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Psychologie

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Il catalogo è questo

22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 23:09

YAHOOOOOOOOOOUUUUUUUUU!!!!! Mes amis c'était à se taper le cul par terre!!! Je n'en peux plus de bonheur!!! SONIAAAAAAAAAA!!!!!! ROBERTAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!

 Mon Dieu entre ces deux là et Florio, c'est des coups à souiller son pantalon ça! "Messieurs nous vous rappellons que pour votre confort le port du préservatif est très recommandé lors de ce spectacle"  

 Cette partition est sublime, les récitatifs étant captivants alors qu'il ne se passe RIEN! Ahurissant! Rolala ces airs de Rosmira et de Partenope! et ceux du ténor!!! et cet orchestre!! RHAAAAAAA!!

 Bon Licida ait un semblant de dignité je te prie! Et dire qu'il y en a qui prennent de la drogue pour être dans cet etat!! 

 Je vous fait un compte rendu demain quand j'aurai la tête plus froide! et même la neige n'y a rien fait c'est vous dire!!

VIVA PARTENOPE!! VIVA!!!



 

 

Je partai avec un mauvais a priori sur l'oeuvre entendue en différé de Beaune à la radio dans un son hyper-reverbéré qui noyait tout (micro caché dans un des caveau de la crypte?), je trouvais l'orchestre moins percutant que dans Vinci et je n'y suis allé hier soir que pour Invernizzi et Prina. Eh bien ce spectace m'a passionné! Du coup je réécoute le concert de Beaune en corrigeant mon oreille par le souvenir de celui de la Villette, plus incisif et surtout bénéficiant de conditions acousitques bien meilleures!

 

L'oeuvre d'abord est une merveille d'intelligence!! Le livret est dans la veine ironique des Serse ou Agrippina ( lire à ce propos le très bon commentaire de Kaminsky dans sa Bible): il ne se passe rien, mais alors rien entre la guerre au début du II et le duel à la fin du III, soit près de 2 heures de musique dont l'action se résume à l'intermède de Vinci. Du coup là où Vinci comblait cette "lacune" par de la virtuosité, Handel l'utilise et la souligne dans ses airs d'une précision psychologique à laquelle je suis hautement sensible, sans négliger une virtuosité à la hauteur des créateurs des rôles.

 

Partenope.................Anna Strada del Po, soprano......Roberta Invernizzi
Rosmira/Eurimene.....La Merighi, alto..........................Sonia Prina
Arsace......................Bernacchi, alto castrato..............Renata Pokupic
Armindo....................Bertolli, alto...............................Valentina Varriale
Emilio........................Fabbri, tenor..............................Cyril Auvity
Ormonte....................Riemschneider, basse.................Chrisitian Senn

 

A noter d'abord que la distribution a évolué au grès des reprises et celle de ce soir était un mix, puisque Varriale est une soprano (le role fut chanté en 1737 par Giziello, soprano castrato tandis que la Negri faisait...Ormonte! et Beard, Emilio. L'oeuvre est paumée dans le lot d'opera oubliés de Handel entre Rodelinda(1725) et Orlando (1733), cette Partenope date de 1730, date de la mort de Vinci dont Handel semble s'être inspiré d'autant que le livret, très second degré, semblait le hanter depuis un moment (écrit par Stampiglia). Pour le détail des airs et leur intêrets propres, voyez le Kaminsky, je ne cite qu'un petit bout ici: "Ce marivaudage héroïcomique et passablement échevelé fournit le pretexte d'une de ses partitions les plus irrésistibles, aussi drôles qu'emouvantes(...) il deploie ici la gloire incomparable de son orchestre, parant les fausses ardeurs guerrières de ses héros de trompette, cors et hautbois qui se montrent fort aptes à la verve militiare(...) on ne peut qu'apllaudir J.Keates, biographe de Handel, lorsqu'il proclame que Partenope"devrait figurer au repertoire de tout opéra disposé à monter La Chauve souris, L'Elixir ou L'Enlevement"." Après la retransmission radio, je me disai que Piotr et son copain étaient tombés sur la tête; plus maintenant.  

