Idolâtrie

Articles à venir

(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
*Saison parisienne 08/09
*Mats Ek à Garnier
*Félicity Lott au Châtelet
*Porgy & Bess à l'Opéra Comique
*I Capuletti à Bastille
*Don Carlos à Bastille
*Falstaff au TCE
*Signes à Bastille


*Portrait de Silvia Tro Santafé
*Portrait de Max Cencic
*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci

 

*Destructive Aria
*L'impératrice du Pérou

Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!! 

La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Radio & Tv
Dimanche 28 janvier 2007
par Caroline

Semaine du 27 janvier au 2 février :

 
 
 
CINEMA :
 
 
        ¤¤  L'étrangère de Florence Colombani : dans les salles depuis le10 janvier 
C'est un premier film dans lequel "Le Chevalier à la rose"  a un rôle à jouer... et vous y croiserez, entre autres, Mireille Delunsch.
[je ne l'ai pas encore vu... mais les échos qui sont parvenus jusqu'à moi ne sont pas mauvais]
 
 
 
TELEVISION:
 
 
        ¤¤  Les Contes d'Hoffmann (ONP 2002): dans la nuit de dimanche à lundi vers 2h45  (TF1)
Re-rediffusion
Lopez-Cobos / Robert Carsen
Avec: Shicoff; Terfel; Mentzer; Rancatore; Swenson, Uria-Monzon...
 
 
        ¤¤  Toute la musique qu'ils aiment : José Van Dam : dans la nuit de vendredi à samedi vers 0h25  (France3)
[si vous ne supportez plus Duault, vous pourrez aller jeter un oeil sur ARTE: il y aura Crise de Pabst]
 
 
 
RADIO:
 
       
        ¤¤  Le Chevalier à la rose de R. Strauss (ONP, déc. 06) : samedi 27 à 19h10  (FM)
Anne Schwanewilms : La Maréchale; Franz Hawlata : Le Baron Ochs; Elina Garanca: Octavian ; Olaf Bär : monsieur de Faninal ; Heidi Grant-Murphy : Sophie ; Michèle Lagrange : Marianne ; Ales Briscein : Valzacchi ; Helene Schneiderman : Annina ; Tomislav Muzek : un chanteur ; Scott Wilde : un commissaire de police ; Wilfried Gahmlich : le Majordome de la Maréchale ; Mihajlo Arsenski : le Majordome de Faninal; Lynton Black : un notaire ; Christoph Homberger : un invité 
 Choeur de l'Opéra National de Paris - Maîtrise des Hauts de Seine - Choeur d'Enfants de l'Opéra National de Paris - Orchestre de l'Opéra National de Paris 
Direction : Philippe Jordan 
[voir le compte-rendu de Licida]
 
 
         ¤¤  Histoires de musiques : Rupture: L'Euridice de Jacopo Peri : dimanche 28 à 16h  (FM)
Extraits de l'oeuvre par Gloria Banditelli, Rossana Bertini, Gian Paolo Fagotto, Sergio Foresti, Furio Zanasi sous la direction de Roberto De Caro
 
 
       ¤¤  Lyrique mystique : dimanche 28 à 21h (Radio Classique)
"Deux manières de chanter le sacré: la comédie musicale Godspel et 'Le Roi de Lahore' de Massenet."
                       
 
        ¤¤  Récital: Edwin Crossley-Mercer (salon du Sénat, mars 06) : mardi 30 à 21h  (Radio Classique)
E. Crossley-Mercer, baryton - M. Guido, piano
 
 
        ¤¤  Mireille Delunsch (Bordeaux, janvier 07) : mercredi 31 à 20h  (FM)
Hector Berlioz: La Mort de Cléopâtre - Francis Poulenc: La Voix humaine
Orchestre National Bordeaux Aquitaine - Direction : Kwamé Ryan
[voir les commentaires de Bajazet et de David]
 
 
        ¤¤  L'atelier des chanteurs : François Le Rouxjeudi 1er à 14h21  (FM)
Masterclass

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publié dans : Représentations
Mercredi 24 janvier 2007
par Licida

