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publié dans : Représentations
Mardi 18 mars 2008
par Licida

Direction musicale Hartmut Haenchen
Mise en scène Krzysztof Warlikowski
Décors et costumes Malgorzata Szczesniak
Lumières Felice Ross
Dramaturgie Miron Hakenbeck
Vidéo Denis Gueguin
Chorégraphie Saar Magal
Styliste perruque Robert Kupisz
Chef des Choeurs Winfried Maczewski

Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris

Amfortas Alexander Marco-Buhrmester
Titurel Victor von Halem
Gurnemanz Franz Josef Selig
Klingsor Evgeny Nikitin
Kundry Waltraud Meier
Parsifal Stig Andersen
Zwei Gralsritter Gunnar Gudbjörnsson, Scott Wilde
Vier Knappen Hye-Youn Lee, Louise Callinan, Jason Bridges, Bartlomiej Misiuda
Klingsors Zaubermädchen Adriana Kucerova, Valérie Condoluci,
Cornelia Oncioiu, Yun-Jung Choi, Marie-Adeline Henry, Louise Callinan
Eine Altstimme aus der Höhe Cornelia Oncioiu


Rarement m'aura-t-il été donné de voir un aussi beau spectacle... et pourtant j'y allais avec réticence: réticence face à l'oeuvre connue pour être la plus longue et la plus contemplative (manière éduquée de dire "chiante") de Wagner, réticence face au metteur-en-scène dont j'avais trouvé l'Iphigénie ratée, brouillonne et L'Affaire Makropoulos filant le contre-sens, embrouillée et proprette. Or non seulement j'ai été conquis par l'oeuvre que je découvrais, tant par l'intelligence du drame que par la beauté de la musique, mais en plus cette mise-en-scène est à cent coudées au dessus des ratages de Warlikowski à l'ONP.


Le spectacle commence cependant assez mal: l'acte I est long à demarrer, c'est le plus long (1h40) et les intentions peinent à prendre sens tout de suite, d'où un spectateur abreuvé de signes auxquels il n'arrive pas encore à donner une cohérence, mettant ainsi sa patience à l'épreuve; de plus la direction d'acteur est assez intermittente, le récit de Guernemanz par exemple ne semble pas avoir inspiré Krysztof Warlikowski: les chanteurs sont en rang d'ognions sur des chaises et ce sont les projections vidéos derrière eux qui meublent.
Prenons la mise-en-scène chronologiquement: la salle est dans le noir total (même la fosse d'orchestre où le chef dirige avec une baguette à diode lumineuse) puis la scène s'éclaire progressivement; la première projection est celle d'un extrait de 2001 Odyssée de l'espace, où l'on voit un personnage (l'accompagnateur dans la mise en scene que l'on retrouve au II et au III - le type qui ressemble à Andy Warhol) dans la chambre au sol lumineux s'attabler pendant qu'un autre semble mourrant sur le lit (évidemment Amfortas), un verre tombe de la table et se brise au sol. Le I s'ouvre sur un écran, où une main d'enfant écrit et gomme consécutivement "amour", "foi" et "espérance"; devant cet écran se trouvent des chaises, l'ecran se lève ou se décalle pour montrer Amfortas sur un lit d'hopital subissant une opération puis assisté de medecins; le récit de Guernemanz se déroule devant cet écran; puis c'est au milieu d'un amphithéâtre d'école de medecine qu'est brandit le cygne tué par Parsifal, amphithéatre qui va effectuer un tour complet et nous réapparaître ensuite les bancs peuplés de la confrèrerie qui n'est hélas pas assez nombreuse pour les remplir, symbole de sa moribonderie. La cérémonie du Graal va se dérouler devant cet amphithéatre sur une table couverte d'une nappe blanche, dirigée par Amfortas en bequilles revêtu d'une toge d'apparat et par Titurel en fauteuil roulant. Sur la tranche de l'amphithéatre se trouvent des lavabos dans lesquels Guernemanz vient se laver les mains avant la cérémonie. La cérémonie s'acheve, l'amphithéatre se retourne. Guernemanz replit la nappe puis renvoie Parsifal qui n'a rien capté du tout.
Le dispositif est intelligent: il symbolise la souffrance d'Amfortas de façon contemporaine et immédiatement saisissable, la marotte sanitaire de Warlikowski est enfin à sa place dans un opéra qui parle sans cesse de pureté et l'assemblée de médecins/chevaliers impuissants à guérir Amfortas forme un théâtre sacré entièrement tourné vers la révelation, le "dévoilement" (enthüllen) du Graal source de vie pour Titurel et de souffrances pour Amfortas qui, blessé comme le Christ, en ressens la passion (si j'ai bien compris). Au terme de cet acte, un constat: l'aseptisation comme forme contemporaine du sacré, on peut trouver à y redire, mais ça fait sens et puis on ne va pas non plus jusqu'à nous dire que Klingsor c'est le Sida :o)


