Idolâtrie

Articles à venir

(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
*Saison parisienne 08/09
*Mats Ek à Garnier
*Félicity Lott au Châtelet
*Porgy & Bess à l'Opéra Comique
*I Capuletti à Bastille
*Don Carlos à Bastille
*Falstaff au TCE
*Signes à Bastille


*Portrait de Silvia Tro Santafé
*Portrait de Max Cencic
*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci

 

*Destructive Aria
*L'impératrice du Pérou

Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!! 

La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

Recherche


publié dans : Artistes
Mercredi 5 mars 2008
par Licida

 

Lives diffusés à la radio:


*Handel, Alcina (Bradamante)

avec Kalna, Pasichnyk, Kasarova
dirigé par Spinosi

à Paris: compte-rendu ici

à Vienne: la captation très réverbérée est plus favorable à l'orchestre qui semble moins squelettique, mais c'est toujours pénible à entendre. Les interprêtes présentent les mêmes qualités et défauts que pour le spectacle parisien quelques jours plus tard.



*Handel, Messiah


avec Priante, Scano
dirigé par Biondi à Madrid

A oublier; Biondi est incapable de maitriser l'orchestre (un espagnol je crois, en tout cas pas Europa Galante) et de donner une conception claire et structurée de l'oeuvre; tout le monde chante un peu n'importe quoi: à Prina echoient le "But who may abide" et le "He was despised". Bien sur son cantabile est très efficace dans le second, mais on l'a connu plus émouvante; le premier air par contre gagne vraiment à être interprété par un mezzo plus aigu (Kozenaaaaaaaaaa!!!).

avec York, Senn
dirigé par Dantone

Pas bien mieux: Dantone qui est le must pour Vivaldi ne m'a jamais ravi dans Handel, tout est bien sage, sonne bien mais manque d'esprit et d'emportement. Le concert est posterieur à celui dirigé par Biondi et pourtant Sonia semble encore moins à l'aise avec une prononciation de l'anglais vraiment caricaturale (était-elle enruhmée?). York est acide et Senn trop léger.



*Handel, Il Trionfo del tempo e del desinganno (Desinganno)


avec Hallenberg, Breslik, Cangemi
dirigé par Haïm au TCE

Je ne connais pas la retransmission radio en entier; une bonne âme internaute a porté à ma connaissance le "Crede l'uom" et le "Voglio tempo". Le premier est formidable, c'est le terrain de prédilection de la dame; l'interprétation gagnera beaucoup à mon avis dans l'intimité du studio (edit: je m'a bien gouré sur ce point!). Le second est angoissant à souhait, le manque de respiration chronique du Concert d'Astrée étant ici une qualité pour rendre l'ambiance carcérale et nerveuse de ce quatuor qui respire, ou plutôt expire, l'urgence tragique.


avec Aikin, Gens
dirigé par Antonini

Très jolie direction dixseptièmiste toute en détail et en harmonie soignées; je n'ai jamais beaucoup aimé Aikin dans le baroque que je trouve trop sèche et pas toujours juste; Gens s'en sort bien mais est vraiment légère pour le Piacere. Le Desinganno de Sonia s'épanouit à merveille dans cette direction (bien mieux qu'avec Haïm), la qualité de son cantabile fait de cette prestation un délice de chaque instant que tempère juste la sagesse du personnage. On se demande bien pourquoi la Beauté hésite aussi longtemps: dès le premier air, moi, je suis conquis!

 






*Handel, Partenope (Rosmira)avec Schiavo, Auvity
dirigé par Florio à Beaune






avec Invernizzi, Auvity
dirigé par Florio à la Vilette

Rosmira est à mon sens un de ses meilleurs roles; écrit pour la Merighi, une mezzo colorature, le rôle traverse tous les états d'âme: fureur ("Un altro volta ancor" délirant grace à la combinaison de fortes scansions sur "poi..." auquelles succède un court silence angoissé puis reprises du "poi" et tourbillon vocalisant sur "m'inganasti"), superbe guèrriere ("Io seguo sol fiero", glorieuse gigue dans laquelle Prina crane fièrement en dialoguant avec le cor, faisant montre de graves que je ne lui connaissait pass), jalousie ("Furie son dell'alma mia", même procédé que pour le premier air, avec une forte accentuation du "gEElosia" puis "gelosia rabbia e furor" et vocalise sur "rabia", avec un staccato des archets sur chaque syllabe initiale; l'air parcoure une large tessiture et Prina décoche des aigus tous neufs là aussi), mais aussi tristesse avec de superbes lamenti. Bref un rôle en or! J'étais ressorti emerveillé du concert de la Vilette (avec en plus une Invernizzi stellaire), tandis que le live radio de Beaune souffre d'une reverberation excessive. A connaître absolument!!