Les Contes d'Hoffmann, Offenbach

Opéra Bastille, générale du 23 janvier 2007

Direction musicale Marc Piollet
Mise en scène Robert Carsen

Hoffmann Rolando Villazon
La muse/Nicklausse Ekaterina Gubanova
Lindorf, Coppélius, Dr Miracle, Dapertutto Franck Ferrari
Andres, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio Christoph Homberger
Olympia Sumi Jo
Antonia Annette Dasch
Giulietta Nancy Fabiola Herrera
La mère d’Antonia Marie-Paule Dotti
Nathanaël Jason Bridges
Spalanzani Christian Jean
Hermann Sergei Stilmachenko
Schlemil Yuri Kissin
Luther, Crespel Alain Vernhes

Les Contes d'Hoffmann est une oeuvre que j'affectionne tout particulièrement car ce fut le deuxième opéra, juste après Carmen, que je découvris adolescent. Tout m'y semble merveilleux, quelle que soit la version: Choudens, Oser, Kaye, Keck, je ne jette rien, même ce qui n'est pas d'Offenbach (le septuor). Je serai donc assez sévère sur cette production qui aligne des seconds rôles quasi parfaits, mais pêche par ses têtes d'affiche.

Je ne m'étale pas sur la mes: tout a été dit et redit, je trouve simplement que le concept d'ensemble, s'il unifie les trois actes, en perd toute l'émotion et la subtilité: l'acte I n'est plus qu'une grosse farce, l'acte d'Antonia n'emeut guère à force d'être spectacularisé, et l'acte de Giulietta ne fait guère mieux. A force de montrer et de surligner le théâtre dans le théâtre et ce sans être vraiment justifié par rapport à l'action pure autrement que par la representation de Don Giovanni annoncée dans le Prologue, le tout fait assez viellot. Restent une très belle et vive direction d'acteur et un épilogue fort réussi qui sauvent la mise...en scène (pouet!).

A l'orchestre rien de neuf, les musiciens s'emmerdent sous la baguette de Marc Piollet, militaire quand elle n'est pas imprécise: je sors traumatisé du cafarnaum du septuor de Guilietta et de l'apparition de la mère d'Antonia dirigée san aucune poésie de façon lourde et gauche.

Les seconds rôles furent vraiment  brillants, d'une diction impeccable et d'un style délicat: mentions spéciales pour le Nathanaël clair et franc de Jason Bridges, l'impeccable Spalanzani de Chrisitan Jean et surtout, surtout le superbe Alain Vernhes que l'on eut été plus inspiré de distribuer dans les quatres rôles diaboliques tant il brille dans Crespel (et Luther, mais "voila voila messieurs voil" n'a jamais permis à quiconque de se faire remarquer!). J'étais le seul crétin à hurler bravo quand il est venu saluer. Par contre Marie-Paule Dotti est une mère aussi pale qu'un fantome à la voix érintée et sans harmonique, bref ça donne pas envie de devenir chanteuse! Christoph Homberger est un peu lourd de voix pour Frantz etc mais c'est très efficace et parfaitement compréhensible.

Et maintenant ça va saigner!! Non bon sérieusement: Sumi Jo venue remplacée en dernière minute Patricia Petibon a livré une prestation pas vraiment critiquable car l'absence de répétitions avec le chef et l'ignorance de la mes ne lui ont pas permi de briller comme au TCE en décembre 2006, où elle avait chanté un parfait "Les oiseaux dans la charmille" avec des contres notes longuement tenues et une prononciation parfaite. Ce soir ne restait que le sens comique, la projection et la prononciation, les aigus étaient souvent stridents et les contre-notes pas très justes. Mais je suis certain qu'elle fera beaucoup mieux pour la série de représentations. Je l'ai chaleureusement applaudie.

Annette Dasch est une Antonia sensible, parfaitement compréhensible (j'attache une grande importance à la clarté du texte dans cette oeuvre) et audible. Mais la voix est trop courte et manque d'épaisseur pour séduire vraiment. Ce n'est pas une Antonia en pleine forme vocale qui meure, mais déjà une malade à la voix fragile. Elle est toutefois la meilleure dans le trio d'apparition de la mère.

