultan mongol débarque dans une cité indienne et tombe amoureux de la femme du roi, Padmâvatî; ce premier exige alors cette dernière pour lui seul et menace de détruire la ville si on la lui refuse; c'est évidemment le cas, la guerre éclate et l'armée du roi est sur le point d'être défaite au moment où le sultan accorde une trève et relance son ultimatum, le roi décide alors de demander à Padmâvatî de céder aux désirs du Mongol pour sauver sa cité, mais son honneur et le soin de celui de son époux s'y refusent, elle le poignarde alors et s'immole avec lui au dieu Siva à l'exact moment où le sultan mongol pénêtre dans le temple. Le tout tient en 1h45, environ une heure sans les danses.

padmvati1.jpg

On pouvait dès lors craindre la mise-en-scène du cinéaste indien Sanjay Leela Bhansali, dont je tiens le film Devdas pour le chef d'oeuvre absolu de tout le cinéma indien, mais dont l'esthétique extrêmement vive et colorée aurait pu sembler en désaccord avec un opéra aussi sombre. Pourtant le succès est total: tout le folklore déployé sur scène l'est avec une telle exactitude, un tel goût et un tel savoir-faire que l'on ne peut que rendre les armes devant ce spectacle qui, pour être traditionnel, n'en est pas moins proche de la perfection.
Les éclairages sont ahurissants de splendeur (et on reconnait là le génie du cinéaste, notamment dans la scène finale où les visages des fresques semblent s'animer sous le seul effet des lumières ondoyantes, exactement comme lorsque Paro ère dans le palais dans l'avant-dernière scène de Devdas), les décors d'Omung Kumar Bhandula sont d'une richesse visuelle captivante (une scénographie parfaitement équilibrée et régulée pour les apparitions d'animaux véritables - cheval, éléphant, tigre - et les mouvements de foule; des changements de décors à vue), les costumes fastueux de Rajesh Pratap Singh ne font en rien kitsch ou déguisement (aussi bien Yann Beuron que Sylvie Brunet semblent avoir porté ça toute leur vie) et la direction d'acteur d'une précision constante qui ne laisse aucun mouvement au hasard, on pourrait presque parler de chorégraphie (le choeur inquiet dans la pénombre qu'éclairent les seules bougies portées par les femmes; l'apparition de Padmâvatî au I et sa méditation sur la balançoire; son humiliation dans le temple de Siva quand elle se met à nettoyer le sol comme les servantes; la confrontation avec son époux; toute la cérémonie funèbre).
Seules les chorégraphies de Tanusree Shankar sont décevantes car elles méconnaissent la portée dramatique de la musique sans pour autant pallier par la virtuosité; sans doute peu habituée à cette musique, la chorégraphe a choisi la prudence, ce qui mène malheureusement vite à des danses répétitives, même si les danseurs changent souvent de costume. Seule la danse des sages à la fin du II fut vraiment réussie, lorsqu'ils imitent le vol d'un oiseau de mort tout en adoptant la formation du vol des hirondelles qui semblent fondre sur Padmâvatî effrayée auprès du corps gisant de son époux; mais, manque de pot, à ce moment là c'est la direction d'acteurs qui devient répétitive et les gesticulations au sol de Padmâvatî perdent en puissance à force de multiplications inutiles. Il faut cependant dire à la décharge de la chorégraphe que la quasi totalité des subtilités de la danse indienne restent lettre morte auprès des occidentaux, et là on nous ne voyons que beauté libre, les indiens décryptent un vocabulaire symbolique extrêmement riche.
Les prédispositions, évidentes au travers de ses films, au lyrisme de Sanjay Leela Bhansali se sont ici confirmées avec splendeur et le cinéaste a su parfaitement transposé son univers cinématographique virtuose et multifocalisé pour la scène, là où avait échoué Emir Kusturica par exemple. Il a tout autant réussi à conjuguer son esthétique à celle de l'oeuvre, produisant ainsi un spectacle qui n'est pas sans évoquer les vapeurs du Black Narcissus de Powell et Pressburger.

