Idolâtrie

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(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
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*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci

 

*Destructive Aria
*L'impératrice du Pérou

Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!! 

La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Représentations
Mardi 29 janvier 2008
par Licida

Voilà une nouvelle série de mini-compte-rendus qui eux le sont vraiment et n'ont rien de modificatif :o)

* Gardiner dans Brahms&Co. à Pleyel (15 & 18 novembre 2007)

Le premier concert a débuté de façon captivante avec une luxuriante Variation sur un thème de Haydn et deux morceaux de Schubert (Gesang der Geister über den Wasser & Gruppe aus dem Tartarus) transcris pour choeur par Brahms: inutile de préciser que tant l'Orchestre romantique et révolutionnaire que les Monteverdi Choir sont d'une précision, d'une délicatesse, d'une clareté et d'une energie remarquables. La seconde partie m'a semblé plus décevante: c'était la première fois que j'entendais la Rhapsodie pour alto, et c'est d'un pathos un peu trop gras pour mois (là je sens que je vais me faire taper!), pourtant je ne saurais accuser la prestation de Nathalie Stutzman qui, pour le coup, semblait presque un peu trop retenue voire distante, bref je n'ai pas accroché. Quant à la Symphonie n°1, je m'étonnais de n'en avoir aucun souvenir en arrivant, et je comprends pourquoi je n'écoutais que la 3 et la 4 durant mon adolescence: c'est vraiment le gros bordel romantique cette première symphonie, et ce n'est pas la citation de la neuvième de Beethoven qui vient structurer une partition assez brouillone.

 

Heureusement le 18 novembre le programme était impeccable: après une nouvelle démonstration de l'excellence et de l'exhaustivité des Monteverdi Choir dans le Begrabnisgesang de Brahms, le "Wie lieblich sind die Wohnungen", le "Es ist genug" de Ahle et le "O Ewigkeit, du Donnerwort" de JS Bach, ce fut le moment du Deutsches Requiem (enfin un truc que je connaissais, mais je suis loin de me plaindre de mes autre découvertes; à noter qu'une sortie cd des 3 concerts est d'ailleurs prévue). Alors certes Matthew Brook fatiguait un peu, certes Camilla Tilling était plus scolaire qu'investie (mais pour la première fois j'ai vraiment aimé la qualité de sa voix), mais l'orchestre était vraiment parfait. Je n'ai vraiment rien à redire et m'avoue même un peu à court de mots pour en décrire l'impression ressentie: il faut dire que ce Requiem que j'entendais au concert pour la première fois, gagne énormément en impact par rapport au disque, et que j'en suis sorti abasourdi.
Sylvie Eusèbe a publié un compte-rendu du premier concert chez David, je vous recommande tout autant la discussion qui s'en suit.

*Il Sant'Alessio de Landi au TCE (générale du 19 novembre 2007)

Je ne vais pas ici reprendre mon raisonnement sur les mise-en-scènes de Benjamin Lazar, mon sentiment est à peu près équivalent à celui de Cadmus et Hermione, mais j'ai trouvé cette mise-en-scène plus ingénieuse et spirituelle (l'oeuvre y incite) cherchant plus a créer l'intimité et l'obscurité dans lesquelles naissent la ferveur nécessaire au déroulement de cette action sacrée, tout en symbolisant l'esthétique d'une époque de façon brillante (notemment l'apparition des 3 femmes dans les fenêtres, telles des tableaux vivants).


