Idolâtrie

Articles à venir

(pour certains faudra s'armer de patience...)

 
*Saison parisienne 08/09
*Mats Ek à Garnier
*Félicity Lott au Châtelet
*Porgy & Bess à l'Opéra Comique
*I Capuletti à Bastille
*Don Carlos à Bastille
*Falstaff au TCE
*Signes à Bastille


*Portrait de Silvia Tro Santafé
*Portrait de Max Cencic
*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci

 

*Destructive Aria
*L'impératrice du Pérou

Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!! 

La Fée Radio

Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

Sans oublier la rubrique Miousic only.

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publié dans : Radio & Tv
Lundi 24 septembre 2007
par Caroline

Désolé pour le retard, je rentre de week-end et n'ait pu poster le programme radio/tv de Caroline plus tôt.

Semaine du 22 au 28 septembre :
 
 
 
TELEVISION:
       
       
       
        ¤¤  Pelléas et Mélissande de Debussy (TCE, juin 07) : samedi 22 à 22h35  (ARTE)
B. Haitink / J-L Martinoty - M. Kozena, J-F Lapointe; L. Naouri, M-N Lemieux...
[Voir article de Licida et chez DLM]
 
 
        ¤¤  Guillaume Tell de Rossini (ONP, 2003) : dans la nuit de samedi à dimanche vers 1h10 du matin  (France3)
Campanella / B. Li et F. Zambello - T. Hampson...
 
 
        ¤¤  Maestro: Claudio Abbado dirige Pelléas et Mélissande (2006, 45') : dimanche 23 à 19h  (ARTE)
Concert
 
 
        ¤¤  Toute la musique qu'ils aiment...: invitée: Cecilia Bartoli : vendredi 28 à minuit 20  (France3)
                       
 
       
 
RADIO:
      
       
        ¤¤  "Grandes Journées Louis XIV au château de Versailles" : samedi 22 de 9h05 à 23h  (FM)
 
 
        ¤¤  Amadis de Lully (Versailles, 21 sept. 07) : samedi 22 à 9h05  (FM)
Extraits
Véronique Gens : Arcabonne, Corisande, Oriane, Urgande ; Eugénie Lefebvre : Dagmar Saskova ; Sarah Szlakmann : Anaïs Vintoure ; Erwin Aros : Un héros ; Thomas Belaman : Florestan 
Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles ; Dir. : Olivier Schneebeli - Musica Florea ; Dir.: M. Stryncl
  
 
        ¤¤  Concert (en direct de la Chapelle royale): samedi 22 à 19h  (FM)
Henri Du Mont: Exultat animus; Magnificat - Marc-Antoine Charpentier: Messe des morts à quatre voix H.10
Céline Scheen : soprano ; Mathias Vidal : Haute-contre ; Lluis Vilamajo : ténor ; Stephan MacLeod : basse 
Collegium Vocale de Gand - Ricercar Consort - Direction : Philippe Pierlot

 
        ¤¤  Concert Le Concert Spirituel et Stéphanie d'Oustrac (en direct) : samedi 22 à 20h30  (FM)
Destouches: Callirhoé (extaits): Ouverture; Air de Callirhoé "O Nuit témoin de mes soupirs"; Air Régnez à jamais, premier et deuxième Air; Air Le tendre Amour troisième air; Passepied; Reprise - Colasse:Suite d'Achille et Polyxène: Ouverture; Gavotte - Lully: Persée (extraits): Danses des deux junoniens : premier et deuxième Air; Entrée des Cyclopes; Entrée des Nymphes guerrières; Air de Mérope : Ô mort ! Venez finir mon destin déplorable... - Marais: Chaconne de Sémélé - Charpentier: Médée(extraits): Rondeau pour les Corinthiens; Second Air pour les Argiens; Airs de Médée "Quel Prix mon amour ? ..." ; Croiras-tu mon malheur ? ...; Noires fille du Styx...; Sinfonie
Le Concert Spirituel - Stéphanie d'Oustrac : soprano - Direction et violon : Alice Piérot - Direction artistique : Hervé Niquet

 
        ¤¤  Concert Charpentier / Lully (21 sept. 07) : samedi 22 à 22h  (FM)
Claire Debono et Ana Quintans : sopranos ; Amaya Dominguez : mezzo-soprano ; Andrew Tortise : haute-contre ; Marc Mauillon : baryton ; Jonathan Sells : basse
Les Arts Florissants - Direction clavecin et orgue : William Christie
Charpentier: Te Deum a quatre voix; Lituanies de la vierge à six voix et deux dessus de violes H.83 ; Magnificat H.73 - Lully: Salve Regina en ré mineur LWV.77
 
 
        ¤¤  Concert (Versailles, en direct) : dimanche 23 à 11h  (FM)
Anna Simboli et Alena Dantcheva : sopranos ; Andrea Arrivabene : haute-contre ; Luca Dordolo : ténor ; Sergio Foresti : basse
Concerto Italiano - Direction et clavecin : Rinaldo Alessandrini
Charpentier:
Luctus de morte augustissimae Mariae Theresiae; De necessitatibus - Lorenzani: O dulcissime Jesu ; Regina coeli - Melani: Clamemus ante Deum


 
        ¤¤  Concert M-A Charpentier (Chapelle royale, en direct) : dimanche 23 à 19h  (FM)                      
Anne Magouët et Edwige Parat : sopranos ; Sabine Garrone : mezzo-soprano ; Jean-François Novelli : haute-contre ; Hervé Lamy : ténor ; Jean-Claude Sarragosse : basse 
Ensemble Jacques Moderne - Direction : Joël Suhubiette
Charpentier: Canticum Zacharioe; Litanies de la Vierges; Miserere
 
 
        ¤¤  Tosca de Puccini (1953) : dimanche 23 à 21h  (Radio Classique)
V. de Sabata / Callas, T. Gobbi, S. di Stefano...
 
