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Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

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*Ann Hallenberg
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*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Blablabla
Vendredi 30 mars 2007
par Licida

Critique de la Faculté de juger par le Sieur Licida

J'écris cet article inintéressant esthétiquement pour répondre aux critiques que j'ai pu essuyer sur ce blog pour avoir eu l'audace de juger, voir de critiquer en mal des oeuvres ou des interprétations. Voilà donc les quelques grands principes que je m'attache à suivre dans mes critiques, désolé par avance pour le sérieux de la chose:

1. Je ne suis pas dogmatique.
En d'autres termes, je n'ai jamais raison car personne n'a raison. Ce n'est pas de science dont il s'agit ici, mais d'art et donc de polysémie entremélée de subjectivité. Inutile donc de se prévaloir d'une orthodoxie critique: les critiques publiées dans les grands médias et les médias spécialisés ne sont pas plus légitimes que d'autres. Je ne suis personne pour juger, mais il n'est pas besoin d'être autre chose qu'un être humain capable d'émotions et de sentiments pour le faire en la matière. Conséquemment j
e suis ouvert à la discussion et à la critique; tout avis contraire sera ici aussi entendu qu'un avis concordant avec le mien; de même mes avis peuvent être ici même démontés en règles et attaqués par qui les trouvent excessifs ou infondés.

2.Mon gout évolue mais j'argumente mon propos et suis poli.
Ce que je n'ai pas aimé hier, je peux l'adorer demain: l'opéra n'est pas du domaine de l'alimentaire et la discussion esthétique est justement là pour faire évoluer le goût. Si vous jugez que des goûts et des couleurs, on ne discute pas, ne me lisez pas.
Que mes critiques soient élogieuses ou pas, j'argumente mon propos sur des exemples aussi précis que possibles; je reste poli sans donner dans le béni oui-oui, mes éloges délirantes pour tel artiste sont à la mesure de mon dépit profond pour tel autre. Pour qui a la politesse d'argumenter et de garder un ton courtois, je suis tout à fait diposé à corriger ses excès où m'emporte ce genre passionné et passionnant.

3. La connaissance ne légitime pas le goût esthétique.
J'ai beau avoir de plus grandes connaissances dans le répertoire du XVIIIème siècle que dans celui du XIXème siècle finissant, je ne m'interdis pas de critiquer du Wagner ou du Strauss, mon avis sera cependant moins fouillé que pour du Handel, il n'en est pas pour autant moins valable, mais simplement moins défendable. Chacun a le droit d'aimer ou de detester du moment qu'il argumente autant qu'il lui est possible. De fait l'avis d'un spécialiste n'est pas absolument plus "vrai" que celui d'un dilettante ou d'un néophyte, il est simplement plus solide.

4. Je critique des interprétations ou des oeuvres et non des êtres humains, ni des biographies, ni des réputations.
Je me fiche qu'un tel soit encensé par la presse, qu'un tel ait chanté sur les plus grandes scènes du monde, qu'un autre soit le protégé de tel grand chef... Peu m'importe qu'un tel ait une vie dissolue, que celui-ci soit insuportable avec ses collègues, que tel autre soit un fumiste, celui-là un acharné de travail... C'est le résultat sur scène que je juge: je prétends me soustraire à tous les "on dit" et ce n'est pas toujours évident (je vous renvoie au blog de Friedmund, qui cite la vision de la foule par Sénèque qui sera aussi celle de St Augustin). Dans la même perspective, je me fiche qu'un tel soit un ancien drogué, tel autre alcoolique, tel autre chaud lapin, tel autre séropositif... les moeurs et l'etat de santé n'excusent ni ne justifient en rien de l'indulgence ou de la hargne envers un travail esthétique. Je suis pourtant friand d'anecdotes et de rumeurs, mais je me garderai bien de les divulguer et de les tenirs pour autre chose que des détails "pipoles". Le plus grand honneur que l'on puisse faire à un artiste, c'est de discuter son art; le faire eu égard à sa situation morale ou physique, c'est l'humilier en refusant d'argumenter sur ce qui fait l'intérêt ou le désintéret de son oeuvre/interprétation.

