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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 23:05

Staatskapelle Berlin
Pierre Boulez : direction
Dorothea Röschmann : soprano

Salle Pleyel
3 novembre 2008

© Clive Barda
 
Gustav Mahler

Des Knaben Wunderhorn
"Rheinlegendchen"
"Das Irdische Leben"
"Verlorne Müh"
"Wo die schönen Trompeten blasen"
"Wer hat dies Liedlein erdacht?"
"Lob des hohen Verstandes"


Symphonie n° 4


Et encore un article enflammé du ravi de la crêche qui n'en finit plus de s'extasier devant Mahler si excellement interprété. Pourtant c'était mal parti, de ma place jeune au premier rang du parterre j'avais le nez dans les pieds des altos et le moindre fremissement des contrebasses faisait vibrer mon programme, j'exagère à peine. Mais finalement ça a du bon d'être ainsi plongé dans l'orchestre pour ce repertoire. J'apercevais Röschmann de biais dès que Boulez s'écartait de son pupitre, c'est ce que l'on appelle une éclipse récurrente du soleil par la lune (oui je sais ce serait plutot l'inverse si on respecte les sexes, mais en allemand ça marche, na!).

Bon alors qu'en dire si ce n'est que je suis scié; je connaissais la Staatskapelle de Berlin de réputation mais j'étais loin de m'attendre à un tel choc: pour les lieder ça change de l'orchestre de Paris, putain! Et je n'ai jamais été aussi transporté par la quatrième de Mahler. Je ne fréquente pas assez ce repertoire pour détailler leur interprétation, mais quelque chose m'a frappé, c'est l'entrain avec lequel ils jouent cette musique. Contrairement à d'autres excellentes formations comme le London Symphony Orchestra par exemple, dont les musiciences ont l'excellence routinière et quasi-mécanique, ces musiciens là sont vraiment convaincus par ce qu'ils font jusqu'au zèle: par exemple le moindre pizzicato est exécuté avec une méticulosité formidable et en voilà qui n'ont pas peur d'élargir leur palette de nuances. Bref ils semblent avoir à choeur de reproduire chaque soir le miracle de leur cohésion et ne ménagent pas leurs efforts  pour y parvenir. C'est d'ailleurs la première fois que je vois les musiciens se serrer la main avant de quitter le plateau.
C'était aussi la première fois que je voyais Pierre Boulez, et j'ai été étonné par sa façon de diriger extrêmement "sourde", il n'y a ni grands mouvements ou gesticulations, ni petits gestes précis et secs, on sent que le gros du travail a été fait pendant les répétitions et que le professionalisme de cet orchestre fait qu'ils n'ont presque plus besoin du chef pendant le concert, tant ses intentions sont intégrées. Cette direction est pourtant très analytique, parfois glaçante mais toujours très energique.

Quant à la belle Dorothea Röschmann, certes elle ne possède pas les talents de conteurs de Matthias Goerne et peu sembler parfois un peu trop réservée, mais la voix est magnifique, d'une tenue remarquable (c'est d'autant plus sensible quand on est proche du chanteur) et d'une rondeur qui ne sacrifie rien à la diction; quelque chose d'à la fois moelleux et dense (qui a dit "un punching ball"?!), c'est extrêmement touchant et pudique. Pudeur qui nous rappelle à quelle point elle excelle dans Scarlatti; ses vocalises parfaitement exécutées nous rappellent aussi quelle grande chanteuse baroque elle est.



Bref un concert comme celui-çi vous dynamise pour la semaine, j'espère que vous n'avez pas loupé la retransmission radio.

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

Bajazet 07/11/2008 02:15

Le premier disque de Boulez que j'ai entendu, c'était… Water Music, publié par La Guilde. Eh oui.

Vous savez ce qu'il avait dirigé au TCE en 1964 ?
Hippolyte & Aricie.
Eh oui.