  
      ¤¤  Le matin des musiciens: Dietrich Fischer-Dieskau : toute la semaine à partir de lundi à 9h05  (FM)                         
 
 
        ¤¤  Récital Salomé Haller (Tours, août 07) : lundi 24 à 16h  (FM)
Nicolas Krüger : piano - Amélie Michel : flûte
Barraud: Trois lettres de Madame de Sévigné, chant et piano; Huit Chantefables - Roussel: Quatre mélodies op.3 Henri de Régnier: Le Départ; Voeu; Le Jardin mouillé; Madrigal lyrique; Joueur de flûte op.27 (extraits) flûte et piano; Deux poèmes de Ronsard op.26, chant et flûte; Rossignol mon mignon; Ciel ; aer et vens - Poulenc: A sa Guitare - Delage: Sept Haï-Kaïs, traduits du japonais op.9; L'Alouette op.7 n°2  - Caplet: Petite valse; Trois fables de la Fontaine; Ecoute mon coeur - Radindranath Tagore, traduit par Hélène du Pasquier; Viens ! Une flûte invisible soupire
 
 
        ¤¤  Place de la musique: La Callas : toute la semaine à partir de lundi à 16h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Sacré et profane (1): La Genèse (Cité de la musique, sept. 07) : lundi 24 à 20h  (FM)
Joseph Haydn: Symphonie en ré Majeur Hob.I n°6 "Le matin"; Messe en si bémol Majeur "de la Création"
Orchestre Philharmonique de Radio France - Direction : Ton Koopman
Lisa Larsson : soprano; Stéphanie d'Oustrac : Mezzo-soprano; Sébastien Droy : ténor; Konstantin Wolff : basse
 
 
        ¤¤  Symphonie n° 4 de Mahler (Vienne, 1972) : lundi 24 à 22h  (Radio Classique)
Bernstein / soprano: E. Mathis
 
 
        ¤¤  Soirée contemporaine : Avec Michael Jarell : mardi 25 à 22h  (Radio Classique)
[???? est-ce bien passé le semaine dernière?????]
                       
 
        ¤¤  Soirée spéciale Maria Callas : mercredi 26 à 20h  (Radio Classique)
interview imaginaire (fin)
 
 
        ¤¤  Concert Purcell (La Chaise-Dieu, août 07) : jeudi 27 à 10h02 ou à 16h  (FM)
Pièces instrumentales extraites du Roi Arthur - Ode Anniversaire de la Reine Mary - Ode pour les funérailles de la Reine Mary
Choeur de Chambre de Namur - Ensemble La Fenice - Jean Tubéry, direction
 
 
        ¤¤  Les contes du jeudi: Une cantate pour la Saint-Michel: Bach : jeudi 27 à 13h15  (FM) 
 
 
       ¤¤  Armida de Haydn (Salzbourg, juillet 07) : jeudi 27 à 20h  (FM)
Annette Dasch : Armida ; Michaël Schade : Rinaldo ; Mojca Erdmann : Zelmira ; Vito Priante : Idreno ; Richard Croft : Ubaldo ; Bernard Richter : Clotarco 
Orchestre du Mozarteum de Salzbourg - Dir.: I. Bolton
 

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publié dans : Artistes
Jeudi 20 septembre 2007
par Licida

Après le déluge d'hommages niaiseux et mércantiles qui ont plu ses derniers jours sur la Callas, comme ce fan de Britney, on serait tenter de hurler: "Leave Maria alone!!" Mais après tout, c'est grace à l'emission hommage pour les 20 ans de sa mort sur Arte que j'ai chopé le virus, donc ne jetons l'eau du bain avec le bébé (sic) dans le lot il y a tout de même eu la rediffusion de concerts filmés toujours aussi passionnants.

Cette année Arte a choisi de ne pas refaire une soirée Thema aussi conséquente qu'il y a 10 ans, seule nouveauté le documentaire de Philippe Kohly, Callas Assoluta. J'était dimanche à Garnier pour la projection de ce documentaire précédé d'extraits du concert de 1958 en ce même lieu et du concert pour l'ORTF en 1965 (en passant d'ailleurs j'ai vu sur grand écran des tas de détails qui m'avaient échappées à la télé sur le jeu de Callas, rien que pour ça je ne regrette pas mes 10€, ah ces regards et cette main pendant le Miserere du Trovatore!). Le documentaire de Kohly, présenté comme la nouvelle référence (et qui sort en dvd) est assez décevant.
Tout d'abord on nous y promet des images inédites: il y en a mais rien d'extraordinaire (un répétition en costume de ville de la Tosca de Paris; les sorties de scène de Poliuto et Medea à Dallas que l'on a déjà vu en plus court; le Sediziose voci de Paris circule sur le net depuis belle lurette; des images de vacances tournées par Grace Kelly ou Onassis...) et en tout cas toujours pas les films amateurs tournés en super-8 par des fans qu'Eve Ruggieri a rencontrés et qui gardent jalousement leur butin destiné à se perdre.
Pour ce qui est de la vie privée de la diva, le documentaire prend en compte les dernières découvertes (l'enfant d'Onassis mort à la naissance notemment) mais appuie franchement trop le coté drame hollywoodien: à les en croire Callas aurait couché avec à peu près tout ses mentors (passionnant), voulait ressusciter le mythe de la diva dès son plus jeune age (faut pas éxagérer c'était juste une petite grosse sans amis qui se réfugiait dans le travail de sa voix, la seule chose qui lui donna une valeur aux yeux de sa mère)... Par contre la période de son premier voyage aux USA est étonnament peu développée (rien notamment sur le contrat du Met et sa romance de l'époque - alors qu'aucune autre ne nous est épargnée ensuite) Enfinon ne compte pas le nombre de phrases qui veulent se la jouer lyrique au détriment de tout sens comme "et elle retrouva sa plus ancienne amie: la trahison!" à propos du mariage entre Onassis et Jackie Kennedy.
Coté présentation de l'artiste ce n'est guère plus fin: on apprend que ses premiers rôles (Abigaille, Aïda, Turandot...) n'étaient pas fait pour elle (sans autre argumentation!), qu'elle n'aimait pas Mozart qu'elle trouvait "trop civilisé" nous dit-on (encore une fois c'est la façon de chanter Mozart "sur la pointe des pieds" à son époque qu'elle n'aimait pas, d'autant que l'on redécouvrait à peine les Mozart serio)... On ne nous dit rien sur la nouveauté de sa façon de chanter et on va même jusque ne pas même mentionner ses Lucia!!
Bref, ce documentaire est loin d'être le meilleur sur la Callas, celui de Claire Alby en 1997 était bien plus interessant, Philippe Kohly étant manifestement plus passionné par le personnage que par la chanteuse.

