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Il catalogo è questo

18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 22:50

Merci à Faust pour son premier article!

Réouverture de la salle Pleyel

Après cinq longues années de fermeture, la salle Pleyel a donc rouvert ses portes. Mais, est-ce bien encore la salle Pleyel ? Lorsque l’on pénètre dans le grand hall, on ne peut dire que l’on soit dépaysé. L’architecte, François Ceria assure être revenu à la conception originale, celle de 1927. Au-delà de l’impression de neuf, on découvre une très belle rosace au sol au-dessous de la coupole qui, nous assure-t-on, bénéficie d’un puits de lumière. Il faudra attendre que les jours aient rallongé, c’est-à-dire la fin du printemps prochain pour le vérifier en allant au concert ! 

L’essentiel n’est évidemment pas là. Il est dans la salle dont il ne faut pas hésiter à dire qu’elle est entièrement nouvelle. Parler, comme on le fait, de rénovation de la salle me paraît quelque peu abusif. Il n’y a rigoureusement rien de commun entre la salle d’il y a encore cinq ans et celle d’aujourd’hui. On ne s’en plaindra assurément pas. L’ancienne salle Pleyel était un grand hall que le bleu des murs rendait encore plus froid. Chacun se souvient que l’acoustique y était très moyenne, flattant exagérément les cuivres et ne permettant pas d’entendre les détails d’une orchestration. Pourtant, lorsque l’orchestre de Paris s’y était installé, le progrès était très sensible pour les musiciens et les mélomanes, l’orchestre ayant enfin pu quitter le Palais des Congrès, immense salle peu adaptée aux concerts symphoniques.

C’est donc la surprise qui l’emporte lorsque l’on découvre la nouvelle salle. Une impression intimiste qui change agréablement de l’ancien vaisseau. Décor blanc, très dépouillé. On découvre sur les côtés des balcons. Sièges confortables. Un peu plus de place où mettre ses jambes. L’architecte assure même que les fibres de lycra évitent au corps de transpirer ! Pour une fois, le confort des spectateurs n’a pas été oublié. Le regard se porte évidemment sur la scène qui n’a plus rien à voir avec la précédente. Elle a été un peu avancée. Derrière le plateau, se trouvent des banquettes qui pourront accueillir un chœur. L’accès à la scène doit aussi être plus commode pour les musiciens. C’est donc une salle moderne de conception contemporaine que l’on découvre sans aucun rapport avec la précédente salle ou même, j’imagine, avec la salle d’origine qui avait, peu après son inauguration en 1927, disparu dans un incendie. 

On saura gré à l’actuel ministre de la Culture , Renaud Donnedieu de Vabres, d’avoir su dénouer la situation lamentable et inextricable que lui avait laissée l’un de ses prédécesseurs – Catherine Trautmann - et qui aura conduit à exiler le malheureux orchestre de Paris au théâtre Mogador pendant cinq longues années. La réouverture de la salle Pleyel cette saison se révèle aussi particulièrement opportune, pour les amateurs de musique classique, la saison proposée par le théâtre du Châtelet n’étant guère enthousiasmante pour les amateurs d’opéra ou de concerts classiques ! On ne manquera sans doute pas de souligner que tout ceci aura coûté bien cher au contribuable. Mais, en même temps, si l’Etat avait racheté la salle Pleyel au Crédit Lyonnais dès 1998, il est permis de douter qu’il se soit alors engagé dans une « rénovation » aussi lourde ! 

Seule ombre au tableau, la réduction sensible du nombre de places. De 3 000 en 1927, on est passé ensuite à 2 370 pour terminer aujourd’hui à 1 913. Sans doute n’était-il pas possible de faire autrement à partir du moment où l’on mettait au centre de la rénovation les contraintes d’une acoustique de qualité. 

Pour avoir assisté le 15 septembre au concert donné par l’orchestre philharmonique et le chœur de Radio-France, il semble bien que le résultat, sur le plan acoustique, puisse être qualifié de remarquable. Extraordinaire clarté du son. On entend à la perfection le son très pur du violon de Svetlin Roussev dans Tzigane de Ravel. Les grandes masses sonores de Daphnis et Chloé emplissent la salle sans que pour autant on ait l’impression d’une bouillie sonore. Une petite impression d’un son légèrement mat pendant le Boléro. Mais, il est un peu curieux de commencer un concert par le célèbre Boléro et, en outre, il faut sans doute attendre un peu avant que les orchestres en résidence n’aient pris définitivement leurs marques dans cette nouvelle salle. Si l’on peut donc se réjouir d’une incontestable plus-value sonore, elle n’est pas sans quelques contreparties déplaisantes … On y entend aussi beaucoup mieux les téléphones portables qui sonnent et même le bruit que fait le contrevenant en le cherchant fébrilement dans son sac … S’il existe des systèmes de brouillage efficaces, on ne saurait trop recommander à la Cité de la musique, gestionnaire de la salle d’en faire installer au plus vite. Un petit guide du savoir-vivre de l’amateur de concert ne serait sans doute pas inutile … 

