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Il catalogo è questo

7 août 2006 1 07 /08 /août /2006 14:52

Alors pour nourrir le poupon voici quelques un de mes compte-rendus de spectacle. Le premier:

La Griselda de Vivaldi par Spinosi au TCE (21.09.05)

Alors primo l'orchestre: dès le début j'ai trouvé ça sec et trop trop contrasté(ces pauses dans le premier mouvement de la sinfonia cassaient l'unité mélodique) mais il s'est bien rattrapé ensuite et je n'ai pu qu'apprécier sa direction malgrè les tonitriturants cors!  

 

Question dramatisme, on repassera, dans la première partie j'ai a peu près compris, mais dans la seconde ça devenait du n'importe quoi: le roi qui tout d'un coup est au courant de l'amour entre Costanza et Roberto, qui change d'avis comme de chemises sans même s'en expliquer...les récitatifs ont été sauvagement taillés en pièce et merci Clément de m'avoir expliqué à la fin que Costanza était en fait la fille de Griselda! Quant au fait que toute cette histoire n'était qu'un coup de bluff du roi je ne l'ai compri qu'en lisant le synopsis!  

 

Question chanteur commençons par la plus ovationée, Veronica Cangemi: si son dernier air était de toute beauté et vraiment émouvant avec un sublime aigu filé au début du da capo, je n'en dirai pas autant de l'Agitata da due venti!!! Certes j'avais Bartoli dans l'oreille mais j'ai trouvé toutes ses vocalises fades et ternes, elle a chanté l'air courageusement, je le reconnais, mais comme seuls les aigus sonnaient réellement cela faisait un peu distorsion de bande sonore. Elle n'y a pas reproduit la prouesse de son Destin avaro car ici les faiblesses vocales ne venaient pas seconder le désespoir du personnage et franchement je ne trouve pas qu'elle s'ameliore dans la virtuosité en comparant avec son merveilleux Neghitosi or voi che fate d'Ariodante!!  

 

J'ai trouvé Sonia Prina sublime: d'une car j'adore son timbre moustachu et de deux car son dramatisme a fait mouche dans ces airs, c'est la seule du plateau qui m'ai donné le sentiment de jouer son rôle intensément. En plus j'adore sa dégaine de rockeuse et je trouve que sa prestance en scène est vraiment formidable  Bref je courrai la réentendre dans les deux Partenope à la Villette.  

 

Stefano Ferrari avait certes le trac mais il s'en est vraiment bien tiré! son premier air est un des plus virtuoses de la partition et son abattage était sans tâche! Chapeau! Reste cependant un manque de présence caractérisée en scène mais pour une version de concert je ne vais pas chipoter.  

 

Iesteyn Davies était bien sans plus(son rôle lui permettait difficilement de briller) de très beaux aigus doux et ronds mais encore un contre-ténor qui avait oublié ses graves chez lui!  

 

Phiphi était bien aussi mais rien d'extraordinaire, Roberto n'ayant pas droit à un air tel que Solda te mio dolce amore, qui permettrait à Jaroussky de faire preuve de tout son talent. 

 

Et j'ai gardé la surprise de la soirée pour la fin, qui est pour moi loin d'en avoir été le point noir, Blandine Staskiewicz: j'avais franchement pas accroché à son Medoro dans l' Orlando Furioso, et ni Loena(La Belle Hélène), ni Olga(La Grande duchesse), ni la servante de Glauce(Medea) ne m'avaient permi de l'apprecier vraiment étant donné le peu d'importance des rôles; or dès son pemier air j'ai accroché, l'aigu était rond et atteint sans difficulté - a tel point qu'avec Clément je me suis également demandé si elle n'était pas plus soprano que mezzo -, le grave chaud mais cela manquait encore un peu de caractérisation. Mais alors le Dopo un orrida procella, sur lequel plane encore le fantôme tchétchilien, m'a enthousiasmé! En comparaison avec Bartoli elle s'en est bien mieux sortie que Cangemi, on l'entendait parfaitement malgré les cors, elle avait de la vaillance, ses vocalises étaient sans heurts, j'ai vraiment été bluffé! Mais la pauvre Blandine n'a pas recueilli les applaudissements qu'elle méritait d'autant plus à mon avis qu'elle a été distribuée très tard! 

 

Bref mes chouchoutes de la soirées sont sans conteste Prina et Staskiewicz; Cangemi et Ferrari avec un bémol.  

 

Le disque chez Naïve est sorti en 2006 mais avec Lemieux en Griselda et la caoutchouteuse Simone Kermes en Ottone (donc pas de graves au programme!). Et j'attends toujours La Fida ninfa chez Naïve... 

A titre de comparaison entre le live et le disque, voici quelques airs de Griselda et Ottone dans l'ordre dramatique:

"Brami le mie catene" (Griselda)

"Vede orgogliosa l'onda" (Ottone)

"Ho il cor gia lacero da mille affani" (Griselda)

"Andiam Griselda" (Récitatif Griselda/Ottone)

"No, non tanta crudelta" (Griselda)

"Scocca d'ardi l'altero tuo ciglio" (Ottone)

"Doppo un orrida procella" (Ottone)

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

licida 07/02/2007 21:40

Merci pour ce commentaire Carlupin, mais je ne suis pas tout à fait d'accord, pour moi, Blandine supplante aisément Simone et Marie-Nicole et Sonia se valent:

- parce que je trouve Kermes franchement mauvaise là dedans, malgrè les avis élogieux que j'ai pu lire ou entendre, dans le Doppo un orrida procella par exemple le grave est rachitique pour ne pas dire von magnusesque, les aigus loin d'être aussi cristallins qu'ailleurs et le souffle suffisamment court pour que les fins de phrases soient peu audibles au micro ("dall timor"!!). Tandis que Staskiewicz a pour elle la sauvagerie, ses aigus chauffés à blanc et un autre sens du drame et du texte!