Pour ce qui est des "nouveautés" qu'Emi sort pour son poulain qui cumule 20% de ses ventes (variété et jazz inclus!): à part le coffret de 70cd regroupant tous les récitals studios pour un prix abordable (99€) interessant pour ceux qui n'auraient pas déjà tout (cela dit je préfererai toujours un coffret pour chaque opéra, c'est comme pour les bouquins) et le second volume des Callas conversation (passionant!), il n'y a rien et surtout pas le DVD qui n'est qu'un best of des concerts de Paris, Stuttgart et Hambourg (qu'il vaut mieux avoir en entier!) agrémentés du Casta Diva de 1957 filmé pour la Rai que l'on trouve facilement sur le net.
Je signale au passage que les reprises par Emi des bandes live de la Callas sont à fuir: pour être propriétaire des droits EMI est tenu de remasterisé les bandes et comme ils ne manquent jamais une occasion de se faire plus de blé, ils se contentent de booster les aigus, d'où un son métallique et des graves étouffés. Dans les récitals live, pour qui connait les originaux, c'est gênant mais pas rédhibitoire, par contre cela écorne sérieusement la célèbre Lucia de 55 avec Karajan et cela rend inécoutable l'Aïda de 51 avec le fameux contre-mi de 8 temps et la Medea de Bernstein.
Si vous voulez vraiment acheter des live de la Callas, une seule maison de disque fait un travail de restauration et de documentation fabuleux et pour aussi cher qu'un coffret emi: divinarecords. Par ailleurs rappellons que tous les enregitrements (non remasterisés) de la Callas réalisés avant 1957 sont dans le domaine public et donc téléchargeables en toute légalité sur le net (rapidshare, eMule...) je prépare une série d'articles avec des liens pour télécharger ces documents (mais ce sera pas pour tout de suite).

Enfin si vous voulez en savoir plus sur la dame, rien de tel que ces bon vieux bouquins, encore faut-il savoir lesquels choisir, voilà une chtite chélekchion:

Tout d'abord les bio et études:
- J.Lorcey, L'Art de Maria Callas, Atlantica: une bible, il y a tout dans ce bouquin, sa bio, sa discographie entièrement commentée disque par disque, des chapitres passionnants comparant live et studio, analysant les Master class, le mythe... ainsi qu'une postface brillante de Mancini qui remet les choses à leur place en cassant les unes après les autres les conneries censées enrichir le mythe de Callas. Lorcey a publié une version plus digeste de cette somme il y a 5 ans agrémentée de jolies photos (Callas immortelle, Séguier)
- J.Ardoin, The Callas legacy, Dutchwork (anglais seulement): avant le livre de Lorcey, la référence par ce grand critique qui l'a connue.
- R.la Rochelle, Callas l'opéra du disque, Bourgois: la référence concernant la discographie de Callas, tout y est, de la liste des exhaustive des lives que l'on pourrait possiblement retrouvé à la technique d'enregistrement des cds EMI en passant par la liste de tous les éditeurs pirates pour chaque live.
- N.Petsalis-Diomidis, Callas inconnue, Plon: l'étude de reférence et exhaustive sur la vie de Callas entre 1923 et 1945, une découverte (pour les fans surtout!)
- Meneghini, Maria Callas ma femme, Flammarion: à prendre avec des pincettes, étant donné que c'est assez subjectif voire mensonger (le coup du vers solitaires qui aurait été responsable de son obésité...), mais qui contient des éléments passionnants sur le rapport entre cette brave fille gauche et son mari et agent de 30 ans son aîné, mais aussi sur sa personnalité.
- Numéro spécial d'Opera International, Février 1978: un must, des textes excellents de Mancini et Celletti notamment (ce dernier je le mettrai ici), introuvable aujourd'hui.


Ensuite les bouquins de photos:
- A.Csampai, Callas, Schirmer-Mosel: le meilleur mélant photos de scène et de la vie privée
- M.Brix, Callas Aufführungen/Performances, Schirmer-Mosel: superbe livre de photos de scènes qui ne coupe pas l'entourage ni les décors et permet ainsi de juger de son impact sur scène.
- S.Galatopoulos, Maria Callas, Fischer verlag: rien de passionnant dans le texte avec pas mal d'erreurs (mais c'était l'une des premières biographie publiée) mais avec des photos de scène rarissimes.

 

Enfin ceux qui mélangent habilement les deux:
- S.Segalini, Callas les images d'une voix, F.van de Velde: un grand classique épuisé, la rigueur musicologique du bonhomme avec de superbes photos dont certaines peu connues.
- C.Alby & A.Caron, Passion Callas, 1001 nuits: excellent livre écrit par des passionnés, idéal pour la découvrir.

Le reste (Hannine-Roussel, Allegri, Cage, Remy, Tubeuf) est soit moins intéressant que les livres ci dessus soit dépassé. Et on évitera soigneusement Lelait, Chapsal, Monestier...

 

Voilà je pense avoir fait le tour de l'essentiel. Je n'ai pas encore vu le nouveau livre de photos qui vient de sortir, je vous en parlerai plus tard.