Que penser de ce concert du Philharmonique dirigé par Chung ? Deux œuvres se dégagent du concert : Tzigane et Daphnis. Déjà donné par les mêmes aux Théâtre des Champs Elysées il y a quelques années, l’interprétation que Chung en live m’a semblé plus vive, plus flamboyante. Le chef coréen peut jouer sur les contrastes de l’œuvre et terminer en apothéose la danse générale qu’il reviendra bisser. Ouvrant curieusement le concert, le Boléro ne m’a pas semblé avoir ce côté lancinant et inéluctable, se déroulant d’un seul trait jusqu’à l’accord final. De la Valse , l’acoustique de la salle révèle tous les détails. Interprétation enlevée qui me laisse un peu sur ma faim et qui ne « valse » pas beaucoup, m’a-t-il semblé ! Des solistes, on distinguera particulièrement la flûte de Magali Mosnier. 

L’ouverture de la nouvelle salle Pleyel est incontestablement le grand évènement et la bonne surprise de cette saison. Espérons que son acoustique impitoyable conduira nos orchestres à livrer le meilleur d’eux-mêmes ...

 

 

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commentaires

Caroline 21/09/2006 09:12

Il devait donner un concert en janvier avec A-S von Otter, à Dijon. Ce devait être de la musique française; il m'avait donné envie de prendre mon billet pour ce répertoire que je connais trop mal...

C.

Bajazet 20/09/2006 23:04

Syberberg, frappé par son expressivité quand il dirigeait, avait voulu qu'il joue à l'écran le rôle d'Amfortas dans l'étrange film "Parsifal" (Minton de son côté était doublée à l'image par l'illustre Edith Clever).

Jordan savait également parler de la musique et des œuvres de façon extrêmement intelligente, sa culture était impressionnante. Je garde le souvenir d'une fantastique version discographique des Saisons de Haydn, avec les forces de Lausanne, pour Erato, avec Eric Tappy et Edda Moser, tous deux inoubliables.

Faust 20/09/2006 20:04

Armin Jordan est décédé aujourd'hui. Il aurait dû diriger cette semaine l'orchestre de Paris dans la nouvelle salle Pleyel. Je ressens une immense tristesse l'ayant souvent vu diriger l'orchestre de l'opéra et le philharmonique de Radio France. Je ne suis jamais ressorti déçu par l'un de ses concerts ou de ses opéras. Il était, pour moi, un bon chef d'orchestre, sérieux, d'une grande probité face aux oeuvres qu'il dirigeait. Ce n'est pas si fréquent. Ces dernières années, il dirigeait souvent assis. Les dernières fois où je l'ai vu, il semblait si fragile.

Faust 19/09/2006 12:23

Je n'y suis allé, pour l'instant, qu'un fois. J'étais au parterre. Il faut plusieurs séances dans des endroits différents pour apprécier l'acoustique d'une salle et il faudra aussi que les orchestres qui s'y produisent en prennent la mesure. Plusieurs critiques soulignent également que l'acoustique est bonne aux balcons. J'y ai plus apprécié Daphnis que le Boléro où je me suis même un peu ennuyé ! Ce que je trouve inquiétant, c'est que le téléphone portable faisait moins de bruit que le sac de la personne qui fouillait dedans pour le récupérer ! On n'a donc pas fini d'entendre les toux intempestives, le papier des bonbons que l'on défait délicatement ou encore le ronflement des spectateurs fatigués ... Bref, la suggestion de Bajazet doit retenir toute notre attention !

clement 19/09/2006 12:00

Celà fait plaisir de lire un article clair et enthousiaste sur cette réouverture...à vue de nez, y a-t-il des places que tu déconseillerais d'emblée ? je n'ai pas encore investi mais il y a maints concerts très tentants.Enfin, des systèmes de brouillage efficaces existent bel et bien, il me semble. je me demande si les lobbies des opérateurs ne fait pas blocage au niveau légal pour leur utilisation dans les cinémas, théâtre, salles de concert, restaurants, etc... celui-ci téléphone, et bien... s'uccidi !!