Idolâtrie

Articles à venir

(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
*Saison parisienne 08/09
*Mats Ek à Garnier
*Félicity Lott au Châtelet
*Porgy & Bess à l'Opéra Comique
*I Capuletti à Bastille
*Don Carlos à Bastille
*Falstaff au TCE
*Signes à Bastille


*Portrait de Silvia Tro Santafé
*Portrait de Max Cencic
*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci

 

*Destructive Aria
*L'impératrice du Pérou

Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!! 

La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Radio & Tv
Vendredi 22 septembre 2006
par Caroline
Semaine du 23 au 29 septembre (merci Caroline pour cette liste exhaustive!!)
 
 
TELEVISION:
 
 
        ¤¤  Si vous aimez Chostakovitch:
                        * Le Boulon, ballet, en direct du Bolchoï:  samedi 23 à 19h (ARTE)
                        * Ne m'oublie pas... D. Chostakovitch, spectacle (Quatuor Ludwig): nuit du 23 au 24 à 1h10 (France3)
                        * Chostakovitch et Mozart par le Quatuor Emerson (Schwetzingen 2006): dimanche 24 à 19h (ARTE)
 
        ¤¤  La Création de Haydn (basilique de Saint-Denis, Festival 2005) : mardi 25 vers 1h du matin (France2)
                        Natalie Dessay; Laurent Naouri; Paul Groves
                        Le Collegium Vocale de Gand - l'Ensemble Orchestral de Paris - Direction: John Nelson
 
       
 
RADIO:
 
 
        ¤¤  Hommage à Elisabeth Schwarzkopf : toute la journée de samedi 23, soit de 1h du matin à 19h  (FM)
                       
 
        ¤¤  Les Vêpres siciliennes de Verdi (en direct de l'Opéra d'Etat de Vienne): samedi 23 à 19h  (FM)
                        Choeur et Orchestre de l'Opéra d'Etat de Vienne - Direction : Fabio Luisi
                        Leo Nucci : Monfort - Francisco Casanova : Arrigo - Roberto Scandiuzzi : Jean de Procida - Sondra Radvanovsky : La Duchesse Hélène
 
 
        ¤¤  Ensemble Neapolis (concert donné le 10 septembre 2006 à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay): dimanche 24 à 12h07 (FM)
                        Villanelles, tarentelles et saltarelles: chants et danses populaires à Naples du XVIe au XIXe siècle.
                       
 
        ¤¤  Giaches De Wert - Monteverdi (Concert donné le 12 septembre 2006 à Amiens): lundi 25 à 20h  (FM)
                        Cantus Cölln - Johanna Koslowsky : soprano - Elisabeth Popien : alto - Hans-Jörg Mammel : ténor - Wilfried Jochens : ténor - Wolf Mathias Friedrich : basse - Direction et luth : Konrad Junghänel
                        
 
        ¤¤  Festival de Sablé (concert donné le 23 août 2006) : mardi 26 à 15h02  (FM)
                       
Philippus de Monte, Lambert de Sayve, Jacob Regnart, Alessandro Orologio
                        Grande Messe à la Chapelle de l'Empereur Rodolphe (première en France) + motets + litanies
                        Doulce Mémoire - Direction : Denis Raisin-Dadre
                        Véronique Bourin, Blazena Pecháckova : sopranos - Hasan El-Dunia, Stanislav Mistr : ténors aigus - Cenek Svoboda, Stanislav Predota : ténors - Ales Procházka, Jaromir Nosek : basses
 
 
        ¤¤  Ensemble "Doulce Mémoire" (Concert donné le 13 septembre 2006 à Amiens): mercredi 27 à 10h02  (FM)
                        Véronique Bourin : soprano - Axelle Bernage : soprano - Christel Boiron : soprano
                        Direction et flûte : Denis Raisin-Dadre
                        Agostini, Striggio, Luzzaschi, Guami, Banchieri
 