L'acte II est plus réussi car il bénéficie des pistes lancées dans le I, pistes qui permettront au III de fonctionner sans presque rien apporter de neuf, une sorte Parsifal retrouvé après l'ombre des jeunes filles (en) fleurs (aïe - ça m'apprendra à faire des clins d'oeils trop appuyés). On est donc chez Klingsor tout de rouge vêtu qui tripote allègrement Kundry, des fois qu'elle serait tentée de devenir aussi pure que ses copains du Graal, le propos est assez classique et efficace, Klingsor persuade Kundry par la chair. Arrivent les filles fleurs habillées en tenues provocantes des années 30 et coiffées de perruques blondes bien tape-à-l'oeil, assises à des petites tables isolées les unes à coté des autres sur lesquelles se trouvent des petites lampes à abat jour rouge qui clignotent pendant le moment le plus intense de la scène (franchement avec tous ces détails, vous vous y croiriez hein?); on voit Parsifal assis au milieu de l'amphithéatre en arrière scène derrière un écran de gaze, à l'appel des filles fleurs il arrive, elles le séduisent langoureusement, le déshabillent et l'attachent sur une chaise. Arrive Kundry qui le délie puis l'entraine sur un lit; au moment de l'embrasser, Parsifal la repousse violemment et s'extrait de son etreinte au souvenir de la blessure d'Amfortas. Pendant leur superbe duo, la direction d'acteur est un peu plus lache et se repose trop sur la musique et la référence aux Damnés de Visconti (j'y reviens pas de panique!), il faut tout de même noter le miroir de la coiffeuse près du lit, dans lequel Parsifal force Kundry à se regarder pour interroger sa nature. A la fin de l'acte, après l'echec de la séduction de Kundry, Klingsor apparait dans les bancs de l'amphithéâtre (prêt à porter le coup de grace à la confrèrerie), Parsifal est devant, Kundry à l'avant-scène, au milieu, à terre. Parsifal se signe et une lumière laser rouge vient signifier la destruction du chateau, cette lumière est en croix évidemment au pied de laquelle se trouve Kundry/Marie-Madeleine, elle passe par Parsifal et les deux rayons se croisent sur Klingsor. Les lumières se rallument brusquemment, au milieu de l'amphithéâtre on trouve attablé l'accompagnateur que rejoint Parsifal, ce premier brise à terre le verre. Rideau.
C'est dans les costumes qu'est la clé de cet acte, tout y est une référence aux Damnés de Visconti (pas évidente d'ailleurs, si on ne me l'avait pas dit...): le costard de Parsifal (alors qu'au I il était habillé en bleu de travail) puis son humiliation en sous-vêtements, les robes de ces dames et leurs perruques qui jouent la ressemblance avec Ingrid Thullin, la mère incestueuse du film, mère incestueuse que va essayer d'être Kundry (perruque rousse>> Marie Madeleine, la diabolique, Hérodias...) en appelant Parsifal par son nom, lui révelant son histoire, l'amour de sa mère, puis en tentant de lui faire croire que sa délivrance viendra de l'etreinte. La référence aux Damnés permet de cerner le personnage de Kundry, mère et amante; mais Warlikowski se repose trop dessus en négligeant la direction d'acteurs. Tout repose donc sur la clé de cette référence qui n'est ni accessible à tous (tout le monde n'a pas vu ce film) ni clairement présentée. De plus, comme toute référence plaquée de l'exterieur, elle a ses limites et est impuissante à rendre le passage où Kundry raconte son éclat de rire devant le Christ, heureusement que Waltraud est là, elle fascine tellement qu'on en oublie que rien dans la mise en scene ne l'accompagne alors.
Quoiqu'il en soit, cet acte est une grande réussite, tant visuellement (éclairages et costumes somptueux) que dans la force d'impact du propos.


L'acte III (oui c'est le dernier, rassurez-vous, de toute façon si vous me lisez encore, c'est que vous êtes prêts à en reprendre une couche), débute dans le plus profond silence sur une citation de Rossellini évoquant l'amour de la vie à propos de son film Allemagne année zéro, dont la scène du suicide de l'enfant est projetée, toujours dans le silence (n'étaient les huées ahurissantes d'une partie abrutie du public, voire plus bas). L'écran se lève avec le début de la musique, on decouvre à l'avant-scène un potager, Kundry étendue dans les plantes les cheveux grisonnant avec une grande meche blanche, Guernemanz assis à la table des cérémonies à Cour, le cercueil de Titurel à Jardin. En fond de scène, l'amphithéâtre vide, juste devant une masse humaine étendue au sol dans un manteau marron sur laquelle tombent lumière et neige. Guernemanz va reveiller Kundry, la masse se lève, elle porte une immense lance de bois, c'est Parsifal. Kundry le dévêtit, le sert (du thé issu de la bouilloire en alu en guise d'eau bénite) puis lui laver les pieds et les essorer avec ses cheveux (Marie Madeleine, encore une fois). Le miracle du Vendredi Saint ne se distingue pas, n'étaient les paroles, on ne le remarquerait pas, la mise en scène baigne toujours dans une douce lumière, en cela je trouve d'ailleurs que la scène s'accorde bien avec la musique dans laquelle aucune soudaine effusion ne vient non plus signaler le miracle. Parsifal tout en blanc s'assied à la table des cérémonies, l'amphithéâtre s'avance en milieu de scène avec sur ses bancs les chevaliers agités qui baignent dans un bleu electrique, Amfortas apparait sur ses bequilles, pousse violemment le couvercle du cercueil, arrache ses vêtement, Parsifal se lève alors et pose la lance sur sa blessure, c'est Kundry qui vient donner l'impulsion à la base de la lance. Là encore, cette image fait sens, Kundry celle qui a perdu Amfortas, qui est responsable de sa blessure et de ses souffrances devient celle qui, une fois baptisée par Parsifal, le sauve, se redime, par l'intermédiaire de Parsifal; elle prend ensuite Amfortas dans ses bras, l'Accompagnateur passe, se lave les mains et se met au centre de l'Amphithéâtre.
Le final est splendide: pendant que Guernemanz s'assied auprès du cercueil qu'il referme, Kundry ne meure pas elle aide à mettre le couvert sur la table de cérémonie où elle va manger avec Parsifal, Amfortas et l'enfant (j'explique en dessous). On peut être déçu par cette scène qui semble bourgeoise, banale à coté de l'apothéose du livret, mais elle est plus chrétienne que le livret. Plutôt que de doubler la musique en représentant la gloire du nouveau roi dans la lumière du Graal (qui n'est d'ailleurs, au I déjà, qu'un gobelet dans une boite rouge sans intérêt), Warlikowski choisit de nous montrer l'humilité des personnages dans la pauvreté de la scène, de la Cène; humilité de la condition sociale du Christ, humilité à laquelle sont réduits les chevaliers qui ne se nourrissent plus que des plantes qu'ils font pousser comme le dit Guernemanz, humilité du thé servi par Kundry. Cette image est infiniment plus touchante et juste que celle attendue: la religion y est simple lien entre les hommes et non pas pompe ecclésiastique. Les modestes bougies du candelabre sont plus fortes que la lumière extérieure du Graal qu'on a déjà bien assez vu dans cette mise en scène. La simplicité irradie.