BlackNarcissus1-copie-1.jpg

Si vous voulez en savoir plus sur ce réalisateur, voilà deux scènes de son chef d'oeuvre, Devdas: la danse pour la fête de Durga et la scène finale; malheureusement la compression ne rend guère justice à la luxuriance de l'image, je vous engage donc très fortement à vous procurer le DVD pour vous faire une idée juste, ou mieux à aller le voir sur grand écran, un cinéma du 10ème arrondissement à Paris le passe tous les dimanche!





L'Orchestre Philarmonique de Radio-France sous la direction de Lawrence Foster s'est montré à la hauteur de cette splendeur visuelle: on est entrainé d'un bout à l'autre de cette partition dense, épaisse et pourtant hautement stylisé avec un art remarquable des contrastes, du drame, de l'exotisme et du mystère qu'il engendre. C'est tout de même bien au dessus de ce que peut faire Sylvain Cambreling que l'on nous présente comme un modéle pour ce repertoire. Les choeurs sont tout autant méritants et envoutants, ce qui n'est guère évident quand près de la moitié de leur partie consiste à faire des variations sur "ahahaha". Avec une scène, un orchestre et un choeur si excellents, on aurait déjà de quoi reléguer Indianna Jones et le Temple maudit (comment? vous ne connaissez pas?!) au rang d'une bleuette en terme d'évocation. Mais c'est sans compter les chanteurs, et surtout la chanteuse, qui viennent parfaire ce succès.

devdas3.jpg

Alain Fondary est un sultan très sonore et à la diction modèle, sa voix est affligée d'un vibrato assez envahissant, mais l'économie du rôle fait vite oublier ce défaut. Le roi de Finur Bjarnason est par contre difficilement audible et manque clairement d'applomb, on le sent incapable de tenir tête au sultan et il peine à rendre le rayonnement du personnage. Yann Beuron est méconnaissable physiquement en Brahmane, tout son jeu de scène est habité par le personnage, le français est comme toujours parfait, et cependant on aimerait voir plus de sacré dans cette figure ambigue, Yann Beuron a l'intelligence de rester sur la réserve, ce qui lui confère une fourbe étrangeté muette, mais bride l'enthousiasme divin du harangueur. Tous les petits rôles sont très bien tenus et l'on est presque déçu que François Piolino ait si peu à chanter.

devdas-2.jpg

Mais la beauté fatale de la soirée, ce fut Sylvie Brunet. J'avais été assez déçu par sa Carmen la saison dernière, mais preuve est faite avec cette mise-en-scène, qu'elle est une actrice qui sait brûler les planches pour peu que la mise-en-scène la considère (ce qui n'était pas le cas de Carmen, adaptation du spectacle berlinois).
Tout d'abord un mot sur sa voix: je comprends qu'aux oreilles de beaucoup elle puisse sonner vulgaire ou poissonière, mais je suis certains que cela ne tient qu'à la particularité du timbre et non aux accents qui sont d'une noblesse et d'une tenue que l'on trouve chez bien peu d'alto de ce calibre.
Et de la particularité, il en faut pour incarner Padmâvatî, celle qui est dédiée au lotus, ce n'est pas un hasard si Roussel avait confié le rôle à Ketty Lapeyrette, qui chanta aussi Dalila et Léonor dans La Favorite, Padmâvatî n'est point une fleur fragile et evanescente, ce n'est pas Aishwarya Rai, mais bien plutôt une femme de la trempe de Mother India. Alors qu'importe que Sylvie Brunet soit plus vielle que le rôle:a-t-on jamais reproché à des Salomé de n'être pas des fillettes de 12 ans?!
Sylvie Brunet est capiteuse, dévorante, fascinante par son étrangeté, par sa présence sacré, à part donc, elle évoque de sa voix seule le mystère de l'Inde que s'attache à développer la partition, sa voix semble chargée des resonances du temple.
Par ailleurs son français est parfait et son attitude réglée au millimêtre près, oubliés les errements de sa Carmen un peu gauche, cette Padmâvatî là est proche de l'idéal avec son visage lisse et ses yeux léonins, la fiereté fauve. Même ses rondeurs semblent n'être là que pour capter l'attention, faire de la resistance visuelle dans tout ce faste; intelligence du costumier là aussi que de l'habiller d'un sari à la volubilité pesante. Bon par contre, on ne louera pas outre mesure le saucissonage dont elle est victime au moment du rite funéraire, soudain ces formes enveloppées d'une gaze grise redeviennent atrocement communes. Mais ce n'est qu'un détail, et l'altérité résolue et tragique dont elle fait preuve sur le bûcher est une image inoubliable.

