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Il catalogo è questo

4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 16:45
Allez! Pour le premier article de l'année, je vais liquider tous les commentaires en retard de 2008.  Mais comme il ne s'agit ici que de commentaires à l'emporte-pièce sans prétention critique réelle, je vais encore condenser la formule rédactionnelle, il ne s'agit ici, un peu comme dans l'article sur la saison lyrique parisienne, que de susciter le papotage.


Je ne dirai rien de La Fiancée vendue à Garnier ni de l'Idomeneo à Pleyel, le premier au delà d'une réalisation musicale honnête m'a ennuyé, la faute à la production de Gilbert Deflo qui n'a décidemment plus rien à dire, le second m'a enthousiasmé et tout cela est très bien dit chez Baja.


C'est décidé, je n'aime plus Angelika Kirschlager! Son récital d'opérettes viennoises avec Simon Keenlyside et dirigé par Minko et son orchestre a fini de me fâcher avec elle: timbre inconsistant, jeu appuyé, prononciation surarticulée et un manque total de délicatesse (comment peut-on chanter "Meine Lippen, die küssen so heiss" en faisant croire que le dernier mot est anglais?!). Simon Keenlyside m'a semblé furieusement indifférent à ce qu'il chantait, étonnant. Et la direction de Marc Minkowski a sonné atrocement sèche (ouverture du Fledermaus qu'on eut dit spinosiesque). A leur décharge je dois avouer que ce répertoire sent pour moi définitivement trop la naphtaline, je comptais sur ce concert pour y trouver du charme... ben non.


On jettera un voile critique pudique sur Les enfants du paradis à Garnier chorégraphié par Jose Martinez, une preuve de plus qu'un grand danseur ne fait pas un grand chorégraphe: drame incompréhensible, même pour moi qui connait le film par choeur, scénographie poussièreuse et langage chorégraphique d'une pauvreté affligeante quand il n'est pas ridicule (ah la gigue de la pute en colère!). La musique de Marc-Olivier Dupin est parfaitement fade.


Autre gros ratage: Welcome to the voice au Châtelet. Je n'aime pas avoir d'a priori, j'avais donc pris une place, après tout le cross over de Sting dans Dowland était plutôt réussi. Ici on touche le fond: la musique de Steve Nieve ressemble à une mauvaise bande originale et la mise-en-scène de Muriel Teodori singe étrangement l'esthétique d'Angels in america de Calvario.
Cette dernière a aussi commis le livret: un ouvrier nommé Dionysos (^^), passionné d'opéra et hanté par les fantomes de Butterfly, Carmen et Norma (déjà c'est d'un crédibilité limitée mais j'aime bien le réalisme poétique) tombe amoureux d'une diva qui sort du théâtre, sa maladresse à lui déclarer sa flamme fait craindre le viol à celle-çi qui appelle au secours; débarque la police avec à sa tête un excité du tazer (!) joué par Elvis Costello; mais bon, l'était pas vraiment méchant nous dit la scène suivante, c'est juste qu'il est malheureux parce qu'il a peur du bonheur (ça va très loin, hein!); au finish la chanteuse comprend sa méprise et tout se finit bien sur la répétition de "We all know what it is, what it, what-it-is"... je dois être un peu con parce que je n'ai toujours pas compris ce que c'était. Bref tout cela est déplorable.
Ajoutons que vocalement, à l'exception de la très belle et touchante diva de Sylvia Schwartz et des fantomes lyriques, c'est affreusement chanté: Sting comme Costello ont une technique très sommaire qui leur fait perdre toute personnalité et leur timbre caractérisitique dès qu'ils sortent du medium et, conception lyrique dix-neuviemiste oblige, quand ils en sortent c'est pour aller titiller l'aigu en voix de tête, et malgrè le confort de la sonorisation, c'est affreusement faux. A oublier.


Je vais finir sur une note plus positive avec trois spectacle réussis: le concert gratuit donné par l'orchestre de Paris dirigé par Pierre Boulez sous la pyramide du Louvre m'a agréablement surpris, je n'ai pas vu le temps passé pour cet Oiseau de feu alors même que l'acoustique du lieu est assez chaotique et que la gratuité de l'evenement était dommageable au confort de mon postérieur (autrement dit: pas de chaises).