*Handel,
Amadigi di Gaula

avec Invernizzi
dirigé par Alessandrini à Beaune

connais pas! pour mon plus grand malheur :-(((((((((


avec Pondjicils
dirigé par Alessandrini à Naples

Ben là par contre ce n'est pas ce que l'on fait de mieux en la matière: elle ne se donne pas à fond et en devient commune, l'orchestre est vilain que ça en est insupportable, on se croirait à Halle dans les années 50.




*Handel,
Rodelinda (Bertarido)
avec Bell, Summers
dirigé par Curtis à Londres

Curtis est ici bien meilleur qu'au disque, ce qui confirme mon idée que ce chef et son ensemble ont besoin d'un long moment de répétition et de tourné avant d'arriver à un résultat plus qu'honorable (voir leur Motezuma en cd comparaé au live). Mais bon le succès ne touche ici que quelques airs, l'ensemble étant assez inégal, Curtis a toujours du mal porter le dramatisme et à donner de l'esprit aux opéras de Handel. Preuve de ce succès intermittent, voici le superbe "Se fiere belva ha cinto", on y retrouve les défauts habituels de Prina dans un rôle trop grave pour elle, mais l'allant, le naturel et la légereté de la vocalise me satisfont amplement.

 



*Handel, Giulio Cesare (Cesare)
avec Cencic, Comparato, Remigio
dirigé par Fasolis à Gênes

Attention: OVNI! La partition a été entièrement tripatouillée (et vu le dramatisme foireux de cet opéra, je ne m'en plains pas!), l'instrumentation aussi visiblement (sorte de corne de brume bouchée dans les récitatifs!) et Prina en Cesare on pouvait craindre le gros plantage! Finalement c'est une très belle réussite pour elle que j'ai rarement entendu aussi en forme (du coté de ses modifications: son "Qual torrente" lui est ravi par Nireno et elle récupère le "Se tu consenti" d'Orlando): vocalisation à toute épreuve ("L'empio diro" est le plus rapide que j'ai jamais entendu!), souffle long, niaque dramatique, timbre charmeur ça dépote!








 

 




*Handel, Giulio Cesare (Cornelia)

avec Joshua, Scholl
dirigé par Rousset à Paris

Passé un magnifique premier air et un sublime duo avec Sesto, le role ne lui offre guère l'occasion de briller, son manque de graves abyssaux faisant vite oublier ses airs malgrè des récitatifs très animés.





*Handel, La Resurrezione (Cleofe)
avec Joshua, Bell, Agnew
dirigé par Haïm à Francfort

Vraiment superbe: l'orchestre se bouscule parfois un peu mais le tout ne manque pas de vie. A part Agnew ses partenaires sont excellents; quant à sa Cleofe, je vous ais déjà dit et répété que cette femme avait quelque chose de mystique, alors je ne sais plus quoi vous dire! Un peu d'apophatisme ne fera d'ailleurs pas de mal, écoutez plutôt (non je ne parle pas de l'ami de Mickey).

 







*Pergolesi, L'Olimpiade (Alcandro)
avec Bonitatibus
dirigé par Dantone à Beaune

Un rôle très court, un seul air dans lequel elle est excellente: émouvante, juste, délicate, on est sur un petit nuage, c'est presque trop pour ce messager.

 




*Pergolesi, Il Flaminio
avec Invernizzi, Bonitatibus
dirigé par Dantone à Beaune

Un petit rôle encore dans lequel elle marque moins que Bonitatibus déchainée. L'oeuvre est magnifique, donc à découvrir de toute façon, mais pas forcément pour Prina.




*Scarlatti,
La Vergine dei dolori (la Vierge)

avec Invernizzi, Basso
dirigé par Biondi à Vienne

Prina en vierge Marie, c'est le paradis, la chaleur et la douceur du timbre en plus, même si l'on peut préférer la douleur plus introvertie de Mingardo (concert à Paris), cette Vierge là ne passe pas inaperçue et fait de sa voix un linceul pour le corps meurtri de son fils - oui je sais ça veut rien dire et ça fait sulpicien. Ecoutez donc au lieu de me lire!

 




*Vinci,Partenope (Partenope)

avec Ercollano, Schiavo
dirigé par Florio à Beaune

 

Un autre de ses grands rôles, la guerrière et mythique reine de Naples. L'applomb nécessaire au role ne fait pas défaut (ça non!!), les vocalise manquent encore un peu de précision, mais la caractérisation marque encore une fois, à tel point que c'est dans ce rôle qu'il faut chercher l'origine de l'adjectif "moustachue" dont Clément a gratifié sa voix: il est certain que "Cade mura" manque un peu de féminité :-) mais bon c'est la faute à la superbe et archirythmée partition de Vinci aussi (tellement rythmée que je l'utilise souvent pour me booster quand je fais de la muscu! c'est mille fois mieux que Véronique et Davina! mais je m'égare...). 