5. Je n'arrive pas à la cheville des artistes que je fustige.
En critiquant je n'ai aucun intérêt ni aucun mérite esthétique et Florence Foster Jenkins aura sur ce terrain toujours plus de mérite que moi, celui d'être monté sur scène et d'avoir (essayé de) chanter.

6. Je publie mes critiques dans le but d'engager une discussion esthétique.
C'est pourquoi, je vais même jusqu'à mettre à la disposition des lecteurs de ce blog des morceaux musicaux du concert afin qu'ils puissent juger par eux-même et répondre à ma critique. Malheureusement je ne peux le faire pour tout par manque de temps et me limite aux morceaux que j'apprécie: le cas ici même du "Scherza infida" de Kozena encensé par certains et rejeté par d'autres est la preuve même que ce système fonctionne.

7. Je me base sur ce que je vois et j'entends, pas sur de la communication périphérique.
Je le répète l'avis de la presse, de l'artiste ou du directeur d'opéra m'interessent peu: quelque soit l'inintérêt que présentent les commentaires de Natalie Dessay pour son DVD "Le Miracle d'un voix", il n'en reste pas moins que ses prestations sont le plus souvent géniales à mon goût; quelque soit le simplisme des commentaires musicologiques de Gérard Mortier, voire la démagogie de sa communication, je juge sa direction de l'Opera national de Paris à partir de ses spectacles et non de ce qu'il en dit ou de ce que la presse en dit; etc.

8. Je ne suis pas parfait et il m'arrive de déroger à ces règles.
Ainsi j'accepte tout à fait que l'on me reproche, en les démontrant, mes exagérations, erreurs manifestes, sous-argumentation... mais pas mon manque d'objectivité, c'est un reproche non valide ici: encore une fois il s'agit d'art et non de science (hors musicologie bien sur).

 

9. On peut très bien se taire.
Vouloir traduire dans le Verbe une oeuvre et une interprétation dont la richesse est musicale, théatrale et parfois littéraire, c'est inévitablement l'appauvrir. Les sentiments et les émotions ressenties au spectacle n'étant pas forcément transposables dans l'univers plus ou moins logique du langage, je respecte tout à fait le mutisme de certains devant une oeuvre d'art: pourquoi l'apophatisme serait-il uniquement religieux? Mais dans ce cas que l'on ne vienne pas attaquer le littéreux que je suis.

 

 

10. Je ne suis pas sérieux.
La preuve: "pouët!" <8-)

 

 

Ce qui nous fait 10 Commandements! Maintenant je vais me raser, c'est fou ce que j'ai la barbe qui pousse vite!


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publié dans : Radio & Tv
Vendredi 30 mars 2007
par Caroline
Semaine du 31 mars au 6 avril :
 
 
 
TELEVISION:
 
 
       ¤¤  Humour et musique : dans la nuit de lundi à mardi vers 1h25  (France2)
Invités: Petrika Ionescoet Jean-François Vinciguerra [lien]
 
       
 
RADIO:
 
       
        ¤¤  Hélène d'Egypte de R. Strauss (en direct du MET) : samedi 31 à 19h30  (FM)
Deborah Voigt : Hélène; Diana Damrau : Aithra ; Jill Grove : Omniscient Seashell ;Torsten Kerl : Menelaus ; Garrett Sorenson : Da-Ud 
Metropolitan Opera Chorus and Metropolitan Opera Orchestra - Direction : Fabio Luisi
 
 
 
        ¤¤  Sacrées musiques : Jean et Matthieu (1/2) : Bach : dimanche 1er à 9h05  (FM)
La Passion selon Saint-Jean BWV.245
Gerd Türk, Evangéliste - Bach Collegium du Japon - Masaaki Suzuki, direction
La Passion selon Saint-Matthieu BWV.224
Ian Bostridge, Evangéliste - Choeur et Orchestre du Collégium Vocale Gent - Philippe Herreweghe, direction
 
 
        ¤¤  Les Maîtres chanteurs de Wagner : dimanche 1er à 21h  (Radio Classique)
G. Janowitz; T. Stewart; F. Crass; S. Konya; B. Fassbaender - Dir.: Kubelik.
 