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publié dans : Radio & Tv
Samedi 15 septembre 2007
par Caroline
Semaine du 15 au 21 septembre :
 
 
 
TELEVISION:
       
       
       
        ¤¤  Maria Callas, un destin d'exception (docu, GB, 1998, 52') : dimanche 16 vers 4h30 du matin  (France3)
[Bajazet nous a déjà dit combien cela était passionnant...]
 
 
        ¤¤  Maestro: Maria Callas à Paris (1958 et 1965, 45') : dimanche 16 à 19h  (ARTE)
[version courte et en simultané sur Radio Classique]
         
 
        ¤¤  Maria Callas, l'art et la vie (docu) : dans la nuit de dimanche à lundi vers 1h45 du matin  (France2)
                       
 
        ¤¤  Maria Callas à Paris: dans la nuit de lundi à mardi vers 1h20 du matin  (France2)
[Version longue...]
 
 
        ¤¤  Maria Callas assoluta (docu, inédit, 2007) : mercredi 19 à 20h40  (ARTE)
De P. Kohly
[Ce que l'on nous annonce comme étant enfin LE documentaire sur Callas...]
 
 
 
RADIO:
      
       
        ¤¤  La Traviata de Verdi (ONP, juillet 07) : samedi 15 à 19h10  (FM)
Christine Schäfer : Violetta Valéry ; Hélène Schneiderman : Flora Bervoix ; Michèle Lagrange : Annina ; Jonas Kaufmann : Alfredo Germont ; José Van Dam : Giorgio Germont ; Ales Briscein : Gastone ; Michael Druiett : Il Barone Douphol ; Igor Gnidii : Il Marchese d'Obigny ; Nicolas Testé : Dottor Grenvil 
Orchestre et Choeurs de l'Opéra national de Paris - Direction : Sylvain Cambreling
  
 
        ¤¤  Décibels: Les deux Maria : samedi 15 à 21h  (France Culture)
Deux cantatrices, deux époques: Maria Malibran et Maria Callas (avec P. Barbier pour son livre sur la Malibran).
 
 
        ¤¤  Hommage à Maria Callas : toute la nuit à partir de 1h du matin et toute la journée de dimanche  (FM)
[Voir aussi 'Vivace' pour le programme nocturne]
 
 
        ¤¤  Emission spéciale Callas (Hôtel Crillon, en direct) : dimanche 16 à 17h  (Radio Classique)                      
                       
 
        ¤¤  Maria Callas à Paris: dimanche 16 à 19h  (Radio Classique)
[voir 'Télévision']
 
 
        ¤¤  Festival de La Chaise-Dieu (août 07) : lundi 17 à 10h02  (FM)
Les Paladins - Dir.: J. Corréas
Vivaldi: Credo; Gloria - Durante: Dixit Dominus (1753, re-création)
 
 
        ¤¤  2000 ans d'Histoire: Maria Callas : lundi 17 à 13h30  (France Inter)
Avec D. Lelait-Helo
 
 
        ¤¤  Place de la musique: Maria Callas : toute la semaine à 16h  (Radio Classique)
"Florilège d'anecdotes et grands airs chantés par la Callas"
 
 
 
        ¤¤  Ariodante de Haendel : mardi 18 à 4h du matin  (FM)
Minkowski / A.S. von Otter; L. Dawson; E. Podles; V. Cangemi; R. Croft...
 
 
        ¤¤  Soirée contemporaine : Avec Michael Jarell : mardi 18 à 22h  (Radio Classique)
pour la reprise de son Cassandre à l'Opéra de Berlin
                       
 
        ¤¤  Soirée spéciale Maria Callas : mercredi 19 à 21h  (Radio Classique)
interview imaginaire (2)
 
 
        ¤¤  Le Vampire de Heinrich Marschner : jeudi 20 à 4h du matin  (FM)
[Voir 'Vivace'] Orchestre de la radio Bavaroise - Dir.: F. Rieger
R. Hermann; Fieder; Hillebrand, Auger, Grobe...
 
 
        ¤¤  Hans Heiling de Heinrich Marschner : vendredi 21 à 4h du matin  (FM)
[voir 'Vivace'] Orchestre de Cologne - Dir.: J. Keilberth

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publié dans : Disques et lives
Jeudi 13 septembre 2007
par Caroline

Et voici une petite introduction au nouveau disque de Bartoli proposée par Caroline.


Quelque autre étudiera cet art que tu créais*

 


 

 

« Quelque autre », ce sera donc pour nous Cecilia Bartoli et Maria est bien celle que Musset tutoyait. Je pense donc que ce nouvel album aurait pu aussi bien s’intituler « Ninette » ou encore « Marietta », mais cela a sans doute été jugé un peu trop familier et, en vérité, n’aurait peut-être pas été très accrocheur, c’est donc finalement « Maria » qui a été retenu… ce qui ne plaira pas à tout le monde. Paradoxalement, en nos temps tutoyeurs, je suis sûre que beaucoup auraient préféré un nom propre : « La Malibran » aurait sonné très bien, non ? tandis que « Maria » paraîtra plus suspect… je vais vous dire : on s’en fout de la pochette.
 
 
Voilà le programme ! (et il est copieux)
 
 
Giovanni Pacini (1796 -1867) - Irene o L'Assedio di Messina (Atto II, Scena ultima e stretta - Irene)
Se il mio desir... Cedi al duol
            Ira del ciel
 
Giuseppe Persiani (c.1799-1805 -1869) - Ines di Castro (Atto II, Romanza - Ines) :
            Cari giorni

Felix Mendelssohn (1809 -1847) - Scena ed aria for voice, violin solo and orchestra :
            Infelice

Manuel García (1775 -1832) - monologue opera El poeta calculista (Caballo)
            Yo que soy contrabandista

Vincenzo Bellini (1801 - 1835) - La Sonnambula (Aria e cabaletta - Amina)
Ah, non credea mirarti
Ah, non giunge

Johann Nepomuk Hummel (1778 -1837)
Air à la Tyrolienne avec variations

Manuel García (1775 -1832) - La figlia dell'aria (Atto II, Recitativo, scena ed aria - Semiramide)
            E non lo vedo... Son regina

