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Il catalogo è questo

13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 23:59

Roberta Invernizzi


UPDATE de cet article ici: 

http://almaoppressa.wordpress.com/2014/10/07/roberta-invernizzi-letoile/ 


C'est sans doute la plus grande soprano baroque vivante, de Monteverdi à Haydn, rien ne lui résiste: une large tessiture, un sens inouï de la coloration, des aigus fulgurants, une virtuosité à tout épreuve et surtout une délicatesse dans le phrasé, un art de dynamiser le verbe par l'esprit qui n'appartient qu'à elle. Si l'on ajoute que la discographie de la dame est immense, on s'étonne que son talent soit si peu reconnu sur scène et qu'elle demeure si peu connue du grand public. Pour tenter de réparer cette injustice criante, un cavalier qui surgit hors de la nuit, cours vers l'aventure au galop, son nom il le signe à la pointe de son clavier, d'un L qui veut dire Lici!

 

DISCOGRAPHIE
(accrochez-vous, c'est long!)

Evidemment je ne connais pas le quart de sa discographie, et parmi ce que je possède, j'ai du à peine en écouter la moitié attentivement car elle a beaucoup enregistré de musique du XVIIème siècle qui me passionne moins; c'est surtout par ses live que je la connais (dans la seconde partie du portrait). Ainsi, pour éviter les répétitions, je ne commenterai que le peu de disques que j'ai pu écouté soigneusement - les commentaires exterieurs sont naturellement les bienvenus pour remplir les trous! Comme d'habitude, je souligne les disques qu'il me semble prioritaire d'écouter pour découvrir ses qualités. Je ne mets ici aucun extrait musical, mais les plus beaux airs qui s'y trouvent sont souvent disponibles à l'écoute sur Youtube (je vous conseille notemment la chaine de Crindoro, qui en est fan et illustre ses morceaux de superbes tableaux).

*Alfonso X, Cantigas de Santa Maria

*Bach, Passion selon Saint Jean - Fasolis

*Bach, Messe en do - Fasolis

*Bach, Magnificat & Cantates - Fasolis

*Badia, La Fuite en Egypte - Florio


*Battiferri, Vola de Libano

*Boccherini, Stabat mater - L'Archibudelli

*Buxtehude, Membra Jesu nostri - Fasolis

*Caccini, Dolcissimo sospiro - Rasi

*Caresana, Per la Nascita del Verbo - Florio

*Carissimi, Jonas, Dives Malus, Beatus vir - Fasolis

*Cavalli, La Statira - Florio

Superbe disque: oeuvre très émouvante, même pour moi qui ai du mal à me laisser emporter par cette musique; Florio est un chef très attentif à la précision et à la plenitude du son, ainsi qu'au soutient de ses chanteurs indispensable dans ce genre d'oeuvre très dramatique. Evidemment tous les chanteurs ne sont pas aussi excellents qu'Invernizzi, Florio tournant souvent avec son équipe de chanteurs méritants et très honnêtes mais à qui il manque souvent une voix plus impressionante. Si comme moi vous avez du mal avec ce repertoire, la lecture du livret à l'écoute me semble indispensable, sans cela (et à moins que vous ne compreniez parfaitement l'italien), vous louperez tout ce qui fait le charme de l'interprétation d'Invernizzi qui donne ici constemment dans la nuance et l'intention délicate.



*Cavallo, Il Giudizio universale - Florio

*Colonna, Nisi dominus & Mottetti - Cera

*Dowland, Come away, come sweet love - Rasi

*Draghi, La Vita nella morte - Coin

*Durante, Lamentationes Jeremiae prophetae & Vespro breve - Fasolis

*Ferrari, Il Sansone - Curtis

*Fiocco, Messe - Florio

*Gagliano, La Dafne - Garrido

*Gossec, Grande messe des morts - Fasolis

*Handel, Cantates pour le marquis Ruspoli - Bonizzoni

Dommage que dans ce deuxième volume, Invernizzi chante peu de chose puisqu'elle partage les parties de soprano avec Galli, jolie soprano très agréable et investie mais qui n'a pas du tout le feu de sa consoeur pour animer ces petits opéras que sont les cantates de Handel. Cela dit je n'ai écouté que partiellement ce disque et je me base surtout pour juger Galli sur sa prestation en Ange chez Scarlatti dans La Santissima Annunziata.

