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Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!

 

*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus

 

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publié dans : Disques et lives
Vendredi 27 octobre 2006
par Clement

LA GRISELDA

 

Opera seria en trois actes de Vivaldi,

Ecrit pour Venise, teatro San Samuele, 1735

 

Livret de Zeno révisé par Goldoni.

 

Cette intégrale, je l’attendais au tournant…j’étais revenu du concert du TCE avec des sentiments mitigés, déplorant le massacre inacceptable (et non communiqué) des récitatifs réduits à la portion congrue, et rendant l’intrigue incompréhensible, privant les airs de support dramatique et l’opéra de son rythme. J’avais aussi déploré la qualité inégale de la direction de Spinosi, et de son ensemble, sans doute trop fameux en regard de leur qualité réelle.

La distribution réservait des plaisirs tout aussi inégaux : Cangemi capable du meilleur comme du pire (le célèbre « Agitata da due venti »), Prina un peu répétitive mais engagée (la faute aux coupes et une direction uniformément agitée), Ferrari scolaire mais bien chantant, Staskiewicz en magnifique découverte malgré les limites compréhensibles dans une partie extrême, Jaroussky en pilotage automatique, Davies, jeune falsettiste à jolie voix sans graves…

Quelques moments magiques pour beaucoup qui nous laissèrent sur notre faim.

 

Les changements de distribution annoncées pour le disque furent à la fois intéressants (Lemieux à la place de Prina) et inquiétants (Kermes à la place de Staskiewicz).

 

Après maintes hésitations, pourtant, j’ai craqué ; je l’ai acheté.

 

La couverture du coffret est dans le plus pur style Naïve, figurant une anorexique voilée sur fond bleu…

 

Je n’attendais pas grand-chose du disque, et si je ne saurais le placer au sommet de la discographie vivaldienne, force est de constater que je suis plutôt agréablement surpris, sur plusieurs points.

 

L’œuvre, d’abord.

J’avais réservé mon jugement à la suite du concert, qui ne présentait, en gros, que les airs. Comme le souligne opportunément la notice de présentation, comme toujours documentée et éclairante, de Frédéric Delaméa, « …le récitatif n’est pas en reste dans la réussite de cet opéra : âme du théâtre vivaldien, il demeure un élément capital de ce langage de haute maturité du compositeur, terre dramatique inaliénable que celui-ci se réserve en toute circonstance. Face à ses rivaux, Vivaldi savait demeurer inégalable sur ce terrain, lui que l’on applaudissait y compris dans des scènes toutes entières récitées ». Je suppose que Spinosi et D. Meyer auraient dû lire ce texte avant de donner le concert du TCE…

Pourtant, les récitatifs, et leur qualité dramatique, Spinosi les aime, et sait les exalter, c’était particulièrement le cas dans son beau disque de La Verità in Cimento.

Ici donc, on retrouve enfin l’intégralité des scènes, et l’opéra reprend sa force dramatique, animé par un chef attentif et des chanteurs investis. On suit les longues scènes récitées sans ennui, et les airs judicieusement sertis dans la trame dramatique recouvrent tout leur impact, au delà de la pure beauté musicale. Elément capital, ils permettent avant tout de différencier avec finesse les divers affects traversant le rôle-titre, auquel sont dévolus cinq airs enlevés, et qui, hors contexte, paraissaient par trop univoques lors du concert.

Significativement, ici, Marie-Nicole Lemieux et Spinosi présentent des airs soigneusement différenciés de ton ; la direction est beaucoup plus contrastée d’un air à l’autre, et ainsi souvent notablement ralentie.

C’était une idée un peu étrange de confier à la bouillonnante Anna Girò le rôle de la soumise Griselda, d’autant que dans son calvaire, elle n’a pas l’occasion de s’épancher doucement, hormis un arioso au II inspiré du sublime « Sonno se pur sei sonno » du bien antérieur Tito Manlio. Mais, nous l’avons dit, l’équipe musicale a eu soin, ici, de rendre leur subtilité aux différents airs agités de Griselda. Lemieux, plus que Prina (et nous mettrons ceci sur le compte des différentes « éditions » de la partition qu’elles eurent à interpréter), donne une image féminine du personnage, rend son côté doux et soumis, ses plaintes et sa douleur. Elle sait tout autant fulminer et exprimer la rage et la révolte du personnage, qui ne se cabre contre son traitement qu’au travers de ses confrontations avec Ottone, finalement exutoire bienvenu.

 

Le personnage de Costanza paraît assez proche de celui campé par Scarlatti : Cangemi incarne la jeune princesse dans les deux œuvres, au disque. La version vivaldienne est d’une difficulté effroyable, mais les trois airs sont des joyaux, « Agitata da due venti » ayant déjà été chanté par Poulenard, Kirby, ou Bartoli avant la renaissance des opéras de Vivaldi. L’air « Ombre, larve » du III est un de ces moments suspendus et magiques, d’une grâce mélancolique typique des années 1730, qui font chavirer… oserais-je trouver que Vivaldi, ici comme dans Bajazet, a avant tout cherché à gâter son interprète, l’ahurissante Giacomazzi, et que les deux derniers airs ne tombent pas parfaitement en situation, ou plutôt la dépasse un peu dans l’expression. C’est en tout cas faire la fine bouche, car, au disque, Cangemi est excellente. On sait qu’elle peine, c’est peu dire, dans « Agitata da due venti » sur le vif, mais les facilités du studio lui permettent une interprétation quasi sans faille. Le volubile « Ritorna a lusingarmi » du I et le « Ombre, larve » du III ont perdu, passant en studio, de leur charme et de leur magie, question d’ambiance et de direction. Vocalement, cela reste très bon, et dans l’incarnation tout à fait convaincant. Ajoutons que Cangemi s’invente des ornements assez riches allant chercher dans l’aigu. Ornements nouveaux par rapport au concert, où cet aspect avait de manière générale été assez négligé (au disque, Damien Colas a fait des suggestions aux chanteurs, indique la notice. Suggestions pas forcément toujours d’un goût parfait, mais souvent prenantes et finalement bienvenues et efficaces).

