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Il catalogo è questo

28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 22:45

TEMOIGNAGES DIVERS : 

Les œuvres que je cite ont connu des interprètes moins prestigieux, ou dont le nom n’est pas resté en avant, mais dont l’écriture peut se révéler très belle et typique des rôles de ténor de cette époque. Le classement est ici très grossier, et avant tout chronologique.

Années 1700 – 1730 : l’ascension du ténor et la progression vers le genre napolitain

- Corrado dans la Griselda d’A. Scarlatti : le personnage est très en retrait dramatiquement et n’a qu’un seul air. Le sans doute modeste Lucchini a créé le rôle en 1721, montrant bien que la place était encore à conquérir pour les ténors à l’opéra. **

- Dans le premier opéra connu de Vivaldi, Ottone in villa, de 1713, Decio est encore un petit rôle de confident (Mark Padmore avec Hickocks ou L. Petroni avec Colusso). ?

- La Fida ninfa du même, donnée en 1732 pour la prestigieuse inauguration du théâtre de Verone, affichait un ténor dans un rôle secondaire, seulement : c’est Ottavio Sinalco qui fut le premier Narete – qui affronte tout de même des morceaux complexes. **

- En 1734, époque de la création du Catone in Utica de Vivaldi, les ténors commençaient tout juste à percer. Vivaldi confia le rôle-titre à Cesare Grandi. On peut entendre la version S. Edwards/Malgoire, ou E. Palacio/Scimone. ?

- De même, Ercole sul Termodonte en 1723 voit le éponyme confié à un ténor (comme je me proposais hasardeusement, il pourrait s’agir d’Antonio Barbieri). ?

- En revanche, dans le Farnace de Vivaldi par Savall, les airs attribués à Corselli comme tout le rôle de Vivaldi sont des transpositions : Corselli a d’abord composé son Farnace pour Caffarelli, et Vivaldi pour le contralto Maddalena Pieri – même s’il reprenait pour l’occasion un air de son Siroe…pour baryténor ! Lorenzo Regazzo s’attribue d’ailleurs l’air, lui aussi, dans son beau récital vivaldien.

- On en sait trop peu sur la serenata de grande dimension Andromeda liberata, datée de 1733, pour proposer le nom d’un ténor, d’autant que le personnage est assez secondaire. Le musicologue Michael Talbot propose, avec beaucoup de réserve un certain Biffi (moins connu, c’est le moins qu’on puisse dire, que les autres contributeurs supposés de l’œuvre : Vivaldi, Porta, Albinoni, Porpora) pour cette partie-là, par ailleurs assez centrale et exigeante. Suffisamment pour mettre Mark Tucker en difficulté, accompagné par Andrea Marcon. **

- John Elwes, qui enregistra le rôle d’Elmiro dans la version 1734 de Dorilla in Tempe (Pasticcio arrangé par Vivaldi), est distribué dans un rôle de castrat sopraniste, et n’y montre pas sous son meilleur jour…Il y a cependant bien pire dans ce disque. *

- Côté Haendel, on pourrait citer le ténor Antinori, sans doute pas à la hauteur de Borosini, Pinacci ou Fabri, puisqu’il se contenta de parties modestes dans Alessandro ou Scipione, opéras tous deux disponibles. *

Années 1740 – 1770 : l’époque galante

- Retransmission de Il Figlio delle Selve d’I. Holzbauer : (Gudbjörnsson, direction Spering), rôle de Teramene – le plus intéressant de l’œuvre, créée vers 1750. Les lamentables pitreries scéniques de la production du festival de Montpellier viennent malheureusement entacher l’interprétation musicale, notamment des cadences… **

- Gluck gagna son surnom de « divino boemo » grâce à La Clemenza di Tito, datée de 1752. Le rôle-titre fut, bien entendu, confié à un ténor, et la comparaison des airs avec la version Mozartienne est passionnante. On peut réussir à écouter la captation du concert de Langrée au Châtelet en 1996. *

- Gluck toujours : Le Cinesi fut composé pour Vienne et remanié en 1754, pour une distribution dominée par la fameuse Tesi (contralto), et avec le ténor local Friebert. Enregistré par Guy de Mey avec Jacobs.