L'oeuvre en soit est assez monotone et longue: l'histoire de Saint Alexis, patron de tous les homos refoulés devenus moines à défaut de pouvoir devenir Saint sous l'escalier pour échapper au mariage, me semble déjà sans intérêt (il y a tout de même de plus beaux exemples de contrition dans l'hagiographie!), et le livret joue la contemplation d'un bout à l'autre (de ce point de vue la mise-en-scène s'avère idéale), l'action étant rudimentaire: la famille d'Alexis le cherche et se lamente, celui-çi chante sa foi et se fait emmerder tantot par des domestiques tantôt par l'envoyé du diable qui le tente trois fois en vain, et puis crac, il est mort l'Alexis. Or la musique dans cette même perspective contemplative, ne captive que pour les moments de ferveur ou de tristesse profonde, elle est incapable de soutenir l'attention du spectateur (ou du moins de la majorité) pendant l'action et ce sur 3 heures!
Il faut dire que la direction étirée, molle et languissante de William Christie n'arrange en rien; heureusement Philippe Jaroussky s'avère un sublime Alexis, retrouvant au passage son registre de sopraniste qui s'est beaucoup amélioré en clareté et en précision depuis Sedecia; Max-Emmanuel Cencic trouve enfin un rôle à sa mesure sur une scène parisienne: le jeu est si investi et pourtant sobre, pudique, la voix si chaleureuse que la confusion des sexes est totale. Alain Buet est un père digne et viril, impeccable; le Démon de Luigi di Donato plancheronne (vous voyez qu'il est bien pratique ce mot!) vite dans le grave abyssal de son rôle mais sa stature physique et le coté mordoré de son medium font vite oublier cette limite. Dans la série des contre-ténors on retiendra le très sonore Xavier Sabata en mère éplorée et la percutante nourrice de Jean-Paul Bonnevalle. On se souviendra aussi malheureusement de la voix mixte anarchique et de la diction catastrophique (vous vous souvenez du critique français dans Huit et demi...) de Ryland Angel en Adrasto.

 


On ira lire chez Friedmund un compte-rendu encore moins enchanté et chez David une note plus élogieuse.

 

 *Motets de Rameau par Niquet au TCE (26 novembre 2007)

Moi qui suis émerveillé dès que je découvre une nouvelle oeuvre de Rameau, je suis sorti de ce concert fort déçu ayant constaté que ses motets (ici Quam dilecta et In convertendo) sont... chiants. Je ne saurais mettre en cause la qualité de l'orchestre et des choeurs du Concert Spirituel qui ne sont plus à prouver dans ce repertoire, ni du chef que j'adore outre mesure. La prononciation française du latin ne m'a pas géné non plus et tous les chanteurs étaient très honnêtes quoiqu'un peu gueulard (Mathias Vidal, Marc Mauillon) et à la voix encore verte (Hanna Bayodi). Stéphanie Révidat fait forte impression dans son long air du In convertendo se jouant des difficultés techniques avec un métier remarquable et malgrè un petit grelot dans la voix. Les deux motets de Joseph Michel (Dominus regnavit & Quid retribuam tibi) ne m'ont pas plus sorti de cet ennui poli.

*Das Paradis und die Peri de Schumman au TCE (8 décembre 2007)

Superbe oeuvre que je découvrais, très poétique et envoutante mais inégalement servie: l'Orchestre de l'Age des Lumières dirigé par Simon Rattle m'a semblé manquer de cohérence et de continuité, si bien que l'on n'est jamais emporté jusqu'au bout de la phrase musicale tant le chef semble prendre plaisir à l'interrompre pour souligner lourdement un détail au détriment de la clarté de l'ensemble; peu après le Monteverdi Choir, le Choeur de l'Age des Lumières faisait pâle figure, attaques approximatives ,ténors inaudibles, diction alléatoire. Heureusement les solistes relèvent le niveau: Sally Mathews a le port d'une ragédienne (et les épaules d'Amélie Mauresmo) et le ton, voix longue et dynamique aux accents percutants, on la sent pourtant parfois plus attentive à l'excellence de l'émission qu'à l'emotion (bien pardonnable à ce niveau); Kate Royal n'a malheureusement qu'un rôle minuscule et ne peut donc faire preuve de tout son talent comme dans L'Allegro de Handel à Garnier la saison dernière; Bernarda Fink est toujours une chanteuse à la tessiture non identifiée et c'est tant mieux, tant elle sait en jouer pour souligner la poésie du texte et de la musique (ah ce "Verlasse den Jügling" !); Mark Padmore est très honnête mais ce timbre ne m'a jamais ému, contrairement à Friedmund dont l'avis est bien plus élogieux que le mien.

* L'Etoile de Chabrier à l'Opera Comique (20 décembre 2007)

Moi j'ai adoré, et je n'ai rien à ajouter que ce que je n'ai déjà dit en commentaire à l'excellent article de Bajazet.