 







*Vivaldi, La Griselda (Griselda)
avec Cangemi, Staskiewicz, Jaroussky, Ferrari
dirigé par Spinosi au TCE

Une autre vision du rôle, plus torturée et moins délicate que celle de Lemieux au disque. Le rôle y perd en subtilité mais y gagne en energie combattive pour cette fille des forêts. "Ho il cor" est anthologique!! Le timbre est rond et la projection souveraine, les "fulmini" sont fulgurants (ça tombe bien!), les "mi fa tremar" un peu fragiles (là aussi ça tombe bien!) et l'articulation parfaite; et j'aime beaucoup la façon dont elle allège sa voix pour faire ressortir la féminité et la sensibilité du personnage sur le "a" de "affani" (dédicasse spéciale à vous-savez-qui!).




 




*Vivaldi, Airs alternatifs
dirigé par Dantone à St Michel en Triearche

Pour terminer voilà le clou du spectacle: l'Accademia Bizantina confine à la perfection dans Vivaldi, l'exact équivalent à mes oreilles du Concert Spirituel pour la tragédie lyrique ou des Musiciens du Louvre pour Handel; Prina excelle naturellement dans les airs délicats et lamentos, et pallie ses limites de tessiture par une superbe sensibilité et une vocalisation vive qui semble glisser sur le souffle sans manquer de netteté, d'où une très belle impression de naturel, de spontanéité du chant que vient soutenir sa verve dramatique habituelle. Vivement le disque qui devrait lui être plus favorable que l'acoustique seche de l'eglise de St Michel-en-trifoulli-que-même-la-scnf-elle-connait-pas!(edit: ayééééé!)





*Vivaldi, La Senna festeggiante
avec Cangemi, Abete
dirigé par Bolton

Aussi bon que le cd qui jouit de conditions d'enregistrements meilleures pour profiter de toutes ses nuances et de la douceur de son timbre.


*Vivaldi, Motezuma (Mitrena)
avec Hallenberg, Gauvin, Priante, Nesi, Aikin
dirigé par Curtis

Compte rendu: ici




*Récital à Londres 2005

Au programme, le second air de Cesare, le final de la cantate Amor hai vinto de Vivaldi et surtout le Nisi dominus du même qui est malheureusement un peu exterieur et mériterait un ton plus recueilli, le Cum dederit n'en est pas moins assez beau et le tout ne lui pose aucune difficulté vocale.

 

 

Elle a aussi chanté dans

- L'Incoronazione di Poppea (Ottone) dirigée par Dantone en octobre 2005 à Crémone et à Ravenne en decembre 05 et janvier 06

 



- Il Ritorno di Ulisse in Patria (Penelope) toujours avec Dantone qui semble décidemment beaucoup l'apprécier en octobre 2004 à Cremone avec Zanasi
 

 

 

 

 

 

 

- La Principessa fedele (Cunegonda) de Scarlatti

 


- l' Oratorio di Santa Cecilia et la Santissima Trinita de Scarlatti 
- le Stabat Mater de Pergolesi
- Il Martirio di San Lorenzo de Conti
- le Gloria de Vivaldi
- Bajazet (Asteria) de Vivaldi avec Biondi, Domenech, Jaroussky, Scano, Custer et Senn à Palma de Majorque le 20 avril 2004 et à Valencia le lendemain
- l' Oratorio de Noël et des cantates de Bach
- Il Fonte della Salute de Fux à Graz 
- Aci e Galatea de Handel à Salzbourg 
- Ariodante (Polinesso) à Barcelone (mai 2006) dirigée par Bicket

- Giulio Cesare (Cornelia) à Munich en novembre-décembre 2005 dirigée par Bolton
- Rinaldo de Handel à Milan dirigée par Dantone (en alternance avec Barcellona) en avril 2005

 


- La Resurrezione (Cleofe) à Birmingham le 25 novembre 2004 avec Haïm, Joshua, Agnew et Bell
- Orlando de Handel avec Dantone le 20/22 février 2004 à Ravenne et le 13/15 mars 2004 à Reggio Emilia

 


la Seconde symphonie de Mahler
- un récital à Jesi avec Dantone en mai 2005 
- des cantates de Vivaldi (Cessate; Stabat Mater)et des airs de Handel (Empio diro; Fammi combattere) au TCE avec Antonini le 17 mai 2004

...mais je n'ai trouvé aucune trace de diffusion à la radio, si quelqu'un en sait plus qu'il n'hésite pas à se manifester: il en sera grandement remercié!