- Son L’Innocenza Giustificata permet à A. Karasiak de chanter deux airs vigoureux. Encore une fois, sa technique et son ambitus sont trop limités pour vraiment s’imposer, mais c’est sympathique, dans un rôle destiné à Carlo Carlani, titulaire d’autres créations gluckistes (Tetide par exemple) et ancien élève du très fameux Porpora. **

- La cour de Munich accueillit le brillant Catone in Utica dans la mise en musique de Ferrandini en 1753, et Kobie Van Rensburg rend vaillamment justice à la difficile écriture du rôle titre, dont il est encore rageant de ne pas connaître le créateur. **

- Attention ! les rôles de ténors enregistrés par Jacobs dans Cleopatra e Cesare de Graun sont des transpositions, certes superbement interprétées par Robert Gambill et Jeffrey Francis. ***

- Pour ce qui est des Montezuma : celui de Graun est daté de 1755, et comporte un unique rôle de ténor, assez subalterne mais tout de même exigeant (apparemment, on ne sait pas qui était ce chanteur). On prisait avant tout les voix aiguës à la cour de Frédéric II. *

- La version de Gian Francesco De Majo, donnée 10 ans plus tard, a été proposée brillamment par Florio et son équipe habituelle. Makoto Sakurada confirme ses qualités, trop rares, dans ce répertoire : timbre assez sombre, médium et grave sonore, vocalisation correcte, accents assurés. Le rôle est d’ailleurs très exigeant, et je regrette de ne pas savoir à qui il était destiné. ***

- Les Passione di Gesù Cristo (livret de Metastasio) de Jommelli, Salieri, Myslivecek, sont disponibles au disque et proposent des rôles de ténors – et un jeu de comparaison intéressant, si on y ajoute celle de Caldara, également gravée. On peut même voir une mise en espace discrète de la version Paisiello sur le site de la RTSI (radiotélévision de la Suisse italienne), entre autres beautés. **

- On peut aussi trouver, de Hasse, un disque d’extrait de la Zenobia de 1761, créée à Varsovie, et qui propose un air de ténor tenu à l’origine par un certain Castelli. La distribution de la création ne semblait pas très prestigieuse, dans son ensemble. *

- Boccherini a aussi laissé deux œuvres traitées en « actions sacrées » : Giuseppe riconosciuto (1767) et Gioas re du Giuda. Dans le premier, Mario Zeffiri, léger mais sympathique, se défend honnêtement. Le disque, direction Handt, ne semble plus facilement disponible. Dans le second, on peut entendre Matteuzzi, type de voix assez analogue, se lancer tête baissée dans une partie à l’écriture très instrumentale, avec des traits effroyables. *

- Opéra magnifique, Antigona de Traetta présente le rôle (très important) de Creonte, créé par un certain Prati, sans doute pas mauvais du tout, vu les difficultés non négligeables du rôle. Au disque avec Carlo Allemano, Rousset. **

- Retransmission radio de la Didone Abbandonata de Piccinni (Luca Dordolo avec Florio) : Rôle d’Araspe. Donné en 1770 à Rome, l’opéra ne met pas vraiment en avant le ténor ; le triangle dramatique est plutôt centré sur Iarba-Didone-Enea : un très grand ténor aurait probablement incarné le méchant Iarba. **

- L’air « L’espoir renaît dans mon âme », version française, attribué un temps à Bertoni, est bien de Gluck, tiré de son Ezio, et probablement écrit pour un ténor à l’origine. Le passage d’Orfeo « Che puro ciel » est aussi adapté d’un air de ténor d’Ezio. On DOIT y entendre Rockwell Blake, même si Richard Croft y est fort bien, et Fouchécourt pas mal du tout. ***

Ecoutez donc « En butte aux fureurs de  l’orage » de Piccinni, par le même Blake, c’est tellement italianisant…***

- Très connu aussi, le superbe rôle de Mitridate de Mozart, composé pour Guglielmo D’Ettore. Exemple magnifique de ténor peut-être moins à l’aise dans l’agilité de bravoure (prisée par Cortoni ou Raaff), mais capable d’un canto di sbalzo d’une effroyable difficulté, sur un ambitus impressionnant ; écouter les versions de Blake, Ford, Sabbatini… ***

- Il Re pastore de Mozart : rôle d’Alessandro très virtuose, sans doute créé par Franz Aton Spitzeder, également à l’affiche de La Finta Semplice. Le second ténor, Agenore, est d’un lyrisme mozartien plus habituel. Schreier, Sacca se perdent un peu dans les vocalises et la longue tessiture du rôle : toujours un appui solide du médium et du grave exigé ! *

L’étrange Richard Conrad enregistrera un des airs avec Bonynge dans « The age of bel canto » : c’est instrumental, il sonne presque comme un basson, mais quelle molesse, quelle atonie, quelle inexpressivité ! Il tente de concilier une émission homogène avec un grave sonore et un falsetto dans l’aigu, ainsi qu’on peut imaginer la technique belcantiste jusqu’au années 1830-40. Intéressant. *

- Il Sogno di Scipione, toujours de Mozart, compte trois ténors, dont le rôle-titre. Les airs sont peu passionnants, mais dans ce genre de partie, un excellent chanteur peut largement faire son miel et soutenir l’attention. ?

