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Il catalogo è questo

31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 12:46

Voilà un nouvel article de Clément, qui se fait décidemment trop rare sur ce blog.


L’opéra sous Gustave III

Autour de Lovisa Augusti

 

Au cours du mois de juin, le soprano Simone Kermes s’apprête à sortir un disque consacré à des cantates de Joseph Martin Kraus composées pour la cantatrice suédoise Lovisa Augusti. Pour une fois, Mlle Kermes a eu une excellente idée et nous offre par là l’occasion de nous pencher sur la vie musicale et les interprètes du XVIIIe siècle en Suède, à la cour royale.

 

Les cantates interprétées par Simone Kermes et l’ensemble L’Arte del mondo sont La Scusa (1777) VB 43, La Pesca (1779) VB 44, La Gelosia (1780) VB 46 et La Primavera (1790) VB 47. La première et le troisième correspondent à des textes de Metastasio déjà mis en musique par Johann Hasse, par exemple, et gravés respectivement par Vivica Genaux et Véronique Dietschy.

 

Les débuts

 

La Suède s’était ouverte à l’opéra vers 1644-54 sous le règne de Christine de Suède, que l’on connaît pour sa mélomanie : ayant renoncé au trône pour se convertir au christianisme, elle fut le mécène de nombreux musiciens italiens. Ainsi les seules occasions d’entendre de l’opéra dépendaient-elles du passage de troupes étrangères. Au début du XVIIIe, certains compositeurs suédois comme Roman et Zellbell produisent avant tout des œuvres religieuses (oratorios donnés à la Storkyrka), tandis que toutes les œuvres dramatiques viennent toujours d’autres pays.

Des troupes de comédiens et chanteurs français, italiens et allemands viennent s’installer de façon permanente dans la ville, enrichissant la vie culturelle du pays. La question de la création lyrique en suédois commence à se poser, mais le premier compositeur Suédois à composer des opéras, Arvid von Höpken, commence à écrire des opéras italiens de type seria sur des livrets de Métastase, dans le style de Graun ou des Napolitains (Il rè pastore en 1752, Catone in Utica en 1753).

La reine Lovisa Ulrika, sœur de Frédéric le Grand, fait construire un premier théâtre à Drottningholm en 1754 ; celui-ci sera néanmoins détruit par un incendie dès 1762.

Les années 1750 sont une décennie importante, décidément, car en 1755, la troupe des Mingotti arrive pour la première fois à Stockholm sur invitation royale, accompagnée du compositeur bolonais Francesco Uttini. L’Italien choisit de s’installer en Suède et commence à produire des opéras sérias, toujours fidèles au modèle métastasien, ainsi que des opéras comiques français sur des textes de Favart. On compte même une mise en musique de Psyché d’après Quinault.

 

L’opéra suédois

 

Le compositeur Francesco Uttini

 

L’arrivée au pouvoir de Gustave III en 1771 est déterminante. Le roi, féru d’art dramatique, va fortement stimuler la création, doter sa ville et sa résidence de nouveaux théâtres, célébrer ses chanteurs et comédiens et surtout encourager la production d’œuvres lyriques suédoises.

À cet effet, le roi commence par congédier la troupe française et fait aménager pour des spectacles la salle de bal (Bollhuset) voisine du palais royal à Stockholm, sur l’île appelée Gamla stan (« la vieille ville »). Bollhuset est ouvert triomphalement en 1773 avec un événement exceptionnel : on y donne Thetis och Pelée, musique d’Uttini sur un livret dont la trame est de la main royale, avec l’aide d’un versificateur. Un opéra proprement suédois est enfin créé, avec des ambitions où l’on sent l’influence de la réforme de Jommelli, Traetta et Gluck :

 

« Men alla dessa svårigheter av praktisk-teknisk art övervunna, återstod ännu den största: huru sammansätta denna opera, så att den kunde med det merveilleusa underbara förena en någorlunda hållning, intérêt och prakt? Betraktade man den franska opera, detta konstens mästerstycke, så förnöjdes synen, men själen blef orörd. Betraktade man åter den italienska, så gafs allt för själen och intet för ögat. […] Med ett ord: man skulle söka en fransk syn; man skulle tillskapa ett nytt operasystem, och detta skulle bli svenskt » se souvient Gustaf Johan Ehrensvärd, premier directeur du théâtre lyrique royal.