 

Ses prochains engagements sont:

- Tamerlano du Bajazet de Vivaldi avec Biondi (Venise Oct07)
- Polinesso avec Moulds (Munich Janv08)
- Andronico du Tamerlano de Handel à Munich avec Bolton (mes P.Audi!) (Munich Mars&Juill08)
- La Messagère et l'Espérance de L'Orfeo avec Christie (Madrid puis Paris Mai08)
- Orlando de Handel à l'opéra de Sydney
- L'Enfant et les Sortilèges à Naples
- Orphée et Eurydice (Jesèpaou Jesépakan)


Ses prochaines sorties de disque sont:
- Alcina(Bradamante) dirigé par Curtis avec Didonato, Gauvin et von Rensburg.

 

Le site de son agent pour vous tenir au courant.

ps: merci à Lurcanio pour les prestations et disques de Sonia qui m'avaient échappé.

 

 

 

 

 


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publié dans : Représentations
Dimanche 2 mars 2008
par Licida

Emmanuelle Haïm, direction musicale
Jean-Louis Martinoty, mise en scène
Hans Schavernoch, décors
Sylvie de Segonzac, costumes
François Raffinot, chorégraphie
Fabrice Kebour, lumière

Orchestre et Choeur Le Concert d'Astrée 
Paul Agnew, Thésée
Anne Sofie von Otter, Médée
Sophie Karthäuser,  Æglé
Jean-Philippe Lafont, Égée
Jaël Azzaretti, Cérès, Cléone, une bergère
Nathan Berg, Mars, Arcas
Aurélia Legay, Vénus, Dorine
Salomé Haller, La prêtresse
Cyril Auvity, Bacchus, un plaisir, un berger

Après la relative déception de Cadmus et Hermione, j'attendais beaucoup de cette production. Espoir déçu en grande partie à cause de l'oeuvre elle même qui est loin d'être une réussite dans l'oeuvre de Lully et surtout de Quinault. S'il est évident que les actions mythologiques présentées sont avant tout un miroir de la vie de la Cour, Quinault n'en est pas moins un grand dramaturge capable d'architectures rigoureuse et de textes émouvants comme peuvent le prouver des livrets tels qu'Armide ou Proserpine. Or le livret de Thésée n'est vraiment pas à son honneur: prologue sans intérêt, acte I qui n'est qu'un grand "bruit de guerre", sorte d'excroissance du prologue dans le drame qui ne commence vraiment qu'au II; et encore, les divertissements, en plus d'être interminables, tombent rarement au moment opportun, les scènes arrivent souvent comme des cheveux sur la soupe (le retour de Médée au V!) et certaines phrases sont répétées jusqu'à plus soif au milieu d'un texte qui ne brille ni par son invention ni par sa profondeur. Seuls les passages de Médée sont passionants, tant par la richesse du texte que par l'esquisse du personnage célèbre et récurrent de la magicienne amoureuse. Sur un livret si inégal, la musique tient souvent du Lully au kilomètre, c'est toujours très agréable à écouter mais peine à soutenir le drame et à émouvoir, sauf encore une fois pour les scènes de Médée qui sortent du lot. Je suis vraiment étonné de voir sous la plume de Piotr Kaminski cette oeuvre si bancale élevée au rang de chef-d'oeuvre.

Dans ce contexte, retenir l'attention du spectateur pendant presque trois heures relève de la gageure et Jean-Louis Martinoty y arrive, même si on l'a connu beaucoup plus inspiré ailleurs. Le gros défaut de cette mise-en-scène est en effet d'user jusqu'à la corde des procédés qui auraient été les bienvenus de façon ponctuelle. Par exemple: pendant la scène de sorcellerie de Médée, l'élégant plafond peint dans le style 17ème français et projeté en fond de scène se transforme en une lanterne magique où errent des figures issues des tableaux de Bosch ou le portrait d'Aeglé au visage mortifié et défiguré; ce qui eut été interessant 5 minutes devient lassant au bout de 20, sans compter que cette projection vidéo est parfois le seul élément censé figurer l'horreur de la scène; autre exemple: la trappe en milieu de scène utilisée au moins trois fois de façon très très prévisible et par laquelle disparait Médée au V... en se cachant sous la table! On était habitué à plus de dignité de la part de la Colchidienne! Le reste de la mise en scène n'est pas indigne mais manque d'imagination (les projections vidéos du chateau de Versailles lors du final sont l'exacte illustration du livret) et pêche par la conception du personnage de Thésée/Louis XIV: comme souvent le personnage royal brille par la rareté de ses scènes, alors en faire un type perdu sans energie et accablé par le sort... Passés ces idées un peu courtes et répétitives, les décors stylisés d'Hans Schavernoch sont agréables à défaut d'être signifiants et les costumes d'époques ne sont pas portés avec la même prestance par tous (Agnew et Lafont sont particulièrement peu crédibles pour ne pas dire ridicules). La direction d'acteurs est claire à défaut d'être foisonnante, et réussit à se maintenir même pendant les ennuyeux divertissements, on lui en sait gré. Les chorégraphies de François Raffinot ne sont pas toujours de la meilleure eau: j'ai toujours pensé que la capoeira était une bonne idée pour les batailles handeliennes, mais elle se justifie moins pendant les scènes de triomphe; la danse des morts est assez caricaturale et maladroite; par contre la scène de sorcellerie et la gestion de la foule est excellente, grace aussi aux très beaux et vivement colorés éclairages de Fabrice Kebour.