Pour terminer, un mot sur les projections parfois interessantes (les dessins d'arbres qui se multiplient, qui se transforment en Graal; l'émasculation de Klingsor...) parfois creuses (le dessin du cheval de Kundry galopant avant la levée de l'écran qui découvre une Kundry à califourchon sur un cheval d'arçon!) mais qui trouvent tout à fait leur place dans une Gesamtkunstwerk wagnerienne (le Tristan de Sellars/Viola l'avait déjà admirablement démontré). L'interêt de ces projections n'est révélé qu'au début du III avec la projection du suicide du petit garçon, l'enfant est une figure qui traverse toute la mise en scene: c'est sa main qui écrit "amour", "foi" et "espérance", ce sont ses dessins aussi rudimentaires que violemment symboliques qui sont projetés pendant le récit de Guernemanz, c'est lui qui jette des boules de papier sur Klingsor au II, c'est lui enfin qui se suicide dans le Rossellini, qui arrose le potager et vient mettre le couvert avec Kundry au III. Et c'est là que je fais appel à votre sagacité: si je comprends qu'il soit un symbole de l'avenir, de la relève, celui à qui l'on doit apprendre à aimer la vie comme le dit Rossellini, j'ai du mal à donner un sens cohérent à toutes ses interventions; pareillement je n'arrive pas à élucider la figure de l'Accompagnateur, il faut dire que je connais mal 2001.


Au final une magnifique mise en scene de Warlikowski donc, qui mérite que l'on s'y accroche dès le début, pas une mise-en-scène qui se laisse comprendre aisément non plus, mais c'est son intérêt, de même que pour comprendre certains tableaux il faut les observer pendant des heures, ce spectacle vivant ne se laisse pas élucider simplement. Si vous n'aimez pas aller voir du Delfo ou achetez l'audioguide :-p


Pour l'aspect musical, il me sera difficile d'être aussi prodigue puisque je découvrais entièrement la musique (quoique non j'ai du écouter une fois le duo Kundry/Parsifal au II avec la Callas dirigée par Gui, je sais pas si ça compte...). Hartmut Haenchen dirige l'orchestre de l'opéra magnifiquement, soutient à merveille les passages dramatiques du II et donne toute sa valeur aux moments de contemplation pendant lesquels l'attention musicale ne faiblit jamais; les choeurs sont bien plus mesurés et moins beuglards qu'à l'habitude, j'ai beaucoup aimé.
Stig Andersen remplaçait Christopher Ventris malade: sa prestation fut très bonne, une voix bien maitrisée et émise, jamais de dégoulinade, toujours audible, on regrettera juste un certain manque de caractère qui lui fait jouer plus aisément le sot du I que le roi du III, mais cela s'explique sans doute par sa méconnaissance de la mise-en-scène.
Waltraud Meier fut électrisante: bien reposée après avoir annuler la précédente représentation elle donne le meilleur d'elle même, tout serait à citer, même son registre aigu qu'on dit défaillant  (et pour cause, ce n'est plus une jeunette) fut stupéfiant, ah cet aigu sur "laaaaachte", pointu comme la lance qui va blesser le Christ, elle fascine pendant tout le duo du II et ne donne jamais l'impression de hurler (pourtant avec une partition pareille je le lui pardonnerai aisément!) et elle reste parfaitemet audible sur toute la tessiture, ahurissant!
Franz-Josef Selig est un superbe Guernemanz, puissant, paternel et quotidien, chaque mot semble être la resonance d'une profonde sagesse; l'Amfortas d'Alexander Marco-Burhmester ne démérite pas, il est captivant dans sa scène du III, la faible humanité, souffrante et belle, incarnée; le Titurel de Victor von Halem impressionne par la profondeur de ses graves et sa sonorité, c'est le genre de rôle où le chanteur doit d'autant plus impressionner qu'il dispose de peu de texte. On ne peut malheureusement pas en dire autant d'Evgeny Nikitin, qui fait preuve d'un louable emportement, mais n'impressionne jamais, sa voix semble trop legère, sans impact, et dessine un méchant de pacotille: on a du mal à voir là le magicien qui a fait tant de mal et qui maitrise une Kundry pourtant capable de l'écraser d'une note. Très bons seconds rôles également, notemment des filles fleurs idéalement cristallines et ravissantes, de vraies sirènes.