 

* Kirschlager dans Les Nuits d'été au TCE (15 janvier 2008)

Grosse déception: moi qui ne voulait pas rester sur la mauvaise impression laissée par son piètre Ariodante et qui la croyait idéal pour ce repertoire, je suis déçu, déçu, déçu. Sa diction du français par ailleurs superlative est ici aléatoire, tantôt l'on comprend tout, tantôt plus rien; le timbre semble souvent sec, la voix à bout de souffle, l'émotion intermittente. N'y a-t-il pas eu assez de répétitions? La direction chahutée de McCressh à la tête de l'Orchestre de Chambre de Bâle l'a-t'elle mise mal à l'aise. En tout cas ce fut raté et ce fut tout, puisque Le Songe d'une Nuit d'été interprété en seconde partie le fut sans les parties vocales: appeler ça un récital, c'est à la limite du foutage de gueule! Paul McCreesh fut ici bien plus satisfaisant que pour sa Missa Solemnis à Pleyel, mais ces arrêtes permanentes et ce manque de respiration m'indisposent toujours autant, surtout quand on a l'ouverture d'Oberon par Minko et Le Songe par Herreweghe dans la tête.


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publié dans : Représentations
Dimanche 27 janvier 2008
par Licida

Cadmus et Hermione de Lully
Opera Comique 21 janvier 2008

Mise en scène Benjamin Lazar
Collaboration Louise Moaty
Chorégraphe Gudrun Skamletz
Scénographie Adeline Caron
Costumes Alain Blanchot
Lumières Christophe Naillet
Maquillage Mathilde Benmoussat

Cadmus André Morsch
Hermione Claire Lefiliâtre
Charite - Melisse Isabelle Druet
Amour - Pales Camille Poul
Arbas - Pan Arnaud Marzorati
Nourrice - Echion Jean-François Lombard

Solistes, danseurs et orchestre du Poème harmonique
Direction Vincent Dumestre

Monter une tragédie lyrique n'est jamais évident, tant ses codes peuvent sembler lointains pour nos conceptions dramatiques et théâtrales, saluons donc l'Opéra comique qui a eu cette excellente initiative partagée à Paris par le seul Théâtre des Champs-Elysées devant le desintéressement total de l'ONP. La tache est d'autant plus difficile qu'il s'agit ici de la "naissance" de l'opéra français codifié par Lully et Quinault. D'emblée je dois avouer que j'ai été un peu déçu par l'oeuvre (mais l'interprétation musicale a sans doute sa part dans mon jugement) tant pour le livret qui n'a rien d'inoubliable et se révèle plus souvent efficace que brillant, que pour la musique qui connait déjà de superbes fulgurances (l'ouverture, les danses, l'invocation à Mars...) mais qui semble encore trop timide dramatiquement (voire plate: le final). Je suis loin d'être un spécialiste de Lully ne connaissant qu'Atys, Alceste et Proserpine par ailleurs, mais pour le moment c'est de loin cette dernière oeuvre qui a ma préférence graçe à un livret superbe et à une musique captivante de la première à la dernière note. Cadmus et Hermione, bien que fondatrice, sonne tout de même balbutiante à mes oreilles comparée aux sommets atteints par la suite.

Il faut dire que ce soir là, le drame était plutot absent: le Poème Harmonique dirigé par Vincent Dumestre fait montre de sonorités luxueuses et d'harmonies ravissantes mais manque crânement des contrastes et de sens du drame qui font toute l'exhaustivité des interprétations du Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet. Ici l'oreille est sans cesse flattée, mais le tout manque de nerfs et se révèle incapable de susciter l'émotion. C'est le même reproche que l'on pourrait adresser aux chanteurs tous étudiants au CNSM: techniquement c'est souvent implacable mais on chercherait en vain l'engagement que ce genre tout en récitatif exige cependant: c'est plus appliqué qu'impliqué (© Clément). Personne ne se détache vraiment du lot, à l'exception d'Isabelle Druet et de Luanda Siqueira qui incarne Junon, dont la franchise vocale et dramatique dynamisait l'atonie vocale ambiante; à l'inverse Claire Lefiliâtre est aussi acide que placide et Hélène Richer qui incarne Vénus effraie pour des raisons purement vocales. 