 
        ¤¤  Schoenberg: Gurrelieder, cantate profane sur des textes de Jens Peter Jacobsen (17 septembre 2006 à Strasbourg) : mercredi 27 à 20h  (FM)
                        Choeur de la Radio Bavaroise et Choeur de la Radio de Leipzig - Orchestre Symphonique de la Radio de Baden-Baden Fribourg - Direction : Michael Gielen
                        Mélanie Diener : Tove - Yvonne Naef : Waldtaube - Robert Dean Smith : Waldemar - Hubert Delamboye : Klaus Narr - Ralf Lukas : Bauer - Andreas Schmidt : récitant
 
 
        ¤¤  Une cantate de jeunesse de Bach: jeudi 28 à 13h03  (FM)
                        Cantate Weinen, Klagen BWV.12
                        Elisabeth Popien : alto - Gerd Türk : ténor - Stephan Schreckenberger : basse
                        Cantus Köln - Direction : Konrad Junghänel 
                   + Messe en si : Crucifixus
                        La Petite Bande - Gustav Leonhardt, direction et clavecin

 
        ¤¤  Festival en Picardie (Concert donné le 14 septembre 2006 à Amiens): jeudi 28 à 15h02  (FM)
                        Des Prez, Mouton, Da Silva, Willaert, de la Fage, Le Santier, Willaert, Lheritier
                        Nathalie Marec : soprano - Sophie Toussaint : alto - Jean-Christophe Clair : alto - Hugues Primard : ténor - Vincent Bouchot : ténor - François Fauché : basse - Jean-Michel Durang : basse - Direction et ténor : Bruno Boterf
 
 
        ¤¤  La vie baroque: les opéras de Vivaldi [???]: jeudi 28 à 21h (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Magdalena Kozena : dans la rubrique: "L'invité du jour": vendredi 29 à 8h15  (FM)
 
 
        ¤¤  Préfacer la musique: vendredi 29 à 9h05  (FM)
                        "Prima la parole, dopo la musica" : les préfaces d'Alceste (1769) et de Pâris et Hélène (1770) du Chevalier Gluck et de Ranieri da Calzabigi et la Note sur Capriccio, Vienne 7 avril 1942, du docteur Richard Strauss.
 
 
        ¤¤  Festival en Picardie (15 septembre 2006 à Amiens): vendredi 29 à 10h02 (FM)
                        da Palestrina, de Lassus, Maria, Romano, Razzi, da Palestrina, Nanino, Romanus
                        Ensemble Daedalus - Direction et flûte à bec : Roberto Festa

 
       [et puis: Pauvre Phèdre: extraits de différentes 'Phèdre': samedi 30 à partir de 4h du matin  (FM)...]

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publié dans : Disques et lives
Vendredi 22 septembre 2006
par Bajazet

Archives de Salzbourg 1951-2003

 

 

Et voici les bons plans de Bajazet !

Attention, ne tardez pas : le Festival de Salzbourg a publié cet été une double CD d’archives mozartiennes du Festival, avec des extraits de chacun des 22 opéras de Mozart… et il est actuellement vendu sur jpc.de pour 10 euros !

Titre : Mozart 22. Mozarts Opern von Apollo und Hyazinthus bis Zauberflöte.

Une aubaine, d’autant qu’on y trouve des choses goûteuses et rares. Voici, sinon le sommaire complet, du moins les extraits qui m’allèchent déjà :

Apollon et Hyacinthe 
duo Melia-Œbalus (une merveille, NDLR) par Arleen Auger et Rolfe-Johnson (1981)

Die Schuldigkeit des ersten Gebotes 
air de l’Esprit du monde, par Margaret Price* (1978)
* c’est ce que dit la notice, mais ce qu’on entend, ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout Price :-(  Je jurerais que c’est Lilian Sukis :-/ 

 

Mitridate 

récitatif et duo de l’acte II, par Edda Moser et Arleen Auger (1971) 