Maria Malibran (1808 -1836) - Album Lyrique n° 6 (Chansonnette)
            Rataplan

Giovanni Pacini (1796 -1867) – Rondò de substitution pour le Tancredi de Rossini (Tancredi)
            Dopo tante e tante pene

Vincenzo Bellini (1801 - 1835) - I Puritani (Scena e cabaletta - Elvira)
 
           Oh, rendetemi la speme... Qui la voce
Vien diletto

Jacques Fromental Halévy
(1799 -1862) – Clari (Atto primo, Cavatina - Clari)
               
Come dolce a me favelli

Lauro Rossi (1812 -1885) - melodramma comico in 3 atti Amelia ovvero Otto anni di costanza (Rondò finale – Amelia)
            Scorrete, o lagrime

Maria Malibran (1808 -1836) – Rondò de substitution pour L'elisir d'amore de Donizetti (Atto II – Adina)
            Prendi, per me sei libero

Vincenzo Bellini (1801 -1835) – Norma (Atto primo, Cavatina – Norma)
Casta diva

Avec :

Celso Albelo, ténor (Elvino, Riccardo)
Luca Pisaroni, baryton-basse (Giorgio)
Maria Goldschmidt (flûte)
Robert Pickup (clarinette)
Una Prelle (harpe)
Maxim Vengerov (violon)
Ada Pesch (violon)
Daniel Pezzotti (violoncelle)
Claudio Mermoud (guitare)
International Chamber Soloists/Jurg Hammerli
Orchestra La Scintilla – Dir. : Adam Fischer

 

 

Avant d’écouter et de découvrir tout cela, j'avouerai que j'étais un peu inquiète, quand même. Qu'est-ce que c'était que cette 'Rivoluzione romantica' que les théâtres nous vendaient avant l’heure?... Il est vrai qu’il y a des mots qui suffisent à me faire peur et ce n’est certes pas celui de Révolution que je crains le plus. Et puis les accents de Cecilia n’étant pas ceux de la langueur, je la voyais déjà perdue dans un monde où l’on meurt si facilement de consomption. Cecilia, que fais-tu là ?… Fermati !… Il y a des rives où je ne te suivrai pas.

 

Mais non ! Il ne fallait pas avoir peur. Tchétchi n'est pas folle. Et ce « Maria » est tout simplement la suite logique des épisodes précédents.

Ce répertoire qu’elle nous sert là est comme remis à l’endroit et tout est à redécouvrir… ou à découvrir, puisque évidemment avec Bartoli les inédits sont là ; mais le ‘connu’ ne fait pas moins tendre l’oreille (et il fera causer, c’est sûr). L’orchestre qui joue sur instruments anciens me semble donner à entendre une musique quasi nouvelle tant elle sonne différemment de ce que j’en pouvais connaître. Et puis, ce chant-là, cette voix-là n'est certes pas ancrée dans le XIXe siècle, mais porte bien toujours ce temps d'avant. Bartoli joue encore de ces moments charnières qui font passer d'un âge à un autre, mais en sachant bien sur quel côté de la ligne du temps on s’appuie pour avancer. Tout ce qu'elle a chanté ces dix dernières années se retrouve d’une manière ou d’une autre ici. Rossini n'est pas loin, évidemment, mais ce serait trop facile et on a déjà donné (beaucoup). Ce sont aussi Haydn, Gluck, qui ont servi à construire cela. Ces scènes qui portent le sentiment, mais gardent à distance tout sentimentalisme, le disent bien (Ah ! ce Mendelssohn!). Et si 'bel canto' il y a, c'est bien encore celui des castrats que l’on peut entendre en tendant l’oreille. Le premier 'Prendi' du rondo d'Adina nous rappelle bien quelque chose, quand même, même s’il s’évanouit aussitôt. Et si ce Casta diva-là devait quelque chose à Haendel ? Bartoli prétend que c'est en chantant Cléopâtre (avec Minkowski) qu'elle a pu oser aller un peu plus loin dans l’interprétation du ressenti de l'émotion et il me semble vrai qu'à partir de là, elle nous ait donné des choses de l'ordre de l'intime qu'elle n'osait pas avant, ou plutôt qu'elle ne maîtrisait pas avant de la même manière. Et je trouve qu'ici ce qu'elle donne dans les moments doux et intimes est vraiment très beau, on entre vraiment dans la sensation, presque physique, de l'émotion, un cran plus loin et ce serait peut-être de l'impudeur.

Bref, jouée et chantée comme ça, cette musique est encore une leçon que je prends de Bartoli. Je ne sais pas comment les amateurs de Bellini et autres, eux, prendront la chose (je ne sais pas, mais je m’en doute…), mais c'est encore un superbe disque que Bartoli nous sert là et pas un disque de plus, mais quelque chose qui lui ressemble et qui fait aussi un pas de plus. Et j'aime ça!… même si je préférerai toujours le temps d’avant.

 

Oui, Alfred avait raison ; quelqu’un s’est effectivement penché sur les mêmes partitions, les traités de chant, les lettres (le camion-musée essaiera d’en faire partager quelque chose) et puis aussi sans doute peu à peu a commencé à percevoir ces autres choses qui viennent bruisser à notre oreille ces soirs où l’on veut bien admettre que parfois, en certains lieux, sous certains cieux, tous les temps se rejoignent. Au fond, c’est toujours la même histoire : apprendre, s’imprégner, comprendre pour mieux redonner à entendre, à sentire comme on dit plus justement en italien, parce que cela ne se fait pas qu’avec les oreilles. Lire, tourner les pages, essayer à petits pas pour oser recréer à son tour.