 
        ¤¤  Messe en si de Bach (TCE, fév. 07) : lundi 2 à 20h  (FM)
Olga Pasichnyk : soprano ; Britta Schwarz : mezzo-soprano ; Markus Schäfer : ténor ; Klaus Mertens : baryton 
Choeur Arsys Bourgogne - Concerto Köln - Direction : Pierre Cao
 
 
        ¤¤  Un mardi idéal : Concert (en direct de Radio France) : mardi 3 à 20h  (FM)
Joyce Di Donato (peut-être), mezzo; Edna Sterna, piano; Moreno, jazz manouche
 
 
       ¤¤  Au bonheur des gammes : L'humour dans la musique : jeudi 5 à 9h05  (FM)
L'humour à l'opéra: avec J. Savary, directeur de l'Opéra Comique.
[Que l'on ne m'accuse de rien, j'ai copié la phrase telle que je l'ai lue...]
 
 
       ¤¤  Concert anniversaire (Auditorium du Louvre, fév. 07) : jeudi 5 à 10h02  (FM)
Edwin Crossley-Mercer : baryton ; Michaël Guido : piano
Schubert: Der Wanderer an den Mond D.870; Extraits de Winterreise D.911, Erstarrung; Der Lindenbaum; Der Wegweise; Das Wirtshaus; Der Wanderer D.493 - Fauré: Mirages op.113; Cygne sur l'eau; Reflets dans l'eau; Jardin nocturne; Danseuse; L'Horizon chimérique op.118; La Mer est infinie; Je me suis embarqué; Diane, Séléné; Vaisseaux, nous vous aurons aimés - Busoni: Lied des Brander BV.299; Lied des Mephistopheles BV.278; Zigeunerlied BV.295
 
 
        ¤¤  Les visiteurs d'Histoire: Richard, un roi au coeur de lion (1/3): jeudi 5 à 13h42  (FM)
Avec des musiques du XIIe siècle et deux opéras, celui de Haendel "Riccardo primo", en 1727 et celui de Grétry, "Richard Coeur de lion", en 1784.
 
       
        ¤¤  Soirée baroque : A. Marcon : jeudi 5 à 21h  (Radio Classique)
                       
 
        ¤¤  Passion selon saint Matthieu de Bach (en direct d'Essen) : vendredi 6 à 20h  (FM)
Letizia Scherrer : soprano ; Marianne Beate Kielland : mezzo-soprano; Topi Lehtipuu : ténor ; Maximilian Schmitt : ténor ; Andreas Wolf : baryton ; Thomas Bauer : basse
Choeur de Chambre RIAS - Academie de Musique Ancienne de Berlin - Dir. : Hans-Christoph Rademann
 
 
       ¤¤  Spéciale Pâques : vendredi 6 à 21h  (Radio Classique)
Bach: Passion selon saint Jean (avec E. Haefliger; W. Berry; A. Giebel; M. Höffgen; A. Young; F. Crass - Dir.: E. Jochum)
M.A. Charpentier: Le reniement de saint Pierre (par Les Arts Florissants - Dir. Christie)

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publié dans : Représentations
Lundi 26 mars 2007
par Licida

Ariodante de Handel au TCE
Représentation du
14 mars 2007

Christophe Rousset, direction musicale
Lukas Hemleb, mise en scène
Lukas Hemleb, décors
Marc Audibet, costumes
Andrew George, chorégraphie
Dominique Bruguière, lumières
Les Talens Lyriques   


Angelika Kirchschlager, Ariodante
Vivica Genaux, Polinesso
Danielle De Niese, Ginevra
Jaël Azzaretti, Dalinda
Topi Lehtipuu, Lurcanio
Olivier Lallouette, Il Re
Nicolas Maire, Odoardo

 

Bon autant le dire tout de suite, contrairement à beaucoup, j'ai trouvé le spectacle encore plus raté que le Giulio Cesare du début de saison; car si Giulio Cesare est dramatiquement brinquebalant, Ariodante est parfait, même le premier acte où il ne se passe pas grand chose est rattrapé par des airs plus splendides les uns que les autres, donc pour le coup on ne peut blamer l'oeuvre.