 

Le rôle de Gualtiero est ici un peu en retrait, mais il faut sans doute en accuser le ténor Stefano Ferrari, qui manque là encore de personnalité et de charisme. A part un certain manque de grave, on en voit guère ce que l’on pourrait reprocher à se prestation vocale, surtout vu la façon dont il enlève le redoutable « Se ria procella » et ses interminables passages. Cet air ne manque pas de charme et d’aplomb, cependant le reste est parfois un peu scolaire : le dernier air n’est guère marquant. Par rapport au concert cependant, on le sens plus serein et régalien, et il tient son rang très honorablement au sein de la distribution.

 

J’ai déploré dans le rôle du rival Ottone qu’on ait évincé Blandine Staskiewicz, qui m’avait profondément séduit, de style, de caractère, de timbre, de maîtrise – malgré les graves limites au III et les aigus limites au II, mais à sa décharge l’écriture est assez paroxystique en terme de tessiture.

Dans ce que je connaissais d’elle, Kermes s’est toujours révélée fade, mauvaise diseuse (cantabile guimauvesque), chanteuse aux moyens intéressants, mais utilisés avec un goût bien discutable. Un premier extrait m’avait laissé dubitatif. Et bien je dois avouer qu’elle m’a ici assez surpris, au final. Plusieurs raisons à cela : je pense, tout simplement, que jouer les méchants travestis l’a beaucoup plus amusée que de jouer les prime donne en souffrance, et qu’elle a trouvé à s’exprimer dans le côté « too much », toutes notes extrêmes dehors, d’Ottone. Par ailleurs, entourée de tempérament dramatiques de la trempe de Cangemi ou Lemieux, et cornaquée par le bouillant Spinosi (on est loin de la politesse anglosaxonne de Curtis, son chef et pygmalion), elle a certainement pu sortir de certaines habitudes, facilités, et de sa réserve.

Studio oblige, elle assure des graves globalement sonores et correctes, le reste ne lui posant pas de problèmes : elle va bien sûr chercher des suraigus percutants dans des da capo hardis ; Avouons que pour une fois, cela se prête bien au rôle. On entend, bien sûr, d’autres défauts habituels : consonnes trop effacées dans les mouvements lents, souffle parfois très audible sur certaines attaques, mais l’incarnation, notamment dans les récitatifs, est tout à fait convaincante, et on lui pardonnera pour cette fois.

Ajoutons enfin que ses trois airs sont parmi les plus beaux de Vivaldi, surtout le très napolitain de style « Vede orgogliosa l’onda » du I, ondoyant et mélancolique, et le « Dopo un’orrida procella » déchaîné du III. Pour ce premier air, cependant, je chéris toujours l’interprétation enivrante de Staskiewicz en live…

 

Peu à dire des falsettistes, ici. Roberto est un rôle qui convient bien à Jaroussky, sorte d’antihéros vaguement sympathique, et un peu énervant par son côté victime, propre à beaucoup de rôles de castrat soprano – l’interprète a ici sa part de responsabilité, évidemment : il s’écoute toujours un peu chanter.. Que l’on songe à Selim de La Verità in Cimento, par exemple. La tessiture lui convient assez bien, le studio lui procurant des graves plus faciles et séduisants qu’en live. Sa partition n’est pas inoubliable, mais tout à fait plaisante, tout de même, comme « Estinguere vorrei la fiamma », auquel l’art délicat de Jaroussky se prête bien.

 

Les airs de Corrado sont également agréables, mais le poli Lestyn Davies ne dépasse guère, dans toute ses interventions, la joliesse châtiée. On croit peu à son rôle, tout de même assez secondaire. Son timbre clair est par ailleurs relativement séduisant, mais comme beaucoup de ses « congénères », il manque cruellement de graves, même en studio !

 

La direction de Spinosi, enfin, se distingue comme souvent par son souci de souligner le dramatisme de la partition, notamment via les effets rythmiques. Connu et populaire pour son côté survitaminé, souvent excessif dans les mouvements rapides, décharnant trop la substance sonore afin de souligner le squelette dynamique des airs, il trouve ici une certaine modération. Je persiste à trouve que l’ensemble Matheus sonne un peu sec, et manque de plénitude. Spinosi pourrait encore polir les phrases musicales, les couleurs être soulignées encore. Il a un peu perdu, et c’est dommage, le charme qu’il est capable de distiller sans crier gare dans certains cantabile magiques, même après un récitatif grossièrement enlevé, comme c’était le cas en concert. Les airs rapides et de demi-caractère sont en revanche mieux rendus, et nous avant déjà remarqué combien le rôle de Griselda y a gagné. Les reprises richement ornées contribuent, en outre, à donner plus de substance à l’œuvre.

Les excès entendus ça et là dans Orlando Furioso ou dans le concert de Griselda me semblent maîtrisés et aplanis en studio, c’est peut-être une impression trompeuse mais c’est tant mieux.