 

Pour vous donner une idée de la formidable ironie que delivre la partition, on pourrait évoquer le "Se bramate d'amar che vi sdegna" de Serse ou les petits coups d'archets semblent ricaner; parrallelement l'emotion est présente dans de longs airs pleins d'empathie. Bref Handel a vraiment tout compris à la condition humaine! Il est à la fois compatissant et dérisoire; c'est pour ça que j'aime tant ce mouvement héraclitéen derrière ses codes qui en rebutent plus d'un aujourd'hui.

 

On peut rajouter qu'il y a plus d'ensemble que dans les autres partitions de Handel et que les rôles de Partenope et Rosmira sont bien plus gatés en airs que chez Vinci. Voilà désolé pour le coté un peu brouillon, je vais essayer de me rattraper pour le compte rendu du concert.

 

L'orchestre dirigé par Antonio Florio s'est surpassé!! Que de splendeurs dans les archets!  Des cuivres et des bois justes (presqu'aucun pain dans la gigue de Rosmira) et le tout parfaitement ensemble: sachant être tantôt délicat, tantôt dynamique et tourmenté, tantôt martial, ça nous change du disque de Curmyn. Seul petit reproche si on veut jouer les chieurs, l'ironie de certaines pages eut pu ressortir avec plus d'évidence par un plus grande incisivité: je ne suis pas certains d'avoir compris que le livret était ironique si je n'avais pas lu le commentaire de Kaminsky auparavant (mais il est vrai que c'est le rôle de la mise-en-scène que de venir suppléer ce manque). Bref Florio en plus d'être un specialiste des napolitains est formidable dans Handel! Paris serait bien avisé de l'inviter plus souvent et pas uniquement sur une semaine comme c'est la cas cette fois-çi.  


 

Roberta Invernizzi est une Partenope pour laquelle j'aurai presque voulu être un quatrième soupirant(c'est dire!). Non seulement sa voix est splendidissime, avec des flambées de vocalises et des aigus scintillants au dessus d'un medium corsé, avec une aisance confondante, mais en plus c'est vécu d'un bout à l'autre: les récitatifs étaient, grace à elle et Prina, absolument captivants, on s'y croyait  Son "L'amor ed il destin" cranait fièrement et légitimement, j'ai écrasé une petite larme après son "Voglio amare"... je ne vais pas m'amuser à tous les citer mais j'espère que la radio diffusera cette performance: c'est bien simple pour moi avec Gauvin, Piau et Kalna, c'est la plus grande soprano handelienne actuelle. A l'article des reproches, je comprend que l'on puisse se lasser des ces incessantes volutes vocales, qui si elles n'ont rien de scolaire seraient assez identiques entre elles et répetitives, n'etait l'investissement psychologique d'une finesse remarquable qui vient transcender un luxe vocal en nécéssité.


 

Sonia Prina m'a encore plus convaincu en Rosmira qu'en Partenope de Vinci qui était pourtant de très haute volée. Je ne m'attendais pas à une telle réussite: un look à la Liza Minelli, une attitude en scène qui me ravit toujours autant par son engagement et son impetuosité, des vocalises de plus en plus torrentielles, des aigus et des graves que je ne lui connaissait pas, une intelligence musicale immédiatement sensible et en plus tout ce talent mis au service d'airs du meilleur Handel pour dépeindre cette superbe chieuse qu'est Rosmira: "Un altro volta ancor" filant à toute vitesse comme pour fuir l'eventualité d'une nouvelle trahison de l'infidèle Arsace; la gigue "Io seguo sol fiero" est devenu mon air de chasse préferé de Handel avec "Sta nell Ircana" et "Va tacito e nascosto", le thème m'a trotté dans la tête pendant tout mon entretien d'embauche aujourd'hui (et ça a marché! c'est vous dire le genie de Handel); l'air des furies de la jalousie possède une gravité aussi torturée que vaine absolument renversant; etc etc... Bref je comprends le pauvre Arsace qui hésite entre ces deux femmes comme on hésite entre Athéna et Diane! (voilà le coté "je fais mon intelligent" c'est fait!) Et je ne vois pas ce que l'on peu reprocher à Sainte Sonia (je plaisante bien sur, ses vocalises me charment par le timbre qu'elles developpent, mais elles sont tout de même un peu engorgées).