Nancy Fabiola Herrera est insipide, une mezzo aux aigus grossiers. Mais le rôle est tellement réduit dans cette version que cela ne s'entend que peux...sauf dans le duo forcément qui est de toute façon plombé par une direction antidramatique et un Villazon débraillé.

Franck Ferrari est nul d'un bout à l'autre: s'il n'y avait que les erreurs de texte et de partition, cela passerait mais la voix n'est pas profonde, le texte maché plus que pronnoncé, l'acteur rudimentaire, et il est vite couvert dans les ensemble. Il produit sur les nerfs l'effet d'un moustique... (oui je sais je suis méchant, mais à force de l'entendre partout - Les Troyens, Iphigénie - j'en peux plus!).

Ekaterina Gubanova est un Nicklausse très probant: timbre assez quelconque mais personnalité attachante, après un très bel air espagnol au I, elle se vautre dans son air impossible du II. C'est donc surtout dans les dialogues et dans les passages de la muse qu'elle convainct. Un Nicklausse juvénile et androgyne, vraiment rien de neuf me direz-vous, mais c'est déjà pas mal dans ce rôle casse-gueule.

Et j'en arrive à Rolando Villazon: c'était la première fois que je l'entendais en scène et je dois avoué que j'ai été surpris, ça a vraiment de la gueule! Projection exhaustive, timbre cuivré et legato parfait. Mais passé la première impression, les défauts surgissent vite: le texte est incompréhensible et surtout le jeu n'evolue absolument pas... et le chant non plus!! Si ce déballage vocal convient assez bien à l'Hoffmann du prologue et de l'epilogue rond comme une queue de pelle, c'est totalement hors propos dans l'acte I et encore plus dans l'acte d'Antonia. J'ai été très vite lassé pour ne pas dire exaspéré par cette course aux décibels: on entend que lui dans les ensembles, cela déséquilibre tout et son jeu se limite à du cabotinage et à la répétion de l'eternel même pathos dégoulinant. De plus à force de se donner à fond (car c'est vraiment une performance de tout chanter forte comme il le fait!!) la voix flanche parfois (dans le duos avec Giulietta plusieurs mesures ont été parlées et de nombreuse fausses notes sont venues sur la fin) et les imprécisions sont d'autant plus nombreuses qu'il néglige la prosodie la langue pour le guider. Toutes les notes sont émises franchement. Ca en jette, mais moi ça me donne mal au crâne.

Salle archi-comble (plus que pour la Lucia de Dessay!); toutes les représentations sont complètes. Pour y aller il ne reste que la solution des places à 5€ ou guetter une place dans votre fauteuil en étant fidèles aux annonces de Caroline. ;-)


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publié dans : Radio & Tv
Samedi 20 janvier 2007
par Caroline

Caroline is back!

Semaine du 20 au 26 janvier :
 
 
 
TELEVISION:
 
 
        ¤¤  Candide de Bernstein (décembre 2006, au Châtelet) : samedi 20 à 22h10  (ARTE)
mise en scène de R. Carsen
lien
 
        ¤¤  A. S. von Otter et P. Mattei : Mélodies de Broadway (Baden Baden, déc. 2006): dimanche 21 à 19h  (ARTE)
Direction musicale : Daniel Harding
Avec le Mahler Chamber Orchestra
 
 
RADIO:
 
       
        ¤¤  Giulio Cesare in Egitto de Haendel (oct. 06 au TCE): samedi 20 à 19h10  (FM)
Andreas Scholl : Jules César, Rosemary Joshua : Cléopratre, Sonia Prina : Cornelia, Alice Coote : Sesto, Franco Fagioli : Tolomeo, Mario Cassi : Achilla
Les Talens Lyriques - Direction : Christophe Rousset
[voir compte-rendu de Licida]
 
 
        ¤¤  Béatrice et Bénédict de Berlioz : dimanche 21 à 21h  (Radio Classique)
S. Graham; J.L. Viala; S. McNair; G. Bacquier; G. Cachemaille; V. Le Texier...
Dir.: J. Nelson
 
