Idolâtrie

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(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
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La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Représentations
Jeudi 21 février 2008
par ElectroCampra
Le preux ElectroCampra s'est risqué à aller voir le concert de ce célèbre sopraniste, voilà ses impressions.


Concert du sopraniste Jacek Laszczkowski et de l’Ensemble Dolce & Tempesta, mercredi soir 20 février 2008, salle Gaveau à Paris dans le cadre des Concerts Parisiens, ou comment avoir participé à un spectacle spécialement organisé pour « nos amis à 4 pattes » de la maison de retraite Ste Ursule, sise avenue de Verzy, noble institution tenue par la congrégation des « Ursulines du cœur de Jésus agonisant ».

 

Le public bien sûr était largement en mesure de dîner tous les soirs à l'institut Ste Ursule, mais les interprètes du concert participaient également à cette illusion.

 

De Jacek, j’avais entendu un vague mp3 fourni par je-ne-sais-plus-qui, je-ne-sais-plus-où qui m’avait paru fort intéressant. J’avais pu ensuite réécouter d’autres extraits qui m’avaient en revanche moins convaincu : mais il était trop tard, les places étaient déjà achetées.

 

Pour faire plaisir à son auditoire et l’éblouir, Jacek arborait un superbe smoking : un pantalon et un nœud papillon noirs très classiques, et une veste en velours froissé prune aux reflets chatoyants, tranchée par un revers de col noir brillant. J’ignorais qu’on pouvait encore trouver de telles merveilles tout droit sorties des années 70 ! Les musiciens qui étaient au nombre de 6 (2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse, 1 clavecin), paraissaient bien ordinaires avec leur chemise ou leur smoking noir… Le rossignol qui aurait revêtu la veste d’un Patrick Topaloff de bal musette, était sur scène : nous n’avions d’yeux que pour sa parure et nos oreilles étaient dans l’attente de sa cristalline voix de sopraniste.

 

Händel tout d’abord avec des extraits de Deidamia, Oreste, Imeneo et Riccardo Primo. Les musiciens commencèrent le 1er air : à 6, Händel sonnait un peu creux, mais je me suis dis que j’allais m’habituer et que la salle devait également se remplir de notes pour qu’elle sonnât correctement. Et puis Jacek ouvrit la bouche. Un miaulement sortit d’abord : une sorte de glapissement étouffé qui se noyait de lui-même dans la gorge. Je n’en revenais pas, mes yeux s’ouvraient de plus en plus, mais Jacek continuait de geindre en émettant de temps de temps de fortes poussées sonores, tout en écarquillant les yeux. Ma surprise passée, je dus me rendre à l’évidence qu’on m’avait grossièrement trompé sur la qualité vocale de ce sopraniste. Les airs de Händel changeants, les miaulements du chat qui aurait avalé un coucou suisse (© Licida) se transformèrent en cris puissants qui ont fait dire à notre voisine de derrière que ses notes aigües faisaient mal aux oreilles (ce qu’a démenti vivement sa voisine qui était visiblement conquise). Naturellement investi, il accompagnait son chant de toute une gestique languissante, énamourée ou valeureuse, les yeux fermés, grands ouverts ou révulsés, c’était selon, avec néanmoins le nez dans la partition, au point que la voix devait certainement d’abord ricocher sur le pupitre avant de frapper aussi insupportablement nos oreilles (preuve est faite qu’un pupitre ne saurait améliorer le son, à moins que …).

Entre 2 airs de Händel, nous avons eu droit à un concerto a quattro du même compositeur : un petit répit pour nos oreilles endolories. Les musiciens étaient médiocres et le violoncelle nous a gratifiés de magnifiques approximations tonales, mais c’était tout de même largement supportable.

 

A l’entracte, cette même voisine, très bavarde, a interrogé sa copine Clémentine (après lui avoir demandé si une couleur neutre était la plus appropriée pour les volets de sa vieille maison centenaire en pierres blanches) : « il (le chanteur) doit avoir des hormones féminines pour chanter comme ça », « vous croyez qu’il est châtré ? », « non, ce n’est pas possible ; la nature fait des erreurs parfois tout de même », « il ne vous rappelle pas ce chanteur que nous avions entendu chez le ministre ? Mais comment s’appelait-il déjà ? … ».

