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Il catalogo è questo

3 août 2006 4 03 /08 /août /2006 20:20

Elisabeth Schwarzkopf est morte dans la nuit à 90 ans. C'est une des premières chanteuses que j'ai découverte adolescent, et quoique l'on puisse lui reprocher humainement, j'ai toujours adoré sa Comtesse, sa Donna Elvira et sa Maréchale. Son disque d'airs de Mozarts et ses interprétations de lieder m'emeuvent toujours autant. Je laisse de plus fins connaisseurs en parler mieux que moi.

Mais je saisis l'occasion pour m'etonner des torrents d'emotion que peut provoquer la mort d'une chanteuse (ou d'un artiste) alors même que celle-ci ne chante plus depuis longtemps: sa mort artistique est consommée depuis longtemps.

Je comprends la tristesse à la mort de Lorraine Hunt, qui était loin d'avoir fini de chanter. Je comprends que l'on puisse être ému humainement dans le cas d'artistes que nous idolatrons et si j'avais été vivant en 1977 j'aurais très certainement pleuré Callas. Mais pour les chanteurs que l'on admire simplement, ces effusions me semblent en grande partie plus dues à une nevrose sociale qu'à une émotion authentique (cela dit je serais bien en mal de dire quelle émotion peut être parfaitement authentique!) dans la mesure où on ne les connaissait pas personnellement ni le croyait comme dans le cas de nos idoles.

Cela dit je ne jette pas la pierre sur ce type de commémoration qui sont toujours l'occasion de saluer un talent. Par contre vous ne m'entendrez jamais dire un bien ronflant "Adieu Madame et merci"!

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Published by Licida - dans Artistes
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commentaires

Caroline 13/08/2006 18:25

"Quel est le lied qu'elle chante en noir et blanc au tout début ? Un Brahms ? des Volkslieder peut-être ?"

... ce n'est pas moi qui sais. Ce que je sais c'est que le générique n'en dit même rien.

C.

Bajazet 13/08/2006 14:10

Aladin est un as :-)

Licida 13/08/2006 12:22

Vous en parlez superbement! J'avais vu ce doc également mais ne saurait ajouter quoi que ce soit après de telles exégèses!

Aladin 13/08/2006 01:23

Je n'ai pas revu le début. J'avais enregistré ce doc à sa première diffusion.
Je n'ai pas trouvé personnellement Schwarzkopf si dure ou anti-naturelle dans ses sourires..Quand elle s'écoute chanter chez elle par exemple.C'est certes une femme un peu sous camisole sociale, comme elles étaient souvent dans ces années ((quand on écoute les actrices française interviewées par François Chalais, c'est pire ).
Elle est fort "curieuse" dans le play -back du Porgi amor, on dirait une danseuse qui ne sait pas ce que le disque joue et qui improvise. C'est quaisment un contresens interprétatif, elle a l'air de jouer l'innocence, un début de folie douce.... On dirait qu'elle est doucement enivrée, perdue, somnambulique. Peut-être est-ce la mélancolie des femmes oppressées telle qu'elle la sent dans ces années là? Avec Legge comme époux, ça ne devait pas être amusant tous les jours. Quel drôle de personnage, lui. Les conventions liées à ce personnage (une aristocrate ne pleure pas bruyamment),dans les années 50 nous échappent, et ce qu'elle transgresse aussi
Pour juger, il faudrait pouvoir voir des dames de l'octuor de Vienne, comme Stich-Randall, Della Casa, etc. La sophistication, le glamour, était à son comble à cette époque. C'est largement passé de mode, c'est ainsi.
J'adore évidemment son interview quand elle se maquille, cette sorte d'enthousiasme et d'effronterie, elle arrive toujours à glisser les subtilités de son métier, et est plutôt directe. Je pense qu'en interview, plus tard aux USA, elle est un peu "prise" par l'oeil de la caméra, par les conventions de l'époque, , elle qui rabroua Tubeuf pour avoir montré ses rides, poussée en cela par sa prof Maria Ivogün. Il y a une sorte de raideur, ou de nervosité souvent perceptible.
J'adore aussi le passage où elle "cherche" sa place vocale. C'est si compliqué... Et pourtant cela lui a permis de faire sa carrière. Il y a en fait un aspect masculin marquée chez elle, dans cete volonté, cette force, cette sécheresse, cette conscience de soi. Et puis tout d'un coup, le dernier Lied, filmé de profil, quelle douceur...
A Versaille, ça sent les derniers feux, elle lutte pour placer tout cela et le souffle du début de concert est ce qu'il y a de plus dur à maitriser, et ça se sent un peu.
J'ai un peu peur d'être triste demain en la voyant très très âgée.

Bajazet 12/08/2006 23:53

J'avais vu ce documentaire à sa première diffusion, et il ne m'avait guère emballé.
J'avoue que rien de ce qu'on voit ni même de ce qu'on entend ne touche à ce qui fait pour moi la grande Schwarzkopf. Ces grimaces, ces minauderies sont même parfois terribles, et cette Maréchale dure, presque outrée, ay ay ay. Au début de Porgi amor, elle m'a fait penser à l'acteur si inquitéant qui fait le meneur de revue dans le film Cabaret de Bob Fosse.
Ce qu'elle dit sur le texte, sur la projection de la voix, est le plus intéressant. Walter Legge est parfaitement antipathique, et décidément aucune humanité chez cette artiste telle qu'on la voit chanter. Que ces sourires sont faux.

Même ce qu'on entend de "Morgen" de Strauss capté à Versailles ne m'a pas ému une seconde, les voyelels paraissent si traffiquées (mais c'est tardif, ceci expique cela). Mais je me disais que dans un lied comme ça, ce que fait Lucia Popp, si rayonnante d'humanité elle, est aux antipodes.

En fait, ce qui est quand même fascinant, c'est ce qu'on perçoit de la personnalité de Schwarzkopf, un fond de dureté, quelque chose d'ombrageux (l'interview quand elle se maquilel en Elvire est extraordinaire). Cela étant, les extraits de masterclasses ne la mpontrent aps du tout déplaisante. Elle est certes directe quand elle dit à l'élève qu'il ne suffit pas d'avoir appris l'allemand, mais qu'il faut sentir en allemand. C'est l'évidence même.

Quel est le lied qu'elle chante en noir et blanc au tout début ? Un Brahms ? des Volkslieder peut-être ?