Un mot pour terminer sur la bêtise de la partie du public qui hue chaque soir pendant la projection du Rossellini: donner de telles mise-en-scènes à ces crétins, c'est donner des perles aux cochons, non seulement ils gachent de façon éhontée le plaisir des autres spectateurs, mais ils affichent ouvertement leur connerie, il n'y a pas d'autres mots. On savait déjà une partie du public d'opéra angoissé par le silence au point de s'empresser d'applaudir, souvent intempestivement, on le sait maintenant angoissé par la reflexion: j'en veux pour preuve les remarques qui ont fusé ce soir là (je passe sur les "Ceci est subventionné Mesdames et Messieurs!"; les "Wagner!" ou "Parsifal!" indignés; "Warlikowski assassins"; "bandes de connards" ou "Mortier p'tite bite" qui ont été entendus certains soirs, ils ne méritent même pas les pixels avec lesquels je les ai recopiés): le classique "Remboursez!" aussi stéréotypé que déplacé à ce moment du spectacle, je vois bien le type au guichet demander à ce qu'on le rembourse parce qu'il n'a pas aimé les 3 minutes de film sur les 4 heures de spectacle (crétin!); un "Mais quel est le rapport?!", le type accuse ici le metteur en scene de sa propre bêtise (je ne comprends pas, c'est donc que le metteur en scene est con, brillant, avec des raisonnements pareils Kant est un demeuré) et enfin un très fin "Où est la télécommande?" de la part d'un couillon qui ne fait visiblement pas la différence entre le cinéma et la télévision, quant à lui parler de Gesamtkunstwerk... J'accepte tout à fait que l'on puisse ne pas aimer cette mise-en-scène, mais dans ce cas on hue à la fin, pas pendant le spectacle et on argumente au lieu de chier des conneries pareilles devant trois milles personnes. Je n'ai que du mépris pour ces gens qui ne méritent pas que leur opéra national soit un des plus grands du monde.

Pour finir sur une note plus positive, on lira, comme je m'apprête à le faire le compte-rendu de Friedmund sur son blog. Par ailleurs on peut voir des photos du spectacle sur le site de l'ONP.


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publié dans : Représentations
Lundi 17 mars 2008
par Licida
On me reclame à corps et à cris (bon ok j'exagère un peu) le compte rendu de la Messe en si par Niquet, mais avez vous bien conscience que je n'ai vraiment rien d'interessant à dire sur cette musique qui m'ennuie profondément? Hein! Mais comme j'ai bon coeur, voilà un pti commentaire de ce concert perdu dans une liste d'autres commentaires de la même eau sur des spectacles pour lesquels je n'ai pas eu le courage, l'inspiration ou l'intelligence nécessaire à une vraie critique construite.

*Le Carnaval et la Folie de Destouches à l'Opera Comique (01.02.08)

Un opéra qui se termine pas un "Tonnez tambours, sonnez trompettes" ne peut me laisser insensible. Décidemment j'adore ce compositeur. Baja a tout dit.



*Gardiner, Pires et le LSO dans Beethoven à Pleyel (02 & 03.02.08)

Programme guère original mais parfaitement mené, on regrettera juste que l'orchestre soit évidemment parfait, mais parfait dans la routine (ce n'est pas donné à tous les orchestres!) et qu'un chef comme John-Elliot Gardiner ne nous apporte guère de neuf pour ces pages archiconnues (regardez-le qui fait son blasé maintenant le Licida!). N'empêche que je rempilerai certainement l'année prochaine pour la suite du cycle à Pleyel. Quant à Maria-Joao Pires que j'entendais en salle pour la première fois, son touché est vraiment splendide de douceur et d'élégance, rien de passionnel mais un jeu qui baigne dans une exquise tempérance. Et puis - remarque sans intérêt - ça m'a fait tout drôle de réaliser qu'elle était haute comme trois pommes la Maria-Joao, discrete, humble et surtout souriante quand les trois quarts d'un des plus prestigieux orchestres du monde faisaient la gueule aux applaudissements, visiblement peu satisfaits du triomphe qu'une des plus mythiques salle parisienne leur reservait...



*Die Frau ohne Schatten à Bastille (07.02.08)

Reprise quelque peu baclée pour ce que je considère comme la plus belle réussite lyrique de Bob Wilson avec Madama Butterfly: baclée par les éclairagistes (combien de poursuites s'allument à coté des chanteurs et les cherchent maldadroitement dans le noir total pendant quelques secondes?!!) et baclée par l'orcheste gigantesque que la baguette mollassonne de Gustav Kuhn est incapable de maitriser d'où un capharnaüm effrayant à bien des moments. Ewa-Maria Westbroek semblait assez fatiguée et la franchise de son chant s'en est ressentie, mais je trouve toujours cela fort impressionnant et enthousiasmant; Jane Henschel fut excellente en nourrice, ses faiblesses vocales étant habilement intégrées à un jeu grinçant et acéré; Christine Brewer m'a par contre semblée bien peu féminine et souvent criarde, en accord pour le coup avec son brayard de mari, le fruste Barak de Franz Hawlata. Pas grand chose à dire sur John Villars qui m'a semblé moins abyssallement mauvais que pour Les Troyens, sans pour autant susciter l'intérêt. A lire, le bon compte rendu de Friedmund.



*La Messe en si par Niquet à Pleyel (10.02.08)

Rien à faire cette musique m'ennuie plus que tout, alors quand je lis dans le programme de la salle que cette messe est un recueil des meilleurs morceaux sacrés de Bach, une synthèse de toutes ses messes, je me dis vraiment qu'il ne faut plus que j'insiste... au moins pour un moment. Du coup je n'ai rien à dire sur la direction d'Hervé Niquet dont j'aime tant le travail par ailleurs mais qui n'a pas réussi à me faire aimer Bach; Philippe Jaroussky m'émeut toujours aussi peu dans ce repertoire, où j'ai besoin des graves résonances d'une contralto pour sentir la présence du sacré et devenir mystique (rien que ça!); Judith Gauthier toujours aussi impeccable, mais dans du Bach qui lave plus blanc que blanc ça me laisse de marbre; tout comme Joao Fernandes sur lequel je me pâme ailleur et qui ici a juste laissé entendre sa voix étouffée. Priez pour que je comprenne cette musique un jour!