La mes tout d'abord est d'un ennui abyssal, au moins Irina Brook, elle, cherchait à divertir en piquant à droite et à gauche, mais cela se laissait regarder, là on s'emmerde tout bêtement. Le décor unique blanc avec un plateau triangulaire incliné n'est pourtant pas si mauvais et se révèle utile pour figurer l'enfermement de Dalinda à la fin du III; le pan ciculaire de mur qui tourne autour du plateau pourrait indiquer qu'Ariodante longe les murs du donjon lors de son "Scherza infida", et l'effet lumineux serait assez réussi s'il avait été pensé. En effet que ce soit les entrées/sorties des personnages, leur déplacement sur scène, les jeunx de lumière, les pans de murs ouvrant l'horizon, rien n'a de sens: la lumière arrive et les murs s'ouvrent sans raison dramatique. Quant aux quelques idées, elles sont du meilleur gout (Polinesso qui se fout au cul les bisous qu'il vient d'envoyer au public (!!!) après "Se l'inganno", le roi qui se couche sur son trone retourné en fond de scène en étant sur le flanc et en posant sa tête au sol (il n'est jamais trop tard pour apprendre à nager!) ) ou bien plates (Ginevra se cachant les yeux pendant "Orrida a gli occhi miei"). Les costumes... ben, des armures peintes sur des voiles blancs recouvrant des habits de ville, de loin ça ne rend rien, et les casques sont d'un ridicule accompli (genre chaudière après une explosion). Les chorégraphies ressemblent à du Pina Bausch raté, ça gesticule beaucoup (et sur un plateau aussi incliné c'est pas de la tarte pour les danseurs!), mais ne marque jamais. On ne comprend pas pourquoi il y a un bouffon tout au début, pourquoi ce sont des danseurs habillés en vert qui font office de bosquets pour le duo du I entre Ariodante et Ginevra, ni pourquoi ils se tapent le cul par terre lors du ballet final; mais le clou c'était tout de même le ballet des songes funestes dans lequel les danseurs étaient affublés d'enormes boules ovales avec un smiley palichon faisant la gueule en guise de tête. Une bonne idée tout de même, intégrer Ginevra à ce ballet en la faisant aller de bras en bras, de songes heureux en songes funestes lors du combat qui conclue le ballet.

Venons en à la direction d'orchestre: Rousset est de moins en moins bon (d'aucun avancent qu'il serait malade...), tout est centré sur le détail et sonne étriqué, défaut qu'il avait perdu à mon sens dans Arianna in Creta, Temistocle, Scylla et Glaucus, le récital Piau, Tamerlano... mais plus gênant les tempi sont indéfendables: tous les aria di paragone (c'est bien comme ça qu'on dit?) et les arias dramatiques sont ralentis!! Si je peux comprendre qu'il faille ralentir pour certains chanteurs, on ne peut pas en dire autant pour Genaux, une des vocalistes actuelles les plus véloces que je connaisse, et qui voit son "Dover, giustizia, amor" totalement raté par une battue incensée surexposant son timbre ingrat et etouffant ses délires de coloratures. Sans compter que les autres airs sont pris à un rythme tout à fait correct. Or plomber ainsi: Con l'ali di costanza, Voli colla suo tromba, Tu preparati a morire, Tu vivi e punito, Il tuo sangue, Negghitosi or voi che fatte et Dover, Giustizia, Amor, c'est retirer à l'oeuvre son entrain. De plus les cordes semblaient toujours couvrir les vents (mais peut etre est-ce du à ma place latérale), quand ils n'étaient pas couverts par les cors moins faux que pour Giulio Cesare, mais toujours aussi abérrants. Pour les choeurs, c'est pinailler que de les critiquer vu le peu de choses et le peu d'interêt de ce qu'ils ont à chanter, j'ai trouvé ça correct et je n'en demande guère plus.