 

Il faut toujours donner toutes les chances à ceux qui font des efforts. Malgré la ringardise de Jacek (valeur tout subjective, je l’accorde) et la qualité sonore des interprètes (que Ste Ursule aurait certainement bénis, car c’est bien connu « A la Ste Ursule, on hulule sans scrupule »), nous sommes donc restés jusqu’au bout.

 

La 2ème partie du concert était consacrée à Vivaldi. Les musiciens commencèrent par un concerto per archi (ils en donnèrent un autre entre 2 airs d’opéra). Là encore, c’était très moyen, trop lent pour du Vivaldi : mais bon, c’était écoutable si l’on faisait fi des quelques grincements du 1er violon (mais après tout, Spinosi est également fort applaudi quand il manie son archet). Je redoutais évidemment la venue de Jacek surtout que le programme annonçait que les 3 airs de La Finda Ninfa rivalisaient de difficultés techniques et de notes suraigües (la bémol, la, si !). Même si les miaulements et les cris ont continué, Jacek se débrouillait mieux dans ces airs. Il savonnait bien un peu, ses notes graves étaient vilaines, il gargarisait toujours tous ses départs langoureux ou nous permettait de goûter aux accents de la musique atonale et enharmonique à la fois, mais il arrivait néanmoins à ma grande surprise à détricoter tant bien que mal les notes vivaldiennes, avec des diminutions de son crû où alternaient au choix les montées en arpège aux notes détachées (du meilleur goût) ou les notes paonnées tenues ad libitum (les choucroutes permanentées de ces dames n’avaient qu’à bien se tenir).

 

Le chef qui s’était tortillé de plaisir sur son siège de clavecin pendant tout le concert, après des tonnerres d’applaudissements, et avec l’accord d’un Jacek visiblement très content, nous a accordé jusqu’à 4 bis : Vivaldi et Händel, 3 airs déjà entendus et le fameux « Lascia la spina » (« air très connu, version différente, du grand Farinelli très connu » dixit Jacek qui devait alors certainement y croire un peu) qui comme tous les Händel susmentionnés fut aussi geignard et chuintant. Mais cela a permis aux 2 copines du ministre de chantonner le début et la fin de l’air. Ravies du concert, elles ont trouvé néanmoins que 4 bis, c’était un peu exagéré : comme nous les comprenions alors !


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publié dans : Radio & Tv
Jeudi 21 février 2008
par Caroline
Semaine du 23 au 29 février :
 
 
 
TELEVISION:
 
        
               
        ¤¤  Gianni Schicchi de Puccini (ONP 2004) : dans la nuit de lundi à mardi à 1h10  (France2)
S. Ozawa / L. Pelly
 
 
        ¤¤  Toute la musique qu'ils aiment: Rolando Villazon : vendredi 29 à minuit 20  (France3)
 
 
        ¤¤  Capriccio de R. Strauss : dans la nuit de vendredi à samedi vers 1h20 (?)  (France3
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: Jennifer Smith (2) : samedi 23 à 18h  (FM)
 
 
        ¤¤  Cyrus à Babylone de Rossini (TCE, janvier 08) : samedi 23 à 19h30  (FM)
Malgoire
 
 
        ¤¤  Histoires de musiques : Luisa Miller de Verdi : dimanche 24 à 19h07  (FM)
 
 
        ¤¤  Le matin des musiciens: Paris 1830 : de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
La naissance du Grand Opéra - L'avènement de la virtuosité - Au théâtre italien - Musiques de salon, musiques de concert - Zampa de Hérold
 
 
        ¤¤  Concert Wagner-Charpentier-Verdi-Bellini (Cannes, janv. 08) : lundi 25 à 10h02  (FM)
Takesha Meshé Kizart, soprano - Dir.: P. Bender
 
 
        ¤¤  Concert Berg-Mahler-Wagner (Strasbourg, janv. 08) : lundi 25 à 20h  (FM)
Christiane Oelze - Dir.: M. Albrecht
 
 
        ¤¤  Symphonie n° 9 de Beethoven (Berlin, 1963) : lundi 25 à 21h  (Radio Classique)
Karajan - G. Janowitz; S. Wagner; L. Alva; O. Wiener
 
