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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 09:09

Ann Hallenberg

   


En Dejanire du Hercule de Handel (I.Bohlin en Iole)

Voilà une chanteuse qui me ravit par la limpidité et la splendeur de son registre aigu allié à un beau medium de mezzo avec une science du chant et du mot remarquable, des vocalises d'un rare naturel et une intelligence dramatique forte.

Je l'ai découverte dans l' Orlando furioso par Spinosi où elle chantait Bradamante et depuis je ne m'en lasse pas.

Tout d'abord sa discographie:
(sont soulignés les enregistrements qui me semblent les plus intéressants)

*Bach, Messe en ré mineur 

 
Je ne connais pas.

*Börtz, Marie-Antoinette

*Gluck, Philémon et Baucis & Aristeo 

 
J'avais bien aimé le concert, elle est encore meilleure sur le disque: son air dans Philemon qui sera repris au début de Paride e Elena est des plus charmant et respire le bonheur de chanter 

 

 *Handel, Imeneo 

 
Commentaire de Carlupin:
J’ai moi-même mis un certain temps avant de m’approcher de ce cd après l’expérience Siroe-bonne-nuit-avec-Spering, mais grosse erreur ! Tout d’abord, du point de vue de l’œuvre, on remarque que le vieux Händel s’en est sorti plutôt admirablement dans ses derniers opéras légers (Imeneo puis Deidamia), l’inventivité ne fait jamais défaut : pas de Händel-au-kilomètre. Cette légèreté sied également bien mieux à Spering que le faste du Siroe enregistré ultérieurement. Et comme si ça ne suffisait pas, Ann trouve bien plus sa place dans le rôle du pauvre Tirinto, créé par le castrat Andreoni (Bonitatibus chante son Ulisse dans Deidamia, pour donner une idée), que dans le Siroe où, comme tu l’as dit, elle s’enlise. En fait, les airs de ce rôle sont les plus solennels de la partition, ce qui souligne bien l’exclusion progressive du personnage qui, à la fin de l’opéra, perd sa belle (lieto fine, où es-tu ?). Le rôle est brodé de trésors, et la perle ultime, ce sont les douze minutes de son « Pieno il core di timore », que l’on ne peut qualifier que de sublime, mais que pourtant personne ne semble avoir retenu. Il mérite pourtant la mention « tube » au même titre que « Scherza infida ». La critique semble avoir préféré se souvenir du très métastasien « Se potessero i sospir miei ». A avoir écouté absolument aussi, le tsunamitique « Sorge nell’alma mia », dans lequel Ann joue avec la richesse de son vibrato jusqu’à l’explosion de la cadence finale ! Pour couronner le tout, il faut savoir que les petits camarades de Ann sont tous très bons, notamment un superbe Locky Chung, au chant constamment en demi-teintes. Ca serait bête de rater ça… Bon ok, la prise de son est un peu sèche et la basse Kay Stiefermann n’est pas très agile, mais bon.

*Handel, Siroe 

 
C'est très chiant: Spering n'est vraiment pas fait pour Handel; enfermée dans une tessiture de contralto trop grave pour elle, Hallenberg ne decolle jamais dans ce role titre écrit pour Senesino.

*Handel, Il trionfo del tempo et del disinganno

J'attendais ce disque avec impatience: mes deux mezzo coloratures favorites réunies, un des meilleurs ténors baroques actuels, de très bons échos du concert du TCE et Natalie en cerise sur le gateau. Malheureusement paru quelques jours après le concert de Minkowski à Pleyel, je ne peux cacher ma deception. Comme souvent, Dessay est à coté de la plaque dans Handel eet le Concert d'Astrée fait vraiment office de second choix quand on a entendu la splendeur des Musiciens du Louvre. Du coup l'écrin n'est pas à la hauteur du talent d'Hallenberg qui privilégie la vélocité, la virtuosité débridée du Plaisir au détriment d'une suavité, d'un mordant plus capiteux. Cela reste du très bon niveau, mais la cohérence dramatique de l'ensemble fait vraiment défaut à ce disque et nuit à ses interprêtes.

*Mendelssohn, Athalie

*Vivaldi, Orlando Furioso 

 
Elle y chante Bradamante. Role de contralto trop grave pour elle encore une fois, mais cette fois-çi elle se lache dans l'aigu et c'est jouissif: écoutez la vigueur d' "Ascondero il mio sdegno", la violence de "Taci, non ti lagnar", l'enthousiasme de "Se cresce un torrente" et surtout la splendeur de "Io son ne'lacci tuoi" avec ses aigus cristallins et purs sur "costanza" et des vocalises parfaites! Raaaaaaa!  