Mais le véritable intérêt de cette production me semble résider dans la mise-en-scène, ou plutôt dans le débat qu'elle soulève (ou du moins devrait soulever). Le parti pris de Benjamin Lazar depuis Le Bourgeois gentilhomme et Il Sant'Alessio est clair: pour jouir parfaitement des raffinements de cette musique et de ce théâtre, il faut en retrouver la présentation historique qui en constitue en quelque sorte l'écrin; conception à l'opposé des modernisations souvent outrancières dont on nous afflige pour mieux nous faire comprendre "l'actualité" des oeuvres, comme si le spectateur était incapable de le comprendre seul, comme si l'intérêt d'une oeuvre ne résidait que dans sa pertinence pour éclairer continument l'époque où elle est représentée et comme si les costumes d'époques nous "divertissaient" de l'oeuvre qui est elle même et restera toujours un divertissement comme toute oeuvre d'art. Ce sont de telles conceptions qui poussent souvent des metteurs en scène peu scrupuleux à torturer les récitatifs, à dénaturer les airs, et à substituer des gags à répétiton à un vrai travail de théâtre sur des oeuvres trop vites perçues comme inévitablement ennuyeuses à la scène. Le parti pris de Benjamin Lazar semble donc salutaire, il est surtout inattaquable et c'est bien là que se trouve la faiblesse de sa mise-en-scène.


Avant de détailler ma critique, je commencerai par contester le choix historicisant de la prononciation du vieux français: face à la splendeur de la superbe simplicité qu'obtiennent de leurs chanteurs Hervé Niquet ou Hugo Reyne, je ne peux que trouver cette prononciation poussiéreuse et éloignant du drame. C'est hautement subjectif, mais j'ai du mal à être ému par le désèspoère que l'on nousse présente ou impressionné par la gloère des dieuks et desse hérosse du drame... Alors on me dira qu'un opéra chanté en langue étrangère ne m'éloigne pas pour autant du drame, certes mais ici la résonnance de mots connus ainsi pronnoncés provoque le même effet comique que l'accent quebecois (plutot génant dans les parties tragiques!) et, contrairement à une langue étrangère que l'on prend tout de suite pour telle, on est ici constamment balloté entre le plaisir direct d'entendre chantée notre langue natale, et l'éloignement produit ponctuellement et de façon répétée par la pronnonciation historique de certains mots.


Ceci dit, saluons le remarquable travail de reconstitution qui illumine les décors, les costumes, les éclairages (à la bougie pour l'essentiel) mais aussi la direction d'acteur dont les gestes sont précisément réglés, tout ceci est du plus haut intérêt et relève de l'excellence pour qui s'interesse à l'esthétique d'une époque, aux conditions de création, à l'Histoire de l'art... mais une reconstitution ne sera jamais une véritable mise-en-scène car elle ne fait preuve d'aucune créativité, d'aucune prise de risque, d'aucune initiative artistique. C'est au plus un extraordinaire travail de scénographie et de recherche universitaire, mais en aucun cas le travail d'une personnalité. Ici plus que dans Il Sant'Alessio d'ailleurs, où il se cachait moins derrière cet idéal de reconstruction et cherchait plus directement à symboliser une époque avec tout le goût, le savoir et la rigueur qui a manqué à Pier Luigi Pizzi par exemple, Benjamin Lazar se fait uniquement artisan d'une reconstruction et non artiste.