 
        ¤¤  A portée de mots: Macha Makeïeff : mardi 26 à 12h03  (FM)
 
 
        ¤¤  Un bal masqué de Verdi (Bordeaux, janvier 08) : jeudi 28 à 20h  (FM)
Dir.: P. Olmi
                       
 
        ¤¤  La vie baroque : Jérôme Deschamps : jeudi 28 à 21h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Patrimoine classique: Matthias Goerne : vendredi 29 à 23h  (Radio Classique)

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publié dans : Représentations
Mardi 19 février 2008
par Licida

Chorégraphie et mise en scène Pina Bausch
Décors, costumes et lumières Rolf Borzik

Rôles dansés
Orphée Yann Bridard
Eurydice Marie-Agnès Gillot
Amour Miteki Kudo 

Rôles chantés
Orphée Elisabeth Kulman 
Eurydice Svetlana Doneva
L’Amour Hélène Guilmette 

Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet

Balthasar-Neumann Ensemble & Chor
Direction musicale
Thomas Hengelbrock

Il m'est assez malaisé de parler de danse, aussi reprendrè-je simplement la discussion que nous avons eu sur un autre fil avec Caroline et Baja, et pour me faire pardonner ce repiquage, vous trouverez en fin d'article la vidéo du ballet des Furies.

Bajazet
On pourrait rajouter Hengelbrock à la liste des grands baroqueux qu'il ne serait pas mauvais d'entendre régulièrement en France. Je l'ai toujours entendu excellent au disque ou à la radio (il dirige à peu près tous les ans au festival de Schwetzingen) mais dans cet Orphée à Garnier, je les ai trouvés extraordinaires, son ensemble et lui. 

Licida
Oui Hengelbrock c'est vraiment formidable, dans cet Orphée comme dans le premier il y a deux ans il est fabuleux. Il avait aussi réussi le miracle de faire sonner baroque l'orchestre de l'opéra de Paris pour Idomeneo

Bajazet
Il avait dirigé ça pour un spectacle de ballet mis en scène, je crois, par Achim Freyer. L'enregistrement existe chez DHM. 
Dommage que l'Armida de Haydn qu'il a dirigée à Schwetzingen n'ait pas été gravée : c'était avec Iano Tamar, Torsten Kerl et Rensburg. Dommage surtout qu'il ne revienne pas à Garnier pour Iphigénie ^^

Je n'ai pas vu tout le spectacle mais la chorégraphie m'a transporté. C'est d'une beauté impérieuse, d'une puissance plastique qui laisse pantois. C'est la première fois que je suis vraiment ému par un ballet (non, je ne dirai pas combien de ballets j'ai vus). Ce qui m'a fasciné, c'est de à quel point l'esprit de la chorégraphie est juste par rapport à la musique (avec une osmose merveilleuse entre la fosse et la scène précisément) et à quel point c'est allemand. Je n'y connais rien en ballet mais on sent que Bausch est l'héritière d'un esprit allemand de l'art, ou bien est-ce moi qui fantasme ? Qu'elle ait tenu à ce que l'opéra, comme pour Iphigénie en Tauride, soit chanté en allemand, cela s'impose comme une évidence ou une nécessité.
Après ça, entendre Brigitte Lefèvre dire à l'entracte qu'ell a envie de "pousser un cri d'amour vers Pina" semble totalement déplacé.
Gubernatis dans Le Nouvel Obs souligne que Bausch a arrondi les angles avec le temps, que la chorégraphie de 1975 était plus noire, plus âpre, plus tragique. En tout cas, la fin "tragique" avec reprise du début fonctionne parfaitement : ça coule de source. Je me suis juste demandé si David Balagna n'avait pas trouvé là de quoi remplir sa boîte à malice.
Le site d'Arte caractérise le spectacle par la formule "une danse éthérée".
Éthérée ???????!! 