Emmanuelle Haïm à la tête du Concert d'Astrée étonne par la vivacité de sa direction, voilà un ensemble que je n'appréciais que moyennement quand je l'ai découvert mais qui me plait de plus en plus même si je trouve que cela manque toujours cruellement d'esprit et d'intelligence dans Handel. Ici c'est animé, consistant et toujours habité, on atteint pas les splendeurs du Concert Spirituel mais c'est largement suffisant pour mes oreilles qui sont pourtant très difficiles pour ce repertoire. Excellent aussi le choeur à la diction claire et percutante.

Paul Agnew est un Thésée absent et geignard, j'ai détesté; Jean-Philippe Lafont est bien prosaïque pour le roi Egée et ses talents de récitativistes (que l'on pouvait admirer dans L'Etoile) masquent mal sa laideur vocale; Jaël Azzaretti est toujours aussi impeccable, ça manque un peu de caractérisation mais il serait crétin de le lui reprocher ici; la voix d'Aurélia Legay m'a semblé assez sérrée mais ne manquait pas de dramatisme; Salomé Haller est splendide en prêtresse; Cyril Auvity parfait pour ce repertoire et la voix rocailleuse mais néanmoins stylée de Nathan Berg confère une vraie personnalité et donc vie à son personnage pourtant bien commun. Reste la superbe Aeglé de Sophie Karthäuser à la voix pure et à l'expression parfaitement maitrisée, voire un peu trop si l'on veut chipoter. Ce manque relatif de sincérité, on ne peut le reprocher à la Médée d'Anne-Sophie von Otter qui justifie à elle seule ce spectacle: certes la voix est un peu légère pour les affres de la magicienne et ressemble un peu trop à Aeglé mais quelle intelligence dans la déclamation, quel port, quelle authenticité, quelle variété et quelle imagination dans les nuances toujours justifiées. Le chant est d'un tel naturel que le personnage semble simplement parler dans une langue suresthétisée.

Prochain rendez-vous lullyste avec Armide la saison prochaine au TCE par... Robert Carsen semble-t-il... (soupir)


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publié dans : Représentations
Dimanche 2 mars 2008
par Licida

Direction musicale Massimo Zanetti
Mise en scène
Gilbert Deflo
Décors et costumes William Orlandi
Lumières Joël Hourbeigt
Chef des Choeurs Alessandro Di Stefano

Il Conte di Walter Ildar Abdrazakov 
Rodolfo Ramon Vargas
Federica (Duchessa d'Ostheim) Maria José Montiel
Wurm Kwangchul Youn
Miller Paolo Gavanelli
Luisa
Ana Maria Martinez
Laura Elisa Cenni

Orchestre et Choeurs de l'Opéra national de Paris

Je ne vais pas faire l'étonné, je savais pertinnement que je n'aimerai pas ce spectacle en raison du metteur en scène dont je commence à devenir familier de la vacuité; en effet à part L'Amour des trois oranges qui était un spectacle très réussi, toutes les mise-en-scènes de Gilbert Deflo que j'ai pu voir m'ont paru insignifiantes au possible. Cependant dans Semiramide ou Un Bal masqué on pouvait au moins vanter une élégance esthétique des décors et des costumes, une stylisation aussi creuse que vaine mais on s'en contentait. Avec Luisa Miller, Gilbert Deflo a vraiment touché le fond. Je veux bien que l'on fasse des mises-en-scène "traditionnelles" ou même kitsch à la Franco Zeffirelli, mais qu'au moins on le fasse bien: avec tout son fatras d'accessoires et ses décors en technicolor, Franco Zeffirelli réussit au moins à créer une atmosphère dans laquelle il fait évoluer ses personnages, c'est rarement profond mais au moins c'est consistant. Deflo, dont on se plait à rappeller qu'il fut l'élève de Strehler (NDLR: lol ptdr), nous pond au contraire une mise-en-scène consternante et inaboutie: jamais je n'avais ressenti avant ce soir l'irrépressible envie d'apprendre son métier à un metteur en scène! 