Par ailleurs, je pense que Spinosi aurait intérêt à s’attaquer à des compositeurs de style galant, car je pressens que la grâce et l’épanchement d’un Porpora ou d’un Hasse pourrait, finalement, mieux lui correspondre que la furie la plus typiquement vivaldienne ; c’est du moins ce qui ressort de l’écoute de ses plus belles réussites à mon sens chez le compositeur vénitien, et qui touche souvent les airs les plus « napolitains ».

 

Finalement, l’intégrale n’est pas honteuse du tout, et donne enfin de l’œuvre une image cohérente et séduisante, qui dépasse les pures splendeurs répandues par cette partition de la maturité Vivaldienne. Quelle période faste que ces années 1730 !


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publié dans : Radio & Tv
Vendredi 27 octobre 2006
par Caroline
Semaine du 28 octobre au 3 novembre :
 
 
 
TELEVISION:
 
 
        ¤¤  Requiem de Maurice Duruflé (Allemagne, 2006, 43mn): dimanche 29 à 19h00  (ARTE) 
enregistré lors du concert annuel donné en hommage aux victimes des bombardements de Dresde en 1945
Réalisateur TV: Elisabeth Malzer
Chef d'orchestre: Fabio Luisi - Orchestre: Sächsische Staatskapelle Dresden
Interprètes: Jane Henschel, Christian Gerhaher, Chor der Sächsischen Staatsoper Dresden
  
 
 
 
RADIO:
 
 
        ¤¤  Festival de Royaumont (Concert donné le 1er octobre 2006) : samedi 28 à 9h05  (FM)
Hugo Wolf : Mörike Lieder
Clémentine Margaine : mezzo-soprano; Edwin Crossley-Mercer : baryton
Emmanuel Christien et Michaël Guido : pianos
 
 
        ¤¤  La femme sans ombre de R. Strauss (donné le 6 ["Non, le 12!"] octobre 2006, Théâtre du Capitole à Toulouse) : samedi 28 à 19h07  (FM)
(pour les détails voir l'article de Bajazet)
 
 
        ¤¤  Récital de Leontina Vadura (le 29 [ou le 1er ??] septembre 2006 à Tours): dimanche 29 à 12h07  (FM)
Fauré, Debussy, Ravel, Alessandresco, Enesco, Massenet, Poulenc...
Leontina Vaduva : soprano - Anne-Marie Fontaine : piano
 
 
        ¤¤  On the town de Bernstein : dimanche 29 à 21h  (Radio Classique)
F. von Stade; T. Hampson; S. Ramey - Direction: M. Tilson Thomas
 
 
        ¤¤  Grandes journées Marin Marais (Versailles le 15 octobre 2006) : lundi, mardi et jeudi à 15h02  (FM)
(oeuvres instrumentales et transcriptions, notamment d'Alcide)
 
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: René Jacobs : lundi 30 à 19h07  (FM)
                       
 
        ¤¤  Mitridate, re di Ponto de Mozart (Salzbourg le 23 août 2006): nuit de lundi à mardi à 1h du matin  (FM)
(détails sur 'Vivace') I. Bohlin; R. Croft; B. Mehta; N. Or; M. Persson - Minkowski - Les Musiciens du Louvre
[n'était-ce pas déjà la même affiche en 2005?] 
 
 
        ¤¤  Antonio Caldara (20 octobre 2006 Radio France) : mardi 31 à 10h02  (FM)
Elena Monti : soprano - Violoncelle et direction : Christophe Coin - Ensemble Baroque de Limoges
Introduzione, recitativo, aria di Lusinda, extraits de l'opéra Sancio Pansa governatore de la Isla de Baratara; Recitativo, aria di Maddalena; Recitativo, aria di Lisinga 
+ Giuseppe Tartini: Concerto pour violoncelle et orchestre en ré Majeur; Georg Matthias Monn: Concerto pour violoncelle et orchestre en sol mineur; Marc Antonio Ziani: Sinfonia a 4; Johann Josef Fux: Rondeau a 7
 
 
        ¤¤  Alcyone de M. Marais : mercredi à 4h du matin  (FM)
Minkowski - J. Smith; G. Ragon; J.P. Fauchécourt; V. Le Texier; V. Gens
(détails sur 'Vivace') [je crois que c'est une redif (?)]
 
 
        ¤¤  Ercole amante de Cavalli, ballets de Lully (le 9 octobre 2006 salle Gaveau): mercredi 1er à 20h  (FM)
Solistes, choeur et Orchestre de l'Académie Baroque d'Ambronay
Direction : Gabriel Garrido
 
 
        ¤¤  Tonos y Tonadas (22 octobre 2006 à Radio France): jeudi 2 à 10h02  (FM)
Musique baroque espagnole et chansons populaires sud-américaines
Barbara Kusa : soprano ; Raquel Andueza : soprano ; Luis Rigou : flûtes sud-américaines; Luth, vièle, guitare et direction : Eduardo Egüez - La Chimera
 
 
        ¤¤  La vie baroque: Philippe Jaroussky : jeudi 2 à 21h  (Radio Classique)
                       
 
        ¤¤  Bastien et Bastienne et Le Directeur de théâtre de Mozart (le 30 juillet 2006 à Salzbourg):  nuit de vendredi à samedi à 1h du matin  (FM)
(détails sur 'Vivace')

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publié dans : Représentations
Vendredi 27 octobre 2006
par Caroline

Terfel à Pleyel  (15 octobre 2006)

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PROGRAMME du concert de Bryn Terfel avec l’ONF dirigé par Yannick Nézet-Séguin :

WAGNER :

- Die Meistersinger : Ouverture et « Was duftet doch der Flieder »

- Tannhäuser : « O du mein holder Abendstern », puis l’ouverture.