Licida
Tout à fait, et ce qui me semble le plus impressionnant c'est l'économie qui renforce la "frappe" de cette chorégraphie: avec peu de danseurs sur scene, Bausch réussi parfaitement à rendre la tourmente des enfers ou la béatitude qui suit. Le dédoublement de chaque personnage en un chanteur et un danseur est parfaitement maitrisé au point de rendre superflu le travestissement de la chanteuse. De plus en donnant un titre à chaque acte (Deuil; Violence; Paix; Mort) elle participe pleinement à cette simplicité éloquente voulue par Gluck. Du coup on pardonne bien aisément la traduction, les coupes et l'absence de surtitres tant le spectacle est cohérent et parle de lui même. Par ailleurs, je crois que cette retransmission était un évenement, puisque Pina Bausch s'était jusqu'ici opposée à ce que l'on présente une de ses chorégraphie à la télé ou en dvd. A part un petit bout de Café Muller dans "Parle avec elle" d'Almodovar, il n'existe rien je crois.

Pour Hengelbrock, c'est aussi lui qui dirigeait le superbe Telemaco de Scarlatti. 

Caroline
(Hengelbrock va diriger la Sonnambula de Bartoli à Baden-Baden au printemps.) 

C'était la première fois que je regardais un ballet.

Voilà, je l'ai dit.

Licida
Ben c'est pas mal de commencer avec Pina Bausch ;) Prochaines étapes: Béjart, Kylian, Preljocaj, Neumeier et Waltz. Et on peut voir tout ça à l'opéra de Paris! 

Bajazet
Je me souviens avoir vu "Café Müller" ou "Nelken" (je ne sais plus) en captation vidéo au Goethe Institut il y a très longtemps. Sauf à ce que la mémoire m'abuse, il y a eu donc des enregistrements.

Et de cette économie, de cette rigueur sublime naît le fantasme du spectateur, me semble-t-il. C'est non seulement sublime à contempler mais cela donne fortement à imaginer. Et puis la chorégraphie intègre magnifiquement cette espèce de dimension rituelle qu'il y a chez Gluck, sans jamais de raideur pourtant.
Franchement, quelle importance d'avoir des surtitres en l'occurrence ? Pour Iphigénie en Tauride, ce serait sans doute nécessaire si on ne connaît pas l'opéra, mais là ? Ça montre d'ailleurs en retour à quel point le livret de Calzabigi procède d'une épure.
Je ne trouve pas du tout gênant l'allemand ici, et même cela me semble une composante esthétique du spectacle. 


Caroline
"Je ne trouve pas du tout gênant l'allemand ici, et même cela me semble une composante esthétique du spectacle."
Oui, je l'ai ressenti aussi comme ça. Au fur et à mesure, il m'a semblé normal que ce soit en allemand (alors qu'au début, je toussais un peu quand même); il y a une cohérence entre ce que l'on nous montre et la sonorité de la langue, je trouve.

Licida
Et puis "Oeilrudiké" ça sonne tout de même plus tragédie grecque qu'Eurydice ;) 

Bajazet
Je viens d'aller regarder ce qui se disait du spectacle sur divers forums : ay ay ay. Je passe sur ceux qui montent sur leurs grands chevaux parce que ce n'est pas surtitré (on croit rêver), mais le plus amusant c'est de voir le pinaillage sur le choix de l'allemand (qui de toute façon a une légitimité historique, mais passons) et sur le fait qu'il manque l'air à vocalises d'Orphée alors qu'on trouve normal en d'autres circonstances que Marc Barrard chante le rôle de l'Amour. J'ai tendance à oublier combien le public d'opéra peut être obtus, eh bien voilà, je me rappelle. 

Caroline
"Le dédoublement de chaque personnage en un chanteur et un danseur est parfaitement maitrisé "
Même au début?...
Je viens de revoir la deuxième partie; là, ça fonctionne très bien, sans doute aussi parce que les chanteuses ont des choses à faire. Au début, je ne suis pas sûre... mais c'est peut-être une question de cadrage, les danseurs étant toujours priviligiés.

Ben, à la télé, on avait des sous-titres, quand même, ça n'avait rien d'incompréhensible, je pense. 

Un plan rapproché sur Wesseling, au moins au moment des rappels, aurait été le bienvenu... 

Licida
Oui au début aussi il me semble que l'on comprend parfaitement: pour Oprhée la prostration du danseur liée aux cris de la chanteuse, pour l'amour les virevoltes de la danseuse liés à légereté de la voix de la chanteuse, puis tout le jeu autour de la marelle et du tracé vers les enfers...