 

*Handel, Cantates pour le cardinal Pamphili - Bonizzoni

Superbe disque, un complément idéal à celui que Kozena avait enregistré avec Minkowski: la démarche est ici plus exhaustive puisque Bonizzoni a prévu d'enregistré toutes les cantates romaines quand Minkowski n'avait retenu que les plus célèbres pour un disque historique. Bonizzoni et son ensemble sont excellents, un son très italien, très proche de celui de Marcon et son Venice Baroque Orchestra, avec un surcroit d'aisance harmonique qui les rapproche d'Alessandrini et son Concerto Italiano. Invernizzi est bien sur délirante, et sait aussi bien rendre la virtuosité allegrement sage d'un Tra le fiamme que la gravité du Da quel fatal giorno.


*Handel, La Lucrezia & autres cantates - Retablo barocco

*Handel, Floridante - Curtis

*Handel, Rodrigo - Curtis

*Handel, Te Deum & Dixit dominus - Fasolis


*Haydn, Il Ritorno di Tobia - Spering

Une très belle version d'une des plus belles oeuvres vocales de Haydn: Hallenberg est boulversante, Karthaüser un peu absente et Invernizzi souffre parfois d'une direction très rapide qui donne quelques vocalises un peu survolées mais le rôle de l'ange est de loin le plus difficile du point de vue de la virtuosité, avec des écarts de tessitures importants et des vocalises aussi précises qu'abondantes. Bref ce n'est pas parfait, mais cela reste d'excellente facture et à découvrir absolument.

*d'India, Sivlio e Dorinda - Curtis

*Jommelli, Don Trastullo - Florio

*Jommelli, Veni creator spiritus - Florio

Frédéric: Le CD Jommeli-Porpora etc est une petite merveille que j'ai acheté juste après l'Olimpiade tellement Invernizzi m'a plu. Ell y est époustouflante de virtuosité dans le Motet de Jomelli comme dans la cantate qui suit.

Clément: J'ai ce Veni creator spiritu, c'est par ce disque que je l'ai découverte. J'avais aimé, sans être époustouflé, à l'époque. C'était les premières publications de Florio et de la collection Tesori di Napoli.
Je l'ai réécouté il y a peu : elle est expressive et pleine d'esprit, jolie voix, moins appuyée dans le grave qu'aujourd'hui, ce n'est pas encore aussi personnel qu'à la "maturité" disons, mais très plaisant. C'est une cantate de Sabatino qui la met le plus en avant. Il y a du reste une chaconne de Jommelli que je trouve magnifique, sur ce disque, et que Florio reprenait dans ses concerts avec Ciofi (Cimarosa, Di Majo, Piccinni...).


*Latilla, La Finta cameriera - Florio

*Legrenzi, La Morte del cor penitente - Sonatori de la gioiosa marca

*Lotti, La Vita caduca - Curtis

*Monteverdi, A voce sola con sinfonie - Rasi

*Monteverdi, Intégrale des duos (2 volumes) - Curtis

 

 

*Monteverdi, Vespro della beata Vergine - Alessandrini

*Monteverdi, Orfeo - Garrido

*Paisiello, Pulcinella vendicato - Florio

*Paisiello, Passionne di Gesu Cristo - Fasolis

Carlupin: Rien que pour Roberta, il faut y faire une petite halte. Cela suppose évidemment de voir à travers la jaquette, peu engageante ! Les airs dévolus à Pietro la mettent vraiment en valeur, car généralement l'orchestre est discret et ne fait que ponctuer ses interventions. Ces parties très douces demandent une grande souplesse et un art du verbe auxquels le soprano s'atelle avec un bonheur évident. Son dernier air "Se a librarsi in mezzo all'onde" tranche significativement par sa vivacité et sa voltige. Là encore, c'est un sans faute, on est proche de la jouissance ! Il semble parfois que les couleurs du médium disparaissent pour ne laisser agir que son grave rageur et son aigu transperçant.

L'oeuvre, bien que fort belle et inventive, n'est pas souvent convaincante. La pompe de la plupart des airs s'accorde mal à l'intimité de la scène relatée par Métastase. L'air que j'évoque juste au-dessus est un exemple parfait. Malgré son titre, il ne décrit absolument pas le tumulte de la tempête, mais l'enfant qui apprend à nager. Pourtant, tout l'attirail de l'aria di tempesta répond présent, depuis les volutes aux cordes jusqu'aux cors, en passant par toutes les pirouettes et les sauts d'octave à la voix... Sur le même texte, Caldara était plus attentif, à défaut d'être excitant. A écouter donc, en oubliant le livret. En plus, personne ne démérite dans cette version, bien au contraire.

 

*Piccini & Sachini, Arias - Florio (Versailles)

Critique ici.