Orchestralement mal dégrossi, avec des intentions louables de la part de John Nelson mais exécutées sans finesse, je n'étais allé à cette prestation de l'Ensemble orchestral de Paris que pour entendre La Mort de Cléopatre par Anna-Caterina Antonacci. Je me suis d'ailleurs eclipsé à l'entracte, la fatigue aidant (5 concerts en 1 semaine!). Sans doute mon attente était-elle démesurée: gardant le souvenir d'une Antonnacci idéale en Cassandre, je pensais avoir ici la puissance de Janet Baker transcendée par la diction superlative de l'italienne. Peut-être était-ce le manque de répétition, mais quelque chose a manqué. Le feu n'y était pas, la staticité peu habituelle de l'interprête y était sans doute pour quelque chose, mon placement au second balcon aussi, le tout faisait trop pièce de concert, mais après tout c'en est une. Si la chanteuse avait été inconnue je me serai enthousiasmé d'une lecture si limpide et noble, mais je reste persuadé qu'Antonnacci peut faire bien mieux là dedans.

Enfin le dernier mot pour le récital de Cecilia Bartoli à Pleyel: que du rechauffé; on lui reprochera à loisir d'annoncer si tard ses programmes surtout quand ils ne contiennent pas de nouveautéé, mais cela a le grand intérêt de trouver une interprête volontaire qui chante ce qui lui chante à ce moment précis. Et quand c'est Bartoli qui réchauffe en compagnie du vieux compagnon de route qu'est Sergio Ciomei, le goût a évolué. Premièrement grace au parcours musical de la dame depuis ce magnifique récital de Vicenza; ensuite du fait de l'évolution de sa voix. Toute sympathie pour Bartoli n'empêche pas de remarquer que le trille est de plus en plus lache, les vocalises de plus en plus mitraillées et sans le miroitement harmonique autour de chaque note qu'elle avait à ses débuts, ce n'est donc pas dans les morceaux virtuoses qu'elle a le plus brillé ce soir là, mais dans les pièces les plus pudiques, les plus tristes où les piani sont toujours aussi incroyables et l'investissement entier. Et les faiblesses évoquées plus haut sont peu de choses façe à la générosité et à la sincérité de la chanteuse. Il me semble toujours aussi incroyable qu'elle doive aller à Zurich pour trouver une oreille attentive à ses projets scéniques alors que l'Opéra comique ou même Garnier seraient des écrins idéaux pour sa voix. En bis nous eûmes droit à deux morceaux de Curtis jamais enregistrés par elle au disque sauf erreur de ma part: "Ti voglio tanto bene" et "Non ti scordar di me".

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

Caroline 19/03/2010 19:27


Faire une croix sur les disques, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, soit! Mais allez enregistrer 1/4 de disque!!!??... bon, je me tais.


Bajazet 19/03/2010 18:06


Si je me souviens bien, la cantate doit compléter la Symphonie Fantastique avec le même chef, que l'univers attend. On est quand même bien parti pour qu'Antonacci fasse une carrière discographique
ratée. Hors DVD, bien sûr (et encore heureux !).


Caroline 19/03/2010 12:18


"La Mort de Cléopatre par Anna-Caterina Antonacci."

Tout le monde le sait déjà mais je viens de l'apprendre, on va l'avoir en disque, mais dirigée par Nézet-Séguin.
Depuis le temps que j'attends un disque Berlioz d'ACA, ne pensez pas que l'idée de ce "complément" me ravisse...


licida 05/01/2009 00:20

Ben faut dire que c'est de la musique agréable, plus séduisante que géniale; c'est parfait pour les bis parce que cela a un coté plus "relaché" que les grands airs d'opéra, cela rend le chanteur "sympa" auprès du public, un peu comme ce que font Alagna, Florez ou Villazon avec leur folklore national respectif.

SuperGarfield 04/01/2009 21:12

Merci pour l'info ! Je me sens con, bizarrement^^C'est tout de même triste que l'oeuvre d'un compositeur figure uniquement dans les bis... A moins qu'il fasse l'objet de récitals, mais je n'avais jamais vu son nom auparavant dans les programmes de concert.