Le soir où j'y étais Kuhlmann et Guillmette chantaient, c'était très honnête et la première a même fait montre de qualités expressives que je ne lui connaissais pas. 

Dans Télérama cette semaine, après avoir nommé le chef et les trois danseurs principaux: "et l'on voudrait presque s'excuser ici de ne pas citer l'ensemble des chanteurs et interprêtes de cette production"... c'est sur que nommer les trois chanteurs et le nom de l'orchestre/choeur ça prend une place folle! 

Je viens de voir la retransmission télé et c'est très décevant par rapport à ce que j'ai vu: bien sur il y a la focalisation forcée inévitable pour toute retransmission tv, mais là c'est aggravé par le fait que les caméras ne suivent que les danseurs!! Si Pina Bausch a choisi de mettre les chanteurs sur scène et non dans la fosse comme le choeur, c'est qu'il y a une raison, bordel! Il ne faut pas les traiter comme de la tapisserie! Je comprend maintenant pourquoi, Caroline, tu trouvais le dédoublement mal maitrisé au début: notemment à l'entrée de l'amour, on ne voit presque jamais la chanteuse! Certes Bausch est surtout une chorégraphe mais pourquoi vouloir de toute force réduire une de ses rares mise-en-scènes à une simple chorégraphie? L'interêt du spectacle est aussi voire surtout dans l'impossibilité de le classer schématiquement en tant qu'opéra ou ballet. Visiblement l'oeuvre d'art total, à Arte, ils ne connaissent pas! 
Ah oui, et au fait Baja, tu n'as pas relevé le nom de la présentatrice? :o) 

"les danseurs étant toujours priviligiés"
Il n'y en a que pour eux même! Heureusement qu'ils sont très bons. 

Bajazet
Art total, ok, mais était-il possible de tout filmer, de tout rendre à l'écran ? Je n'ai pas vu le spectacle en salle, hélas, mais j'en doute, et je conçois qu'on privilégie la danse, après tout. On sent bien que certaines choses nous échappent, mais c'est le lot de toute captation TV, même soignée, non ? 

Caroline
La réponse est: oui. ;-)

Sérieusement, nous avons eu droit au cadrage type préconisé par le fascicule n°1 intitulé "Filmons la danse". En vérité, ça marche; mais comme il y avait AUSSI des chanteuses et que ce mixte n'est prévu dans aucun fascicule, il y avait quand même frustration.
Sans rire, je me suis demandé s'il y avait des cadreurs (ceci n'est pas une vacherie!) ou s'ils avaient laissé des caméras fixes, peut-être automatisées; il faudrait que je revois le générique. 




Et comme je suis tout à fait d'accord avec Caroline, voilà donc un passage purement dansé pour éviter de voir les chanteurs évités: il s'agit donc ici du ballet des furies, mais point de furies dans la chorégraphie de Pina Bausch; je vous laisse deviner les personnages infernaux qui dansent ici - pour ma part je n'en ai reconnu que quatre dont un à trois têtes - je vous aide là ;)


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publié dans : Représentations
Mardi 19 février 2008
par Licida

Direction musicale Jean-Christophe Spinosi
Mise en scène Fanny Ardant
Décors Ian Falconer
Réalisation des images Jérôme Waquet
Costumes Dominique Borg
Lumières Roberto Venturi
Chorégraphie Natalie van Parys

Hélène de Solanges (Véronique) Amel Brahim-Djelloul
Florestan de Valaincourt Dietrich Henschel
Agathe Coquenard Ingrid Perruche
Ermerance de Champ d'Azur Doris Lamprecht
Evariste Coquenard Laurent Alvaro
Loustot Gilles Ragon
Séraphin Patrice Lamure
Tante Benoît Catherine Hosmalin