*Vivaldi, Arie d'Opera 

 
Mi-figue, mi-raisin ici, aucun air ne lui permet vraiment de briller; c'est juste bien.

*Vivaldi, Tito Manlio 

 
Ah là par contre c'est formidable; un role (Servilia) exactement dans sa tessiture qu'elle chante superbement, je reste envouté par son sublime "Liquore ingrato"; tout le role est magnifiquement interprété et en plus c'est Dantone qui dirige: ruez vous dessus!!

*Waxman, Joshua

Un avis serait le bienvenue :)

*Récital Mia vita, mio bene

C'est très beau, des airs très élégants mais dont on se lasse un peu trop vite tant ils partagent tous le même caractère. On aurait aimé quelques airs plus emportés pour apprécier le calme de moments plus galants.

En DVD, on peut l'admirer dans le Serse de Handel dirigé par Rousset avec rien moins que Piau, Bardon et Bayrakdarian: la prise de son est étriquée au possible et Rousset donne pas mal dans le mécanique, son défaut habituel. Superbement entourée, Hallenberg nous livre une composition sensible et nuancée, mais quelque chose cloche: je ne sais si c'est son costume peu avenant, son timbre trop proche de celui de Rasmussen (mais cela serait plutot un atout pour souligner la rivalité entre les deux personnages), ou la timidité de ses débuts, mais je m'attendais à plus violent dramatiquement; la récente découverte de ses Déjanire et Cyrus, ne fait que me conforter dans ce jugement: elle pourrait faire beaucoup mieux en Arsamene aujourd'hui, surtout dans les airs.

Les lives diffusés uniquement à la radio à présent:

*Handel, Arianna in Creta (Beaune 2002 et Halle 2002)
Dans le live de Halle, galvanisés par le public, plus que dans celui de Beaune (qui pêche aussi par la prise de son habituelle dans ce lieu), Ann et tous ses collègues révèlent toute la splendeur de cette partition. Voir le fil sur Arianna in Creta ici même.

*Handel, Alcina (Beaune 2005)
En Ruggiero, accompagnée par Gauvin, Sampson, Mija et la mémorable Katherine Fuge (BaAAeuAAAeuAAAaarbaraAuAAuAA!), elle ne donne pas le meilleur d'elle même; le rôle ne lui pose visiblement aucun problème mais sans doute McCreesh ne la soutient-il pas assez. Les récitatifs sont parfaitement joués, tout est bien interprété et pensé, les da capo intelligemment menés, mais la sauce ne prend pas; sans doute manque-t-elle un peu de sauvagerie ou de virilité à mes oreilles pour camper ce nigaud de Ruggiero ecartelé entre les charmes de la magicienne et les plaisirs bourgeois offerts par Bradamante. Son Sta nell'Ircana en est la parfaite illustration: c'est trop beau, musical et stylé, pour un air des plus cruels.

*Handel, Il Trionfo del tempo e del disinganno (TCE 2005)
A part un endiablé "Voglio tempo" et un superbe "Crede l'uom" de Prina, je ne connais rien de cette retransmission.

*Handel, Belshazzar (Cité de la Musique 2005)
Spering se débat comme il peut dans cette partition monumentale, n'offrant guère de prestation à la hauteur du plus grand Cyrus que je connaisse: pour l'admirer dans ce role, mieux vaut se tourner vers les live dirigés par Creed.

*Handel, Belshazzar (Amsterdam 2003 et Hambourg 2005)
Hallenberg est certainement le plus grand Cyrus que je connaisse (en même temps il n'y en a pas des masses, tant ce chef d'oeuvre de Handel reste négligé aujourd'hui): dans les deux live c'est Creed qui dirige (superbement) l'Akademie für alte musik de Berlin en 2003 et le Concerto Köln en 2005. On préferera les premiers plus vifs et glorieux même si les seconds ne déméritent pas, d'autant qu'en 2005 ce sont les exhaustifs Rensburg et Joshua qui l'entourent, contre Gura et Fuge (très honnêtes mais un peu transparents) en 2003. Concernant la prestation de notre héroïne, c'est historique: on comprend presque chaque mot du texte tant ce langage musical lui semble naturel, elle semble révéler chaque intention du compositeur derrière la moindre note, la moindre voyelle, la moindre consonne et surtout l'héroïsme du libérateur brille ici du plus pur éclat, la voix n'est jamais artificiellement enflée pour faire plus menaçant, ce Cyrus c'est la force tranquille! :o)

Acte 1:

Acte 2:

Acte 3:

*Handel, Orlando (Beaune 2006)
Encore un rôle trop grave pour elle et son intelligence, ni ses aigus, ni la maestria de Dantone ne pallieront les charmes que peut apporter un véritable contralto dans ce rôle. Je vous laisse juge à l'aide de la scène de la folie:

