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Il catalogo è questo

19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 16:57

Chorégraphie et mise en scène Pina Bausch
Décors, costumes et lumières Rolf Borzik

Rôles dansés
Orphée Yann Bridard
Eurydice Marie-Agnès Gillot
Amour Miteki Kudo 

Rôles chantés
Orphée Elisabeth Kulman 
Eurydice Svetlana Doneva
L’Amour Hélène Guilmette 

Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet

Balthasar-Neumann Ensemble & Chor
Direction musicale
Thomas Hengelbrock

Il m'est assez malaisé de parler de danse, aussi reprendrè-je simplement la discussion que nous avons eu sur un autre fil avec Caroline et Baja, et pour me faire pardonner ce repiquage, vous trouverez en fin d'article la vidéo du ballet des Furies.

Bajazet
On pourrait rajouter Hengelbrock à la liste des grands baroqueux qu'il ne serait pas mauvais d'entendre régulièrement en France. Je l'ai toujours entendu excellent au disque ou à la radio (il dirige à peu près tous les ans au festival de Schwetzingen) mais dans cet Orphée à Garnier, je les ai trouvés extraordinaires, son ensemble et lui. 

Licida
Oui Hengelbrock c'est vraiment formidable, dans cet Orphée comme dans le premier il y a deux ans il est fabuleux. Il avait aussi réussi le miracle de faire sonner baroque l'orchestre de l'opéra de Paris pour Idomeneo

Bajazet
Il avait dirigé ça pour un spectacle de ballet mis en scène, je crois, par Achim Freyer. L'enregistrement existe chez DHM. 
Dommage que l'Armida de Haydn qu'il a dirigée à Schwetzingen n'ait pas été gravée : c'était avec Iano Tamar, Torsten Kerl et Rensburg. Dommage surtout qu'il ne revienne pas à Garnier pour Iphigénie ^^

Je n'ai pas vu tout le spectacle mais la chorégraphie m'a transporté. C'est d'une beauté impérieuse, d'une puissance plastique qui laisse pantois. C'est la première fois que je suis vraiment ému par un ballet (non, je ne dirai pas combien de ballets j'ai vus). Ce qui m'a fasciné, c'est de à quel point l'esprit de la chorégraphie est juste par rapport à la musique (avec une osmose merveilleuse entre la fosse et la scène précisément) et à quel point c'est allemand. Je n'y connais rien en ballet mais on sent que Bausch est l'héritière d'un esprit allemand de l'art, ou bien est-ce moi qui fantasme ? Qu'elle ait tenu à ce que l'opéra, comme pour Iphigénie en Tauride, soit chanté en allemand, cela s'impose comme une évidence ou une nécessité.
Après ça, entendre Brigitte Lefèvre dire à l'entracte qu'ell a envie de "pousser un cri d'amour vers Pina" semble totalement déplacé.
Gubernatis dans Le Nouvel Obs souligne que Bausch a arrondi les angles avec le temps, que la chorégraphie de 1975 était plus noire, plus âpre, plus tragique. En tout cas, la fin "tragique" avec reprise du début fonctionne parfaitement : ça coule de source. Je me suis juste demandé si David Balagna n'avait pas trouvé là de quoi remplir sa boîte à malice.
Le site d'Arte caractérise le spectacle par la formule "une danse éthérée".
Éthérée ???????!! 

Licida
Tout à fait, et ce qui me semble le plus impressionnant c'est l'économie qui renforce la "frappe" de cette chorégraphie: avec peu de danseurs sur scene, Bausch réussi parfaitement à rendre la tourmente des enfers ou la béatitude qui suit. Le dédoublement de chaque personnage en un chanteur et un danseur est parfaitement maitrisé au point de rendre superflu le travestissement de la chanteuse. De plus en donnant un titre à chaque acte (Deuil; Violence; Paix; Mort) elle participe pleinement à cette simplicité éloquente voulue par Gluck. Du coup on pardonne bien aisément la traduction, les coupes et l'absence de surtitres tant le spectacle est cohérent et parle de lui même. Par ailleurs, je crois que cette retransmission était un évenement, puisque Pina Bausch s'était jusqu'ici opposée à ce que l'on présente une de ses chorégraphie à la télé ou en dvd. A part un petit bout de Café Muller dans "Parle avec elle" d'Almodovar, il n'existe rien je crois.