 
        ¤¤  Jean-Paul Fouchécourt (Musée d'Orsay, le 11 janvier 07) : lundi 22 à 15h02  (FM)
J-M Luisada: piano
Ravel, Chausson, Roussel, Bordes, Debussy
 
 
        ¤¤  Concert du Réveillon (Garnier le 31 déc. 06) : lundi 22 à 20h  (FM)
Angela Gheorghiu : soprano; Iulia Isaev : soprano; George Petean : baryton
Orchestre National de l'Opéra de Paris - Direction : Ion Marin
Programme Mozart, chansons roumaines et autres...
 
 
        ¤¤  Concert Betsy Jolas et Roland de Lassus (Cité de la musique, 8 déc. 06) : mercredi 24 à 20h  (FM)
Solistes de Lyon - Musiciens de l'Orchestre National de Lyon - Direction : Bernard Têtu
 
 
        ¤¤  L'atelier des chanteurs: François Le Rouxjeudi 25 à 14h21  (FM)
Masterclass
 
 
        ¤¤  Magdalena Kozena (concert du 15 déc. 2006, au TCE) : jeudi 25 à 15h02  (FM)
Avec 'Il giardino armonico'
Mozart [notamment extraits de Cosi... et de La Clemenza...] et C. P. E. Bach 

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publié dans : Représentations
Vendredi 19 janvier 2007
par Licida

Un big up (décidemment! Diam's sort de ce blog!) pour Hervé Niquet!

- Il donnera les Royal fireworks et les Watermusic au TCE ce dimanche 21 janvier, et c'est vide! Je rappelle que sa version sortie au disque est ce que j'ai entendu de mieux dans une oeuvre orchestrale de Handel et a fortiori et AMHA la meilleure version de l'oeuvre. Alors allez-y, vous ne le regretterez pas!

- La Callirohé de Destousches sortira dans une superbe édition le 25 janvier.

Si c'est aussi excellent que le live de Beaune avec Staskiewicz (qui décidemment est boudée par les maisons de disque après son éviction pour la Griselda de Vivaldi!), ça risque d'être le must have de tout baroqueux qui se respecte cette saison!

Licida - MlleAgnèsattitude


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publié dans : Représentations
Mercredi 17 janvier 2007
par Licida

Farnace de Vivaldi

Le Concert des Nations
Jordi Savall : direction
Furio Zanasi : baryton (Farnace)
Marina de Liso : contralto (Tamiri)
Adriana Fernandez : soprano (Berenice)
Lawrence Zazzo : contralto (Pompeo)
Gloria Banditelli : contralto (Selinda)
Céline Scheen : soprano (Gilade)
Fulvio Bettini : baryton (Aquilio)

Salle Pleyel, 16 janvier 2007

L'oeuvre

Vivaldi a composé son Farnace en 1727 pour Venise, juste après Giustino dont il partage l'inventivité harmonique et juste avant la seconde version de l' Orlando furioso. C'est une oeuvre d'une grande richesse mélodique, qui regorge d'airs aussi touchants que simples et naturels en apparence. Cependant, son livret manque de dramatisme, surtout à l'acte II où le personnage de Farnace ne cesse de reprocher à Tamiri de n'avoir pas tué son fils puis de se plaindre de la mort de ce dernier, sans que cela soit condensé dans une scène qui traduirait l'esprit tourmenté et contradictoire de Farnace. Ce manque de dramatisme se ressent dans l'alternance d'airs assez similaires de ton, excepté "Sorge l'irato nembo", "Gelido in ogni vena" et "Spogli pur l'inguista Roma", tous les airs sont de demi-caractères; on est donc très loin des savants contrastes de l'époustouflant Tito Manlio ou de la très agitée Verita in cimento. Certains airs seront repris par Vivaldi dans ses autres opéras: "Sorge l'irato nembo", tel quel par Orlando, et "C'è un dolce furore" par Angelica dans l' Orlando furioso; "Scherza l'aura lusinghiera" par Idaspe dans Bajazet; et le quatuor "Io crudel?" sera repris en grande partie pour le trio de Motezuma "A battaglia!".