 

Lucio Silla 

scène funèbre de l’acte I, par Susan Graham et Luba Orgonasova (1993) 

 

La Betulia liberata 

air de Judith « Del pari infeconda », par Kasarova (1991) 

 

Il Sogno di Scipione

air « Ah, perchè ciercar degg’io », par Stich-Randall (1967) 

 

La Finta Giardiniera

duo final par Léopold Simoneau et Pierrette Alarie (1959) 

 

L’Enlèvement au Sérail 
air « O wie ängstlich » par Wunderlich (1961)
air « Welche Wonne » par Diana Damrau (2003) 

 

Le Directeur de théâtre

trio de la dispute, par Gruberova et Laki 

 

La Clémence de Titus

duo d’entrée et air de Vitellia, pat Delores Ziegler et Carol Vaness 

 


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publié dans : Représentations
Vendredi 22 septembre 2006
par Faust

Un nouvel article de Faust

Bernard HAITINK et BEETHOVEN à Pleyel

 

 

Ludwig van Beethoven 
Fidelio, ouverture en mi majeur 
Symphonie n° 8 en la majeur, op. 93 
Symphonie n°5 en ut mineur op. 67 

London Symphony Orchestre 
Bernard Haitink 

Mardi 19 septembre 2006, Pleyel

 

 

C’est toujours avec une certaine appréhension que le mélomane se dirige vers la salle de concert lorsqu’est à l’affiche un programme entièrement consacré à Beethoven. Y retrouvera-t-il l’émotion qui l’étreint à l’audition des enregistrements de Furtwangler ou de Toscanini et de nombreux autres, dont certains parfois un peu oubliés, qui ont laissé des témoignages discographiques exemplaires ?

 

 

Plusieurs raisons plaidaient pour aller écouter le London Symphony Orchestra dirigé par Bernard Haitink. On ne suivra quand même pas le programme qui n’hésite pas à proclamer haut et fort que « le London Symphony Orchestra est considéré comme l’un des cinq plus grands orchestres au monde ». Cette affirmation est directement reprise du résumé biographique de l’orchestre rédigé à l’attention de la presse et que l’on peut trouver sur son site internet (www.lso.co.uk) ! Disons simplement que le LSO est l’un des très grands orchestres de la planète. On reste confondu par la qualité et l’homogénéité des cordes. Les solos des cors sont éblouissants comme ceux de la petite harmonie (le hautbois, en particulier, de Kieron Moore, je suppose !). Qualifié, par Laurent Bayle dans la brochure de présentation de la saison, d’orchestre « résident », le LSO donnera à Paris, cette saison, quatre concerts. A New York, où il est aussi qualifié d’orchestre résident, c’est l’intégrale des symphonies de Beethoven qu’il donnera début octobre. On ne regrettera donc qu’une chose, c’est que le LSO ne soit pas, à Paris, un peu plus « résident » !

 

 

Les deux programmes Beethoven donnés à Paris viennent en parallèle d’une intégrale discographique. La salle Pleyel et la maison de disques (Harmonia Mundi Distribution) faisant bien les choses, un CD d’extraits était distribué à la sortie du concert !

 