*Handel, Hercule (Amsterdam 2007)
Dejanire est une évidence pour elle: Hallenberg a toute l'intelligence de von Otter mais avec des aigus plus triomphants, un sens dramatique plus emporté et surtout un corset moins serré! Le tout relève du panthéon handelien, un sort des plus fastueux est ici fait au moindre récitatif, toute la palette psychologique du role est éclairée, depuis les lamentation de l'épouse inquiète jusqu'à la jalousie furieuse. Ecouter la jubilation simple et délicate du "Fly hence away my tears" et les abimes de culpabilité du "Where shall I fly", lequel ne tombe jamais dans le naturalisme excessif que l'on peut reprocher à Joyce di Donato. A défaut de pouvoir mettre tout le rôle jusqu'au moindre récitatif, voici les scènes les plus marquantes (et en tout cas tous les airs de Déjanire):

Acte 1:

Acte 2:

Acte3:

*Handel, Giulio Cesare (Drottingholm)
Une belle Cornelia mais rien d'inoubliable, tant ce rôle a besoin des abymes d'un grand contralto pour exister.

*Haydn, Il Ritorno di Tobia (Bruhl 2006)
Attention chef d'oeuvre! Une oeuvre superbe, Spering à son meilleur dans son repertoire de prédilection, un plateau en or (Invernizzi, Dahlin, Karthauser) et un role de mère éplorée et valeureuse pour Hallenberg, que demander de mieux. Là ou Podles ruait un peu trop dans les brancards, Hallenberg est au contraire tout en justesse, noblesse de port et clarté de la voix. Les moments les plus variés du rôle sont interprétés avec le même bonheur, depuis les moments dramatiques et vigoureux, jusqu'à la profonde affliction. Pour se faire une idée de cet éclat naturel que j'évoquais déjà à propos de son cyrus, on peut écouter et réecouter son "Sudo il guerriero" plein de grandeur d'ame qui ne cède jamais à une virilité, pour ne pas dire une brutalité, épaisse et facile. (sortie au disque prévue bientôt chez Naxos).

*Mozart, La Betulia liberata (TCE 2003)
Ici aussi, Giuditta est trop grave pour elle: elle ne s'en sort pas beaucoup mieux, ce n'est jamais mauvais, on se dit que l'on va décoller dans le Parto inerme où elle se permet enfin une montée dans l'aigu et puis...non, elle se bride elle même; le tout reste cependant très écoutable, certainement grace à Rousset qui la soutient admirablement (malgrè cette tendance encore largement sensible à l'epoque au jeu mécanique) et à des partenaires franchement bons (Fernandes, Azzaretti, Bohlin).

*Rossi, L'Orfeo (Drottingholm 1997)
Elle chante Aristeo, je ne l'ai toujours par écouté.

*Telemann, Le Jugement dernier (Paris 2007)
L'oeuvre dans le gout des futurs oratorios pompeux de Haydn ne m'a guère séduite, et tous les talents de diseuse d'Hallenberg n'ont pu que me faire regretter cette constante annonce d'un déluge qui ne vient jamais, ça manque décidemment trop de contraste pour mes oreilles.

*Vivaldi, Orlando furioso (Gênes 2005)
Remplacant au pied levé Mingardo en Orlando, on pouvait craindre que ce role ne l'expose aux éternelles limites de son registre grave. C'est le cas, mais maintenant qu'elle a plus confiance en elle, elle se permet des variations étonnantes et virtuoses, surtout dans le Sorge l'irato nembo, qui rendent sa prestation plus qu'interessante, bien que dirigée par Curtis (signalons que c'est Cencic qui chante brillament Medoro).

*Vivaldi, Tito Manlio (Beaune 2005)
Performance sensiblement identique au disque enregistré un peu plus tôt, mais l'animation des récitatifs et la prise de son penchent nettement en faveur de la version studio.
 

 

*Vivaldi, La Fida ninfa (Ambronay 2004)
Si elle n'avait renoncé au rôle au moment du concert du TCE (le jugeant trop aigu), Paris l'aurait applaudie en Licori et non Panzarella. Heureusement subsiste le live d'Ambronay: c'est un de ses meilleurs rôles, elle y est confondante d'aisance. Le terrible Alma oppressa d'une clareté terrifiante semble glisser tels des pleurs sur ses lèvres. A connaitre absolument!! Elle est dirigée par Spinosi et accompagnée par Pendatschenska (et non Cangemi). Il est assez étonnant qu'elle ait renoncé au rôle (pour le disque Naïve, cela sera sans doute Piau qui assumera le role comme dans la reprise au TCE cette saison), certes on la sent tendue mais cela ne fait qu'ajouter au dramatisme éperdu de l'air dont chaque aigu est un déchirement esthétisé.