*Cardillac à Bastille (16.02.08)

Je commence à comprendre la logique des mise-en-scène d'André Engel: des décors impressionants par leur dimension, leur achevement, leur conception et la vitesse à laquelle ils disparaissent. Assurément le spectacle est fort beau et le metteur-en-scène soucieux de l'encrage de l'action dans un espace précis et parlant, encrage auquel concourt une belle et vive direction d'acteur (surtout pour les mouvements de foule). Mais tout ce premier degré finit par lasser; en entendant une musique si forte, si puissante, si seche, j'en étais presque géné par cette vision si respectueuse de l'oeuvre, quelque chose ne collait pas... cela m'a fait repensé à la géniale production du Nez de Chostakovitch par Yuri Alexandrov dans cette même salle, voilà un type qui avait compris la portée de la musique qu'il mettait en scène. Sinon orchestre très bien dirigé par Kazushi Ono, choeurs toujours un peu trop gueulards, Angela Denoke parfaite, tout comme Christopher Ventris ou Charles Workman, le Cardillac de Franz Grundheber m'a peu marqué à vrai dire, mais c'était très honnête.


Oui je n'avais pas grand chose à dire mais vous étiz prévenus!

Je publierai bientot un compte rendu (un vrai!) du superbe Rake's Progress d'Olivier Py et la semaine qui vient devrait apporter son lot de beaux spectacles: Parsifal lundi, récital Damrau mardi, Zampa mercredi, récital Delunsch jeudi, Padmavati samedi, et je finis en beauté avec le récital et La Cenerentola par Bartoli pour le lundi de Pâques. En voyant autant de spectacles en si peu de temps, vous m'excuserez de n'être pas toujours prodigue en commentaire ;-)




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publié dans : Radio & Tv
Samedi 15 mars 2008
par Caroline
Semaine du 15 au 21 mars :
 
 
 
 
 
 
 
TELEVISION:
 
        
 
               
 
        ¤¤  Ein deutsches Requiem de Brahms (mars 2008) : dimanche 16 à 19h  (ARTE)
 
M. Jansons - K. Stoyanova; M. Volle; P. Dijkstra [voir aussi 'radio']
 
 
 
       
 
 
 
RADIO:
 
        
 
 
        ¤¤  Etonnez-moi Benoît: avec W. Christie et L. Foster : samedi 15 à 11h  (FM)
Pour Zampa à l'Opéra-Comique et Padmâvati au Châtelet.
 
 
        ¤¤  Zampa de F. Hérold (Opéra-Comique, mars 08) : samedi 15 à 19h30  (FM)
Dir.: W. Christie 
 
 
 
 
 
        ¤¤  Concert du Petit Palais (janv. 08) : dimanche 16 à 12h  (FM)
 
Magali Léger, soprano - M. Chiche, violon - D. Ciocarlie, piano
 
 
 
 
        ¤¤  Ein deutsches Requiem de Brahms (mars 2008) : dimanche 16 à 19h  (FM)
M. Jansons - K. Stoyanova; M. Volle; P. Dijkstra [en simultané avec Arte]
 
 
        ¤¤  L'humeur vagabonde: avec Pascal Dusapin : lundi 17 à 20h10  (France Inter)
 Pour son opéra Medea
 
 
        ¤¤  La Khovanstchina de Moussorgski : lundi 17 à 21h  (Radio Classique)
Dir.: V. Gergiev 
 
 
        ¤¤  C'était hier : Georges Tzipine : mercredi 19 à 20h  (FM)
Avec notamment des extraits de Padmâvadi de Roussel avec R. Gorr, J. Taillon, etc. (1970)
 
 
        ¤¤  Passion selon Saint Jean de Bach : mercredi 19 à 21h  (Radio Classique)
Dir.: M. Corboz
 
 
        ¤¤  Missa Sancti Hyeronimi de M. Haydn (Paris, fév. 08) : jeudi 20 à 10h02  (FM)
Dir.: A. Bernardini - Choeur Arsys Bourgogne
 
 
        ¤¤  Les contes du jeudi: Graun: Der Tod Jesu : jeudi à 13h15  (FM)
Extraits
 
 
        ¤¤  Récital de Susan Graham (Louvre, mars 08) : vendredi 21 à 16h  (FM)
Mélodies françaises des XIXe et XXe siècles - Piano: M. Martineau
 
 
        ¤¤  Passion selon Saint Matthieu de Bach (Leipzig, en direct) : vendredi 21 à 19h07  (FM)
Dir: G.C. Biller
 
 
        ¤¤ Le goût des autres: Passion selon Saint Matthieu de Bach : vendredi 21 à 21h  (Radio Classique)
 

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publié dans : Radio & Tv
Samedi 8 mars 2008
par Caroline
Semaine du 8 au 14 mars :
 
 
 
 
 
 
 
TELEVISION:
 
        
 
               
 
        ¤¤  De la maison des morts de Janacek (Aix 2007) : lundi 10 à 22h30  (ARTE)
 
Boulez / Chéreau [voir aussi 'radio']
 
       
 
 
 
RADIO:
 
        
 
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: Jérôme Deschamps et W. Christie : samedi 8 à 18h  (FM)
Pour Zampa à l'Opéra-Comique
 
 
        ¤¤  Luisa Miller de Verdi (ONP, en direct) : samedi 8 à 19h30  (FM)
Dir.: M. Zanetti - [Voir article de Licida]
 
 
 
 
 
        ¤¤  Les greniers de la mémoire : Le Deller Consort (2) : dimanche 9 à 11h  (FM)
 
Concerts d'archives.
 