Comment chantait la Malibran ? La couleur de sa voix, ses accents, sa présence en scène, ce n’est pas à nous qu’elle les a donnés ; l’empreinte de vie qu’elle y a laissée ce sont ses contemporains qui l’ont caressée ; elle devait être forte puisque son écho suscite encore le fantasme. Mais si quelque autre a effectivement étudié son art, c’est sans doute moins pour nous proposer une évocation que pour laisser une autre trace, une autre empreinte, avec ses défauts, ses envies, ses enthousiasmes, ses couleurs et ses propres battements de vie.

 

N'était-ce pas hier qu'à la fleur de ton âge
Tu traversais l'Europe, une lyre à la main ;
Dans la mer, en riant, te jetant à la nage,
Chantant la tarentelle au ciel napolitain,
Cœur d'ange et de lion, libre oiseau de passage,
Espiègle enfant ce soir, sainte artiste demain ?*

 

C., simple ouvreuse de fil.

 

________________________

* Stances de Musset ‘A la Malibran’


 


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publié dans : Représentations
Mercredi 12 septembre 2007
par Carlupin

Depuis notre envoyé spécial à Jesi: Carlupin!

Adriano in Siria

Giovanni Battista Pergolesi

 

 

 


Adriano in Siria, frontispice du livret (Naples 1734). Conservatoire San Pietro a Majella, Naples

 

 

 

·        Un peu d’histoire…

 

Adriano in Siria, troisième opera seria de Pergolesi, fut représenté durant une période historiquement importante pour Naples. Le 15 mai 1734, à dix-huit ans, l’Infante Don Carlo, fils de Filippo V d’Espagne et de la seconde reine Elisabetta Farnese, monta sur le trône du Règne des deux Siciles, dont Naples était la capitale. Beaucoup voyaient en ce nouveau roi un sauveur après le bref, envahissant et impopulaire règne des Autrichiens. Ces derniers, non contents d’imposer de lourdes taxes, n’étaient même pas arrivés à extirper la désormais longue tradition du règne espagnol. 

 

Outre des réformes politiques, financières et juridiques, le roi Carlo entreprit notamment de réinjecter pouvoir et prestige à la cour en redonnant un nouveau lustre au palais et en dépensant d’énormes quantités d’argent dans des événements qui impressionneraient ses sujets. C’est ainsi qu’en 1737 vit le jour son théâtre d’opéra, le San Carlo.

 

Présenté en octobre 1734 au San Bartolomeo, Adriano in Siria fut donc un des premiers opéras mis en scène pour le nouveau roi (plus précisément ici pour l’anniversaire de sa mère). Sûrement en raison du jeune âge de Pergolesi, qui ne totalisait alors que vingt-quatre ans, la première de l’œuvre obtint un modeste succès et reçut peu d’attention de la part de la presse, contrairement à Livietta e Tracollo, l’intermezzo qui l’entrecoupait. En effet, les témoignages manuscrits arrivés jusqu’à nous sont très rares. Tout ceci contraste fortement avec le triomphe que remporta le suivant et dernier opera seria, L’Olimpiade, produite à Rome. 

 

 


Théâtre San Bartolomeo, Naples. Dessin (seconde moitié du XVIIIe siècle)  

  

 

 

 

·        Autour du livret 

 

L’intrigue d’Adriano in Siria est librement inspirée de la légende sur la vie de l’Empereur Hadrien comme elle est racontée par les historiens romains Cassius Dio Cocceianus et Aelius Spartianus. Comme souvent, le livret est basé bien plus sur l’imagination que sur les faits. Par exemple, Spartianus ne fait que mentionner le fait qu’Osroa, roi des Parthes, ait eu une fille : « Durant ses voyages en Asie, [Hadrien] consacra les temples qui portaient son nom. Il reçut donc des esclaves de la part des Cappadociens afin qu’ils travaillent dans ses camps. Il offrit son amitié à des souverains et à des rois, même inconnus, même à Osdroes, roi des Parthes. Il lui restitua sa fille, enlevée par Trajan, et lui promit de lui rendre son trône alors usurpé ».

Pietro Metastasio, le plus grand poète d’opera seria du XVIIIe siècle, écrivit cette version de l’histoire d’Hadrien en 1732, puisant son inspiration dans des dialogues de certains auteurs français qui l’avaient précédé. Parmi ces dialogues on trouve ceux de Britannicus de Racine et d’autres œuvres de Quinault et Corneille. On remarque également que le sens dramatique de certaines scènes est directement dérivé de l’opéra Alessandro Severo de Apostolo Zeno, le poète impérial prédécesseur de Metastasio à Vienne. Par pur hasard c’est aussi ce livret qui inspira l’écriture de celui de Salustia, premier opera seria de Pergolesi.

Le texte original de Metastasio comprenait vingt-sept airs et un duo, sans compter un chœur initial et un chœur final. Il était le fruit de la commande de la cour impériale de Vienne et destiné au compositeur Antonio Caldara et les virtuosi di corte. Comme pratiquement tous les livrets métastasiens, la renommée de l’Adriano se diffusa rapidement dans toute l’Europe, avec au moins vingt-deux productions dans ses dix premières années, entre autres mises en musique par Giacomelli, Sandoni, Veracini, Duni, Porta, Hasse, Galuppi et Lampugnani. Deux arrangements ultérieurs précédèrent la version de Pergolesi sans influencer, semble-t-il, sa propre composition. Pour cette représentation napolitaine de l’Adriano in Siria ne furent maintenus que dix des vingt-sept textes originaux de Metastasio, plus le chœur final. Furent ajoutés dix nouveaux airs, ainsi qu’un duo, réduisant ainsi le nombre d’airs de vingt-sept à vingt et un tout en éliminant le chœur initial. Les airs furent répartis de façon presque égale entre les six chanteurs : Osroa, Sabina, Farnaspe et Emirena chantent chacun quatre airs (dont le duo de Farnaspe et Emirena), tandis que Aquilio et Adriano n’en chantent que trois. On ne sait rien de l’auteur des nouveaux textes, mais il n’existe aucune raison de douter de la paternité musicale de Pergolesi. Certains textes préservés furent modifiés peu avant la première représentation : ainsi l’air d’Osroa de l’acte I scène 12, « Confuso, smarrito », se transforma en « A un semplice istante », probablement par une quelconque impulsion du chanteur dans la perspective de la première. D’autres changements advenus dans le livret original concernent les récitatifs, où furent opérés plusieurs coupes et quelques adjonctions de brefs passages en vers libres. Parmi ces dernières on trouve le vif, dramatique monologue de Farnaspe à la fin du deuxième acte, inséré pour mieux introduire sa stupéfiante aria di tempesta « Torbido in volto e nero ».