 

*Récital autour de Mozart (Beaune 2006)
Bien que seulement accompagnée par le piano forte, ce récital était splendide, bien construit, avec beaucoup de raretés (Holzbauer, Kraus, Hasse...). Je vous renvoie au comme toujours très bon compte rendu de Clément ici même.

 

Pour l'actualité de la dame, sa biographie, des photos et d'autres extraits sonores, c'est .

Parmi ce que je ne connais pas d'elle: son Isabella, sa Bradamante, son Isseo (Europa riconosciuta de Salieri) et son Ascanio: si vous connaissez...

Un compte rendu sur un concert très allechant donné à Tours mais malheureusement non radio-diffusé est disponible sur le bajablog.

La dame vient de chanter Ascanio in Alba à la Scala, en attendant le son, voilà deux zolies zimages.

On pourra l'entendre cette saison à Paris dans Motezuma de Vivaldi (TCE), Tolomeo de Handel (TCE) et Le Cinesi de Gluck (Poissy).
Sont prévues au disque les sorties du Teuzzone de Vivaldi, de l'Oratorio de Noël de Bach, du Tolomeo, de l' Ezio de Handel et du Ritorno di Tobia de Haydn. Ariodante qu'elle vient d'interpréter à Spolete sous la direction de Curtis devrait sortir en DVD.

 

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Published by Licida - dans Artistes
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commentaires

Licida 16/08/2012 12:05


Et évidemment, cela ne passera pas par Paris :-(


‎'Adriano in Siria' - Francesco Maria Veracini
[Krakow, 12 December 2013, Vienna, 18 January 2014]

Europa Galante - Fabio Biondi, direction & violin

Dramma per musica in 3 atti
Libretto - Pietro Metastasio (adapted by Angelo Cori)

Cast (tbc - with the singers of the first performance in brackets) :

ADRIANO (Senesino) - alto - Romina Basso
FARNASPE (Farinelli) - mezzosoprano - Ann Hallenberg
EMIRENA (F. Cuzzoni) - soprano - Roberta Invernizzi
SABINA (F. Bertolli) - alto - Sonia Prina
IDALMA (Santini) - mezzosoprano - Lucia Cirillo
OSROA (Montagnana) - baritone - Ugo Guagliardo

Europa Galante - strings, 2 traversos, 2 oboes, 2 horns, 2 trumpets, continuo (tbc)

'Adriano in Siria' first performed in London in 1735. This was the first of Veracini's operas in London, put on with his Italian friends by 'Opera of the Nobility' in an attempt to break Handel's
hegemony there - Handel put on both Ariodante and Alcina in the same year.

Clément 13/08/2012 11:22


L'air de Mosca figure déjà dans une compilation Opera Rara (1810-1820), chanté par Diana Montague je crois (à moins qu'il ne s'agisse de Della Jones ?). Paër m'intéresse, je suis content d'en
entendre davantage.

Licida 11/08/2012 17:19


On peut écouter des extraits du disque Marcolini sur le site de Naïve:


http://www.naive.fr/#/work/rossini-ea-arias-for-marietta-marcolini 


Très joli programme, avec des inédits qui permettent de replacer Rossini dans son contexte musical. Maintenant dans ce répertoire l'intelligence n'est pas toujours suffisante, j'en veux pour
preuve l'air de l'Equivoco Stravagante qui tombe à plat car Hallenberg et Biondi cherchent à raffiner ce qui est avant tout un air d'esbrouffe pas franchement délicat (TroSantafé/Zedda s'en
sortaient à ce titre bien mieux). Les airs de Mayr et Mosca sont plus réussi grace à la prestance de la déclamation d'Hallenberg dont le cantabile se boit comme du petit lait. De ce que
j'entends, cela fait un peu penser au disque Rossini de Cencic, une interprétation très fouillée rendue possible par le confort du disque et qui permet d'entendre un Rossini différent, même si
l'on a plus de doute sur l'efficacité de cette interprétation en salle où les coups de bluffs vocaux seront toujours plus payants.

Licida 06/03/2012 16:40


Un nouveau volume de Vivaldi discoveries* est à paraitre chez Naïve avec Ann dirigée par Sardelli:


http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/B0079FNRRW/worldtfindinr-21


* et oui on peut craindre des fonds de tiroirs de Vivaldi...

Gerald 18/05/2011 15:59



Moi aussi je m'inquiète et me demande ce que tu deviens Licida? Tes articles de qualité et tes informations précieuses me manquent. Please, reviens vite!