- ensuite parce que Lemieux a pour elle une voix plus charnue qui tient mieux la route en tant que vrai contralto, elle est aussi plus sensible que Prina, mais moins enthousiasmante et déchirée, elle est plus féminine que tragique à mon sens.

J'ai écouté le disque et je prépare un commentaire plus fouillé à l'article qu'avait rédigé Clément. Mais c'est sur: je préfere de loin le live! (oui je sais avec le commentaire sur Arianna c'est le deuxième commentaire que je te promets ;-) )

Sinon j'avais trouvé Staskiewicz en Medoro assez grise de timbre, la voix assez engorgée (comparez avec le Rompi i ceppi de Cencic!) et pas extaordinaire dramatiquement (mais pour un tel rôle je me garderai bien de le lui reprocher!).

Carlupin 07/02/2007 19:35

Tout d’abord un grand MERCI d’avoir posté des extraits de la version concert, sachant que ça faisait longtemps que je voulais réécouter le rôle d’Ottone chanté par Blandine Staskiewicz, et qu’en plus je me suis volontairement privé d’opéra pendant une semaine (j’ai tenu, ouééé), donc imaginez la jouissance devant les haut-parleurs ! Bon, puisque les débats sont ouverts sur la comparaison des quatre chanteuses, j’accours ! Pour le rôle d’Ottone, il m’est impossible de recommander l’une ou l’autre chanteuse (même si secrètement je préfère Staskiewicz), tout simplement parcque elles se complètent parfaitement dans ce même rôle. Côté studio, Simone Kermes fait jouer ses pianissimi et ses aigus diamantins pour dépeindre un Ottone galant, pas très méchant, mais elle a raison : on n’est pas obligé de tomber dans les caricatures. En concert, Blandine Staskiewicz était certes rugissante, androgyne, mais aussi moins soignée (ok c’était un concert et pas un studio), et Ottone passait un peu pour un sauvage qui s’ouvrait à l’amour. A partir de là, chacun fait son choix entre la percussion jouissive de Blandine et la sensualité de Simone (d’ailleurs sa voix est devenue plus belle, non ?). Maintenant, au rôle-titre. Cette fois-ci, la décision de remplacer Sonia Prina par Marie-Nicole Lemieux me paraît vraiment discutable ! Les deux font certes preuve d’un tempérament dramatique volcanique, mais qu’est-ce que le chant de Marie-Nicole est ennuyeux ! Tout est lancé sur une seule et même expression, avec le même volume, etc. Bref, pas un plaisir, surtout que sa prononciation de l’italien (accents fantasmagoriques, « s » transformés en « ch » vulgaires) brise un peu l’image de tendre épouse qu’est Griselda. De l’autre côté, Sonia n’était peut-être pas au goût de tout le monde non plus, notamment avec un timbre un peu viril et des traits glissants qui lui tiennent lieu de vocalises. Mais au moins, avec une vraie italianità et une charpente vocale plus « humaine » (Marie-Nicole disposant d’une voix un peu trop capiteuse pour une simple fille des bois), Sonia touche plus facilement les cœurs. Seul reproche véritable, c’est comme d’habitude sa tessiture limitée. Là où Marie-Nicole se hasarde dans de beaux aigus, Sonia s’adonne à des glissades vocaliques assez marrantes, faute de caracoler vers le haut. En tout cas, je me demande ce que Ann Hallenberg ou Sara Mingardo auraient fait de ce rôle… PS : Licida, pourquoi est-ce que Blandine Staskiewicz ne t’a pas plu dans le rôle de Medoro (Orlando furioso) ? Elle y faisait pourtant déjà jouer une tessiture extraordinaire, faute d’une grande agilité… Et puis quel timbre androgyne !

licida 04/02/2007 16:24

Les débats sur les mérites comparés de Blandine/Simone et de Sonia/Marie-Nicole sont ouverts!

Frédéric 14/09/2006 10:52

Moi je l'ai acheté et je le trouve pas si mal, c'est en tout ca smieux que rien et mieux que curtis...Lemieux en fait beaucoup elle est très dramatique et émouvante. Cangemi est plus a l'aise qu'au concert et fait merveille dans les vocalises légères. Davies et Jaroussky sont a l'image du concert, jolis, mais rien d\\\'extraordinaire, tout simplement à cause de leur airs...mais le dernier de jarsoussky est vraiement bien. Quant à davies, je ne comprendrait jamais pourquoi s'obstiner à distribuer un contreténor quad le rôle a été créé par une femme travestie (d\\\'ailleurs c\\\'est encore pire avec le Tamerlano de Daniels chez biondi). Ferrari est bien, peut-être moins émouvant qu'au concert dans son premier air hyperacrobatique. Reste Kermes. Certes ses grave sne valent pas ceux de Staskiewicz mais quels aigus triomphants et insolants, parfait pour Ottone. Les da capo ont été très judicieusement écrits, mettant en évidence le côté napolitain de cette partition. La direction est comme a son habitude très enlevée, mais moins survoltée que d'habitude, les cors sonnent beaucoup plus justes qu\\\'au concert. certains récitatifs sont vraiment prenants (moi qui en saute les trois quart d'habitude).

clement 03/09/2006 22:27

Moi aussi, je songe à l'acheter... pour l'intégralité. mais vraiment, c'est l'effet studio et Kermes qui me font peur. je pense que Lemieux peut être une excellente alternative. et puis ça fait longtemps que je n'ai pas acheté de disque !