Alors évidemment je ne vais pas jouer la surprise, ce parti pris étant clairement affiché, mais je me permets de craindre ses prochaines productions si elles sont du même genre: et pour cause, la mise en scène étant un concept inexistant à l'époque, cela risque fort de tourner en rond et de tomber dans le déjà vu (ce qui n'est pas loin d'être déjà le cas). On me dira - oui on me dit beaucoup de choses :-) - que de grands metteurs-en-scène tombent souvent dans le déjà vu (Bob Wilson, Robert Carsen...) mais eux ont au moins eu le génie de créer leur univers, là où Benjamin Lazar n'a eu que le talent de le reconstituer. Mais surtout, ce qui me semble dangereux avec ces reconstructions, c'est qu'indirectement et sans doute involontairement, elles avalisent l'idée selon laquelle les oeuvres baroques ne sont pas représentables dans nos esthétiques contemporaines niant ainsi leur potentiel théatral pour les reléguer au rang de ce que seront par exemple les spectacles du Lido dans deux siècles: du folklore. Or le travail de metteurs en scène comme Jean-Marie Villégier, Jean-Louis Martinoty, David McVicar, Trisha Brown ou bien d'autres qui préfèrent jouer avec les codes d'une époque plutôt que de les reproduire fidèlement me semble infiniment plus fécond et passionnant que cette superbe mais creuse reconstitution qui n'est contestable que radicalement ou sur des points historiques mais jamais artistiques.

 

 

 

En conclusion, ce spectacle n'ennuie certes jamais (et c'est déjà une grande qualité) mais ne passionne jamais non plus faute de savoir susciter l'émotion. Lully et Quinault méritent tout de même mieux et j'espère que le Thésée présenté bientôt au Théatre des Champs-Elysées par Jean-Louis Martinoty saura dépasser ce genre de mise en scène certifiée historique, comme on certifie un produit issu de l'agriculture biologique.



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publié dans : Radio & Tv
Samedi 26 janvier 2008
par Caroline
Semaine du 26 janvier au 1er février :
 
 
 
TELEVISION:
        
               
       ¤¤  L'Heure espagnole de Ravel (ONP, 2004) : dans la nuit de lundi à mardi vers 1h25  (France2)
Dir.: S. Ozawa
 
 
        ¤¤  Musiques au coeur cinq étoiles : dans la nuit de jeudi à vendredi vers 1h25  (France2)
Redif. - Bartoli, Dessay, Alagna, Petibon...
 
 
        ¤¤  Toute la musique qu'ils aiment... Wagner : vendredi 1er à minuit 15  (France3)
Avec Magali Léger
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Cadmus et Hermione de Lully (en direct de l'Opéra comique) : samedi 26 à 20h  (FM)
[Faites quand même attention à l'heure! si ce n'est finalement pas en direct, ça commencera plus tôt] Dir.: V. Dumestre 
 
 
        ¤¤  Histoires de musiques : Tristan et Isolde : dimanche 27 à 19h07  (FM)
Acte III de la version Karajan 1952 - R. Vinay, M. Möld, H. Hotter à 20h07
 
 
        ¤¤  Der Freischütz de Weber : dimanche 27 à 21h  (Radio Classique)
Böhm - G. Janowitz, R. Holm, J. King, E. Waechter, M. Jungwirth, K. Ridderbusch
 
 
        ¤¤  Schöpfungsmesse de Haydn (Cité de la musique, sept. 07) : dimanche 27 à 21h03  (France Inter)
T. Koopman - Larsson, d'Oustrac, Droy, Wolff
 
 
        ¤¤  Le matin des musiciens : La maternité en scène : de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
 
 
        ¤¤  Concert Vivaldi - Haendel - Pergolèse (Salzbourg, août 07) : mercredi 30 à 10h02  (FM)
Dir.: A. Marcon - C. Schäfer et A. Scholl
                       
 
        ¤¤  Petite messe solennelle  de Rossini (Nantes, 30 janvier 08) : jeudi 31 à 20h  (FM)
Dir.: M. Corboz - Folle journée de Nantes
                       
 
        ¤¤  Messe n° 6 en mi b M de Schubert (Nantes, en direct) : vendredi 1er à 10h45  (FM)
Dir.: M. Corboz - Folle journée de Nantes
 
 
        ¤¤  Der vierjährige Posten et Die Zwillingsbrüder de Schubert (Nantes, en direct) : vendredi 1er à 20h30  (FM)
Dir.: C. Spering
                       

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publié dans : Radio & Tv
Lundi 21 janvier 2008
par Caroline
Semaine du 19 au 25 janvier :
 
 
 
TELEVISION:
        
               
        ¤¤  Juan Diego Florez chante les grands airs italiens : dimanche 20 à 19h  (ARTE)
Dir.: E. Mazzola
                       
 
        ¤¤  Le Barbier de Séville de Rossini (Madrid, 2005) : lundi 21 à 22h40  (ARTE)
Florez, Bayo, Pratico... [Pourquoi nous sert-on le plus ce que l'on aime le moins?...]
 