*Porpora, Dorindo, dormi ancor - Velardi

*Provenzale, Mottetti - Florio

*Provenzale, La Colomba ferita - Florio

*Provenzale, Vespro - Florio

*Purcell, Beati omnes - Fasolis

*Rossi, Madrigaux - Curtis

*Scarlatti, La Santissima Trinita - Biondi

Une très bonne façon de découvrir la musique d'Alessandro Scarlatti: la distribution est brillante et, cela n'arrive pas si souvent au disque, Invernizzi n'est pas seule à briller, puisqu'elle est accompagnée de Gens et de Genaux; Biondi dirige l'oeuvre d'une façon alerte et toujours un peu sèche mais qui convient très bien à ce débat théologique en musique tout de même bien plus séduisant qu'une somme de Saint Thomas!


*Stradella, Moro per amore - Velardi

*Stradella, Esule dalle sfere - Velardi

*Stradella, Lo Schiavo liberato - Velardi

*Vinci, Le Zite 'n galera - Florio

*Vinci & Leo, L'opera buffa - Florio

*Vinci, Cantates et intermezzi - Florio

 

De jolies pieces notemment une en espagnol (Addios!), un programme intéressant sur les passerelles entre l'Italie napolitaine et l'Espagne, mais on reste un peu sur notre faim: les intermezzi même brillement interprétés, c'est tout de même toujours un peu la même chose, et Invernizzi ne chante (superbement) qu'une seule cantate, la seconde est confiée à un contralto de second ordre comme Florio sait malheureusment si souvent en trouver.

*Vivaldi, Motezuma (Teutile) - Curtis

 

Vous n'avez aucune excuse pour ne toujours pas connaître ce disque! Non seulement l'oeuvre est magnifique (même DavidLeMarrec le dit!), mais c'est le plus beau disque de Curtis qui semble enfin se reveiller de sa mollesse habituelle et enfin la distribution est époustouflante dans les airs comme dans les récitatifs qu'on a rarement entendu si investis pour un opera seria. Pour ne parler que d'Invernizzi, elle campe une Teutile cristalline qui ne semble s'incarner que dans la souffrance, c'est absolument prodigieux, elle semble se dépasser elle même à chaque air, cette musique lui semble si naturelle qu'elle réussi ce petit miracle que seules de rares monstres sacrés réussissent: chanter avec le même naturel que celui de la parole. Sans doute le meilleur disque pour la découvrir.

*Vivaldi, L'Olimpiade - Alessandrini

 

Superbo di me stesso! Comme beaucoup c'est avec ce Megacle que je la découvrais; ce premier opéra de l'édition Naïve est une franche réussite. Je n'ai jamais entendu ailleurs qu'avec Alessandrini une telle homogénéité de l'orchestre qui semble constemment nimbé dans la basse continue comme Venise dans la brume, une direction très dix-septiemiste donc d'une douceur parfois torrentielle (Quel destrier, E troppo spietato, Gemo in un punto...). Outre le glorieux Megacle de notre héroïne du jour dont l'italien est un pur rêve, on notera la présence de la superbe et ténébreuse Mingardo en Licida (que je découvrais aussi et à qui je dois d'avoir choisi ce pseudonyme) et de la non moins marquante Prina (encore une découverte avec ce disque qui est décidemment celui de bien des révélations). En plus cet livret est un des plus réussis et connu de Metastase, donc vous ne pouvez pas passer à coté.

*Vivaldi, Vespri per l'Assunzione di Maria Vergine - Alessandrini

 

Un disque indispensable mais pas forcément pour elle: pour les oeuvres absolument, pour Alessandrini aussi, pour Mingardo surtout qui signe les plus beaux Nisi Dominus et Salve Regina de la discographie à mon humble avis, pour Bertagnolli aussi qui chante un très réussi Laudate pueri même si ce n'est pas le meilleur que l'on connaisse. A Invernizzi ne reviennent finalement que des parties d'ensembles qui sonnent comme de luxueuses transitions entre les pièces les plus célèbres. Ses apparitions sont néanmoins remarquables, notemment un superbe Ascende laeta.

*Vivaldi, Dixit Dominus (+ 3 psaulmes de Galuppi) - Kopp

SuperGarfield:  Ce disque possède l'intérêt d'être un inédit Vivaldien, un troisième Dixit découvert, très beau, très semblable à celui enregistré par Alessandrini chez Naïve. Cependant, Kopp ne semble pas très familier de cette musique, et c'est un peu trop mesuré. L'approche un peu trop lisse pour convaincre pleinement, et le choeur n'est pas très incisif. Les solistes sont très bons, particulièrement Mingardo, Invernizzi et Agnew, très suprenant d'agilité et de phrasé dans le "Dominus a dextris tuis", réplique quasiment complète de la 1ere section du fameux air "Alma Oppressa" de la Fida Ninfa).
Les psaumes de Galuppi sont intéressants également, de vastes dimensions et de facture assez impressionnante (beaucoup d'alternances choeur-solistes au sein d'un même morceau).
A connaître pour l'intérêt de l'inédit.


