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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 22:08
Rossini
 La Cenerentola   ossia la bontà in trionfo

Dramma giocoso en deux actes (1817)
Sur un livret de Jacopo Ferretti

Cecilia Bartoli, Angelina
Sen Guo, Clorinda
Liliana Nikiteanu, Tisbe
Antonio Siragusa, Don Ramiro
Bruno Pratico, Dandini
Carlos Chausson, Don Magnifico
Làszlo Polgar, Alidoro

Orchestre et Chœur de l’Opéra de Zurich
Kelly Thomas, clavecin
Adam Fischer, direction musicale

Version concertante, mise en espace



Deuxième épisode de cette journée hommage à la Malibran, un des opéras les plus célèbres de Rossini, et ce à plus juste titre que La Barbier de Séville, si je puis me permettre. Le génie comique de l'italien trouve ici à se révéler avec une infinie tendresse mais aussi un coté étonnement sadique, mélange absolument détonnant.

Et Cecilia Bartoli dans La Cenerentola, ce n'est pas une interprétation de plus: on pourra certes préférer des voix plus profondes comme Lucia Valentini-Terrani, mais jamais Angelina n'aura autant souri, chanter avec autant de tendresse, et aussi impressionnante que soit Lucia Valentini-Terrani, il ne me prends pas l'envie d'aller la serrer fort fort dans mes bras à la fin, contrairement à Bartoli (et que l'on ne me parle pas de Teresa Berganza...). Mais cette Angelina ce n'est pas que de la gentillesse, c'est aussi une agilité, une virtuosité ébouriffante qui étonne toujours autant à un moment de sa carrière qui n'est justement plus son zénith. Si l'on compare avec la version de référence qu'elle grava sous la direction de Chailly, évidemment, ce n'est plus tout à fait ça: la voix a perdu en étendue et certaines vocalises fulgurantes sont moins précises, mais ces pécadilles sont largement compensées par un naturel acquis à force de jouer le rôle sur toutes les grandes scènes du monde. Par ailleurs, cette chanteuse dont on attaque toujours la projection a réussi à émouvoir le public d'une salle à l'acoustique réputée difficile, comme quoi, même à l'opéra, mieux vaut parfois savoir bien jouer que beugler. Donc oui j'ose le mot, l'Angelina de Cecilia Bartoli est historique, une réference incontournable.



La version de concert que l'on nous présentait ce soir était mise en espace et en costumes, adaptant ainsi la mise-en-scène de Zurich qui ne brille franchement pas par la finesse (ah le gag telescopé façon Cage aux folles quand Magnifico croit furtivement que Dandini veut l'épouser), mais cela a au moins le mérite de dynamiser visuellement ce spectacle, car franchement une Cenerentola chantée en rang d'oignons, on y perdrait beaucoup en folie rossinienne.

Le prince du soir était Antonio Siragusa, plutot vaillant l'amoureux, je me demande bien pourquoi personne n'entend son entrée!! Antonio Siragusa c'est un ténor rossinien idéal: une projection à décorner les boeufs, un italien précis, un vrai sens du bel canto dont il maitrise tous les ressorts techniques, une vaillance enthousiasmante. Il y manquera ce soir là juste un peu d'amour, de tendresse; comme me le disait Caroline après Elisabetta dans la même salle où il chantait Norfolc: "Il est plus crédible en traître qu'en amoureux."

Un autre qui connait parfaitement son rôle et le joue avec un naturel saisissant, c'est Carlos Chausson, très amusant Don Magnifico, qui n'hésite pas à jouer la carte de l'outrance à des moments précis et savamment préparés, évitant ainsi de tomber dans la caricature. Et on se surprend à rire encore une fois, à des blagues du livret que l'on pensait déjà connaître par coeur. Bravo.

Passées les deux pestes chantées vivement, mais avec moins de présence et d'applomb que leur soeur ou leur père, par Sen Guo et Liliana Nikiteanu, le reste de la distribution n'est vraiment pas à la hauteur. Bruno Pratico n'en peut plus vocalement et est incapable de restituer la finesse d'écriture rossinienne, du coup il se rabat sur un jeu forcé qui pour le coup verse dans la caricature. Quant à Laszlo Polgar, autre vétéran, certes il y a toujours la stature en scène, soulignée par ce costume blanc, mais ce Parrain le Magicien (vous le dites comment vous "Marraine la Fée" quand c'est un mec, hein?) est vocalement plus croulant que protecteur: y a encore du coffre, mais on est pas loin de l'anarchie question technique.

L'orchestre et le choeur de l'Opéra de Zurich enfin sont dirigés de façon extrêmement attentive par Adam Fischer, la moindre croche est intégrée dans un ensemble clair et net, tout est dans le rang... un peu trop justement, conférant à cette Cenerentola un coté militaro-prussien qui colle mal avec le bordel organisé conçu par Rossini. Mais déjà nous a-t-on épargné un orchestre pompier qui fait passer son approximation pour de la grisante folie, monnaie courante dans le Rossini buffo, donc rien que pour le soin apporté à cette superbe partition, on est heureux.





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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

Clément 07/06/2008 16:31

Widmer, pouah ! En tout cas dans ce que j'ai entendu de lui, dans le répertoire italien... Je suppose qu'au moins, Pratico a la fameuse "italianità" :p

Caroline 07/06/2008 13:25

;-) On peut noter que c'était O. Widmer qui devait faire Dandini, peut-être que Pratico a plus improvisé qu'autre chose...