Coté chanteurs, Kirschlager est un mezzo court qui ne sait pas vocaliser avec élégance, certes elle a de la projection, mais je ne comprends pas qu'on la distribue là dedans alors que Kozena, Hallenberg ou Bonitatibus y seraient parfaites! J'aime beaucoup cette chanteuse dans le repertoire du XIXème, mais après son disque Handel assez calamiteux, et malgrè un Sesto assez sensible et émouvant, je ne pense vraiment pas que le baroque soit pour elle. La projection est vaillante mais dès qu'arrivent les vocalises, ça rame, la voix devient grise et rèche et la projection diminue: Con l'ali di costanza et Dopo notte sont ratés, mais Cieca notte est vraiment réussi car elle y insuffle tout son tempérament dramatique, pour Scherz infida c'est une autre affaire: ce n'est pas mauvais, mais assez plat, on ne constate aucune évolution au da capo et on s'ennuie ferme, même si le chant est plus qu'honnête. Elle est par contre très à son aise dans les récitatifs et ne déséquilibrent pas du tout les ensembles et les duos.

Deniese est un soprano léger, trop pour jouer les grandes tragédiennes, et si sa minauderie emportait tout dans Cléopatre, elle ne peut ici faire oublier ses problèmes de justesse et de style. Mais son naturel en scène, son physique séduisant, sa constante conscience dramatique sont très émouvantes et convainquent parfaitement. Elle est de loin la protagoniste la plus interessante de la soirée. N'oublions pas qu'à seulement 28 ans, même si sa carrière démarre sur les chapeaux de roues, elle n'en est qu'à ses débuts, inutile donc de lui reprocher de n'être pas la nouvelle Lyne Dawson.

Genaux s'emmerde dans Handel, elle le dit elle même, alors dans un des roles de contraltos les moins interessants écrits par Handel et avec des tempi si lourds, comment s'en sortirait-elle, elle qui s'épanouit à merveille dans les délires napolitains. Elle est loin d'être inoubliable ici alors qu'elle est en passe de devenir une référence pour Hasse.

Azzaretti possède une superbe voix claire et dense mais une émission un peu trop droite qui manque de souplesse; si on peut lui reprocher quelques problèmes d'adéquation avec l'italiennita, on aurait tort de bouder son plaisir devant un tel phrasé et une telle maitrise de ses moyens.

Lehtipuu est sans doute trop léger pour ce rôle de baryténor dans lequel Croft est idéal, mais quand ses airs sont ainsi ralentis comment juger de sa prestation? est-ce la faute de Rousset? est-ce la sienne, ne peut-il vocaliser vite dans cette tessiture? Il n'est guère marquant ici... encore une erreur de distribution à mon goût pour un chanteur qui excelle ailleurs (avec Kirschlager et Geanaux, ça fait 3!).

Lalouette arrivé à la dernière minute est un baryton, il est bien en peine de rendre des airs écrits pour une basse profonde, d'autant que son air principal est de la pure épat' vocale. Il est convainquant dans les récitatifs ou dans la lamentation du II.

Au final, et bien, on s'ennuie, sauf quand Deniese arrive, elle rayonne, pas toujours de l'éclat qui sied à ce repertoire, mais au moins elle captive.

 

Je rajoute ici les commentaires postés ailleurs sur la retransmission radio:

Carlupin:
J'ai trouvé la version Rousset vulgaire et boursouflée (plein d'aigus hors-propos dans les airs intériorisés) mais aussi très mécanique, comme d'habitude. Je m'attendais à pire de la part de Kirschlager avec tout le mal qu'on en a dit, mais surtout à mieux de la part de De Niese : elle m'a semblée bien acide, instable et fâchée avec la justesse (et en plus la grosse respiration dans une cadence finale, ça non, non, non !).