- Der Fliegende Holländer : « Die Frist ist um »

Entracte

MOZART :

- Don Giovanni : Ouverture, puis « Madamina, il catalogo è questo »

- Le nozze di Figaro : « Non più andrai »                                                                                         

- Air de concert : « Io ti lascio, oh cara, addio »

VERDI :

- La forza del destino : Ouverture

- Falstaff : « Ehi ! Paggio !… L’onore ! Ladri ! »

BERNSTEIN :

- Candide : Ouverture

RODGERS :

- South Pacific : « Some enchanted evening »

LEIGH :

- Man of La Mancha  : « Impossible dream »

Rappels :

- MOZART : Don Giovanni : La serenata
- BIZET : Carmen : « Toréador »

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Diffusion prévue sur France Musique jeudi 26 octobre à 20h.

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D’autres, je l’espère, nous feront des comptes-rendus détaillés sur ce qu’ils auront entendu et développeront les aspects musicaux de ce concert ; pour ma part, je tenterai simplement de vous faire partager ce que j’ai observé et ressenti.


Impressionnant. C’est le premier mot qui me vient. Impressionnant le bonhomme, la voix, la maîtrise, et puis aussi l’éclectisme du programme (dans 4 langues, en plus).

C’était la première fois que j’allais voir Terfel en concert et pour le voir, je l’ai vu, puisque j’étais placée au 2e rang d’orchestre, juste devant lui. Je donne cette précision parce que d’une autre place mon attention se serait assurément portée sur d’autres choses et mes impressions auraient été sans doute bien différentes. Là, j’ai pu l’observer tout mon soûl.

 

 

Il a une présence sur scène assez incroyable, presque magnétique ; on ressent dès son entrée en scène une sorte de puissance du dedans, si je puis dire (sans doute renforcée par l’aspect du dehors évidemment !), mais cette force que l’on sent en lui, cette puissance qui passera par la voix, on le sait, est utilisée aussi scéniquement et dramatiquement. C’est une sorte de force potentielle que l’on devine là, que l’on ressent là, et qui fait trembler d’avance à l’idée qu’à un moment cette énergie se libérera et fatalement nous engloutira par sa puissance. Il va constamment jouer avec cela et tout particulièrement dans les Wagner. Dans son premier air, cette énergie est totalement contenue, retenue ; cela est rendu par une immobilité parfaite : bien droit, les bras pendants le long du corps, mais sans rigidité, il n’a pas eu le moindre mouvement (même du petit doigt, j’ai vérifié !) ; seule la tête a droit à un minimum de mobilité, mais c’est surtout le regard qui porte le jeu et l’enjeu du personnage.

Pour l’air de Tannhäuser, il a gardé la même position, mais a serré les doigts de la main gauche ; c’est tout.

Ensuite il s’est assis et est resté sur scène pour écouter l’Ouverture de Tannhäuser [Peut-on d’ailleurs m’expliquer pourquoi l’ouverture a été jouée après l’air ?… y aurait-il une raison qui m’échappe ?…]. C’était encore très peu d’expression, prenant soin de ne pas trop observer le chef, ou les musiciens, mais en les surveillant tout de même du coin de l’œil.

Puis, l’air du Hollandais. Toute la sobriété, toute la retenue précédente était sans doute nécessaire pour faire retentir cet air et laisser ‘exploser’ le personnage. Je n’ai aucune habitude de Wagner (je n’en suis pas encore là), donc je ne peux guère comparer ou juger s’il a chanté cela comme il convient ; ce que je peux dire, c’est que c’était magnifique, de la résignation à la colère, en passant par le désespoir, tout était prenant et parfois même terrifiant. La voix y était pour beaucoup bien sûr, mais c’est aussi qu’il avait bougé. Son premier geste, toujours le bras le long du corps, a été de serrer le poing (et quel poing !!), et quand enfin il a avancé un pied et écarter les bras, c’était une montagne qui avait bougé et qui défiait les enfers ; c’était effrayant, il semblait redoutable et en même temps désespéré. J’ai vraiment beaucoup aimé cette interprétation et vocalement et dramatiquement, si je puis dire.

 

 

Après l’entracte, changement de répertoire, on passe à Mozart. [L’orchestre était un peu moins fourni, mais toujours très… bruyant.] Terrain bien plus connu il me semble. De nous, de lui, et de nous avec lui. Donc il s’est amusé, très à son aise, un peu trop peut-être puisque, mine de rien, il s’est tout de même bien emmêlé les pinceaux dans les paroles de « Non più andrai » ; mais il avait déjà mis le public dans sa poche avec l’air du catalogue, jouant avec le programme de Pleyel, mimant le « vecchie » ou la « piccina » en valet insolant et cabotin en l’absence de son maître.

Pour l’air de concert, « Io ti lascio », il a retrouvé sobriété et douceur ; cet air était très beau et très touchant, donné tout en émotion retenue et tendresse. Il l’a chanté face au public placé derrière l’orchestre, montrant son dos pendant 3 minutes à une salle devenue plus silencieuse pour mieux entendre. [petite parenthèse : que va donner la captation de Radio France ?… souffle, es-tu là ?… j’y ai pensé aussi lorsqu’il est resté quelques instants accroupi sous les micros lors de l’air du catalogue ; il m’étonnerait que la prise de son ait suivi...]