Pour Hengelbrock, c'est aussi lui qui dirigeait le superbe Telemaco de Scarlatti. 

Caroline
(Hengelbrock va diriger la Sonnambula de Bartoli à Baden-Baden au printemps.) 

C'était la première fois que je regardais un ballet.

Voilà, je l'ai dit.

Licida
Ben c'est pas mal de commencer avec Pina Bausch ;) Prochaines étapes: Béjart, Kylian, Preljocaj, Neumeier et Waltz. Et on peut voir tout ça à l'opéra de Paris! 

Bajazet
Je me souviens avoir vu "Café Müller" ou "Nelken" (je ne sais plus) en captation vidéo au Goethe Institut il y a très longtemps. Sauf à ce que la mémoire m'abuse, il y a eu donc des enregistrements.

Et de cette économie, de cette rigueur sublime naît le fantasme du spectateur, me semble-t-il. C'est non seulement sublime à contempler mais cela donne fortement à imaginer. Et puis la chorégraphie intègre magnifiquement cette espèce de dimension rituelle qu'il y a chez Gluck, sans jamais de raideur pourtant.
Franchement, quelle importance d'avoir des surtitres en l'occurrence ? Pour Iphigénie en Tauride, ce serait sans doute nécessaire si on ne connaît pas l'opéra, mais là ? Ça montre d'ailleurs en retour à quel point le livret de Calzabigi procède d'une épure.
Je ne trouve pas du tout gênant l'allemand ici, et même cela me semble une composante esthétique du spectacle. 


Caroline
"Je ne trouve pas du tout gênant l'allemand ici, et même cela me semble une composante esthétique du spectacle."
Oui, je l'ai ressenti aussi comme ça. Au fur et à mesure, il m'a semblé normal que ce soit en allemand (alors qu'au début, je toussais un peu quand même); il y a une cohérence entre ce que l'on nous montre et la sonorité de la langue, je trouve.

Licida
Et puis "Oeilrudiké" ça sonne tout de même plus tragédie grecque qu'Eurydice ;) 

Bajazet
Je viens d'aller regarder ce qui se disait du spectacle sur divers forums : ay ay ay. Je passe sur ceux qui montent sur leurs grands chevaux parce que ce n'est pas surtitré (on croit rêver), mais le plus amusant c'est de voir le pinaillage sur le choix de l'allemand (qui de toute façon a une légitimité historique, mais passons) et sur le fait qu'il manque l'air à vocalises d'Orphée alors qu'on trouve normal en d'autres circonstances que Marc Barrard chante le rôle de l'Amour. J'ai tendance à oublier combien le public d'opéra peut être obtus, eh bien voilà, je me rappelle. 

Caroline
"Le dédoublement de chaque personnage en un chanteur et un danseur est parfaitement maitrisé "
Même au début?...
Je viens de revoir la deuxième partie; là, ça fonctionne très bien, sans doute aussi parce que les chanteuses ont des choses à faire. Au début, je ne suis pas sûre... mais c'est peut-être une question de cadrage, les danseurs étant toujours priviligiés.

Ben, à la télé, on avait des sous-titres, quand même, ça n'avait rien d'incompréhensible, je pense. 

Un plan rapproché sur Wesseling, au moins au moment des rappels, aurait été le bienvenu... 

Licida
Oui au début aussi il me semble que l'on comprend parfaitement: pour Oprhée la prostration du danseur liée aux cris de la chanteuse, pour l'amour les virevoltes de la danseuse liés à légereté de la voix de la chanteuse, puis tout le jeu autour de la marelle et du tracé vers les enfers...

Le soir où j'y étais Kuhlmann et Guillmette chantaient, c'était très honnête et la première a même fait montre de qualités expressives que je ne lui connaissais pas. 

Dans Télérama cette semaine, après avoir nommé le chef et les trois danseurs principaux: "et l'on voudrait presque s'excuser ici de ne pas citer l'ensemble des chanteurs et interprêtes de cette production"... c'est sur que nommer les trois chanteurs et le nom de l'orchestre/choeur ça prend une place folle! 