 

·        La suprématie caffarellienne 

 

L’exhibition applaudie à Naples de l’un des chanteurs castrats les plus renommés d’Europe, Gaetano Majorano (1710-1783), mieux connu sous le nom de Caffarelli, se révéla d’une singulière importance dans la genèse de l’opéra de Pergolesi. A l’époque de ses débuts à Naples, advenus en 1734 dans Il Castello d’Atlante de Leo, Caffarelli était déjà connu. Il chanta à seize ans dans des premiers rôles à Rome, pour se produire par la suite à Venise, Turin, Milan, Florence, Gênes et Bologne avant d’arriver à Naples. Il continua à voyager énormément, interprétant notamment à Londres les rôles-titre des Faramondo et Serse händeliens, chantant ensuite entre autres à Madrid, Versailles, Vienne et Lisbonne. Toutefois, il se stabilisa enfin à Naples où il reçut le titre de virtuoso della Cappella Reale di Napoli. Avec Farinelli et Carestini, il fut célébré comme un des plus grands chanteurs de son temps, même si son ancien maître de chant, Porpora, se plaignait de son arrogance et de ses manières peu courtoises.

Ce fut donc à ce phénomène que Pergolesi destina le rôle du primo uomo Farnaspe, partie que le chanteur remodela complètement pour qu’elle s’accorde parfaitement à ses talents dramatiques et à sa virtuosité. Probablement par son insistance, le personnage ne maintint aucun des textes métastasiens, mais s’en vit attribuer des seconds, plus riches d’émotions palpables et d’évidence dramatique. C’est justement à ces airs que Pergolesi réserva le plus d’attention ; il les arrangea de façon à ce que Caffarelli puisse conclure et le premier et le deuxième acte. Chacun des airs présente une atmosphère propre, mais tous ont la fonction de souligner la splendeur lyrique du chanteur. Le merveilleux « Lieto così tal volta », avec hautbois obligé est sûrement à compter parmi les meilleures créations de Pergolesi. Les fiers, passionnés « Sul mio cor so ben qual sia » et « Torbido in volto e nero » sont des archétypes de la virtuosité de l’époque, avec leurs vocalises vigoureuses et leurs vertigineuses étendues de plus de deux octaves. Ce dernier air devint extrêmement populaire, si l’on en juge par le nombre de copies manuscrites encore existantes, tant et si bien que le compositeur l’inséra, avec d’autres de la même œuvre, dans L’Olimpiade successive.

Le reste du cast était plutôt discret. Giustina Turcotti s’était déjà produite au San Bartolomeo dans La Caduta de’decemviri de Vinci en 1727, pour chanter alors au côtés de Caffarelli dans le rôle de prima donna d’Emirena. Tous ses airs, spécialisés dans le canto di grazia, sont l’indice d’une profonde sensibilité expressive.

Francesco Tolve, lui aussi chanteur à Naples depuis plusieurs années, pris le rôle ténor d’Osroa. C’est pour lui que Pergolesi composa un des airs les plus mémorables de cet opéra, dans lequel est représentée la furie du lion blessé : « Leon piagato a morte ». Ce chanteur, visiblement doté d’un solide tempérament dramatique, avait déjà chanté aux côtés de Caffarelli, Farinelli et Antonio Baldi dans la Merope de Giacomelli, la même année au San Grisostomo de Venise.

Le soprano Caterina Fumagalli chanta le second rôle de l’impératrice Sabina. Encore à l’orée de sa carrière, elle devait par la suite décrocher de nombreux rôles de prima donna un peu partout en Europe. Son air du premier acte, « Chi soffre senza pianto », est un pathétique lamento, extraordinaire du point de vue expressif, avec d’intenses messe di voce et fioritures étudiées pour inspirer la mélancolie. Le deuxième acte lui réserve un très bel air de bravoure, « Splenda per voi sereno », qui ne rejoint pas les extrêmes caffarelliens, mais qui reste remarquable et caractéristique d’une excellente technique.

Maria Marta Monticelli, qui chantait le rôle travesti d’Adriano resta sur la scène des théâtres napolitains pendant encore dix ans. La partition décrit cette chanteuse comme une sorte de remake aigu de la Girò  : les airs, bien que vigoureux et passionnés, ne requièrent pas de talents de colorature particuliers. On retiendra surtout de ce petit rôle l’air du deuxième acte « Tutti nemici e rei ». Pergolesi y dépeint une atmosphère tendue avec des motifs ardents et efficaces, une rythmique éloquente et quelques surprises harmoniques.

Dans le costume de l’intriguant Aquilio chantait le soprano Margarita Chimenti, dite La Droghierina , spécialisée dans les rôles con i pantaloni. Se présentant dans de nombreux théâtres européens, elle retrouva Caffarelli à Londres en 1738, pour incarner respectivement Adolfo et Atalanta dans les Faramondo et Serse de Händel (Caffarelli chantait alors les rôles-titre).