Livret Albert Vanloo et Georges Duval
Adaptation du livret Benoît Duteurtre


Ensemble Matheus
Chœur du Châtelet



Je pars du principe qu'il faut toujours essayer avant de juger et même qu'il ne faut pas hésiter à réessayer ce que l'on nous vante comme un chef d'oeuvre, c'est pourquoi chaque saison je me force à aller entendre du Bach en espérant que vienne la révélation. Mais je peux vous dire une chose: je ne retournerai jamais voir Véronique, à moins d'une mise-en-scène sado-maso-trash-gore-porno-et-autres-cochonneries qui permettrait de pimenter l'oeuvre, car c'est bien l'oeuvre qui m'a ennuyé et non la réalisation artistique qui tire tout ce qu'elle peut de tant de platitude. On m'avait vanté une oeuvre pleine de finesse, de charme désuet, très France 1900... ben si c'est ça la France 1900, valait mieux habiter à Vienne! Le livret d'abord est une patisserie fade, compassée et sans esprit (aucun second degré!) en forme de marivaudage raté où règnent machisme (l'air sur la grisette!!), blagues grassement grivoises et crétinerie intersidérale (l'escarpolette... je comprends maintenant tout l'effroi de Natalie Dessay devant ce rôle!). La musique ne relève rien, c'est consternant de platitude, farci de poses affectées, d'une faiblesse mélodique étonnante, surtout pour de l'opérette et flanqué d'une orchestration fainéante. Comme je le disais ailleurs cette distance polie, ce "raffinement" aussi mondain que creux, cette "jolie musique" étalée sur deux heures, pour moi c'est le comble de la musique pour grand-mère dans le mauvais sens du terme, ces vielles dames assagies à la nostalgie aussi confite qu'inventée et qui craignent la jeunesse. J'ai beau aimer les choses compassées quand elles ont la saveur du kitsch, ici c'est d'une transparente vacuité. Quant à trouver ça classe et chic... oui si l'on considère que Nadine de Rotschild est la référence en la matière. A coté d'une oeuvre contemporaine comme L'Etoile, cette Véronique sent décidemment trop la naphtaline. Cette insistance à démonter une oeuvre "sans prétention" peut paraître suspecte et elle l'est: ce n'est pas tant l'oeuvre en soit que j'attaque, elle n'est que le pretexte à une diatribe contre cette forme d'art "sans prétention" qui fait que l'on passe "une bonne soirée", bref la mauvaise télé avant l'heure, où l'art de nous faire passer la vacuité pour de la sobriété et la crétinerie pour de l'élégante simplicité.

Maintenant que je me suis bien défoulé, il est temps de vanter les mérites de la mise-en-scène: tout ici est joli et parfaitement senti, ce qui serait très insuffisant ailleurs, tire le meilleur de cette oeuvre. L'équipe artistique emmenée par Fanny Ardant a effectué un travail remarquable tant sur la qualité des décors, des éclairages et de la scénographie (ingénieuse intégration de la vidéo en fond de scène en prolongement du décor), que dans le luxe et la méticulosité déployés pour les costumes; la direction d'acteurs n'est pas en reste qui permet de faire passer les interminables dialogues (surtout au I!) et d'éviter que les mouvements de foules ne se fassent au détriment de l'élégance de l'ensemble. L'action est transposée dans le Paris des années 50, ce qui permet de donner à cette mise-en-scène des accents du célèbre film Funny face, rapprochement très bien senti car la comédie musicale est la continuation cinématographique de l'opérette et de l'opéra  et aussi car le trio de tête de l'opérette (Véronique, sa tante et Florestan) se retrouvent dans le film (Jo, Maggie et Dick) avec les mêmes écarts d'ages (mais des différences de relations qui ont sans doute incité l'équipe à ne pas trop souligner le rapprochement... d'autant qu'avec un peu de chance, c'est simplement mon esprit tordu qui l'a pondu!).


Musicalement maintenant on ne saurait blâmer Jean-Christophe Spinosi et son Ensemble Matheus qui font du bon boulot à défaut de pouvoir faire mieux (quoique...) avec une telle partition; Amel-Brahim Djelloul est délicieuse dans son rôle d'oie qui manigance; l'accent de Dietrisch Henschel donne de la saveur à son élégant Florestan (pas évident quand le livret fait de lui un macho sans le charme viril qui va avec); les accents crillards d'Ingrid Perruche qu'habituellement je n'aime guère (sauf bien dirigée comme dans la Callirhoé de Destousches) conviennent très bien à la perfide et jalouse Agathe; Doris Lamprecht est fabuleuse en grande dame qui s'encanaille, la seule sur le plateau qui nous fasse vraiment rire au delà du sourire poli; enfin les petits rôles sont habilement tenus et joués. Cependant l'ensemble des chanteurs se reposent un peu trop sur la sonorisation, de fait ils chantonnent plus qu'autre chose et les dialogues perdent en impact, si tant est qu'ils en aient jamais eu.