Je viens de voir la retransmission télé et c'est très décevant par rapport à ce que j'ai vu: bien sur il y a la focalisation forcée inévitable pour toute retransmission tv, mais là c'est aggravé par le fait que les caméras ne suivent que les danseurs!! Si Pina Bausch a choisi de mettre les chanteurs sur scène et non dans la fosse comme le choeur, c'est qu'il y a une raison, bordel! Il ne faut pas les traiter comme de la tapisserie! Je comprend maintenant pourquoi, Caroline, tu trouvais le dédoublement mal maitrisé au début: notemment à l'entrée de l'amour, on ne voit presque jamais la chanteuse! Certes Bausch est surtout une chorégraphe mais pourquoi vouloir de toute force réduire une de ses rares mise-en-scènes à une simple chorégraphie? L'interêt du spectacle est aussi voire surtout dans l'impossibilité de le classer schématiquement en tant qu'opéra ou ballet. Visiblement l'oeuvre d'art total, à Arte, ils ne connaissent pas! 
Ah oui, et au fait Baja, tu n'as pas relevé le nom de la présentatrice? :o) 

"les danseurs étant toujours priviligiés"
Il n'y en a que pour eux même! Heureusement qu'ils sont très bons. 

Bajazet
Art total, ok, mais était-il possible de tout filmer, de tout rendre à l'écran ? Je n'ai pas vu le spectacle en salle, hélas, mais j'en doute, et je conçois qu'on privilégie la danse, après tout. On sent bien que certaines choses nous échappent, mais c'est le lot de toute captation TV, même soignée, non ? 

Caroline
La réponse est: oui. ;-)

Sérieusement, nous avons eu droit au cadrage type préconisé par le fascicule n°1 intitulé "Filmons la danse". En vérité, ça marche; mais comme il y avait AUSSI des chanteuses et que ce mixte n'est prévu dans aucun fascicule, il y avait quand même frustration.
Sans rire, je me suis demandé s'il y avait des cadreurs (ceci n'est pas une vacherie!) ou s'ils avaient laissé des caméras fixes, peut-être automatisées; il faudrait que je revois le générique. 




Et comme je suis tout à fait d'accord avec Caroline, voilà donc un passage purement dansé pour éviter de voir les chanteurs évités: il s'agit donc ici du ballet des furies, mais point de furies dans la chorégraphie de Pina Bausch; je vous laisse deviner les personnages infernaux qui dansent ici - pour ma part je n'en ai reconnu que quatre dont un à trois têtes - je vous aide là ;)

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

licida 26/02/2008 14:13

Bienvenue Arianna! Merci pour votre commentaire.

Ariana 25/02/2008 18:25

Bonsoir à tous,Passant par ici par hasard, je me suis arrêtée avec bonheur sur ce dialogue autour de la production d'Orphée et je me permets quelques mots.J'ai assisté au spectacle en salle le 16 février, pour la représentation transmise en direct, et il faut dire que sur scène, à aucun moment les chanteuses ne paraissent évincées.Voire à l'inverse, elles sont omniprésentes car indissociables des corps, à la façon d'une dialectique.J'avoue avoir été conquise par cette "vision" d'autant plus que je m'attendais guère à ce que j'allais voir (ni dans un sens ni dans un autre), et je confirme que non seulement en dépit d'appréhensions sans doute dictées par l'habitude, l'allemand n'est en rien dérangeant eu égard à l'excellence du spectacle, mais que la tenue musicale du spectacle sous la baguette de Hengelbrock était exceptionnelle.Un spectacle qui m'a beaucoup apporté et que j'ai vraiment aimé, même si la danse n'est pas ma spécialité.Bien cordialement à tous.

Bajazet 19/02/2008 19:02

Au fait, merci pour la vidéo.
Pour le coup, j'aimerais voir un jour la Danse des Furies dans une chorégraphie "reconstituée" ;-)

licida 19/02/2008 19:00

Je ne suis pas tombé dans Gluck quand j'étais petit mais je danse aussi sur le ballet des furies et sur l'ouverture de Telemacoparfois, il m'arrive même de jouer les Jupiter tonant sous ma douche en écoutant la tempête d'Iphigénie mais depuis que je me suis électrocuté en voulant lancer la foudre tout en jouant au lasso avec la paume de douche, j'évite... et puis après c'est chiant à nettoyer...

Bajazet 19/02/2008 18:58

"Une blague"… ^^

Arrêtez de cracher dans la soupe, vous allez vous tacher, et Maxou cencic devra vous prêter un de ses pourpoints.