 On retrouve en concert la marque de Bernard Haitink. Interprétation sobre, claire et vigoureuse, plus classique que romantique (si ces mots ont un sens !), attaques très franches, cordes très souples qui n’excluent pas une certaine rudesse, cors merveilleusement chantants. Le concert de mardi débutait par l’ouverture de Fidelio, interprétation rigoureuse sans emphase, qui m’a semblait un peu lente. On vibre quand même et on resterait bien là pour écouter l’opéra en entier ! La huitième est de belle facture. L’impression, parfois, de sonorités détachées, un peu sèches et d’une absence de fusion entre les pupitres. C’est peut-être une des interrogations que peut susciter l’acoustique de la nouvelle salle à moins que cela ne tienne aussi à la conception de Bernard Haitink. Pourtant, le grand crescendo du premier mouvement est superbe. La cinquième, par contre, est extraordinairement réussie. Pas d’effets appuyés dans le premier mouvement, une tension permanente et une fantastique progression jusqu’à l’allegro final. L’acoustique de la nouvelle salle nous fait entendre très distinctement les différents pupitres de l’orchestre. Impression nouvelle pour le mélomane parisien « habitué » à l’ancienne salle Pleyel ou à l’acoustique sèche du Théâtre des Champs Elysées. Timbales très sonores, rythmant chacune des œuvres tout au long du concert. Si j’en juge par le CD d’extraits, c’est bien la volonté du chef. Avec la 5ème symphonie, le LSO et Bernard Haitink reçoivent l’ovation du public parisien. J’étais au 2ème balcon et l’acoustique me semble comparable à celle du parterre. On voit très bien le plateau et donc l’orchestre et le chef, même en étant sur le côté. A l’entracte, on peut aussi, depuis les nouveaux balcons placés sur le côté, admirer l’esthétique de la salle ! Pendant le concert, on entend deux téléphones portables justifiables de la « méthode » Bazajet …

 

 

Le concert a été enregistré par France Musique.

 

 

Le LSO se produira de nouveau début janvier sous la direction de Colin Davis son actuel chef principal et début avril 2007 sous la direction de Valery Gergiev son nouveau chef principal à partir de l’année prochaine.

 

 


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publié dans : Représentations
Lundi 18 septembre 2006
par Faust

Merci à Faust pour son premier article!

Réouverture de la salle Pleyel

Après cinq longues années de fermeture, la salle Pleyel a donc rouvert ses portes. Mais, est-ce bien encore la salle Pleyel ? Lorsque l’on pénètre dans le grand hall, on ne peut dire que l’on soit dépaysé. L’architecte, François Ceria assure être revenu à la conception originale, celle de 1927. Au-delà de l’impression de neuf, on découvre une très belle rosace au sol au-dessous de la coupole qui, nous assure-t-on, bénéficie d’un puits de lumière. Il faudra attendre que les jours aient rallongé, c’est-à-dire la fin du printemps prochain pour le vérifier en allant au concert ! 

L’essentiel n’est évidemment pas là. Il est dans la salle dont il ne faut pas hésiter à dire qu’elle est entièrement nouvelle. Parler, comme on le fait, de rénovation de la salle me paraît quelque peu abusif. Il n’y a rigoureusement rien de commun entre la salle d’il y a encore cinq ans et celle d’aujourd’hui. On ne s’en plaindra assurément pas. L’ancienne salle Pleyel était un grand hall que le bleu des murs rendait encore plus froid. Chacun se souvient que l’acoustique y était très moyenne, flattant exagérément les cuivres et ne permettant pas d’entendre les détails d’une orchestration. Pourtant, lorsque l’orchestre de Paris s’y était installé, le progrès était très sensible pour les musiciens et les mélomanes, l’orchestre ayant enfin pu quitter le Palais des Congrès, immense salle peu adaptée aux concerts symphoniques.

C’est donc la surprise qui l’emporte lorsque l’on découvre la nouvelle salle. Une impression intimiste qui change agréablement de l’ancien vaisseau. Décor blanc, très dépouillé. On découvre sur les côtés des balcons. Sièges confortables. Un peu plus de place où mettre ses jambes. L’architecte assure même que les fibres de lycra évitent au corps de transpirer ! Pour une fois, le confort des spectateurs n’a pas été oublié. Le regard se porte évidemment sur la scène qui n’a plus rien à voir avec la précédente. Elle a été un peu avancée. Derrière le plateau, se trouvent des banquettes qui pourront accueillir un chœur. L’accès à la scène doit aussi être plus commode pour les musiciens. C’est donc une salle moderne de conception contemporaine que l’on découvre sans aucun rapport avec la précédente salle ou même, j’imagine, avec la salle d’origine qui avait, peu après son inauguration en 1927, disparu dans un incendie. 