 
 
 
        ¤¤  Histoires de musiques: Agnès en héroïne d'opéra : dimanche 9 à 19h07  (FM)
dont Libermann: L'école des femmes (Salzbourg, 1957) - Dir.: G. Szell à 20h07
 
 
        ¤¤  Les matins des musiciens: Marie-Antoinette et les musiciens de son temps : de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
 
 
        ¤¤  Messe en si de Bach (Pleyel, fév. 08) : lundi 10 à 10h02  (FM)
Dir.: H. Niquet - [réclamer article à Licida]

 
 
        ¤¤  De la maison des morts de Janacek (Aix 2007) : lundi 10 à 22h30  (FM)
Boulez / Chéreau [en simulté avec ARTE]

                       
 
        ¤¤  Récital de Sophie Koch (Marigny, fév. 08) : mercredi 11 à 10h02  (FM)
Piano: Sophie Raynaud

 
 
        ¤¤  C'était hier : Igor Markevitch : mercredi 11 à 20h  (FM)
 Avec notamment: Psalmus hungaricus de Kodaly avec E. Haefliger (Berlin, 1957)
 
 
        ¤¤  Spéciale (2) : Musiques sacrées : mercredi 12 à 21h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Récital de Ronan Collet, baryton (Londres, oct. 07) : vendredi 14 à 10h02  (FM)
Programme Schumann-Fauré-Warlock-Butterworth - Piano: C. Glynn

 
 
        ¤¤  Véronique de Messager (Châtelet, janvier 08) : vendredi 14 à 20h  (FM)
Dir: J.C. Spinosi - voir article de Licida
 

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publié dans : Artistes
Mercredi 5 mars 2008
par Licida

Sonia Prina, la Freddie Mercury du baroque

Voici enfin cette présentation que je vous promets depuis longtemps sur la grande Sonia. La dame fait débat parmi les baroqueux, on lui reproche sa tessiture limitée pour des rôles de contralti, on encense son timbre et son energie. Un baroqueux éminent a qualifié sa voix de "moustachue", la comparer à Freddie Mercury m'a alors semblé évident! ;-) Encore une fois je ne connais que peu de détails biographiques: diplomée de chant et de trompette (comme Tchétchilia si je ne m'abuse) à 19 ans, elle est admise au sein de l'académie lyrique de la Scala. Elle a aujourd'hui la petite trentaine. Le plus interessant réside bien sur dans ses prestations. Si sa tessiture limitée lui interdit bien des roles de castrats, elle fait merveille dans les roles de mezzo coloratures qui lui permettent de jouer pleinement de son timbre rond et chaud. Le cas des rôles de contralto traduit son intelligence musicale, puisqu'elle pallie souvent des lacunes dans l'aigu et le grave et transcende certains trucages (tendance à bramer) par un enthousiasme et une energie théatrale débordants; au final on est bluffé et impressionné par cette voix qui en impose alors même qu'elle n'a rien d'exceptionnel. Les titres soulignés signalent les enregistrements et live à écouter en priorité.

 

Discographie:

 

*Conti, David
avec Mijanovic, Priante, Kermes
dirigé par Curtis
conti.jpgJe ne l'ai toujours pas écouté attentivement.



*Donizetti, Anna Bolena (Smeton)
Theodossiou, Ganassi

 

pas entendu, mais le role est riquiqui





*Handel, Lotario (Matilde)
avec Mingardo, Summers, Kermes, Priante

dirigé par Curtis

 

Dans ce premier rôle composé par Handel pour la Merighi en 1729 (juste avant Rosmira), Prina est très à l'aise, du coup son talent peut se deployer dans les airs délicats où le moelleux de son timbre est plus que le bienvenu ("Vanne a colei che adori") comme dans les ceux plus enlevés ("Quel superbo già si crede"), mais aussi surtout dans les scènes dramatique ("Arma lo sguardo", scène de la prison) et de fureur (magnifique "Furie del crudo Averno").
Mais bon, la partition n'est pas la plus réussie de Handel et Curtis est en pilote automatique, le tout baigne donc dans une certaine apathie dont nos grandes chanteuses (Mingardo, Summers, Prina) se detachent à grand peine...et Kermes caracole dans l'aigu, c'est tout ce qu'elle sait faire.

 




*Handel, Il Trionfo del tempo e del desinganno (Disinganno)
avec Dessay, Hallenberg, Breslik
dirigé par Haïm

J'attendais ce disque avec impatience: mes deux mezzo coloratures favorites réunies, un des meilleurs ténors baroques actuels, de très bons échos du concert du TCE et Natalie en cerise sur le gateau. Malheureusement paru quelques jours après le concert de Minkowski à Pleyel, je ne peux cacher ma deception. Comme souvent, Dessay est à coté de la plaque dans Handel eet le Concert d'Astrée fait vraiment office de second choix quand on a entendu la splendeur des Musiciens du Louvre. Prina n'est pas très à l'aise ici, son "Crede l'uom" n'est pas aussi habité qu'au concert et son energie ne peut se déployer dans un rôle tout en rennoncement. Cela reste du très bon niveau, mais la cohérence dramatique de l'ensemble fait vraiment défaut à ce disque et nuit à ses interprêtes.






*Handel, Rodelinda (Edwige)
avec Mijanovic, Lemieux, Priante, Kermes
dirigé (le terme est un peu fort!) par Curtis

 

 

Beaucoup en ont fait la cruelle expérience, c'est sans doute le pire disque du tandem Kermes/Curtis. Prina est ici assez decevante, ses vocalises sont alignées sans rechigner mais on la sent bridée par la platitude de l'orchestre qui encore une fois ne semble fait que pour soutenir les suraigus de Kermes; de toute façon, tout le monde ici patauge: Mija est perdue faute d'être accompagnée par l'orchestre, Lemieux a un trop petit role pour marquer, Priante ne se donne pas plus que ça et Kermes:cui cui cui, non pardon :ui ui ui! Passez votre chemin.

