Strauss, Der Rosenkavalier
Opéra Bastille
Générale du 29.11.06
Die Feldmarschallin Anne Schwanewilms
Der Baron Ochs Franz Hawlata
Octavian Hanke Vandung (orthographe non contractuelle!)
Herr von Faninal Olaf Bär
Sophie Heidi Grant Murphy
Annina Helene Schneiderman
Direction Phillipe Jordan
Mes Herbert Wernicke
Retour de générale mi-figue, mi raisin.
La mes m'a beaucoup plu, elle a la grande qualité d'offrir la rêverie à ceux qui viennent chercher de l'emerveillement à l'opéra grâçe à une grande force de séduction visuelle, et de proposer une reflexion à ceux qui ne peuvent s'empecher de cogiter devant un contre-ut. Comme je me considère comme faisant partie des deux catégories, j'ai été comblé! Certes c'est souvent un peu lourd et appuyé, certes l'acte I et toute la scène de la maréchale sont d'un vide intersidéral, mais tout le reste fonctionne superbement. J'ai même apprécié le tracé en pointillé qui sert aux machinistes de piste pour déplacer les tours miroitantes, sur ce sol noir, on eu dit des constellations.
L'orchestre était beau, limpide, précis, élégant, pas tonitruant, sensible, grace à la direction structurée et cohérente de Phillipe Jordan, vraiment du très bon boulot...mais si cela convainct toujours, cela ne ravit jamais. Aucune magie ne se dégage de la fosse contrairement à la Salomé d'Haenchen, si ce n'est la magie intrinséque à certains instruments (les petits scintillement argentés qui viennent de je-ne-sais-quoi par exemple). J'aurai aimer être plus emporté par les grands mouvements orchestraux, mais jamais je n'ai décollé. Un peu dommage...
Plus dommage encore la petitesse vocale du plateau, constamment couvert par l'orchestre qui ne jouait pourtant pas fort!! Excepté Hawlata, très bon acteur, chanteur vivant et rustre en diable, à la projection aussi puissante que la vulgarité de son personnage, tous les autres chanteurs passent très mal l'orchestre et, ce qui est pire, ne se distinguent que très peu. Grant Murphy est une actrice rudimentaire, une chanteuse à l'aigu acide, au grave inaudible, seuls ses pleurs au II étaient convaincants: on est bien plus près de la mauvaise soubrette que de la délicate bourgeoise. Vandung qui remplacait Kassarova au pied levé était juste mais trop sage (sans doute du au fait que la mes lui est encore peu famillière), et n'avait rien de la fougue du jeune comte de 17 ans, un peu trop sérieuse sans doute. Reste que pour un remplacement c'est très honorable. Schwanewilms est une maréchale, bien chantante, élégante, d'une grande classe, avec un véritable sens du texte, mais la voix est trop petite et se perd dans Bastille; de plus l'interprétation est trop placide et n'émeut pas plus que qu'une statue de marbre à l'allure altière, cela manque d'humanité et surtout, surtout, surtout de philosophie: il est loin le petit sourire mélancolique et désabusé de Felicity Lott; et si Schwanewilms à pour elle la jeunesse et la noblesse d'apparat du rôle, elle n'a pas la noblesse de pensée, du coup l'acte I est franchement longuet. Bär ne m'a pas marqué du tout; par contre la commère de Schneiderman est remarquable de sens dramatique et de maitrise vocale, notamment dans les imprécations de la mère au III.
Bref j'espère que cette production sera reprise avec des chanteurs de premier rang; le Rosenkavalier est certes une oeuvre difficile, mais l'ONP a les moyens de la réussir, avec une distribution autre que cette jolie mais insuffisante équipe. Par contre je vous rappelle qu'il s'agissait d'une générale et que le faible investissement dramatique des protagonistes ainsi que leur faible volume vocal (Ochs excepté) y est sans doute du.





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