On saura gré à l’actuel ministre de la Culture , Renaud Donnedieu de Vabres, d’avoir su dénouer la situation lamentable et inextricable que lui avait laissée l’un de ses prédécesseurs – Catherine Trautmann - et qui aura conduit à exiler le malheureux orchestre de Paris au théâtre Mogador pendant cinq longues années. La réouverture de la salle Pleyel cette saison se révèle aussi particulièrement opportune, pour les amateurs de musique classique, la saison proposée par le théâtre du Châtelet n’étant guère enthousiasmante pour les amateurs d’opéra ou de concerts classiques ! On ne manquera sans doute pas de souligner que tout ceci aura coûté bien cher au contribuable. Mais, en même temps, si l’Etat avait racheté la salle Pleyel au Crédit Lyonnais dès 1998, il est permis de douter qu’il se soit alors engagé dans une « rénovation » aussi lourde ! 

Seule ombre au tableau, la réduction sensible du nombre de places. De 3 000 en 1927, on est passé ensuite à 2 370 pour terminer aujourd’hui à 1 913. Sans doute n’était-il pas possible de faire autrement à partir du moment où l’on mettait au centre de la rénovation les contraintes d’une acoustique de qualité. 

Pour avoir assisté le 15 septembre au concert donné par l’orchestre philharmonique et le chœur de Radio-France, il semble bien que le résultat, sur le plan acoustique, puisse être qualifié de remarquable. Extraordinaire clarté du son. On entend à la perfection le son très pur du violon de Svetlin Roussev dans Tzigane de Ravel. Les grandes masses sonores de Daphnis et Chloé emplissent la salle sans que pour autant on ait l’impression d’une bouillie sonore. Une petite impression d’un son légèrement mat pendant le Boléro. Mais, il est un peu curieux de commencer un concert par le célèbre Boléro et, en outre, il faut sans doute attendre un peu avant que les orchestres en résidence n’aient pris définitivement leurs marques dans cette nouvelle salle. Si l’on peut donc se réjouir d’une incontestable plus-value sonore, elle n’est pas sans quelques contreparties déplaisantes … On y entend aussi beaucoup mieux les téléphones portables qui sonnent et même le bruit que fait le contrevenant en le cherchant fébrilement dans son sac … S’il existe des systèmes de brouillage efficaces, on ne saurait trop recommander à la Cité de la musique, gestionnaire de la salle d’en faire installer au plus vite. Un petit guide du savoir-vivre de l’amateur de concert ne serait sans doute pas inutile … 

Que penser de ce concert du Philharmonique dirigé par Chung ? Deux œuvres se dégagent du concert : Tzigane et Daphnis. Déjà donné par les mêmes aux Théâtre des Champs Elysées il y a quelques années, l’interprétation que Chung en live m’a semblé plus vive, plus flamboyante. Le chef coréen peut jouer sur les contrastes de l’œuvre et terminer en apothéose la danse générale qu’il reviendra bisser. Ouvrant curieusement le concert, le Boléro ne m’a pas semblé avoir ce côté lancinant et inéluctable, se déroulant d’un seul trait jusqu’à l’accord final. De la Valse , l’acoustique de la salle révèle tous les détails. Interprétation enlevée qui me laisse un peu sur ma faim et qui ne « valse » pas beaucoup, m’a-t-il semblé ! Des solistes, on distinguera particulièrement la flûte de Magali Mosnier. 

L’ouverture de la nouvelle salle Pleyel est incontestablement le grand évènement et la bonne surprise de cette saison. Espérons que son acoustique impitoyable conduira nos orchestres à livrer le meilleur d’eux-mêmes ...