 
       ¤¤  La Dame de pique de Tchaïkovski (Bastille) : lundi 21 vers minuit 40  (France2)
Gennadi Rozhdestvensky (Hermann), Nicolaï Putilin (le comte Tomski), Ludovic Tézier (le prince Eletski), Irina Bogachova (la comtesse)... mise en sc.: L. Dodin
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: V. Dumestre et B. Lazare : samedi 19 à 18h  (FM)
Pour Cadmus et Hermione
 
 
        ¤¤  Norma de Bellini (Vienne, nov. 07) : samedi 19 à 19h30  (FM)
Dir.: F. Haider - Gruberova, Cura, Garanca...
 
 
        ¤¤  Les rois de la galette: Liebesliederwalzer de Brahms : dimanche 20 à 15h  (FM)
comparaison d'enregistrements
 
 
        ¤¤  La leçon de musique de Janine Reiss : de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
 
 
        ¤¤  Concert Bach du Concentus Musicus de Vienne (Pleyel, déc. 07) : lundi 21 à 20h  (FM)
Dir.: Harnoncourt
                       
 
        ¤¤  La vie baroque : Jérémie Rhorer : jeudi 24 à 21h  (Radio Classique)
                       
 
        ¤¤  Concert J.S., J.C., J., J.M. Bach (Louvre, janvier 08) : vendredi 25 à 16h  (FM)
J. Tubéry
                       
 
        ¤¤  Concert R. Strauss / Malher (Leipzig, janvier 08) : vendredi 25 à 20h  (FM)
D. Peckova; N. Schukoff - Dir.: J. Märkl
 
 
        ¤¤  Il Matrimonio segreto de Cimarosa : dans la nuit de vendredi à samedi à 1h du matin  (FM)
voir 'Vivace' - Dir.: Wolf-Ferrari
 

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publié dans : Représentations
Dimanche 13 janvier 2008
par Licida

Alcina de Handel
Palais Garnier, 13 décembre 2007

Direction musicale Jean-Christophe Spinosi
Mise en scène Robert Carsen
Décors et costumes Tobias Hoheisel
Lumières Jean Kalman
Mouvements chorégraphiques Philippe Giraudeau

Alcina Inga Kalna
Ruggiero Vesselina Kasarova
Morgana Olga Pasichnyk
Bradamante Sonia Prina
Oronte Xavier Mas
Melisso François Lis
Oberto Judith Gauthier

Ensemble Matheus
Choeurs de l’Opéra national de Paris

Une distribution de rêve conçue pour Minko qui a échu à Spinosi en raison de copinages... J'étais très très sceptique sur la capacité de Christophe Spinosi et son ensemble à jouer un opéra de Handel en entier après la catastrophe du récital Larmore. Malheureusement je ne me trompais pas. Attaquons dans le vif: cette direction est une des pire que je connaisse pour cet opéra auquel je tiens particulierement puisqu'il fut ma porte d'entrée dans l'opéra baroque. C'est bien simple: tout est joué en morse! A force de vouloir créer la rupture et la surprise permanentes, Spinosi nous livre un squelette de partition mal articulé de surcroit. A part le "Ah mio cor" (et pour cause!) tout est à coté de la plaque. De plus les solistes sont au mieux scolaires: les flutes du "Mio bel tesoro" jouaient bien trop fort par rapport au reste de l'orchestre, le violoncelle du "Credete al mio dolor" était d'une placidité incompréhensible pour un air si sensible et je passe sur la prestation de Spinosi au violon dans "Alma oppressa" qui n'est pourtant pas une partie difficile; mais le clou furent les cors pendant le "Sta nell'ircana" qui réussissaient à être faux alors qu'on les entendaient à peine et qui en guise de cadence nous ont gratifié d'un magnifique canard-qui-se-mouche de 2 temps tout à fait volontaire. Inutile de préciser que les chanteurs sont livrés à eux même, j'y reviens après. Au rang des pointes d'originalité completement stupides on distinguera les 5 secondes de pause entre chaque salve de violon pour la Sinfonia au début du III, le même "truc" que Spinosi nous avait déjà refilé pour l'ouverture de la Griselda de Vivaldi en cd. Je reste consterné par tant de bêtise et par un tel massacre, même les Handel de Curtis valent mieux que cette version matuvu, puérile et agaçante.