 

 


*Handel, Alcina (Bradamante)
avec Kasarova, Cangemi, Harteros, York
dirigé par Bolton à Munich

Voilà encore un rôle de pure contralto (la Negri aussi créatrice de Polinesso et Carilda), donc, bien sur, trop grave pour Prina, mais bon il est vrai, comme le dit quelqu'un ici que presque tous les rôles sont soit trop graves soit trop aigus pour Prina, donc je vais arrêter là pour ce poncif la concernant. Le fait est que Bradamante souffre d'intêrprêtes à la fureur relative et aux vocalises dont la vélocité sacrifie à la clarté du timbre ou l'inverse: Mijanovic s'y englue, Podles y fait vraiment trop mémère, Kuhlman est bien sage, Sinclair - héhé! j'avoue que j'aimais bien quand j'ai découvert l'oeuvre et le baroque, mais bon... -, Wolak impossible, je n'y connais pas Mingardo. Tandis que Sonia avec une voix inadéquate réussi la meilleure caractérisation du rôle, certes les vocalises manquent d'ampleur, mais la projection et le souffle sont loin d'être pris en défaut; quant à la rage du personnage, tantot contrainte dans le "E gelosia" à mots couverts, tantôt déchainée dans le superbe "Vorrei vendicarmi", elle est fulgurante. Le dernier air (un peu chiant à mon gout) est tout à fait maitrisé, mais de toute façon presque toutes les interprêtes du rôle le réussisse honnêtement.

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*Galuppi, Il Filosofo di campagna

 

connais pas




*Monteverdi, L'Orfeo (Speranza)
avec Bostridge, Ciofi, Coote, Dessay, Gens, Sampson, Agnew, Regazzo
dirigé Haïm

Encore un des plus gros ratages de ce début de siècle. Prina est tout à fait honnête en Speranza mais le role est un peu trop court.

 




*Mozart, Ascanio in Alba (Ascanio)

avec Damrau à Salzbourg
(sorti en DVD)

Bof, bof, le rôle n'est pas terrible, elle est juste honnête et la mes devait sans doute lui donner suffisamment de fil à retordre comme ça.

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*Porpora, Salve Regina
dirigé par Dantone

Prina dans la musique sacrée est absolument fabuleuse, cette première incursion le prouve amplement (le disque est malheureusement épuisé). Avec un Dantone exhaustif et spirituel, ce Salve Regina est boulversant et rend à Porpora sa place préeminente parmi les compositeurs du 18ème siècle. Naturellement la sensibilité, la douceur, le moelleux, la profondeur d'expression de notre Sonia font ici miracle, et sa prononciation donne une saveur inconnue au latin. A la delectable et confiante serennité du "Salve regina" succède l'humble prière du "Ad te clamamus" dont l'insistance trouve cependant refuge dans les vocalises qui s'interrompent brusquement comme s'apercevant de l'excès d'orgueil qu'elle portent. C'est le moment d'un "Eia ergo"extasié et pourtant plein de doute, de piété et d'effacement dans la douleur apaisée par la foi, comme si l'enthousiasme tentait de nier l'imparfaite confiance humaine en Dieu . Et le tout s'acheve avec un boulversant "O clemens" qui vogue confiant dans un murmure et une legereté en harmonie avec des vocalises rondement menées et une diction toujours aussi délicieuse. Alleluia! Et encore je ne vous detaille pas toutes les parties... Tentez à tout prix de denicher ce bijoux de Sancta Sonia!!

Bénissez Youtube! Ce Salve regina y est entièrement écoutable.

 




*Rossini, La Cenerentola

avec Florez, Ganassi, Ulivieri
dirigé par Rizzi

pas entendu

 




*Rossini, La Pietra del Paragone (Clarice)

avec Lis, Zappatta
dirigé par Spinosi à Paris
(sorti en DVD)

Dans Rossini les limites de sa tessiture ne pouvaient que ressortir: malgrè des efforts louables pour assumer les descentes dans le grave et les surgissement dans l'aigu, sa vocalisation est ici trop véloce, trop légère, pas assez martelée pour du Rossini qui réclame plus de poids. Son art du phrasé n'est d'aucune utilité ici, heureusement sa veine comique sauve sa prestation et rend le tout agréable à défaut d'historique.

Vous pouvez voir différents extraits ici: http://www.lapietradelparagone.com/:




  

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*Sammartini, Maria addolorata & Il Pianti di San Petro (Cleofe et Giacomo)
dirigé par Ferrari

 

Très bien dirigées, ces oeuvres de Sammartini sont assez interessantes même si elles manquent un peu d'inventivité. Sonia n'a que deux airs "Almen potesse chiudere" de Cleofe dans Maria addolorata et "N'empie d'orrore" dans Il Pianto di San Pietro. Le premier est une longue (12 minutes) lamentation concertante avec violoncelle, autant dire tout de suite que l'harmonie entre sa voix et le violoncelle est totale, l'epuisement et la lassitude sont sensibles, jamais je ne l'ai entendue si émouvante. Le second est aussi une sublime lamentation qu'elle rend à merveille. Elle est vraiment douée pour rendre toute la spiritualité de cette musique à travers son timbre charnel qui pointe vers l'invisible, l'indicible, l'absolu divin, le mystère sacré. Elle s'y entend en art de sublimer la souffrance humaine: écoutez comme elle appuie la dernière syllabe de ses "crudelta" et "oppresso" tels les premisses de larmes que la pudeur retient, puis varie les intonations à chaque reprise de cette mélancolique et trébuchante litanie qu'elle traverse d'un souffle chantant.

 

 


*Sarti, Giulio Sabino (Guilio Sabino)
dirigé par Dantone

 

Témoignage interessant de notre toute jeune Sonia: ça cafouille un peu, les vocalises ne sont pas toutes très bien placées et le rôle est un peu trop aigu pour elle (le créateur était un castrat soprano). Reste une bonne prestation, parfois touchante et souvent osée (elle ne se ménage pas dans les variations!), mais ce n'est pas inoubliable; de plus Dantone est encore loin de diriger avec la magie qu'on lui connait aujourd'hui. Le tout donne une bonne idée de l'oeuvre, mais reste encore trop timoré à mon gout.