 

Renata Pokupic ne peut s'inventer des graves qu'elle n'a pas et pour cause c'est un mezzo, pas un alto et elle ne peut faire illusion comme Hallenberg ou surtout comme Bonitatibus. Son rôle est assez pleurnichard: Rosmira l'a castré en lui interdisant de réveler sa vraie personnalité, du coup il ne peut que répéter "Si je pouvais parler!" et se plaindre entre temps dans des lamenti absolument déléctables (j'ai déjà dit que cette partition était géniale?). De ce point de vue elle s'en sort pas mal du tout, même si cela reste un peu trop appliqué. Par contre, le seul air dans lequel Arsace retrouve sa virilité, "Furibondo spira il vento" tombe totalement à plat: cet air fait écho à celui des Furies de Rosmira dans le même acte, on doit entendre par les vocalises le vent s'engouffrer dans la caverne des graves, gagné en puissance et éclater dans l'éclair de l'aigu avec un incessant aller-retour à l'unisson avec les archets lancés à toute allure en pesant bien sur les cordes. Or Pokupic est bien en peine d'aller d'un coté comme de l'autre sinon ponctuellement dans une cadence bien préparée. Dommage donc, mais de toute façon je vois mal qui pourrait chanter ça depuis Horne, à part Bonitatibus et Podles. A bon entendeur...


 

Valentina Varriale a aussi un rôle de pleurnichard qui attend que Partenope arrive dans son lit sans rien faire pour. Elle hérite d'air très délicat qu'elle a interprété comme une ...soprano d'eglise: aigu parfait, medium honnête, mais ce n'était pas du tout émouvant, son jeu était toujours corseté, bref des cours d'art dramatique feraient sans doute d'elle une soprano très intéressante; là bon ben voui pourquoi pas...  

 

Cyril Auvity ferait bien de se lacher un peu plus aussi!! Quand on a un timbre aussi séducteur et tant de souplesse dans les vocalises, on ose des cadences plus interessantes (d'autant que Florio laissait des autoroutes pour les cadences finales à tous les chanteurs, même Pokupic les a bien utilisées) et un aigu (qu'il a en plus! il l'a sorti...une fois!!) plus solaire. Armindo c'est un guerrier tout de même, à moitié castré par Partenope lui aussi certes (décidemment quel opéra de femmes phalliques!), mais il lui en reste assez pour se battre. J'aurai aimer entendre sonner l'armure dans ses airs virtuoses, d'autant qu'il en avait les moyens! Le tout etait un peu trop molasson et se reposait trop sur un timbre des plus élegants et un naturel dans le chant confondant.


 

Chrisitan Senn enfin avait le seul rôle de mâle solitaire et fier de l'être loin des séductions feminines: il s'est bien sorti de son seul air assez virtuose aussi, mais bon rien d'inoubliable tout de même.

 

Au final, puisque la partition avantage nettement les deux donzelles, Prina et Invernizzi ont suffi a faire la qualité du plateau à elles seules, sachant que les autres chanteurs étaient soit décevants aux vues de leurs possibilités (Varriale, Auvity) soit en partie mal distribués (Pokupic). Et puis avec un orchestre aussi luxueux, je ne pouvais que souiller mon siège! 

 

Ps: j'autorise la femme de ménage à recueillir ma semence; étant données les conditions d'extractions de cette dernière, je ne doute pas que, allié à une ovulation provoquée dans les mêmes conditons, cela ne donne naissance à un "Handel eprouvette". Comme quoi on peut avoir mal au derrière à force de le taper sur le siège et faire un enfant! Amis de la poésie bonsoir.

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Published by Licida - dans Représentations
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