Pour l’air suivant, il était devenu… Falstaff ! Un Falstaff tonitruant, gras, fat et… jubilatoire. Comme on était loin de la délicatesse du petit air de Mozart ! et pourtant on y croyait tout autant.

Les 2 airs de Broadway ne m’ont guère réconciliée avec ce répertoire que je ne goûte guère, il est vrai ; je n’ai pas été très convaincue et il m’a semblé que la salle non plus. Les applaudissement m’ont paru plus mous… ou étaient-ce juste les miens ?

 

 

 

 

Ensuite le luth a annoncé le rappel en venant s’installer sur scène pour jouer la sérénade de D. Giovanni, mais Terfel, lui, est allé se promener à l’orchestre, jouant avec une rose rouge et les femmes qui se trouvaient sur son passage ; sur son passage il y avait Mme Sarkozy, bien en vue, alors il s’est avancé vers elle et… à chanter pour la dame d’à côté. Il a réservé sa rose pour une petite fille, qui s’en souviendra, c’est sûr, puisqu’elle était totalement terrorisée, recroquevillée sur son siège, détournant la tête, n’osant pas même regarder cette montagne à la voix qui se faisait pourtant douce, mais à laquelle elle faisait signe de s’éloigner complètement désespérée et voulant qu’on la laisse tranquille.

Il m’a semblé que ce passage dans la salle avait fait frémir le public de contentement (mais c’est sans doute parce que j’étais très près du lieu de passage…).

En fait les rappels ne furent pas une troisième partie de concert, mais un « bonus », une petite friandise, un petit moment pour s’amuser et se quitter avec le sourire aux lèvres et un air dans la tête. Tout le concert a été construit ainsi, du reste, allant du ‘sérieux’, du ‘lourd’, à la légèreté, c’est-à-dire à la musique légère. Et qu’y a-t-il au delà de ces airs dits ‘populaires’ ?… eh bien, vous et moi qui massacrons Carmen dans notre salle de bain. Alors, allons-y ! Allons jusqu’au bout puisque le concert est terminé, que les choses sérieuses ont été faites, entonnons « Toréador » tous en chœur ! J’avoue que le clin d’œil m’a amusé.

De l’immobilisme par lequel il avait commencé à la salle Pleyel qu’il fait chanter en mesure, la performance est remarquable et l’ironie pas loin…

 

 

Je suis très contente de ma soirée ; Terfel a été tel que je l’imaginais (et même un peu au delà…) et je suis même prête à regarder son Falstaff et à entendre le Hollandais en entier !

 

 

Ah, oui, je n’ai rien dit de l’orchestre… Je n’étais sans doute pas à la place idéale pour cela. Ce que je peux dire, c’est qu’Y. Nézet-Séguin était très enthousiaste et l’orchestre était très… bruyant.

 

 

C.


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publié dans : Représentations
Samedi 21 octobre 2006
par Bajazet

Richard STRAUSS / Hugo von HOFMANNSTHAL

La Femme sans ombre

Direction musicale : Pinchas Steinberg
Mise en scène : Nicolas Joel
Décors : Ezio Frigerio
Costumes : Francesca Squarciapino
Lumières : Vinicio Cheli

 

 

L’Empereur : Robert Dean Smith, ténor
L’Impératrice : Riccarda Merbeth, soprano
La Nourrice  : Doris Soffel, mezzo
Barak : Andrew Schrœder, baryton
La Femme de Barak : Janice Baird, soprano
Le Messager des Esprits : Samuel Youn, basse
La Voix du Faucon / Le Gardien du Seuil : Silvia Weiss, soprano
L’Apparition du jeune homme : Martin Mühle, ténor
Une Voix d’en-haut : Qiu Lin Zhang, alto
Le borgne : Hans-Peter Scheidegger, baryton
Le manchot : Gregory Reinhart, basse
Le bossu : Ricardo Cassinelli, ténor
Les 3 servantes : Gersende Dezitter, Zena Baker, Elsa Maurus


Chœur et Maîtrise du Capitole
Orchestre du Capitole

Toulouse, Théâtre du Capitole, 18 octobre 2006

  

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Dernière représentation de la série dans un théâtre plein à craquer et très grand succès pour ce qui constitue globalement une réussite exceptionnelle, musicalement surtout. Tous les rôles, à une exception discutable près, trouvent des interprètes admirablement adéquats, jusque dans les petits rôles : Youn est un Messager tellurique, Sylvia Weiss donne à la Voix du Faucon un grand pouvoir d’évocation, et Martin Mühle est sensationnel de beauté vocale et d’ascendant (et accessoirement propre à incarner scéniquement ce fantasme commandé qu’est l’apparition du jeune homme). Pinchas Steinberg, habitué des lieux pour Wagner et Strauss, offre un mélange de tension et de netteté au service du tranchant des passages les plus dramatiques comme des lignes chambristes des passages méditatifs, et jamais il ne couvre les chanteurs, veillant à ne pas saturer une acoustique flatteuse. Du grand art, dont la fin de l’acte I et celle, apocalyptique, de l’acte II, ou encore le monologue de l’Empereur à la fauconnerie, auront offert des exemples impressionnants. 

 

Rarement la collaboration de Frigerio et Squarciapino au Capitole aura donné un résultat aussi convaincant. L’opposition du monde d’en-haut et du monde d’en-bas qui structure le livret et le sens même de la fable est représentée par un basculement ingénieux du décor, constamment utilisé dans les 3 actes avec modifications selon les tableaux. Le spectacle présente ainsi à la fois une grande cohérence et un caractère évolutif particulièrement sensible pour les scènes du monde des Esprits.