Motherindia1.jpg
Pour un avis radicalement différent, c'est chez Friedmund que ça se passe.

Nb: les deux premières photos sont tirées du spectacle; la 3ème du Black Narcissus; la 4ème de Devdas; j'ignore d'où provient la 5ème; et la dernière de Mother India.

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publié dans : Radio & Tv
Samedi 22 mars 2008
par Caroline
Semaine du 22 au 28 mars :
 
 
 
TELEVISION:
        
               
        ¤¤  Toute la musique qu'ils aiment: Inva Mula + Le Chevalier à la rose, trio final : vendredi 28 à minuit 30  (France3)
                       
       
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  The Rake's progress de Stravinsky (ONP, en direct?) : samedi 22 à 19h30  (FM)
Dir.: E. Gardner [Penser à ne rien réclamer à Licida]
 
 
        ¤¤  L'art de Bryn Terfel : dimanche 23 à 4h du matin  (FM)
voir 'Vivace'
 
 
        ¤¤  Les rois de la galette: Le reniement de St-Pierre de M.A. Charpentier : dimanche 23 à 15h  (FM)
                       
 
        ¤¤  Concert Mahler - Bruckner (Pleyel, fév. 2008) : lundi 24 à 20h  (FM)
Dir.: P. Herreweghe - Christian Gerhaher - (Rückert-Lieder) 
 
 
        ¤¤  The indian Queen de Purcell (Cité de la musique, fév. 08) : mercredi 26 à 16h  (FM)
Dir.: P. Pickett
 
 
        ¤¤  Musiques sacrées: Messes des morts et requiems : mercredi 26 à 21h  (Radio Classique)
                       
 
        ¤¤ Patrimoine classique: Gundula Janowitz : mercredi 26 à 23h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  La vie baroque: avec Marc Minkowski : jeudi 27 à 21h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Haendel, musicien européen : dans la nuit de jeudi à vendredi à 1h du matin  (FM)
voir 'Vivace'

 
 
        ¤¤  Invités: Y. Kokkos, K. Karabits, JM. Blanchard (en direct de Genève) : vendredi 28 à 8h15  (FM)
                       
 
        ¤¤  Le Concert Spirituel, dirigé par H. Niquet : dans la nuit de vendredi à samedi à 1h du matin  (FM)
voir 'Vivace' - Desmaret, Charpentier, Boismortier, Campra, Haendel, Lully
 

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Mardi 18 mars 2008
par Licida
Récita Mozart  & Salieri
Diana Damrau
Ensemble  Orchestral de Paris
Direction: Joseph Swensen
Théâtre des Champs-Elysées, 18 mars 2008

Mozart : Divertissement en ré majeur K. 136
Salieri : « D’un insultante orgoglio » (Kublai)
Gluck : Orphée et Eurydice, ouverture
Mozart : « Ach ich fühl’s (Die Zauberflöte)
Cosi fan tutte, ouverture
Salieri : « Fra i barbari sospetti » (Kublai)