Ainsi : « Une fois surmontées toutes ces difficultés pratiques et techniques, demeurait encore la plus grande : comment mettre en place un opéra qui puisse surprendre par son merveilleux tout en divertissant, en soutenant l’intérêt et en déployant tout son faste ? L’opéra français, ce chef-d’œuvre de l’Art, ravit l’œil du spectateur mais ne touche point son âme. L’opéra italien au contraire n’est que pour l’âme et n’offre rien de plaisant à voir. […] En un mot : il fallait rechercher la séduction visuelle des Français et créer un nouveau genre d’opéra, un opéra qui devait être suédois. »

 

L’influence française restait donc extrêmement prégnante (on le voit jusque dans la langue de l’époque, dans l’extrait ci-dessus), d’autant que le jeune roi écrivait presque plus souvent en français que dans sa langue maternelle ; on raconte du reste qu’il déclamait brillamment Corneille, Racine et Voltaire. Le projet d’opéra suédois exposé par Ehrensvärd semble correspondre assez exactement à l’œuvre de Traetta (I Tintaridi, Antigona, Ippolito ed Aricia…), mais dans les faits, Thetis och Pelée ne répond pas strictement aux canons musicaux de l’opéra italien : l’influence de la tragédie lyrique gagne également la structure de l’œuvre et la musique sans se limiter au faste des décors, machines et ballets. Le rôle de Pelée est d’ailleurs tenu par un ténor, comme tous les premiers rôles des opéras suédois à suivre, et non par un castrat.

 

Le nationalisme artistique est renforcé dans les choix de sujet suivants, qui célèbrent volontiers les figures historiques du pays : citons les rois Birger Jarl (Birger Jarl och Mechtild, Uttini), Gustav Vasa (Gustaf Wasa, Naumann), Gustav adolf (Konung Gustaf Adolfs jagt, Carl Stenborg) etc.

 

Néanmoins, à part J. C. Haeffner et l’acteur, ténor et compositeur Carl Stenborg, la création musicale demeure dominée par des musiciens étrangers : outre l’Italien Uttini, citons les Allemands J. G. Naumann, Vogler (l’abbé Vogler) et J. M. Kraus, ou encore le Suisse J. P. Du Puy. Par ailleurs, la source des livrets est essentiellement française (Quinault, Sedaine, Favart, Marmontel) ou tirée de Métastase.

 

Un âge d’or

 

Gustave III fait rouvrir le théâtre de Drottningholm en 1777, et l’activité dans ce théâtre sera très intense durant tout son règne. Il fait également construire à Stockholm la première salle d’opéra nationale, inaugurée en 1782. Bien que l’assassinat du roi mette un frein à la vie culturelle du pays, les bases d’une vie lyrique régulière étaient donc déjà bien posées.

 


Le théâtre de Drottningholm

 

Les théâtres royaux donnent le répertoire national mais aussi les habituels opéras comiques et tragédies lyriques, ainsi que quelques opéras italiens ; ces œuvres sont toutefois le plus souvent traduites et adaptées. Les œuvres de Gluck (Orfeo ainsi que les tragédies lyriques), les opéras français de Piccinni et les opéras comiques de Dalayrac, Monsigny, Grétry constituent l’essentiel du répertoire. Uttini ajoute cependant un prologue à Orpheus och Euridice, dans lequel Mlle Augusti chante Apollon ; Vogler compose également un prologue pour Armide, toujours de Gluck, et Le Tableau parlant de Grétry devient Den Talande Tavlan

 

Voici ce que Carl Stenborg, Orphée, chantait après que l’Eurydice d’Elisabeth Olin l’eut quitté :

 

Hvad gör jag utan min maka,

Hvart går jag utan min vän!

Euridice – ack hör, ack svara!

 

La volonté d’ouverture est néanmoins évidente ; en 1782, Gustave envoie son kapellmästare Joseph Martin Kraus faire le tour des principaux centres musicaux en Europe : Vienne, Londres, Paris, Naples… Le compositeur y entre en contact avec Piccinni, Gluck, Salieri, Sacchini et Haydn. Il passera quatre années à nourrir son inspiration et noter sur son carnet de voyages le détail de ce qu’il découvrait.