 

 


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publié dans : Représentations
Vendredi 15 septembre 2006
par Clément

 

La Clemenza di Tito, Mozart

Direction musicale Gustav Kuhn
Mise en scène Ursel et Karl-Ernst Herrmann

Tito Christoph Prégardien
Vitellia Anna Caterina Antonacci
Servilia Ekaterina Syurina
Sesto Elina Garanca
Annio Hannah Esther Minutillo
Publio Roland Bracht

Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris

 

Après une première série qui avait laissé une impression mitigée, et même très négative, à beaucoup – dont je ne suis pas – la reprise de La Clemenza di Tito de Mozart, cette fois-ci avec la tragédienne lyrique du moment en Vitellia flanquée du jeune mezzo le plus en vue en Sesto, est très attendue.

J’ai réussi à assister à la répétition générale de vendredi soir, très bien placé d’ailleurs.

Que dire ?

Dès l’ouverture, on sait que la direction de Kuhn sera sans intérêt. L’homogénéité de l’orchestre laisse souvent à désirer, sans parler de couleurs bien discrètes, d’une dynamique et d’un phrasé absolument navrants de platitude. Chaque phrase-clef du livret, chaque articulation, chaque climax déçoit et l’on assiste atterré à l’errance de chanteurs livrés à eux-mêmes, faisant ce qu’ils peuvent ou veulent, sans trop savoir où ils vont.

 

 

À cela s’ajoute une direction d’acteur bien pauvre. Sans crier au génie, j’avais au moins assisté la dernière fois à un travail honnête : Nagelstad, Graham, Prégardien avaient livré de belles prestations dramatiques, fines et visiblement travaillées. Ici, les éléments sont à peu de choses près les mêmes (certains positionnements ont cependant changé, des détails aussi : Sesto et Annio n’échangent plus de baiser furtif à la fin de leur duetto), mais la sauce ne prend pas. Effet de la reprise par un obscur assistant ? Ambiance de répétition de la générale ? Difficultés des nouvelles interprètes à se glisser dans cette production ?

 

 

Prégardien, que j’avais trouvé juste et mesuré la saison passée se livre ici, trop souvent, à des tics que je ne lui avais pas vus : trépignements, gestes d’énervement…Vocalement, certains spectateurs avaient déjà été très critiques sur sa prestation l’an passé. Pour ma part, j’avais dû le voir dans un bon soir. Vendredi n’en était pas un. Parfois, bien sûr, le sens de la déclamation fait mouche, le phrasé d’une ligne tendue jusque dans l’aigu en voix mixte séduit, comme dans mon souvenir… mais dès le récitatif d’entrée, il aboie, force ses effets et sa voix, au lieu de préserver la noblesse et l’intelligence du texte qui étaient siens. Il se révèlera très inégal d’une phrase à l’autre au cours de la soirée, avec des aigus parfois difficiles, un chant moins investi, une vocalisation moins aisée, et des récitatifs moins réussis. Décevant !

 

 

La défaillance vocale, en revanche, n’est pas ce que l’on craint de la part de Garanca : la voix est superbe, puissante, éclatante, avec un beau timbre naturellement sombre. Son Sesto est plus vindicatif, plus sain et sensiblement moins introverti que celui de Graham. Son naturel dramatique et vocal est plus spontané : on aimerait parfois plus d’attention aux mots, plus de nuances. Nuances bien présentes pourtant dans un magnifique « Deh per questo istante solo», et ses deux airs transportent la salle, à juste titre. Seul et magnifique trille de la soirée dans « parto, parto »… Gagnante indéniable à l’applaudimètre !