Mozart : Don Giovanni, ouverture
Salieri : « Sento l’amica speme » (Semiramide)
Mozart : Le Nozze di Figaro, ouverture
« Giunse alfin…Deh vieni »
Mozart : Lucio Silla, ouverture
« Parto m’affretto » 

Bis:
Salieri: "Se spiegar potessi" (La Finta scema)
Mozart: Alleluia (?)
Salieri : « Sento l’amica speme » (Semiramide)
Salieri : « Fra i barbari sospetti » (Kublai)

Cette chanteuse est un rêve! C'était la première fois que je l'entendais en salle ce soir: j'était fan, maintenant je suis amoureux! C'est bien simple, Diana Damrau c'est la technique de Gruberova avec un timbre plus corsé et surtout un style et une tenue parfaite. Pourtant le disque Arie di bravura m'avait laissé sur ma faim: je trouvais qu'elle était un peu too much sur les Salieri dont elle surchargeait la ligne mélodique avec des ornements certes parfaitement éxécutés mais pas indispensables, d'où une nette préférence pour les morceaux de Mozart et Righini et même je le confesse, une préférence pour la version du grand air d'Europa accompagnée par Muti. Avec ce concert, balayée la frustration du cd, retrouvé l'emerveillement premier, quand je la découvrais sur Youtube dans les airs de la Reine de la Nuit à Londres.

La première surprise vient de la voix elle même, bien plus riche en harmoniques que ce que laissaient entendre les disques où ses vocalises semblaient toujours un peu étriquées voire sèches, mais ces défauts mineurs étaient largement compensés par une franchise d'émission et une vigueur dramatique trop rares dans ce repertoire. Or en concert, la voix s'épanouit beaucoup mieux et cette "percussion" des notes vocalisées, à la fois fine et puissante, vient nous caresser les tympans. Je ne trouve absolument RIEN à redire à sa technique époustouflante, alors qu'habituellement il y a toujours moyen de chipoter pour faire son spécialiste sur la stridence de telle note, sur tel rubato trop timide, contre-note criée, cadence décevante, trille mal battu... enfin si, dans son dernier bis, un trille était détimbré, mais c'est plus que compréhensible  après 5 airs virtuoses enchaînés, et je m'étonne même d'une telle endurance, qui prouve que sa technique est parfaitement rodée. Il faut enfin ajouter que son chant dans une salle de concert semble "en relief": au disque je n'avais pas remarqué avec quel à propos et quelle variété elle emettait certaines vocalises en sourdine, comme pour en parfaire la gradation.

Second constat qui n'est pas vraiment une surprise pour qui l'a déjà vue en scène ou en vidéo, Damrau c'est une présence scénique poignante, intense, juste, qui jamais ne tombe dans l'excès où des airs si paroxystiques pourraient cependant la porter. Cette présence se décline de la prestance des airs de Kublai, à la retenue de l'air de Pamina en passant par la fraicheur de Suzanne, la joie de Semiramide ou la bonhommie embarassée de La Finta scema. Damrau a le mérite de pouvoir incarner toutes les héroïnes de la seconde moitié du XVIIIème avec une intelligence qui s'entend jusque dans les vocalises, chose dont je croyais seule Dessay capable: des vocalises à la fois précises et signifiantes théâtralement, on atteint là un véritable idéal que bien des cantatrices ne se donnent pas la peine de chercher, se limitant au succès facile de vocalises correctement enfilées.

Ensuite c'est la qualité de la diction qui m'a frappé: je la savais moins parfaite dans l'italien que dans l'allemand, en entendant son Europa de la Scala ou son Fauno de Salzbourg, l'italien la trouvait plus prodigue de stridence et de sons "coincés". Or les progrès effectués sont aujourd'hui plus sensibles encore que dans le disque: non seulement tout est compréhensible mais cela ne gêne plus la vocalise qui devient aussi parfaite qu'en allemand.