- De même, Ozia dans La Betulia liberata est ténor et c’est un rôle de premier plan (contrairement à Ozia dans Juditha Triumphans chez Vivaldi), difficile techniquement – notamment le premier air. On ne sait pas à qui ces airs étaient destinés, malheureusement. **

Années 1780 – 1800 : l’époque classique. Le ténor toujours plus en avant.

- En 1780, suite aux succès napolitains de ses Ifigenia et Ipermestra, Martin y Soler donne Andromaca, avec la célèbre Todi, et un ténor dont je ne connais pas le nom, mais qui devait être à la hauteur de son prédécesseur Ansani, car les parties affrontées par le modeste José Ferrero le dépasse de très loin, dans une version avec orchestration réduite (pour un petit ensemble de cordes). DOC

- Le Giulio Sabino du grand Sarti fut créé au San Benedetto de Venise en 1781. C’est un certain Giacomo Panati qui créa le rôle du primo tenore, nommé Tito (le même que dans L a Clemenza , mais l’histoire n’a aucun rapport). Un second ténor, Giuseppe Desirò, y fut Annio. Les airs sont très beaux, d’une difficulté certaine mais mesurée, au regard d’autres parties de la même époque. C’est aussi une forme annonçant clairement le triptyque récitatif-cantabile-cabalette qui s’impose peu à peu. De grands ténors s’attribuèrent ensuite le rôle de Tito: Adamberger pour Vienne avec Marchesi et Kavalieri, Babbini à Londres avec la Ferrarese et le même Marchesi. Le jeune Filianoti, capté lors de représentations dirigées par Dantone, avec aussi la jeune Prina, est tout à fait convaincant, avec une belle voix bien menée, même si le style pourrait être plus policé encore. Chez Bongiovanni. ***

- Oratorios de nouveau : le Moisè in Egitto de Kozeluch : airs virtuoses chantés par M. Schäfer, direction H. Max. Citons aussi Giob de Ditter Von Dittersdorf, créé en 1786, toujours avec Schäfer. Ces oratorios lorgnent très nettement vers l’opéra. **

- Je laisserai ceux qui connaissent les œuvres en question commenter Il Ritorno di Tobia de Haydn (écrit en 1775, remanié en 1784), dont le rôle titre est destiné à un ténor (Carl Friberth, ramené d’Esterhaza par Haydn). D’ailleurs, soulignons que les ténors prédominent clairement, dans ces œuvres. Peut-on aller jusqu’à supposer que le fameux Adamberger, premier ténor viennois de 1779 à 1798, en fut le premier interprète ? Merci Langridge en tout cas… ***

- Retransmission radio d’Europa riconosciuta de Salieri : nous l’avons vu, le ténor, qui tient le rôle du méchant, n’a qu’un air (sympathique) et se voit relégué dans un emploi secondaire, un peu étonnant pour l’époque. G. Sabbatini, dirigé par Muti, est bien. **

- Antonio Baglioni fut le premier Tito dans L a Clemenza et  Don Ottavio dans Don Giovanni. Il fut aussi le créateur de Colloardo dans La Molinara de Paisiello. On en sait peu sur lui, mais Tito est un rôle assez difficile, et dramatiquement prépondérant, tandis qu’Ottavio, même s’il réclame un parfait belcantiste, est un peu en retrait. ***

- Carlo Vincenzo Allemano, avec sa vraie couleur de baryténor et une technique correcte, a enregistré un Teseo riconosciuto de Spontini (une curiosité). Je n’en sais malheureusement pas plus. ?

- Peu d’informations aussi sur l’Enea nel Lazio de Sarti, composé pour St-Petersbourg. Dernier opéra (plutôt serenata) du maître, en 1799, c’est une œuvre du passé, malgré certains acquis de l’époque (dans la coupe des airs, rondos, ensembles). Le ténor (Latino) s’illustre dans un style assez ancien, dans deux arias, une cavatine et un terzetto. Marat Galiachmetov y est plutôt médiocre dans la gravure Bongiovanni, dirigée un peu lourdement par A. Steinlucht. *

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Published by Clement - dans Artistes
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commentaires

licida 29/01/2009 11:18

Et un nouvel exemple: dans L'Olimpiade de Galuppi notre ténor seria doit se battre avec un orchestre fulminant.
 
http://fr.youtube.com/watch?v=8AeD6Fu7tcQ

Licida 29/08/2006 00:15

Les airs de Tiridate dans la première version du Radamisto de Handel (avril 1720: Alexander Gordon) sont assez interessants aussi: le role est celui d'un roi conquérant et il est bien plus important que celui du castrat Baldassari (Fraarte); mais dans cette premiere version, ce sont nettement les femmes qui dominent et le ténor disparait au profit de la basse dans la version avec Senesino dans le rôle-titre (version de décembre 1720 et 1728). Stains dans la version Curtis me plait bien.