 

Concernant la mes de Robert Carsen que je découvrais, on y trouve rien de très neuf: certes le dispositif de murs censés représentés l'isolement et l'enfermement d'Alcina est ingénieux: le "Ah mio cor" où Alcina rase les murs est par exemple particulièrement saisissant; les ouvertures sur des espaces verdoyants qui disparaissent après le "Verdi prati" est aussi très efficace (même si cela n'a rien d'original et rappelle facheusement La Clemenza di Tito des Hermann comme le souligne Bajazet); la mort d'Alcina en forme de suicide passe bien dans cette transposition même si l'espace vide à la fin de l'opéra est encore une des grosses ficelles de Carsen qu'il nous met à toutes les sauces! Cependant la direction d'acteur vire souvent au remplissage voire au contre-sens total: vide pendant le "Si son quella" ou le "Sta nell'ircana", gadget pendant "Al alma fedel" (elle s'habille en femme), convenue pour le "Mio bel tesoro" (Ruggiero se tourne pour dire les "Ma non a te" et reste distant d'Alcina pendant tout l'air, on peine à croire qu'il cherche à la convaincre!), incohérente pour la gestion des choeurs (si l'idée de départ était bonne - signaler la présence tapie des aventures d'Alcina et par là le danger qu'elle représente - à trop nous la reservir de façon bien appuyée - mecs à poil - elle devient lassante et perd souvent son sens). 
Et malheureusement les contre-sens sont légions: si la partouze d'Alcina présentée par Melisso peut être interprétée comme une fiction présentée à dessein, on ne saurait sauver le traitement du personnage de Morgana. Parce qu'elle a le malheur d'être un soprano plus aigu que sa soeur, Morgana est transformée en soubrette et on voit bien qu'Handel annonce Mozart puisque cette Morgana est déjà Susanne/Zerline, ben voyons: du coup tous ses airs perdent en émotion, "Credete al mio dolore" en faisant le lit réduit sa tristesse à un drame domestique et symétriquement les airs d'Oronte d'une lucidité remarquable sont considérés comme des paroles de jaloux aigri. Conséquence: c'est tout le sens du livret (pour une fois bon) qui s'en trouve boulversé, car dans ce livret c'est finalement la lutte entre l'amour hédoniste et l'amour chevaleresque qui se joue (et là Alcina annonce Tannhäuser! non je déconne) dont les représentants s'opposent aisément: Alcina/Bradamante; Ricciardo/Oronte. Dans le premier cas c'est Ruggiero qui doit choisir, dans le second c'est Morgana; la souffrance vient de ce qu'Alcina se repend et perd ses pouvoirs en tombant amoureuse d'une part et d'autre part de ce que Ricciardo n'est qu'un leurre qui trompe sans le vouloir le désir de Morgana. Dans ces jeux de désirs, Morgana est donc loin d'être un personnages de moindre rang, elle est parfaitement intégrée à l'action (c'est d'ailleurs elle qui "ouvre le bal" avec "S'apre al riso"). Le drame de Morgana comme celui d'Alcina c'est de comprendre trop tard les errements du désir amoreux que tout l'opéra dépeint: Morgana semble sauvée in extremis dans "Credete al mio dolor", Alcina tente de se sauver dans "Non e amor ne gelosia". Mais au final les deux soeurs se disent perdues au moment où Ruggiero détruit l'île. En réduisant la portée du personnage de Morgana et en transformant tout le monde en bourgeois ou en domestiques, Carsen transforme l'action en un drame convenu et stéréotypé. Je lui pardonne par contre de ne rien faire d'Oberto tant le personnage peut apparaitre étranger à l'action, il a cependant le mérite de mettre Alcina devant la trace de sa cruauté passée et de la souffrance qu'elle a causée. Enfin la coupe du choeur final aux tonalités ironiques fait perdre de sa force à l'oeuvre, et ce n'est pas la séparation Bradamante/Ruggiero qui suffit à rattraper le coup. 