 

Par ailleurs, les interprètes suédois sont bien présents alors, et la qualité de leur école de chant ne s’est pas démentie depuis ; néanmoins plusieurs cantatrices étrangères occupent aussi les premiers rangs des chanteurs du pays, en ces années de bouillonnement créatif. Lovisa Augusti, honorée dans le disque à paraître, fait partie des Suédoises chéries du public.

 

Les étoiles de la scène suédoise

 

Née juive, Ester Salomon change son nom en Lovisa Salmoni [Salomoni] et se convertit afin d’avoir le droit de se produire et de mener une carrière musicale sans entraves. À l’âge de 17 ans, Lovisa chante devant le roi, alors de passage à Kristianstad. Impressionné, Gustave III l’engage pour le théâtre de Stockholm et l’attache à sa cour. La chanteuse, mariée depuis au musicien Augusti (nom qui signifie par ailleurs « août » en suédois), devient l’une des interprètes les plus en vue du pays, grâce à sa voix autant qu’à sa beauté. Un spectateur écrit « À son entrée, on croyait voir Vénus, mais quand elle commençait à chanter, c’est Apollon que l’on entendait. »

Son répertoire embrassait évidemment le champ assez large des œuvres de la cour. Elle doit avoir donné le répertoire italien en concert, comme en témoigne disque à paraître.

 

Néanmoins, faire d’elle une prima donna est peut-être exagéré : Fru Augusti (pour « Mme Augusti ») est restée en retrait de la véritable reine du chant en Suède, dénommée Elisabeth Olin. Ce soprano jouissait d’un potentiel dramatique sans doute d’une autre ampleur et fut fêté comme l’équivalent des Cuzzoni, Bordoni, Gabrielli ou Mara, bien qu’on puisse voir dans ces louanges la marque d’un certain chauvinisme. Elisabeth Olin jouait Racine (Athalie) et chantait Euridice, Iphigénie (en Tauride) comme Clytemnestre (Iphigénie en Aulide), le plus souvent avec Carl Stenborg qui était également son compagnon. Les deux partageaient l’affiche du fameux Thetis och Pelée d’Uttini, où Betty, la fille d’Elisabeth, chantait l’Amour. C’est aussi elle qui créa le rôle de la cruelle Zulma dans Cora och Alonso de Naumann. La jeunesse et le charme de Lovisa Augusti constituaient certes une féroce concurrence pour la cantatrice vieillissante ; mais elle ne lui céda la première place que lorsqu’elle était malade ou lors de ses grossesses.

 

Le soprano suédois Elisabeth Olin

 

En outre, lorsque Elisabeth Olin se retira de la scène, ce fut pour laisser la place à la Danoise Caroline Frederikke Müller (aussi appelée Halle-Müller), arrivée en Suède à la suite d’aventures amoureuses romanesques, et non à sa rivale Augusti. Müller fit sensation en débutant dans le rôle-titre d’Alceste, avant de renouveler le succès en Armide. Olin réussit à se maintenir au premier plan dans Iphigénie en Tauride.

Quoi qu’il en soit, Lovisa Augusti ne prit pas part à ces représentations et continua à chanter dans l’ombre des autres : elle n’est que Thémire dans le Roland de Piccinni, face à l’Angélique de C. Müller. Les rivales de Mlle Augusti sur la scène de Drottningholm et du théâtre national ne manquaient d’ailleurs pas, venant souvent de l’étranger : parmi les plus populaires signalons l’Allemande Franziska Stading (première Cora pour Naumann et Elektra pour Haeffner), la Polonaise Sophie Stebnowska (grand-mère de la Taglioni) et la Française Marie-Louise Marcadet, fille d’acteurs français employés à la cour… Lovisa Augusti finit par décéder prématurément à l’âge de 33 ans, décidément un bon âge pour mourir.

 

Le célébrissime soprano Gertrud Mara revient souvent comme élément de comparaison pour les chanteuses de la cour, notamment pour E. Olin ; elle fut indirectement liée au destin de Caroline Halle-Müller et enseigna le chant à F. Stading. Les cantatrices disposaient donc souvent d’une technique aguerrie inspirée des Italiens (c’était l’école de Mara). Si les œuvres suédoises sont certes très gluckistes, elles font néanmoins preuve de plus de souplesse. Certains passages vocalisants émaillent ainsi Proserpin de Kraus, Amphion ou Cora och Alonso de Naumann etc. Il faut dire que Vogler et Kraus étaient formés à l’école de Mannheim, tandis que Naumann avait repris le flambeau de Hasse à Dresde.