 




*Verdi, Messa solenne
avec Scano, Florez, Gallardo-Domas
dirigé par Chailly

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*Vivaldi, Orlando finto pazzo (Origille)
avec Bertagnolli, Custer, Comparato, Oro, Pizzolato
dirigé (magnifiquement!) par de Marchi

 

Voilà un superbe opéra archivénitien, dans lequel Prina s'épanouit à merveille! L'air du premier acte la montre sous son meilleur jour, et on admirera à quel point cela sonne rond sans pour autant sacrifier la diction. L'acte 2 la voit encore plus belle dans un superbe air avec echo à travers lequel son péché mignon ailleurs, les vocalises un peu engorgées, disparait totalement; le second ne traduit pas moins son sens du souffle, ou comment distiller son texte avec science en se melant parfaitement à l'orchestre. L'acte 3 la voit triompher dans le celèbre "Andero, volero, gridero" où elle est plus consistante que Bartoli, mais aussi moins incisive; cela paraitra sans doute un peu trop enflé pour certains, mais j'adore, le da capo la trouve un peu limite dans la tessiture mais elle sait jouer habilement pour que cela ne paraisse pas. Les deux interpretations se valent pour moi, Bartoli m'evoque plus le raz-de-marée, Prina la haute mer qui enfle et les vagues qui meurent comme elles sont nées;  par ailleurs ici le soutien de l'orchestre me semble plus idoine que celui du Giardino armonico, un peu trop napolitain. Bref je recommande chaudement; les autres interprètes, même s'il ne sont pas tous parfaits offrent pour beaucoup de superbes moments.




*Vivaldi, L'Olimpiade (Aristea)
avec Invernizzi, Mingardo, Foresti
dirigé par Alessandrini

C'est graçe à ce disque que je l'ai découverte: son "E troppo spietato" est un de mes airs de Vivaldi préférés, diction exemplaire, rondeur de la note, vocalise nettes, orchestre foisonnant à souhait... seul défaut, c'est un peu sage; aujourd'hui, quatre ans après, je pense qu'elle s'y lacherait bien plus, mais après tout Aristea est un personnage bien moins tourmenté que Megacle ou surtout Licida. Elle est idéale pour "Sta piagendo la tortorella" qu'elle rend avec une triste délicatesse et un résignement gracieux qui conviennent parfaitement à Aristea; "Tu da me dividi" lui permet de faire montre de son superbe art de la déclamation, qui vient masquer un grave insuffisant. "Caro son tua cosi" est aussi un beau moment, j'adore l'élégance avec laquelle elle lance ses "rise e e e e e e ento", et oui Clément, je la trouve féminine surtout quand elle allege sa voix en fin de phrase, cette évanescence de la voix sur le "anchio" me ravit littéralement. A part Giordano qui n'a pas comprit que son role était travesti, le reste de la distribution et l'orchestre sont sublimes (surtout Mingardo et Invernizzi). Un des plus beaux disques d'un opéra de Vivaldi. A acquérir de toute urgence.

 



*Vivaldi, Farnace (Pompeo)
avec Mingardo, Zanasi, Banditelli, Fernandez, Forte
dirigé par Savall

Si la distribution ne fait guère réver, si le rôle de Mingardo n'est pas à la hauteur de sa splendeur, si Zanasi est bof, et que Banditelli se demande toujours autant où elle est, ce disque vaut pour la belle direction de Savall qui manque de netteté mais pas de couleurs et pour le Pompeo de Sonia! C'est enooooorme! En deux airs elle écrase le reste de la distribution. L'illustre "Sorge l'irato nembo" est à mon sens le plus beau jamais enregistré, Savall va à toute vitesse et soulève les éléments, Prina le suit à la même allure, imperieuse . Au second acte, un air idoine pour sa voix qui lui permet de nuancer sa prononciation de façon limpide et intelligente au grès des reprises du texte avec de beaux graves qu'on ne lui connaissait pas encore. Elle signe les deux meilleurs moments du disque et je prie pour qu'elle le chante l'an prochain à Pleyel. La prise de son par ailleurs assez ample rend pleinement justice à l'impression qu'elle laisse sur le public dans la salle et à sa glorieuse projection. Il faut bien avouer à ce propos que je n'ai toujours pas compris comment une tessiture assez moyenne pouvait donner une impression si abyssale.

 

 



*Vivaldi, La Senna festeggiante (La Virtù)
avec Lascarro, Ulivieri
dirigé par Alessandrini

 

 

Encore un role vivaldien où triomphe son style et son timbre à la douceur de pêche. "In quest'onde" envoutant avec des envolées maitrisées dans l'aigu plus que convaincantes (et qui feront mouche dans la Partenope de Handel); "Vaga perla benche" à la hauteur de sa prestance, une grande classe au dessus de tout reproche, que rever de mieux pour la Vertu, encore une fois je ne saurai expliquer par quel miracle sa voix se mêle si bien aux volutes de l'orchestre, mais sans doute est-ce le fait de mon hypersensibilité à son timbre. "Stelle, con vostra pace" la trouve touchante dans un lamento où elle est plus délicate et féminine (j'insiste!) que jamais (un peu comme pour son "Crede l'uom"); et puis des chanteuses capable de marrier si bien mordant et densité du chant sont rares. "Cosi sol nell'aurora" lui permet de virevolter de façon envoutante sans être trop capiteuse façe à un orchestre qui sautille discretement, et quelle façon de faire mourir ses phrases encore une fois, quel style: magnifique! Lascarro est un peu dure cependant, donc ne pas négliger la version King avec une meilleure Sampson et Hilary Summers excellente aussi mais qui n'a pa ma préférence.




*Vivaldi, Arie Ritrovate

dirigé par Dantone

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