*Vivaldi, La Silvia - Bezzina

Une des premières réssurections d'opéra de Vivaldi que l'on doit au pionnier Bezzina: l'oeuvre est agréable et champêtre, mais n'était Invernizzi, on oublierait bien vite ce que l'on entend, l'orchestre assez hésitant ou les autres chanteurs assez éffacés.

*Vivaldi, Cantates (2 volumes) - Concerto vago

Ces deux disques ne sont plus disponibles dans le commerce; je ne connais que le premier volume. Il souffre malheureusement d'un accompagnement extrêmement réduit qui, à force de jouer à fond la carte du madrigal, rend toutes ces pièces rares assez interchangeables. Invernizzi a beau y mettre tout le soin qu'on lui connait, c'est très beau mais guère marquant faut de caractérisation d'ensemble suffisante.

*Vivaldi, Gloria & Magnificat - Gubert


*Ziani, Assalone punito - Curtis


*Musica delle capelle di Napoli - Florio

*Salon napolitain

*Récital, Donne barocche - Bizzarie Armoniche

 

Un de ses trop rares récital, consacré ici à des "compositrices" du XVIIème et XVIIIème siècles. J'ai un peu du mal à parler de la qualité des morceaux présentés ici étant peu familier de ce répertoire, mais voilà un disque que j'écoute avec beaucoup de plaisir, même si l'ensemble qui l'accompagne me semble parfois un peu trop mériter son nom (Bizzarie armoniche).

 

*La Vendetta - Bizzarie Armoniche

*O dolce vita mia - Rasi

*La Notte d'amore - Curtis

*Non e tempo d'aspettare - Rasi

 

 

 

On dirait pas comme ça, mais je pense qu'il en manque, donc si vous connaissez un disque non mentionné dans cette liste, n'hésitez pas à le signaler!


 

 

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Published by Licida - dans Artistes
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commentaires

Licida 20/08/2009 16:55

Il est déjà mentioné dans les lives et annoncé à sortir en disque, je sais bien qu'il faudrait que je mettre régulièrement à jour les portraits d'artistes mais là tu est tatilloniste plus que tatillon!

Clément 20/08/2009 13:52

Le Tancredi de Rossini est très bien, chez Naxos !

SuperGarfield 20/08/2009 13:35

BOn, disons que je suis plusieurs fois tombé sur des enregistrements très moyens. Cela s'explique simplement par le fait que c'est une maison qui n'a pas forcément des millions à dépenser pour embaucher de très grands artistes, et prends sovent des orchestres moins renommés, et malheureusement, de seconde voire de troisième zone.Cela dit, il y a d'excellentes surprises (ce Haydn, par exemple, des disques de musique américaine, l'intégrale Lutoslawski par l'orchestre de Pologne,...). Et leur entreprise de réédition des historiques tombés dans le domaine public est une aubaine, à ce prix-là.PS : si on voulait être tatillon jusqu'au bout, il faudrait signaler ce Ritorno di Tobia dans la discographie d'Ann Hallenberg.

Licida 19/08/2009 22:47

Alors comme ça tu préjuges de la qualité des enregistrements Naxos simplement parce qu'ils ne sont pas chers? C'est David LeMarrec qui va pas être content! 

SuperGarfield 19/08/2009 00:16

Je viens de découvrir le fameux Ritorno di Tobia, de Haydn, chez Naxos : la vache !Je suis soufflé par la qualité de cet enregistrement. Moi qui avait le préjugé que les disques Naxos, puisque pas chers, étaient forcément moyens, l'écoute de l'enregistrement m'a fait largement changer d'avis.Non seulement, l'oeuvre est superbe (pas aussi libre de ton et aussi géniale que les symphonies, mais bon...), mais en plus, si bien servie ! Karthaüser est un peu palotte, mais se défend correctement, la basse est plus qu'honorable, Anders J. Dalhin est vraiment excellent, mais la véritable bataille se joue entre Hallenberg et Invernizzi, et pour ma part, je n'ai pas pu départager encore, tant elles sont extraordinaires. Quant à l'orchestre, il est parfait, souple, puissant, riche, et dirigé avec naturel.Quelle bonne surprise ! :D