Lovisa Augusti semble ainsi avoir excellé dans la virtuosité suraiguë, si l’on en croit la présentation du disque à venir. Par conséquent, elle se situe dans la lignée de Mara et s’inscrit dans le goût de l’époque pour le soprano aigu, peut-être plus prononcé encore dans les pays germaniques et nordiques. On pourra se référer au dossier consacré à ce sujet mis en ligne sur ce blog. Vocalement ces pièces devraient donc aller comme un gant à Simone Kermes, qui pourra laisser Haendel et Vivaldi en paix !

 

 

Détails sur le disque à venir.

 

Discographie officielle :

 

Sont ici indiqués uniquement les enregistrements de musique pour la scène suédoise ou les voix. On trouve par ailleurs de nombreux disques, notamment de Kraus, avec des symphonies, quatuors, musique pour piano… Des œuvres de la carrière allemande de Naumann sont également disponibles.

 

Gustaviansk opera – Musica sveciae

Larges extraits de Thetis och Pelée, d’Elektra, mais aussi de Cora och Alonzo et Amphion.

Avec Hillevi Martinpelto, Gertrud Hoffstedt, sopranos ; Stefan Dahlberg, ténor ; Per-Arne Wahlgren, baryton.

The Drottningholm Baroque ensemble orchester, direction Thomas Schuback.

 

Proserpin – Joseph Martin Kraus – Musica sveciae

Opéra intégral, avec notamment le jeune Peter Mattei.

Stockholm Chamber Orchestra, direction Mark Tatlow.

 

Fiskarena – Joseph Martin Kraus – Naxos

Musique de ballet.

Svenska kammerorchester, direction Petter Sundkvist.

 

Musica sacra – Joseph Martin Kraus – SWR

Der Tod Jesu et œuvres suédoises.

Stuttgarter Kammerorchester, direction Helmut Wolf.

 

Arie e cantate – Joseph Martin Kraus – Musica sveciae

Cantate destinée au roi, extraits de Proserpin, airs italiens et français.

Avec B. Bonney et C.-H. Ahnsjö.

Drottningholm Court Theatre Orchestra, direction Thomas Schuback.


Begravningskantata för Gustavus III [cantate funèbre pour Gustave III] – Joseph Martin Kraus – Vangard

Clarion Concert Orchestra & Chorus, direction Newell Jenkins.

 

Begravningskantata för Gustavus III [cantate funèbre pour Gustave III] – Joseph Martin Kraus – Musica sveciae

Drottningholm Court Theatre Orchestra, direction Stefan Parkman.

 

Eighteenth Century Sweden In Music – Musica sveciae

Œuvres de Roman, Uttini, Kraus, Bellman, Wesström.

Avec notamment Peter Mattei.

Direction Anthony Halstead

 

Joseph Martin Kraus- A Musical Portrait – Musica sveciae

Compilation avec Peter Mattei, extraits de Proserpin, de cantates diverses.

Divers chefs.

 

Soliman II – Joseph Martin Kraus – Virgin classic

Opéra intégral.

Avec Lena Hoel, Tord Wallstrom et al.

Direction Philip Brunelle.

 

Gustaf Wasa – Johann Gottlieb Naumann – Virgin classic

Opéra intégral

Avec L. Nordin, N. Gedda, Anders Andersson et al.

Royal Swedish Opera Orchestra, direction Philip Brunelle.

 

Non officiels :

 

Cora und Alonzo (version de Dresde de Cora och Alonzo) – Johann Gottlieb Naumann – concert 2001

Opéra intégral.

Avec Inga Kalna, Bernarda Fink, Sunhae Im et al.

Concerto Köln & Kammerchor Dresden, direction René Jacobs.

 

Aeneas i Carthago – Joseph Martin Kraus – concert 1971

Acte III.

Avec E. Söderström, Rolf Björling et al.

Direction Charles Farncombe.

 

Aeneas i Carthago – Joseph Martin Kraus – concert 1979

Opéra intégral.

Avec E. Söderström, Johnny Blanc et al.

Direction Newell Jenkins.

 

Proserpina [version allemande] – Joseph Martin Kraus – représentation 2006

Opéra intégral.