Au lever du rideau, situé sur la terrasse du palais impérial, un cube minéral monumental (Frigerio aime ça manifestement) est rempli symétriquement par quatre volées de degrés qui alternent au sol avec de grandes grilles carrées, sortes de soupiraux qui suggèrent le monde des humains, celui de la sueur et de la servitude dont la teinturerie de Barak, flanqué de ses frères infirmes, est l’allégorie. On retrouvera ces grilles carcérales en ombres portées au début de l’acte III quand Barak et sa femme se désolent séparément (et symétriquement). Lorsque la Nourrice descend avec l’Impératrice dans le monde des humains, les escaliers s’élèvent pour former le toit de l’antre de Barak, espace noirâtre éclairé en fond de scène par trois grandes ouvertures rondes, en hauteur, d’où émane une lumière désolée et surtout d’où vient tomber par moments ce qu’on devine être des paquets de tissus trempés, agrégés les uns aux autres en morceaux informes, de sorte que ces rejets excrémentiels, résidus du monde du travail, reçoivent une charge symbolique qui est une trouvaille particulièrement heureuse. À la fin de l’acte II, pour la scène de cataclysme (« Übermächte sind im Spiel ! » crie la Nourrice ), c’est une brume tourbillonnante que crachent avec fureur les trois trouées rondes : spectacle magnifiquement réglé.

Si au cours des va-et-vient entre les deux mondes, la teinturerie ne change guère, en revanche la scène d’en-haut présente des métamorphoses fort bien conçues, qui en laissant la structure de départ parfaitement reconnaissable, ajoutent des éléments toujours plus monumentaux, librement inspirés du Jugendstil, mais sans l’excès qu’on pouvait craindre. La scène de la fauconnerie reprend le décor d’escaliers initial mais avec trois piliers plans disposés symétriquement, avec effet d’écume bleuâtre dans leur partie haute. L’arrivée de l’Impératrice au Temple reprend une partie des escaliers, surplombée par la double porte, tandis que pour le grand monologue « Vater, bist du’s ? » la scène semble avoir dilaté la structure en degrés, surmontée du trône et encadrée par deux énormes piliers bombés décorés de motifs floraux à la Klimt qui permettront grâce aux éclairages des variations de couleur et de climat pour toute la seconde partie de l’acte III. C’est alors que le monde d’en-haut se pare de couleurs chaudes, alors que depuis le début c’était un clair-obscur lunaire, dans les bleus, gris et violets, qui régnait. Ce jeu sur les éclairages et le clair-obscur me semble d’ailleurs une réussite du spectacle en ce qu’il met en valeur les climats de rêve ou d’effroi essentiels à cet opéra : par comparaison, la mise en scène d’Andreas Homoki au Châtelet il y a 12 ans péchait par le choix systématique d’une lumière blanche et crue. De façon générale, la machinerie du merveilleux est excellement réalisée, avec une grande beauté plastique : Nourrice emportée sur sa barque, apparitions tentatrices à l’acte II, scène narcissique du miroir.

  

Bref, le spectacle a le mérite (souvent souligné) de la lisibilité, jouant la carte d’un merveilleux raffiné. On n’en est que plus surpris et déçu de trouver la Teinturière rivée à sa TV, assise sur une chaise de camping, feuilletant un magazine pour bovary moderne, fumant et descendant une bouteille de whisky avec affectation… Comme dans le récent Crépuscule des dieux toulousain, où les Nornes étaient des SDF avec caddy déglingué et vieille TV, on se demande ce que cherche exactement Nicolas Joel, en dehors du cliché non seulement grossier mais hétérogène au reste du spectacle (Barak et ses frères ont l’air de sortir des bas-fonds de Dickens ou de la forêt de Sherwood, eux !). L’image est particulièrement appuyée puisque le spectateur doit essuyer les grimaces de Janice Baird en pauvresse frustrée non seulement à l’acte I mais encore au II. Je sais bien qu’il faut faire quelque chose de la Teinturière scéniquement, mais pour le coup on n’est pas loin de tomber dans une simplification assez grossière dont le personnage finit par pâtir, sans parler de l’incohérence esthétique. 

 

Cela dit, la faiblesse du spectacle réside dans la défaillance de la direction d’acteur : refrain connu. Les interprètes de l’Empereur et de l’Impératrice ont beau être vocalement fantastiques (du point de vue de l’art du chant et de la beauté vocale, ils dominent la distribution à mon sens), ils sont aussi assez gauches scéniquement, surtout lui, et on les sent livrés à eux-mêmes. Le prix de la présence scénique revient cependant à la Nourrice  : le rôle est certes payant théâtralement, mais on sent chez Doris Soffel un investissement dramatique permanent, un port admirable, et une réelle finesse dans la gestuelle maléfique requise. La prestation de Janice Baird me laisse en revanche sceptique, j’y reviendrai. 