L'idée de départ n'est pas mauvaise: pour ce drame des montagnes, un décor champêtre avec un cadre de scène en demi cercle qui confère à la scène des allures de boule que l'on retourne pour y faire tomber la neige, toile de scène représentant les verts paysages vallonés et gazon sur tout le sol. On aurait bien envie de dire à Deflo que dans ce livret et contrairement à Aïda ou Don Carlos et bien d'autres, le lieu de l'action est purement anecdotique, et que celle-çi aurait tout aussi bien pu se dérouler dans un champ de tulipes aux Pays-Bas, mais on en est plus à ces subtilités et le reproche serait vain. Trois décors alternent alors selon les actes: la verte prairie de gazon synthétique, pure comme un terrain de foot; un pan de mur avec une fenêtre que l'on devine être la stylisation d'une chapelle par les bancs et le prie-Dieu qui se trouvent devant; de hautes colonnes voutées en ogives posées à même la prairie. Le décor en soi n'est pas dénué de sens: cathédrale aussi naturelle que la religion de la pure et belle Luisa qui au début de l'opéra trouverait sans problème sa place dans La Mélodie du Bonheur. Seulement voilà, le coté simple et naïf du décor n'est pas du tout exploité et fait tomber la mise-en-scene dans une pauvreté de spectacle de fin d'année d'une école tyrolienne. On s'attendrait presque à voir surgir Mary Schneider en guest star à chaque instant. Les possibilités ne manquent pourtant pas: on voudrait qu'une lumière céleste traverse la fenêtre l'Eglise et vienne illuminer Luisa, que Wurm surgisse et eclipse ce rayon ou renverse le prie-Dieu, que Walter gravisse le toit incliné de l'Eglise pour montrer son hybris, que Luisa sorte de la boule et se place devant le cadre de scène pour signifier la sortie de sa naïveté initiale, que la direction d'acteur fasse jouer les protagonistes dans les rayons de lumière et d'ombre créés par les colonnes pour rendre leur aveuglement, leur folie ou leur lucidité... mais rien. 
Sans parler du décor, on s'etonne d'une direction d'acteur aussi inexistante qui ne souligne même pas les didascalies implicites que le livret ou la musique pourtant très dramatiques peuvent signifier: la fin de l'acte I est affligeante d'immobilisme; les personnages ne savent que gigoter de droite à gauche sans raison; au III, Rodolfo met le poison dans la coupe avec la subtilité d'un mechant dans Inspecteur Gadget, Luisa semble mettre des heures à mourrir. Bref ce n'est ni fait ni à faire. Avantages: Miller était remplacé ce soir là, gageons que le remplaçant n'a pas du avoir beaucoup de difficultés à apprendre ses déplacements; avec deux décors en carton pate et du gazon synthétique, voilà une production qui ne coute pas cher. Finissons par le ridicule consommé des costumes et l'incapacité de Deflo à faire quelque chose des choeurs qui sont disposé en arc de cercle à cour et à jardin comme dans tous ses spectacles. Pour être parfaitement juste il faut aussi parler des rares accessoires utilisés, symboles de la "sobriété" du metteur en scène: la lettre déchirée et la couronne de fleurs de Luisa jettée au loin au V... ça va très loin donc.

Passée cette mise-en-scène calamiteuse, parlons vite fait de la direction de Massimo Zanetti qui semble s'attacher à souligner uniquement le coté pompier de cette musique qui n'est certes pas la meilleure de Verdi mais recèle de qualités dramatiques et harmoniques qui tombent ici completement à plat: dès l'ouverture, ça manque d'élan, de respiration, on a le sentiment que les pupitres se bousculent pour passer. Les choeurs sont très honnêtes malgré cette habituelle tendance à privilégier le volume sonore à la clarté du texte et aux nuances. Maria José Montiel est un mezzo court qui semble constemment épuisée et rappelle le triste souvenir en ces lieux de Nancy Fabiola Herrera. Anna Maria Martinez chante honnêtement sa partie, mais son timbre sec et grelotant, sa pauvreté d'imagination (faut dire que dans une telle mise-en-scène, on est plus que tenté de se mettre en pilote automatique) interdisent à sa prestation tout pouvoir d'émotion. Ramon Vargas est souvent trop léger pour le rôle et vite couvert par l'orchestre mais sa romance est délicieuse et je préfererais toujours cette tenue et cette sensibilité fut-elle souvent inaudible à une voix de ténor débraillée et beuglarde (suivez mon regard). L'excellence se trouve ce soir du coté des basses: très bon Comte d' Ildar Abdrazakov à la fois puissant et contenu (qu'on aurait cependant aimé plus effrayant); excellent Wurm de Kwangchul Youn (qui m'avait déjà fait grande impression dans Lucia) tant par la clareté de sa diction que par la puissance de sa voix ou la présence de son personnage; impressionnant Miller de Paolo Galvanelli enfin dont la finesse n'est pas la qualité principale mais qui réussit à imposer un personnage plus que crédible dont la tendresse et la sauvagerie paternelle font déjà penser à Rigoletto.