 

·        Survol de l’intrigue 

 

Adriano, Empereur de Rome, vient de triompher d’Osroa, roi des Parthes, qui a fui sans laisser de traces. A partir de là, la situation est très simple ! Adriano tient Emirena prisonnière, et en tombe amoureux, sans savoir que sa promise Sabine a quitté Rome pour le rejoindre à Antioche, où se déroule le drame. Les nouvelles amours de son empereur sont au goût d’Aquilio le confident, puisque celui-ci entretient une flamme secrète pour la future impératrice. Tout au long de l’opéra, il fait donc tout pour qu’Adriano n’ait qu’Emirena en tête, ce qui attire bien sûr les larmes puis les foudres de Sabina. Emirena, de son côté, vit un amour partagé avec Farnaspe, prince Parthe ami et tributaire d’Osroa. Elle se fait berner par Aquilio qui la pousse à feindre l’indifférence envers son amant dès qu’Adriano est présent. On obtient donc la classique chaîne d’amours : Aquilio aime Sabina, qui aime Adriano, qui aime Emirena, qui aime Farnaspe. Les diverses tentatives d’assassinat qu’Osroa met en place contre Adriano sont toutes des échecs et la faute retombe toujours sur le pauvre Farnaspe. Emirena finit par désigner le vrai coupable sans se rendre compte qu’elle accuse son père (bin oui il était caché derrière un buisson !). Par précaution, Adriano fait enfermer les trois Parthes en même temps. Le lieto fine est aussi précipité qu’incontournable : Adriano, déconcerté devant tant de générosité de la part de Sabina qui accepte de le laisser à Emirena, libère tous ses ennemis, pardonne à Osroa et Aquilio, et rend Emirena à Farnaspe.

 

·        Représentation à Jesi 

 

 


Des crânes, des plumes, des cailloux et des chaînes…  

 Teatro Pergolesi, Jesi, 07 septembre 2007-09-11 

Mise en scène              Ignacio Garcia 
Décors et costumes     Zulimba Memba del Olmo    
Lumières                     Ignacio Garcia, Fabrizio Gobbi                   

Adriano                      Marina Comparato 
Emirena                      Lucia Cirillo
Farnaspe                    Olga Pasichnyk
Sabina                        Nicole Heaston
Osroa                        Carlo Allemano 
Aquilio Tribuno          Francesca Lombardi 

Direction                   Ottavio Dantone
Accademia Bizzantina

 

Bon, passons tout de suite sur le plus fâcheux de la soirée : décors & costumes ! Zulimba Memba del Olmo (en plus d’un nom rigolo) a opté pour une version cheap de Donjons et Dragons dans des décors sommaires (quelques rochers, beaucoup de crânes quasi-humains, deux colonnes et des chaînes) et des costumes d’une rare laideur. Le mot barbare a été pris au mot et hop ! tous les Parthes sont habillés de peaux de tigre qu’on croirait tricotées par ma grand-mère, ils sont sales, borgnes et ont les cheveux en pétard. Evidemment, ils portent des sortes de tongues, mais au moins on peut voir que les artistes chantent aussi avec leurs orteils (c’est même drôle à voir ^^). Les hommes romains préfèrent les bottes en caoutchouc et les gros manteaux de plumes qui se désagrègent petit à petit au cours de la soirée.  

La mise en scène a aussi puisé dans le safari, avec multiples lâchers (ratés) de buses, canaris qui ne voulaient pas sortir de leur cage et poissons dans un bocal pour matérialiser l’amour entre Adriano et Sabina. Ca au moins c’était beau et c’était une bonne idée, puisque Aquilio finit par le renverser. 

 

 

 

Surmontés ces mécontentements, on n’a plus qu’à ouvrir trrrès grand ses oreilles, et profiter d’un trop rare mais savoureux Pergolesi. Je ne trouve plus grand chose à dire sur Dantone et son Accademia Bizzantina, qui titillent l’excellence comme d’habitude, mais je rappelle à quel point ses ornementations sont pertinentes et inventives. Ce que j’adore, c’est qu’il ne se limite pas à rajouter des notes là où c’est possible, c’est sa capacité à jouer avec l’élasticité des airs, à les remodeler sans les déformer, notamment en inversant les longueurs des notes (placer des valeurs longues quand il y a répétitions de vocalises pointées sur une même note, par exemple). C’est aussi son audace qui est particulièrement délectable ; il lui arrive en effet d’écrire le da capo de façon radicalement opposée à la partie du compositeur. Mention particulière aux vents, très demandés ce soir-là (cors et hautbois solo). 

 

Je l’attendais avec une grande impatience, et c’est peut-être aussi pour ça que je suis un peu déçu. Le Farnaspe d’Olga Pasichnyk n’était pas toujours à la hauteur. Il est vrai que le rôle, particulièrement gratifiant, est en réalité un vrai cadeau empoisonné, et que ses trois airs l’exposent constamment à des problèmes de vocalise, tenue de souffle et de tessiture. Pourtant, au-delà de ça, ce sont les qualités intrinsèques de son chant qui m’ont parfois déplu ; ça a manqué généralement d’ouverture, d’articulation et de clarté, contrairement à ce que disait Licida à propos de sa Bellezza. Bref, ça sonne empâté, peut-être à cause d’une maladie (on la voyait parfois renifler dès que quelqu’un d’autre avait la parole). Evidemment, la difficulté du rôle lui extorque quelques fausses notes, quelques aigus pris par en dessous, quelques vocalises trop soufflées, mais quelle endurance, quel courage ! Je saluerai particulièrement les subtiles variations dans l’intonation des vocalises lors de son dernier air, à moins que ce soit encore la maladie, et qu’alors je fantasme sur n’importe quoi ! Le duo final l’a trouvée en nettement meilleure forme, il faut dire que c’est le seul moment détendu de son rôle. Obviously c’est à elle que le public a réservé le plus d’applaudissements.

 

A ses côtés, Lucia Cirillo est une Emirena noble, digne et sensible, mais ses trois airs de factions assez semblables ne lui permettent malheureusement pas d’exploiter une large palette d’affects. C’est d’autant plus dommage qu’elle est une actrice assez fine et à l’aise sur la scène. Néanmoins, il nous reste à savourer son beau mezzo à l’émission franche et d’une remarquable égalité sur toute l’étendue de la voix (grave splendide bien que peu sollicité !). Pour ceux qui la connaissent en tant que soprano II du cd Vivaldi-Galuppi sous Peter Kop