Par ailleurs, la parole a ici une suavité et une densité qui ont fait mouche dans les trois Mozart: jamais je n'avais entendu un "Ach ich fühl's" si poignant, si intégré psychologiquement, là où on l'entend habituellement des versions qui touchent par leur humilité ou leur coté halluciné; on a le sentiment que la douleur de Pamina étouffe peu à peu sa voix qui finit par s'éteindre et disparaitre ("es ist verschwunden"), la puissance d'évocation de Damrau semble sans limite tant la retenue la rend plus intense encore.
Même miracle pour l'air de Suzanne "Giunse alfin il momento" dont je n'attendais plus rien non plus à force de l'avoir entendu et réentendu, quand je pense que je faisais la fine bouche en début de saison en refusant d'aller l'entendre dans Le Nozze, quel con! Cette Suzanne là est parfaite, d'une impatience gamine transcendée par la sagesse de la femme, chaque mot semble sussuré à notre oreille, rien que pour nous, moment magique où l'on oublie qu'elle chante pour 2000 personnes. Moment qui a d'ailleurs été étrangement interrompu: peu après le début du "Deh vieni non tardar", le chef descend de l'estrade, ne dirige plus et va interrompre le premier violon, la voix de Damrau meure alors, cela en est presque angoissant; à ce moment là une petite bonne femme entre avec son instrument en courant dans l'orchestre, il manquait le basson! Et personne ne l'avait remarqué, totalement fasciné par Damrau. Le chef a tout de même été maladroit d'interrompre un si beau moment qu'il eût été facile de bisser après, du coup Damrau a repris l'air "frrrom the beginning" en lançant un appuyé "Giunse alfin il momento" parlé suivi d'un éclat de rire enfantin et cristallin; la salle en a rit, à l'exception de quelques pisse-froid qui ont hué la pauvre fille qui devait avoir un problème technique avec son basson.
Enfin troisième miracle qui fut aussi le plus beau moment de la soirée: l'air de Lucio Silla "In un instante... Parto, m'affretto" excellement interprété, l'angoisse qui alterne avec la détermination, la posture torturée de la chanteuse, les vocalises modulées tantot timidement et de coté, tantot face public comme pour exorciser la douleur par l'éclat. Du coup on ne fait presque pas la distinction entre le récitatif accompagné et l'air, tant la même verve dramatique les anime.

Le public lui a reservé un triomphe amplement mérité avec une double standing ovation; elle semblait surprise de son succès, et génée aussi au point de parfois quitter la scène dans des grands mouvements faussement hystériques. Et l'on peut aussi louer la générosité d'une chanteuse qui gratifie son public de quatre airs pas piqués des hannetons à la suite en bis! Je regretterai juste que le programme n'ait pas intégré un grand air en feux d'artifices de Salieri comme ceux de l'Europa et qu'elle ait préféré se limiter à des airs plus courts, moins redoutables et qui donnent tout de même la facheuse impression que Salieri écrivait toujours la même chose. Mais c'est compréhensible dans la mesure où après un "Ah lo sento" ou un "Quando irato freme", le repos pendant au moins 20 minutes est de rigueur.

Je n'attendais rien de l'Ensemble Orchestral de Paris que j'ai toujours trouvé honnête mais sans plus, à plusieurs occasions et je ne connaissais pas le chef, Joseph Swensen. Il se sont montrés ce soir très bons: vifs, nerveux, équilibrés, avec un vrai sens du rythme sans lequel la musique de Salieri tombe à plat; bref un très bon entourage qui soutient admirablement Damrau et echappe à toute routine. On critiquera juste une certaine "pate sonore" qui uniformise et empêche les harmoniques des différents pupitres de chatoyer.

Décidemment, deux orgasmes lyriques en deux jours, faudrait pas que ce soit comme ça toute la semaine, ou je n'y survivrais pas!

Et pour conclure, un petit tour chez Baja qui a entendu le même programme à Toulouse quelques jours auparavant.


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