Evidemment la grosse majorité du public a adoré... c'est dans ces moments que l'on comprend toute la difficulté de l'entreprise de Mortier: toutes ses productions "modernistes" sont souvent huées par une partie débile du public non pas tant sur la qualité intrinsèque de celles-ci, mais simplement parce que ce n'est pas "joli"; et cette même partie du public d'applaudir Deflo comme un metteur en scène qui "respecte" les oeuvres. Or il faut bien avouer qu'une telle mise-en-scène enfouit l'oeuvre plus qu'elle ne la respecte dans la mesure où elle refuse d'en utiliser le potentiel dramatique. Une mise-en-scène ratée de Marthaler sera toujours plus respectueuse de l'oeuvre que cette sous mise-en-scène: il y a en effet plus de respect à tordre voire à torturer une oeuvre qu'à la laisser dans son coin en ne s'en souciant que superficiellement. Un dernier mot enfin pour en finir avec Deflo: sur le site de l'ONP une petite vidéo le montre expliquant sa "conception" de la mise-en-scène et se placer entre les metteurs-en-scène "modernistes" et ceux qui font "comme à l'époque"; le propos est clair, il se pose comme un artiste sage dans un idéal équilibre entre les visions passéistes et outrancierement modernistes. En réalité cette posture ne sert qu'à masquer sa vacuité et sa fainéantise: en effet, à part Benjamin Lazar dans le baroque (et encore...), on serait bien en mal de trouver quelqu'un qui monte les opéras "comme à l'époque". Quant à voir une "distance critique" dont il se réclame lui-même dans ses spectacles... je cherche encore.

 


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publié dans : Radio & Tv
Dimanche 2 mars 2008
par Caroline
Semaine du 1er au 7 mars :
 
 
 
TELEVISION:
 
        
               
        ¤¤  Les Boréades de Rameau (ONP 2003) : dans la nuit de dimanche à lundi vers 2h15  (TF1)
W. Christie
 
       
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  La dame de pique de Tchaïkovski (Toulouse, janvier 08) : samedi 1er à 19h30  (FM)
Dir.: T. Sokhiev
 
 
        ¤¤  Les greniers de la mémoire : Le Deller Consort (1) : dimanche 2 à 11h  (FM)
Avec extraits du récital de 1977 salle Gaveau.
 
 
        ¤¤  Concert de Radio France : dimanche 2 à 21h03  (France Inter)
Haydn: Symphonie n°8
Gluck: Orphée et Eurydice - J. Zomer; H. Rasker - Dir.: Zacharias
 
 
        ¤¤  Les matins des musiciens: Olivier Messiaen aujourd'hui: de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
 
 
        ¤¤  Folle Journée de Nantes (janv. 08) : lundi 3 à 16h  (FM)
Lieder: Liszt, Schubert
 
 
        ¤¤  Mandrin de Szulc (août 1954) : mercredi 5 à 20h  (FM)
Dir.: R. Ellis
 
 
        ¤¤  Spéciale : Musiques sacrées : mercredi 5 à 21h  (Radio Classique)
 
 
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publié dans : Représentations
Jeudi 21 février 2008
par ElectroCampra
Le preux ElectroCampra s'est risqué à aller voir le concert de ce célèbre sopraniste, voilà ses impressions.


Concert du sopraniste Jacek Laszczkowski et de l’Ensemble Dolce & Tempesta, mercredi soir 20 février 2008, salle Gaveau à Paris dans le cadre des Concerts Parisiens, ou comment avoir participé à un spectacle spécialement organisé pour « nos amis à 4 pattes » de la maison de retraite Ste Ursule, sise avenue de Verzy, noble institution tenue par la congrégation des « Ursulines du cœur de Jésus agonisant ».

 

Le public bien sûr était largement en mesure de dîner tous les soirs à l'institut Ste Ursule, mais les interprètes du concert participaient également à cette illusion.

 

De Jacek, j’avais entendu un vague mp3 fourni par je-ne-sais-plus-qui, je-ne-sais-plus-où qui m’avait paru fort intéressant. J’avais pu ensuite réécouter d’autres extraits qui m’avaient en revanche moins convaincu : mais il était trop tard, les places étaient déjà achetées.

 

Pour faire plaisir à son auditoire et l’éblouir, Jacek arborait un superbe smoking : un pantalon et un nœud papillon noirs très classiques, et une veste en velours froissé prune aux reflets chatoyants, tranchée par un revers de col noir brillant. J’ignorais qu’on pouvait encore trouver de telles merveilles tout droit sorties des années 70 ! Les musiciens qui étaient au nombre de 6 (2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse, 1 clavecin), paraissaient bien ordinaires avec leur chemise ou leur smoking noir… Le rossignol qui aurait revêtu la veste d’un Patrick Topaloff de bal musette, était sur scène : nous n’avions d’yeux que pour sa parure et nos oreilles étaient dans l’attente de sa cristalline voix de sopraniste.