 

Venons-en à l’interprétation vocale. Peu applaudi au rideau final (le rôle n’est pas payant comme d’autres, de fait), Robert Dean Smith m’a paru exceptionnel : la voix est solide mais jamais lourde ni forcée, le chant musical, précis et nuancé (j’ai rarement entendu le monologue du II aussi magistralement chanté). L’allemand est d’une netteté parfaite. Il a juste ce qu’il faut d’héroïsme, mais aussi et surtout cette délicatesse expressive absolument nécessaire. Il forme ainsi un couple particulièrement assorti avec Riccarda Merbeth, qui a offert pour moi la performance vocale la plus accomplie de la soirée. Ce qui peut gêner (c’est le cas d’une amie rencontrée à l’entracte), c’est sa prudence : l’actrice est certes timide, mais on sent peut-être trop qu’elle négocie ses sauts de registre vertigineux dans le suraigu en les préparant soigneusement, comme un athlète attend avant de se lancer. Le suraigu, parfaitement assuré, ne transperce pas non plus comme une torche : les amateurs de sensations fortes seront déçus. En conséquence, on peut trouver qu’il lui manque cette flamme et cette fièvre qui rendent Rysanek inoubliable. Et pourtant… le timbre, idéalement lumineux, juvénile et moelleux (volupté à lui seul !), rappelle parfois la toute jeune Rysanek, ou plutôt une sorte d’hybride de Rysanek et de Reining. Eh oui, j’ose le dire : après une entrée un peu en retrait, l’art de Merbeth à l’acte III m’a rappelé Maria Reining. Si elle n’a pas ce feu et cet effroi qu’exhalaient Varady ou Rysanek, la splendeur juvénile et confiante de la voix, un chant d’une tenue et d’un naturel impressionnant, la rondeur « blonde » de la voix, quelque chose aussi de vulnérable et d’immédiatement touchant. Le monologue dans le Temple a été un sommet musical et poétique. 

 

La Nourrice de Doris Soffel, quant à elle, est un régal. Je connaissais cette mezzo par des disques de musique sacrée naguère ( la Messe de Ste-Cécile de Haydn avec Popp, Moll et Kubelik), je savais qu’elle avait remplacé Rysanek morte en Clytemnestre à Salzbourg (elle avait essuyé des critiques peu flatteuses), je ne m’attendais pas à une incarnation aussi forte. Son gros point faible, c’est le grave qu’elle n’a pas : même en parlando, que c’est dur… Mais pour le reste, la caractérisation, l’intelligence, le refus de l’univocité, le mélange d’âpreté saisissante et de nuances insinuantes, elle s’approche de près de ce qu’on imagine de Fassbaender dans le rôle. Vraiment une incarnation de première force. 

 

Enfin, le couple des humains est assez nettement contrasté. C’est un peu la configuration Fischer-Dieskau/ Borkh dans le live de Keilberth (DG) : un baryton assez léger apparié à une Elektra. Andrew Schrœder a souvent chanté au Capitole (Billy Budd, Onéguine, Mandryka la saison dernière) : si sa voix n’a pas l’âpreté ni la noirceur qu’on associe généralement au rôle (voir Schöffler ou Berry), il s’impose par l’humanité, la douceur douloureuse et la tenue musicale du chant (la ligne !). C’est magnifique. La voix passe d’ailleurs sans problème mais sans éclat : mais l’éclat est-il une qualité première ici ?  

 

Reste le cas de Janice Baird, grande triomphatrice au rideau final, et qui une fois de plus me laisse très perplexe. Grande voix, projection phénoménale, femme svelte et séduisante ; dans l’aigu, c’est magnifique, un peu métallique comme il sied à un soprano dramatique mais d’une liberté et d’une aisance que n’avait guère Varnay (que sa voix peut en effet évoquer parfois). Mais ce qu’avait Varnay, pour garder cet exemple, et qu’elle n’a désespérément pas, c’est la noblesse et la tenue vocale. J’avoue une allergie chronique aux sonorités de Baird dans le grave et le bas medium : ça sonne hommasse, gros, grossi, assez vulgaire, et en conséquence le texte devient incompréhensible (son allemand est par ailleurs très moyen). Qu’on ne vienne pas me dire que la femme de Barak est une pauvresse en haillons et que donc… Ce manque de classe déparait déjà sa Brünnhilde. Qu’en sera-t-il de son Isolde ? On verra bien : personnellement, je n’irai pas vérifier, mais entendre Baird se débattre avec les grandes phrases lyriques de la Teinturière à la première scène du III, ici dépourvues de ligne (constamment hâchée), d’élégance et perdant parfois la justesse, ne prédispose pas à l’optimisme.

Mais le problème n’est pas seulement vocal, il touche aussi au jeu scénique de l’interprète. On va répétant que c’est une bête de scène, que sa présence est stupéfiante, etc. Je m’estime d’autant plus à même de juger que j’ai vu Gwyneth Jones dans le rôle. Or c’est peu dire qu’elles ne boxent pas dans la même catégorie : le jeu de Baird relève plus souvent du cinéma muet le plus convenu que de l’art de la tragédienne. Il est d’ailleurs étonnant que ses mouvements corporels soient si raides, et sonnent si j’ose dire faux, mais passons. Ce qui est fondamentalement gênant, c’est l’impression d’assister à une gamme binaire d’expressions de sitcom : je fais la gueule / je souris à la caméra. À preuve, son jeu à la fin du II, sourire large et béat « à l’américaine », passe par trop à côté de l’humanité du caractère et de son ambiguïté. Manque d’humanité, tout simplement : une belle femme, dotée d’une grande voix, fait un numéro un  peu épais. Disons que l’organe a englouti le personnage. Quitte à paraître excessif, je soupçonne en fait qu’elle n’est pas très intelligente, ni musicalement, ni dramatiquement. Cela ne change rien de toute façon au fait qu’elle est la plus applaudie, venant recueillir les acclamations avec une complaisance appuyée.