L'orchestre et le chef

On connaissait déjà la version de Savall par le disque, echo de la tournée à Barcelone, Bordeaux et Vienne de ce Farnace avec Sara Mingardo en Tamiri, Sonia Prina en Pompeo et Elisabetta Scano/cinzia Forte en Gilade. J'avais déjà été très séduit par la direction très dix-septiemiste de Savall, par ce soucis apporté aux harmoniques et à la beauté du son, au détriment des dynamiques malheureusement. Ce soir toute la première partie a souffert de ce manque de travail sur le rythme, plus qu'au disque, mais après l'entracte, l'orchestre a repris du poil de la bête, tout en restant cependant un peu trop sage. Le plus remarquable dans cette direction, c'est donc qu'elle donne l'impression d'un prisme sonore, d'un son en plusieurs dimensions: superbe de clarté et d'équilibre des pupitres, l'oreil du spectateur est toujours attirée par une nouvelle source sonore qui surgit d'un coin de l'orchestre pour laisser place à une autre. Or ce travail est plus payant dans cet opéra; gageons qu'il serait insuffisant dans des opéras plus dynamiques de Vivaldi.

Les chanteurs

Là par contre, je serais bien moins élogieux: si j'avais pris ma place pour l'orchestre, Mingardo et dans l'espoir d'entendre Prina en Pompeo (puisqu'elle est à Paris pour La Pietra del Paragone), seul le premier point m'a donné satisfaction. Mais prenons dans l'ordre:

Transposer le rôle de Farnace écrit pour une soprano (Maria Maddelena Pieri) pour un baryténor pas franchement glorieux, dont on se demande bien pourquoi Savall l'aime tant (Testo, Orfeo...) est tout simplement infondé, si encore le rôle avait été écrit pour un castrat, mais non. Passé cette critique, l'interprétation de Zanasi est totalement à coté de la plaque: dès le "Ricordati che sei" (air qui ouvre l'opéra et dans lequel, rappelons-le, Farnace demande à sa femme Tamiri de tuer leur fils et de se suicider pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi! tout de même!): rien ne se passe, aucune superbe, aucune hargne sur les "ricorda ti" qui l'appellent pourtant avec un orchestre rutilant à ce moment, ironique le reste du temps, on a l'impression que Farnace chante un bel air dans lequel il appelle sa femme à plus de sagesse et de tempérance en tant que "regina, madre, sposa". Jetons un voil pudique sur le "Spogli pur l'inguista Roma", air de fureur dans lequel il est inaudible et où il n'arrive à suivre l'orchestre qu'au prix d'une déclamation de moineau. Le "Gelido in ogni vena" est un cas plus interessant; Bartoli l'a rendu célèbre dans son Vivaldi Album en percevant bien qu'il s'agissait d'un air d'épuisement: au fur et à mesure des reprises, la voix flechissait et plongeait encore plus loin dans des abimes de desespoir jusqu'à se faire quasi imperceptible, cette voix dont le souffle se fait de plus en plus court est bien le symbole du fils exsangue, avec lequel le corps du père se sent une affligeante communauté. On nage en pleine négentropie et on croirait presque assister à la mort du fils à travers les pleurs dramatisés du père! Or Zanasi ne traduit aucune évolution, même au da capo et entache la voyelle du "esangue" de pleurs hors de propos selon moi, lors de la dernière reprise.

Dans le role de la mère écrit pour la Giro (Griselda, Alcina, Marzia...) célèbre pour ses qualités d'actrice et ses difficultés à vocaliser, nous avions donc Marina de Liso et non Sara Mingardo. On a perdu au change c'est sur! Pour les rôles écrits pour la Giro, une vraie contralto avec un timbre sortant du commun est indispensable (Mijanovic, Mingardo, Lemieux...) sinon on tombe vite dans le fade. De Liso a beau faire preuve d'un sens (un peu timoré) du dramatisme dans les récitatifs, elle se noit dans ses airs dont le desespoir n'a d'égale que la profondeur de tessiture qu'ils requiert. Luttant pour poitriner ses graves, tout en assurant des aigus dans lesquels elle est bien plus à l'aise, elle sacrifie souvent et la justesse du medium et la structuration des airs et l'articulation dynamique des phrases.