Avec Alexandra Coku, J. Stojkovic, Johannes Chum et al.

Das Neue Orchester, direction C. Spering.

 

 

La liste est non exhaustive ; certains des enregistrements cités ne sont malheureusement plus disponibles.

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commentaires

hshallenberg 02/05/2009 19:21

You are all very kind here! Thank you! I am convinced that it is absolutely necessary to spread the work of these quite neglected composers, and one of the first steps is through modern editions of their major works. So I will try to keep the price as low as possible.Clément, you're right about the fact that this music is dependent on first-class singers. Fortunately I have one of todays leading mezzos in my own house (if a proud husband is permitted to say so), and she would be just perfect for Farinelli (and without trespassing into other people's casting decisions, she seems to be free to pick her favourite part if it comes to a possible recording...). Senesino's part is very virtuosic too. I can in fact understand Senesino, that he left Handel's troupe if he could still sing stuff like this and Handel refused to write coloratura for him in the last operas (e.g. Ezio, Tolomeo). Montagnana's part is in fact the most demanding coloratura-basso I have ever seen or heard, so perhaps we must rethink our judgement of the singers. (Montagnana's first aria is in fact very similar to Polifemo's "O ruddier than the cherries" from Acis!) Regarding Stenborg's Gustaf Ericsson, it is similar in his patriotic intent to Holzbauer, and the style is similar, a bit more "folkloristic" maybe and without the revolutionary approach (King Gustav was present at it's premiere, Stenborg was one of his favourite artists, both on the spoken and the musical stage). I hope you will judge jourself soon  

Frédéric 02/05/2009 15:50

With such a project, you can be sure to have the support of all posters of this blog ! The recording of an opera by Veracini would be excellent news, as well as the edition of a Porpora Series and Perez's works. All these composers are unfortunately badly known by the publis as well as the musical directors, but an edition could certainly help to rediscover them.

Clément 02/05/2009 14:26

Yes, Veracini's cast is one of the finest one could imagine at the time : the best of Haendel's former team plus Farinelli! Well, Bertolli appears like a weaker singer though Sabina is a very good and rewarding seconda donna role (Metastasio himself argued that Sabina and Adriano were the leading parts, instead of Farnaspe/Emirena) but still... I fear that this kind of over virtuosic piece might rely essentially on the vocal cast, so if an orchestra were to record it, we would need the best singers available. Fortunately we now have plenty of excellent high mezzos able to sing Farinelli's part. Montagnana was not longer in his prime, as well as Senesino, so their roles may not be as tricky as a few years earlier, though still difficult for today's singers.About Stenborg, could we say that his Gustaf Ericsson is a Swedish equivalent of Holzbauer's Günther von Schwarzburg?Perez and Sarti are both valuable composers, so keep up the great work!

hshallenberg 02/05/2009 12:10

You are really an expert, Clément.Veracini's Adriano was with an amazing cast: Farinelli (Farnaspe), Senesino (Adriano), Cuzzoni (Emirena), Bertolli (Sabina), Montagnana (Osroe). The music is incredibly Virtuosic. The most exciting news is that there is serious interest of a main baroque orchestra to record this piece! But it is still very early stages, and unfortunately the manuscript is without recitativi secci!The first night of Perez' Alessandro was one of the most spectacular events in the history of european Opera, it marked the Opening of the new Oppera House in Lissbon, a Theatre which burned down a couplke of months later, unfortunately! I'm looking very much forward to working on this piece. I have as well the music for Sarti's "Didone abbandonata" (for Kopenhagen), but I'm a one-man-business, and it takes a long time to complete an opera, so this will be a while in the future. But Veracini and Porpora will be ready in 2009, I promise!

Clément 01/05/2009 23:33

Varsågod! Det var roligt att skriva någonting om gustaviansk opera.About the list of works to be published, it is very tempting. The Veracini opera is one of the works that Farinelli sang during his stay in London, isn't it? I think Farinelli took part in the first version of Porpora's Semiramide, along with a stellar cast. The music of this composer is so beautiful, I would love to discover this famous piece.Perez' Alessandro was created with Manzuoli, and maybe Raff who was between Lissabon and Madrid in 1755?Don't know the Swedish composers, but I am curious to know more. And I am not a specialist, so feel free to correct or add any information on this article.