Voilà donc une soirée très oubliable dans une salle trustée par le troisième age dont le sang n'a fait qu'un tour au moment où Véronique a retiré la balançoire derrière le tronc d'arbre (brouhaha dans la salle: "ah c'est l'escarpolette!!" ces gens qui cherchent à tout prix à faire bruyamment montre de leur savoir, ça m'agace) et qui applaudissait les décors (no comment). Il conviendrait cependant de réinviter l'équipe artistique pour des oeuvres plus intéressantes et moins pet-sec.

 


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Vendredi 15 février 2008
par Caroline
Semaine du 16 au 22 février :
 
 
 
TELEVISION:
NB: Ce samedi 16, presque tous les grands opéras ouvrent leurs portes permettant ainsi à un large public d'en découvrir les coulisses et le fonctionnement. A cette occasion, Arte consacre sa programmation de 10h à 17h à l'opéra: Didon & Enée (Nantes), Platée(documentaire), Lucie de Lammermmoor(Lyon), Dessay, Crespin, Schwarzkopf, Callas, Alagna... toutes les informations sont sur le site d'Arte: ici et  (Il faut avoir la TNT, le cable, la télé par internet ou le satellite pour voir Arte dans la journée). Et bien sur la retransmission en direct d'Orphée et Eurydice par Pina Bausch.
        
               
        ¤¤  Orphée et Eurydice de Gluck (ONP, en direct) : samedi 16 à 19h30  (ARTE)
T. Hengelbrock / P. Bausch
 
 
        ¤¤  Accentus / Laurence Equilbey : Transcriptions (2/2; 2007) : dimanche 17 à 19h  (ARTE)
 
 
        ¤¤  L'élixir d'amour de Donizetti (ONP) : lundi 18 à minuit 40  (France2)
  E. Gardner / L. Pelly
 
 
        ¤¤  Toute la musique qu'ils aiment: Annick Massis : vendredi 22 à minuit 20  (France3)
 
 
        ¤¤  Le voyage à Reims de Rossini : dans la nuit de vendredi à samedi vers 1h20  (France3)
                       
 
 
 
RADIO:
        
 
        ¤¤  Tous à l'opéra! : tout au long de la journée du 16  (FM)
 
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: Jennifer Smith : samedi 16 à 18h  (FM)
 
 
        ¤¤  Manon Lescaut de Puccini (MET, en direct) : samedi 16 à 19h02  (FM)
K. Mattila
 
 
        ¤¤  Orphée et Eurydice de Gluck (ONP, en direct) : samedi 16 à 19h30  (Radio Classique)
[enfin, je crois...]
 
 
        ¤¤  Le goût des autres: Turandot de Puccini : dimanche 17 à 21h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Patrimoine classique : Teresa Berganza : lundi 18 à 23h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  The judgment of Paris d'Eccles + Rameau (Boston, juin 07) : mercredi 20 à 16h  (FM)
                       
 
        ¤¤  C'était hier: G. Sebastian et l'orchestre de l'ORTF : mercredi 20 à 20h  (FM)
Notamment extraits: 'Francesca da Rimini' (1973), 'Le Chevalier à la rose' (1974)
 
 
        ¤¤  Tout arrive: Table ronde critique : jeudi 21 à 12h02  (France Culture)
Thésée de Lully au TCE et Luisa Miller de Verdi à Bastille.
 
 
        ¤¤  Les contes du jeudi: Romain Rolland, écrivain et musicologue : jeudi 21 à 13h10  (FM)
 
 
        ¤¤  Susan Graham (Pleyel, en direct) : jeudi 21 à 20h  (Radio Classique)
Berlioz: Les nuits d'été - Ravel: Schéhérazade; Ma mère l'Oye
Dir.: C. Eschenbach
 
 
        ¤¤  Judith de Fénelon + R. Strauss (Pleyel, nov. 07) : vendredi 22 à 20h  (FM)
Dir.: Kazushi Ono - Soprano: J-M Charbonnet

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