 

 

Antonacci, évidemment, est très attendue dans un rôle particulièrement tendu où on l’imaginait bien, de voix comme de tempérament. Le premier récitatif déconcerte : quelques minauderies entachent le chant, Antonacci joue un peu les pestes hystériques. On se surprend à préférer la composition contenue de Nagelstad. Cependant, dès qu’elle parcourt la scène -et sa tessiture- dans « Pria che il sol tramonti » du duetto avec Sesto, on retrouve la diva, présence et charisme, voix et phrasé magnifiques : superbe numéro d’entrée. De même, les couleurs de « Deh se piacer mi vuoi » sont finement séduisantes et souriantes, bien choisies, jusqu’à ce qu’elle se mette à nasiller sur une reprise d’« aletta ad ingannar ». On fronce le sourcil. Inégale, Antonacci le sera toute la soirée, surtout du point de vue de l’incarnation, là où on attendait beaucoup ! Son trouble dans « Vengo… aspettate » passe tout à fait inaperçu ; il faut dire qu’elle négocie un passage tendu vers l’aigu, et se concentre sur son chant dans les dernières mesures (contre-ré effleuré sans problème, ce sont les aigus tenus précédents qui sont prudents). Les errements – certes assez ridicules – du début du finale I ne sont pas convaincants. Quelques minutes plus tard, le regard intense et sa silhouette tragique découpée à contre-jour alors qu’elle fixe Sesto pour l’enjoindre à se taire fascinent de nouveau. Les ensembles du  second acte sont réglés plus mécaniquement qu’autre chose. La scène du « Non più di fiori » tombe un peu à plat : on ne sait pas trop où elle va, dramatiquement et vocalement. Par ailleurs, alors qu’elle arrache d’un coup son collier au milieu du morceau, les dizaines de perles vont rouler jusque dans la fosse et frappent bruyamment les timbales… la salle éclate de rire. Antonacci réussit cependant à retrouver sa concentration et reconquérir le public et s’en tire très bien, avec noblesse et un chant parfois dur mais habité. On a pourtant le sentiment de rester sur sa faim, qu’elle peut mieux faire. D’autant qu’agenouillée devant Tito pour avouer sa faute, elle n’est vraiment pas convaincante non plus. Finalement, son moment le plus beau est la pantomine suivant le trio où Sesto est arrêté : elle ramasse amèrement les hortensias jetés à terre, et sort de scène.

 

 

Les seconds rôles, enfin, ne sont pas très enthousiasmants, à l’exception de Syurina, toujours aussi délicieuse. On sent bien qu’il n’y a pas forcément beaucoup de potentiel derrière, mais cela coule de source, c’est très joli, ravissant. On pourrait cependant imaginer Servilia moins ingénue, surtout pour l’air « S’altro che lagrime ».

Minutillo a un timbre sans personnalité, plutôt laid même, assez clairet, ce qui gêne dans ce rôle travesti souvent sollicité dans les lignes graves des ensembles. Elle ne semble trouver de la substance que dans « Tu fosti tradito », mais cela manque vraiment d’intérêt, à tous niveaux.

Roland Bracht est indigne : voix grossière, chant sans élégance, voire carrément faux (l’attaque de « Mille diversi affetti »), il arrive à déséquilibrer les ensembles, qui n’avaient pas besoin de cela… Dire que je l’avais trouvé correct l’an passé ! Quel relâchement…

 

 

Voilà un spectacle qui intéresse de moins en moins au fur et à mesure, et qui manque cruellement de soutien, sur le plan dramatique et musical. Quel dommage, car avec les personnalités présentes dans les premiers rôles, il y avait de quoi faire un beau spectacle ! J’avais, ainsi, préféré la représentation de la saison passée… Même si Antonacci est vocalement meilleure que Nagelstad, celle-ci, et surtout l’équipe qu’elle formait avec ses partenaires, était scéniquement plus convaincante sur la durée. Il est vrai, aussi, que je découvrais le spectacle, et qu’il ne s’agissait pas d’une générale…

J’espère que beaucoup d’éléments seront donc rodés par la suite, car malgré la direction, il y a matière à de belles d’émotions. Dont je n’ai tout de même pas été entièrement privé, d’ailleurs.

Vive la Clemenza  !


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