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publié dans : Radio & Tv
Samedi 21 octobre 2006
par Caroline
Semaine du 21 au 27 octobre :
 
 
 
TELEVISION:
 
 
        ¤¤  Georges Aperghis, compositeur (France, 2006, 53mn) : samedi 21 à 22h30  (ARTE)
Réalisation : Catherine Maximoff
Détails       
 
        ¤¤  Le petit Chaperon rouge (France, 2006, 43mn) : dimanche 22 à 19h00  (ARTE)
Réalisateur: Jean-Baptiste Mathieu - Compositeur: Georges Aperghis - Metteur en scène: Georges Aperghis
Interprètes: Sophie Liger (piano), Hélène Schwartz (piano), Fanny Paccoud (violon), Pierre Lassailly (clarinette), Mathieu Steffanus (clarinette), Pierre Lambla (tuba et saxophone)
Lumière: Thomas Costerg
Détails


 
        ¤¤  La nouvelle Babylone (URSS 1929, muet): dans la nuit de vendredi 27 à samedi 28 à 1h20 du matin  (ARTE)
Musique (retrouvée assez récemment) de Chostakovitch
 
 
 
RADIO:
 
 
        ¤¤  La querelle des bouffons: La tragédie lyrique : samedi 21 à 18h  (FM)
Par A. et B. Dratwicki
 
 
        ¤¤  Rodelinda de Haendel (Version de 1725, donnée le 30 juin 2006 au Festival de Beaune) : samedi 21 à 19h07  (FM)
Karina Gauvin : Rodelinda; Daniel Taylor : Bertarido; Caitlin Hulcup : Eduige; Anna Burford : Unolfo; Paul Agnew : Grimoaldo; Alan Ewing : Garibaldo
Gabrieli Consort et Players - Direction : Paul McCreesh
 
 
        ¤¤  Mahler : Symphonie n° 2, "Résurrection" (le 30 septembre 2006 à Monte-Carlo): dimanche 22 à 12h07  (FM)
Ruth Ziesak : soprano; Iris Vermillion : alto; Chef de choeur : Simon Halsey - Rundfunkchor Berliner
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Direction : Marek Janowski
 
 
        ¤¤  Salomé de R. Strauss : dimanche 22 à 21h  (Radio Classique)
C. Studer; L. Rysanek; B. Terfel - Deutsche Oper de Berlin - Direction: G. Sinopoli
 
 
        ¤¤  La Passion selon Saint-Matthieu de Bach (donné le 23 septembre 2006 au Festival d'Ambronay ) : lundi 23 à 20h  (FM)
Marcos Fink : Jésus; Julius Pfeifer : L'Evangeliste; Sunhae Im : soprano; Lawrence Zazzo : alto; James Gilchrist : ténor; Johannes Weisser : basse
Akademie für Alte Musik Berlin - Rias-Kammerchor - Direction : René Jacobs
 
 
        ¤¤  La vie humaine ou le Triomphe de la Piété, de M. Marazzoli (15 septembre 2006 au Festival d'Ambronay) : mercredi 25 à 10h02  (FM)
Claire Lefilliâtre : La Vie Humaine; Camille Poul : L'Innocence; Isabelle Druet : La Faute, L'Aurore; Jean-François Lombard : La Raison; Arnaud Marzorati : Le Plaisir
Chef de choeur : Daniel Bargier - Choeur de chambre de Rouen - Le Poème Harmonique - Direction : Vincent Dumestre
                  
 
        ¤¤  Chung / Tézier (au Châtelet le 15 octobre 2006): mercredi 25 à 20h  (FM)
Joseph Haydn: Symphonie n°44 "Funèbre" ; Gabriel Fauré: Requiem
Henriette Bonde-Hansen : soprano; Ludovic Tézier : baryton
Chef de choeur : Alfonso Caiani - Choeur de Radio France -Orchestre Philharmonique de Radio France -Direction : Myung-Whun Chung
 
 
        ¤¤  Cantates de Johann Sebastian Bach (Concert donné le 29 septembre 2006 en l'église-musée des Augustins à Toulouse, Festival international Toulouse les Orgues) : jeudi 26 à 10h02  (FM)
Anne Magouët : soprano; Jean-Louis Comoretto : alto; Sébastien Obrecht : ténor; Stephan Imboden : basse; Jan Willem Jansen : orgue
Les Passions-Orchestre Baroque - Ensemble Jacques Moderne - Direction : Jean-Marie Andrieu
 
 
        ¤¤  Bryn Terfel (Concert donné le 15 octobre 2006 à Pleyel): jeudi 26 à 20h  (FM)
Wagner, Mozart, Verdi, Bernstein, Rodgers, Leigh, Bizet
Orchestre National de France - Bryn Terfel - Direction : Yannick Nézet-Séguin
 
 
        ¤¤  L'époux trompé et L'oie du Caire de Mozart (le 3 août 2006 à Salzbourg): dans la nuit de jeudi à vendredi 27 à 1h du matin  (FM)
(détails sur 'Vivace')
 
 
        ¤¤  Festival Musica (30 septembre 2006 à Strasbourg): vendredi 27 à 15h02  (FM)
Klaus Huber; Wolfgang Rihm; Robert H.P. Platz
Orchestre Philharmonique du Luxembourg - Daniel Hope : violon - James Bobby : baryton - Cornelia Kallisch : alto
Direction : Robert H.P. Platz
 
 
        ¤¤  Roméo et Juliette de Berlioz (en direct du TCE) : vendredi 27 à 20h  (FM)
Choeur de Radio France - Orchestre National de France
Isabelle Calls ( et non Joyce Di Donato) : mezzo-soprano - Pavol Breslik : ténor - Kyle Ketelsen : baryton-basse - Chef de choeur : Martino Faggiani  
Direction : Sir Colin Davis
 

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