 

Händel tout d’abord avec des extraits de Deidamia, Oreste, Imeneo et Riccardo Primo. Les musiciens commencèrent le 1er air : à 6, Händel sonnait un peu creux, mais je me suis dis que j’allais m’habituer et que la salle devait également se remplir de notes pour qu’elle sonnât correctement. Et puis Jacek ouvrit la bouche. Un miaulement sortit d’abord : une sorte de glapissement étouffé qui se noyait de lui-même dans la gorge. Je n’en revenais pas, mes yeux s’ouvraient de plus en plus, mais Jacek continuait de geindre en émettant de temps de temps de fortes poussées sonores, tout en écarquillant les yeux. Ma surprise passée, je dus me rendre à l’évidence qu’on m’avait grossièrement trompé sur la qualité vocale de ce sopraniste. Les airs de Händel changeants, les miaulements du chat qui aurait avalé un coucou suisse (© Licida) se transformèrent en cris puissants qui ont fait dire à notre voisine de derrière que ses notes aigües faisaient mal aux oreilles (ce qu’a démenti vivement sa voisine qui était visiblement conquise). Naturellement investi, il accompagnait son chant de toute une gestique languissante, énamourée ou valeureuse, les yeux fermés, grands ouverts ou révulsés, c’était selon, avec néanmoins le nez dans la partition, au point que la voix devait certainement d’abord ricocher sur le pupitre avant de frapper aussi insupportablement nos oreilles (preuve est faite qu’un pupitre ne saurait améliorer le son, à moins que …).

Entre 2 airs de Händel, nous avons eu droit à un concerto a quattro du même compositeur : un petit répit pour nos oreilles endolories. Les musiciens étaient médiocres et le violoncelle nous a gratifiés de magnifiques approximations tonales, mais c’était tout de même largement supportable.

 

A l’entracte, cette même voisine, très bavarde, a interrogé sa copine Clémentine (après lui avoir demandé si une couleur neutre était la plus appropriée pour les volets de sa vieille maison centenaire en pierres blanches) : « il (le chanteur) doit avoir des hormones féminines pour chanter comme ça », « vous croyez qu’il est châtré ? », « non, ce n’est pas possible ; la nature fait des erreurs parfois tout de même », « il ne vous rappelle pas ce chanteur que nous avions entendu chez le ministre ? Mais comment s’appelait-il déjà ? … ».

 

Il faut toujours donner toutes les chances à ceux qui font des efforts. Malgré la ringardise de Jacek (valeur tout subjective, je l’accorde) et la qualité sonore des interprètes (que Ste Ursule aurait certainement bénis, car c’est bien connu « A la Ste Ursule, on hulule sans scrupule »), nous sommes donc restés jusqu’au bout.

 

La 2ème partie du concert était consacrée à Vivaldi. Les musiciens commencèrent par un concerto per archi (ils en donnèrent un autre entre 2 airs d’opéra). Là encore, c’était très moyen, trop lent pour du Vivaldi : mais bon, c’était écoutable si l’on faisait fi des quelques grincements du 1er violon (mais après tout, Spinosi est également fort applaudi quand il manie son archet). Je redoutais évidemment la venue de Jacek surtout que le programme annonçait que les 3 airs de La Finda Ninfa rivalisaient de difficultés techniques et de notes suraigües (la bémol, la, si !). Même si les miaulements et les cris ont continué, Jacek se débrouillait mieux dans ces airs. Il savonnait bien un peu, ses notes graves étaient vilaines, il gargarisait toujours tous ses départs langoureux ou nous permettait de goûter aux accents de la musique atonale et enharmonique à la fois, mais il arrivait néanmoins à ma grande surprise à détricoter tant bien que mal les notes vivaldiennes, avec des diminutions de son crû où alternaient au choix les montées en arpège aux notes détachées (du meilleur goût) ou les notes paonnées tenues ad libitum (les choucroutes permanentées de ces dames n’avaient qu’à bien se tenir).

 

Le chef qui s’était tortillé de plaisir sur son siège de clavecin pendant tout le concert, après des tonnerres d’applaudissements, et avec l’accord d’un Jacek visiblement très content, nous a accordé jusqu’à 4 bis : Vivaldi et Händel, 3 airs déjà entendus et le fameux « Lascia la spina » (« air très connu, version différente, du grand Farinelli très connu » dixit Jacek qui devait alors certainement y croire un peu) qui comme tous les Händel susmentionnés fut aussi geignard et chuintant. Mais cela a permis aux 2 copines du ministre de chantonner le début et la fin de l’air. Ravies du concert, elles ont trouvé néanmoins que 4 bis, c’était un peu exagéré : comme nous les comprenions alors !


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