Bajazet:
Je rejoins ton avis. Je n'avais jamais entendu DeNiese, j'avais lu des éloges sur sa présence théâtrale, mais à l'oreille c'est la débandade. Kirchschlager est à côté de la plaque, elle est dépassée par la vocalisation, mais elle garde de la dignité à défaut d'avoir de l'expression. Mais DeNiese, j'ai été stupéfait. Comment Rousset, si à cheval sur le style quand on l'écoute parler, tolère-t-il le bouillon gras de "Un'impudica, a me ?… Il mio crudel martoro" ?
Boursouflé, oui, le mot convient, avec juste quelque chose de paradoxalement petit dans la conception.
Quant à la manière d'orner, c'est vrai que je suis sceptique sur la pertinence de son goût, sans avoir les connaissances nécessaires pour en juger, donc je passe mon tour.
Mais ce qui est inquiétant décidément chez Rousset, c'est cette défaillance à tenir des structures un peu vastes : "Scherza infida" se défaisait comme naguère "Lungi da te" dans le Mitridate du Châtelet.

Licida:
Je vous trouve un peu sévères avec deNiese, certes le style et la justesse sont très aléatoires, mais son naturel en scène est plus que séduisant, elle était la seule à avoir un intérêt dramatique dans ce spectacle.
Sinon bien d'accord pour fustiger Rousset que j'ai trouvé pi que dans Giulio Cesare, même Spinosi (avec Larmore faut dire!) a mieux réussi le Doppo notte (mais a foiré le reste).

Bajazet:
"Quand je suis tout de feu, d'où vous vient cette glace ?" ;-)
Je veux bien croire que DeNiese avait de la présence dramatique, mais comme je ne puis juger que d'après le son…

Clément:
J'ai entendu un peu de cet Ariodante à la radio, j'ai aussi été plutôt "positivement" surpris par Kirchschlager, surtout quand on entend Kasarova dans ce rôle aussi. disons que les critiques lues étaient souvent assez sévères, maintenant ce n'est toujours pas ce que j'attends dans le rôle.
Polinesso semble demander un tempérament à la baguette et dans la voix que n'ont ni Rousset ni Genaux (dans ce rôle, dans cette tessiture), reconnaissons que le rôle est un de ces seconds contraltos assez génériques écrits pas Haendel.
De Niese ne m'a guère marqué, ni les autres d'ailleurs.
je suis parti au milieu du scherza infida, que je ne trouvais pas si honteux d'ailleurs. Ceci dit lorsque Bajazet souligne l'incapacité de Rousset à "soutenir les structures vastes" je suis tout à fait d'accord. ce n'est pas dans le détail qu'il pêche.

Carlupin:
Voui, idem pour moi puisque j'ai entendu le concert hier soir à la radio, donc pas d'avis sur sa présence dramatique. La seule fois où je l'ai vue sur scène, c'était à Lyon pour "L'incoronazione di Poppea" et j'ai cru sur le coup que c'était une chanteuse débutante, donc pas tip-top comme impression... Mais je pense aussi qu'elle devait être malade puisqu'à chaque inspiration entendait le mucus gargouiller dans sa gorge. Mmmmmh ^^ Je pense qu'il aurait été intéressant de l'avoir comme Lucio dans le "Tito Manlio" vivaldien, mais Madame a préféré partir jouer les Cléopâtres bollywoodiennes à Glyndebourne, donc on a hérité de Debora Beronesi, surnommée "la calamiteuse" (d'ailleurs je la trouve pas si mauvaise...). Bon j'arrête d'écrire avant de m'égarer encore plus !


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publié dans : Radio & Tv
Vendredi 23 mars 2007
par Caroline
[A signaler également un documentaire consacré à Rostropovitch samedi à 22h35 sur Arte.]
 
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Semaine du 24 au 30 mars :
 
 
 
TELEVISION:
 
 
 
        ¤¤  Gala lyrique avec P. Domingo (juillet 2003; 45') : dimanche 25 à 19h  (ARTE)
       ¤¤  L'enlèvement au sérail (extraits): dans la nuit de lundi à mardi vers 1h30  (France2)
[Je ne sais pas: "qui, quand, où?"...]
 