Adrianna Fernandez est une Berenice convaincante dramatiquement mais bien trop légère vocalement (surtout dans les récitatifs). Pour ce rôle de reine vengesseresse à la limite de l'inique (c'est une mamie infanticide tout de même!), une soprano plus dramatique et mordante telle Inga Kalna serait bien plus à sa place (le rôle fut créé par A.C.Romana).

Lawrence Zazzo etait donc censé être la seule star de la soirée, ce fut la pire prestation: encore une fois, un contre-ténor est INCAPABLE de chanter un rôle écrit pour un castrat ALTO (Moretti)!! Surtout quand il est aussi vocalisant. Bien sur Zazzo est incapable d'assumer les écarts du "Sorge l'irato nembo" dans lequel il se noit littéralement, on ne sent plus la vague qui enfle, aucun crescendo, aucun rubato, une projection riquiqui; et en plus un orchestre qui se bride pour ne pas couvrir le chanteur. La version de cet air par Savall et Prina était ma favorite, celle çi est la pire que je connaisse. Loin des éléments déchainés, cette interprétation aurait tout juste effrayé un poisson rouge dans son bocal. Zazzo peut être un très grand artiste (ses Ottone, Gualtiero sont de purs bijoux) mais le distribuer dans de tels rôles est à la limite de la bêtise (il y aurait autant à dire sur son mauvais Arsace!). Enfin il concoure avec de Liso au ratage total du quatuor du III, l'un comme l'autre étant inaudibles.

Gloria Banditelli n'est maintenant plus qu'un squellette de mezzo qui porte toujours aussi peu d'attention au soutien de sa voix, d'où un résultat gloubiboulguesque vraiment indigne, d'autant que le rôle a été écrit pour une soprano (Baldini), mais on est plus à ça près!

Celine Scheen chantait Gilade, rôle auquel échoient les plus beaux airs de la partition écrit pour un castrat-soprano (Finazzi). Si la langueur du "Nell'intimo del petto" lui a totalement échappé (vocalises savonnées, voix pas toujours audible, émotion rudimentaire), le "C'è un dolce furore" l'a trouvé tout juste honnête, je ne garde aucun souvenir de son "Quel tuo ciglio"; par contre elle fut vraiment bonne dans "Scherza l'aura lusinghiera", notes piquées justes et bien projetées, sourire dans la voix, aisance lors de la partie intermédiaire qui évite l'eceuil du déguelando, Ciofi reste indétronée dans cet air pour sa sensibilité et son medium, mais Celine Scheen n'avait point à pâlir, c'est le seul aria que j'ai applaudi de la soirée.

Fulvio Bettini est un très beau Aquilio, au grave délicat et robuste à la fois (non je ne parle pas d'un camembert!), mais malheureusement il ne dispose que d'un seul aria pour briller, les deux duetti étant déséquilibrés par Banditelli.

Le public semble avoir beaucoup apprécié les chanteurs qui furent acclamés (j'ai même entendu un "bravo" pour Banditelli, si si je vous jure!), ou du moins acclamés par ceux qui n'avaient pas quitté la salle à l'entracte, salle étonnemment remplie aux vues du peu de célébrité de l'oeuvre et du peu de stars présentes.

NB: Naïve enregistrera prochainement cet opéra avec de Marchi à la baguette. Si jamais quelqu'un pouvant influer sur le cast de ce disque lisais ce blog (on peut toujours rêver!) voilà quelques conseils pour continuer sur cette bonne lancée du choix du chef:

Anna Bonitatibus (Farnace)
Sara Mingardo ou Marijana Mijanovic (Tamiri)
Inga Kalna ou Karina Gauvin(Berenice)
Sonia Prina (Pompeo)
Roberta Invernizzi (Selinda)
Patrizia Ciofi ou Veronica Cangemi (Gilade)
Fulvio Bettini (Aquilio)


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