Chez les chanteurs par contre on frise l'idéal: Inga Kalna est une amante dont l'ardeur est toujours ensorcelante, elle a parfaitement compris l'évolution de son personnage et traduit les différentes facettes de son personnage par une variété de ton remarquable au point que chaque "Si son quella" semble signifier quelque chose d'autre, épaulée par un vrai chef elle se hisserait sans peine au rang des interprétations de Gauvin ou Auger, malheureusement on la sent totalement perdue dans un "Ombre pallide" tourniquotant, très seule dans "Si son quella" et "Ah mio cor", en décalage par l'esprit avec une fosse épileptique pour "Ma quando tornerai"...

Vesselina Kasarova est encore capable d'un boulversant "Mi lusinga" et de très efficaces "La bocca vaga" ou "Di te mi rido", mais pour le "Sta nell'ircana" c'est du grand n'importe quoi et le "Verdi prati" la trouve bizarrement vite en manque de subtilité. Quoiqu'il en soit cette voix épaisse ne correspond pas à mon idée du personnage à la fois ruste et élégant, splendide et fourbe. On est pourtant bien loin du naufrage annoncé ici et là et Kasarova peut encore faire merveille dans des rôles moins exposés vocalement.

Olga Pasichnyk a débuté la soirée avec un aigu un peu vert et une voix manquant de fruité pour la joie spontanée et mutine du "S'apre al riso", heureusement elle s'est magnifiquement améliorée ensuite même si son soprano léger reste un peu court pour signifier la rage dans le récitatif vindicatif du II. Pourtant avec une mes sabotant à ce point son personnage, son jeu tourne vite à vide, alors même qu'elle est capable de bien plus de variété et de puissance comme l'ont prouvé ses réçents Belleza, Farnaspe ou Cleofide.

Sonia Prina se sort toujours aussi superbement du "E gelosia" malgrè la crétinerie de la mes (bataille autour d'une table roulante) mais on la sent génée pour "Vorrei vendicarmi" dont les vocalises heurtées et essouflées contrastent avec son interprétation magistrale dirigée par Ivor Bolton à Munich. Encore une fois question de chef... Pour faire écho à un débat réccurent sur ce personnage j'ose avouer ici que j'aime beaucoup ses airs que je ne trouve pas du tout "écrits au kilomètre". "E gelosia" est un air dont les syncopes ont un effet extrement dramatique, comme si Bradamante cherchait ses mots pour se sortir d'une situation embarassante; "Vorrei vendicarmi" avec sa basse continue qui semble taper du pied de rage et ses cordes qui s'emportent pour inlassablement retomber comme le rocher de Sisyphe traduisent parfaitement les soubresauts du personnage trahi entre l'abandon de la tristesse et la violence de la rage comme si la fonction de la partie B était déjà intégrée dans la partie A par intermittence. Quant au dernier air il faut vraiment le charme du cantabile de Prina ou Mijanovic pour le sortir de son train-train, je le reconnais.

L'Oronte de Xavier Mas serait rayonnant dans une mes qui lui donne vraiment sa place, tant le chant est solaire bien qu'encore un peu trop sage. Judith Gautier fait forte impression en Oberto avec sa voix minérale et légèrement raide qui donne une force à la fois juvénile et maladroite au jeune adolescent. Par contre on oubliera vite le Melisso gueulard de François Lis qu'on a connu bien plus inspiré dans d'autres rôles. 

Le public a réservé un triomphe à Spinosi et fut bien froid envers Kalna dont c'étaient les débuts à Garnier, heureusement qu'il y avait un taré dans les quatrièmes loges de coté pour hurler "BRAVO!" ;-)

 

On lira aussi l'article de Bajazet sur cette même représentation, comme je vais m'apprêter à le faire.


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