 
        ¤¤  Toute la musique qu'ils aiment : dans la nuit de vendredi à samedi vers 0h55  (France3)
[Duault est tellement satisfait qu'il n'annonce même plus "quoi"...]
 
 
 
RADIO:
 
       
        ¤¤  Anniversaire des Talens Lyriques : samedi 24  (FM)
Tout au long de la journée.


 
        ¤¤  Ariodante de Haendel (TCE, mars 07) : samedi 24 à 19h10  (FM)
Angelika Kirchschlager : Ariodante ; Vivica Genaux : Polinesso ; Danielle de Niese : Ginevra ; Jaël Azzaretti : Dalinda ; Topi Lehtipuu : Lurcanio ; Olivier Lallouette : Roi d'Ecosse
Les Talens Lyriques - Direction : Christophe Rousset
 
 
        ¤¤  Requiem de Fauré (oct. 68) : dimanche 25 à 9h05  (FM)
Choeur de la BBC - Orchestre Symphonique de la BBC - Nadia Boulanger, direction
 
 
        ¤¤  Au bonheur des gammes : L'inachevé ou la tentation de l'infini : lundi 26 à 9h05  (FM)
Le Requiem de Mozart.
 
 
        ¤¤  L'Elixir d'amour de Donizetti (Toulouse, fév. 07) : lundi 26 à 20h  (FM)
Giuseppe Filianoti : Nemorino ; Inva Mula : Adina ; Domenico Balzani : Belcore ; Carlos Chausson : Dulcamara ; Khatouna Gadelia : Giannetta 
Orchestre du Capitole de Toulouse - Direction : Paolo Arrivabeni
 
 
        ¤¤  L'invité du quart d'heure: A. Scholl : mardi 27 à 8h17  (FM)
                       
 
        ¤¤  Les géants du classique : Jessye Norman : mercredi 28 à 21h  (Radio Classique)
Par C. Bouquet
 
 
       ¤¤  Au bonheur des gammes : L'inachevé ou la tentation de l'infini : jeudi 29 à 9h05  (FM)
Turandot de Puccini; scènes d'Alfano et de Berio.
 
 
        ¤¤  Les contes du jeudi : Carl Loewe : jeudi 29 à 13h03  (FM)
                       
 
        ¤¤  Concert anniversaire (Cité de la musique, 17 mars 07) : jeudi 29 à 20h  (FM)
Ensemble Intercontemporain - Direction : Pierre Boulez
Olivier Messiaen: Couleur de la Cité céleste, pour piano et petit orchestre; Philippe Manoury: Passacaille pour Tokyo, pour piano et 17 instruments; György Ligeti: Concerto de chambre pour 13 instrumentistes
Puis: Ensemble Intercontemporain - Direction : Peter Eötvös
Pierre Boulez: Dérive 1, pour 6 instruments; Mémoriale, pour flûte et 8 instruments; Arnold Schönberg: Lied der Waldtaube, der Gurrelieder, pour mezzo-soprano et 17 instruments - Petra Lang : mezzo-soprano

 
        ¤¤  Soirée baroque : A. Scholl : jeudi 29 à 21h  (Radio Classique)
[Il serait bon d'en vérifier l'horaire...]

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publié dans : Radio & Tv
Samedi 17 mars 2007
par Caroline
Semaine du 17 au 23 mars :
 
 
 
TELEVISION:
 
 
        ¤¤  Un oratorio pour la cathédrale de Chartres : samedi 17 à 22h35  (ARTE)
Une oeuvre pour soprano, choeurs, violoncelle, flûte à bec et grand orgue, en hommage à l'évêque Fulbert (960-1028) et à la cathédrale de Chartres.
 
        ¤¤  Pierre et le loup (animation; GB/Pol, 2006; 45') : dimanche 18 à 19h  (ARTE)
Adaptation du conte musical de Prokofiev, avec des marionnettes animées image par image.
lien                 
       ¤¤  Paroles d'opéra : Jean-Luc Choplin au Châtelet : dans la nuit de lundi à mardi vers 1h30  (France2)
 
 
 
RADIO:
 
       
        ¤¤  Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach (ONP, fév. 2007) : samedi 17 à 19h10  (FM)
Rolando Villazon : Hoffmann ; Ekaterina Gubanova : La Muse/ Nicklausse ; Franck Ferrari : Lindorf, Coppélius, Dr Miracle, Dapertutto ; Christoph Homberger : Andres, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio ; Patricia Petibon : Olympia ; Annette Dasch : Antonia ; Nancy Fabiola Herrera : Giulietta ; Marie-Paule Dotti : La Mère d'Antonia ; Jason Bridges : Nathanaël ; Sergei Stilmachenko : Hermann ; Yuri Kissin : Schlemil ; Alain Vernhes : Luther, Crespel
Orchestre et Choeur de l'Opéra National de Paris - Direction : Direction : Marc Piollet


 
        ¤¤  Tout l'opéra : Régine Crespin : dimanche 18 à 21h  (Radio Classique)
                       
 
 
        ¤¤  A nouveau la musique : L'Ensemble XXI : dimanche 18 à 22h10  (France Culture)
A l'occasion de Rossignol et OEdipus Rex de Stravinsky à l'Opéra du Rhin..
 
 
        ¤¤  Les invités du quart d'heure: Stéphanie d'Oustrac et Cyril Auvity : lundi 19 à 8h15  (FM)
                       
 
        ¤¤  Au bonheur des gammes : le choeur de solistes, de Bach à Rifkin: de lundi à vendredi à 9h05  (FM)
                       
 
        ¤¤  Récital C. Stotijn mezzo, J. Breinl piano (Londres, nov. 06) : lundi 19 à 15h02  (FM)
Alban Berg: Quatre Lieder op.2 - Franz Schubert: Im Walde (Waldesnacht) D.708; An den Mond D.193; Nachtstück D.672; Nacht und Träume D.827; Erlkönig D.328; Der Zwerg D.771 - Hugo Wolff: Lied von Winde; Um Mitternacht; Gesang Weylas; Auf eine Christblume
 
 
        ¤¤  Les enfants du baroque : J. Rifkin : lundi 19 à 19h07  (FM)
Portrait et interview
 
 
        ¤¤  Intégrale du Ring par J. Keilberth (Bayreuth, 1955) : de mardi à vendredi à 1h du matin  (FM)
voir 'Vivace'
 
 
        ¤¤  La Chute de la maison Usher de Debussy (Bregenz, août 06) : mardi 20 à 10h02  (FM)
Scott Hendrick : Roderick Usher ; Nicolas Cavallier : Ami de Roderick ; John Graham-Hall : Le Médecin ; Katia Pellegrino : Lady Madeline 
Orchestre Symphonique de Vienne - Direction : Lawrence Foster
 
 
        ¤¤  Les géants du classique : P. Domingo : mercredi 21 à 21h  (Radio Classique)
Par C. Bouquet
 
 
        ¤¤  Journée spéciale L. Equilbey : jeudi 22  (Radio Classique)
(Interview à 18h avec Hees.)
 
 
        ¤¤  Les contes du jeudi : L'étoile du matin : jeudi 22 à 13h03  (FM)
'Wie schön leuchtet der Morgenstern': Bach (Harnoncourt) et Pachelbel (Bouchard, orgue)
 
 
        ¤¤  Monteverdi (église des Blancs-Manteaux, fév. 07) : jeudi 22 à 15h02  (FM)
La Chapelle Rhénane - Benoît Haller
Selva morale e spirituale; Salve Regina: Laudate Dominum in sanctis ejus; Livres de madrigaux 7e, 8e, et 9ème (extraits); l'Orféo Vème acte (extraits); Le retour d'Ulysse, Scène 3 du IIème acte ; Vêpres à la Vierge (extraits)
 
 
        ¤¤  Décibels : Boris Godounov de Moussorgski : jeudi 22 à 21h  (France Culture)
Réflexion sur le pouvoir à l'écoute du verbe et de la musique, avec A. Lischké.

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