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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 12:09

Recréation de cantates inédites de José de Nebra

par Nuria Rial et Lopez Banzo  

 

Toulouse, Chapelle des Carmélites, jeudi 5 oct. 2006 

 

José de NEBRA: Cantadas al Santisimo Sacramento :

« Llegad, llegad, creyentes » ; « Que contrario, Señor » ; « Alienta fervorosa » ; « Entre candidos, bellos »

+Charles AVISON : Concertos n° 5 et 6, d’après les sonates de Scarlatti

Nuria Rial, soprano

Ensemble Al Ayre Español

Dir. Eduardo Lopez Banzo

 

 

 

**********************

 

 

 

C’est dans le cadre du Festival « Toulouse les Orgues » que ce concert avait lieu dans la magnifique Chapelles des Carmélites, entièrement décorée d’allégories par le peintre Jean-Baptiste Despax (1709-1773), et qui accueille rarement des concerts malheureusement.  

 

Au programme : des cantates sacrées (mais au très fort parfum d’opéra) de son contemporain José de Nebra (1702-1768). Dédiées au Saint Sacrement, elles sont inédites, et c’est le chef aragonais Eduardo Lopez Banzo qui les a transcrites à partir des manuscrits découverts au Guatemala, où ces œuvres avaient été envoyées de Madrid. Le concert de Toulouse inaugurait une série de concerts où ces 4 cantates pour soprano solo sont ainsi recréées, avec, espérons-le, un prolongement discographique.

 

 

Car la musique en est constamment splendide. Lopez Banzo et son ensemble, attachés à la redécouverte du baroque espagnol depuis leur premier disque fracassant « Villancicos » en 1994 (DHM), avaient également sorti un album Nebra, comprenant un Miserere avec des extraits d’une Iphigénie en Tauride (album que je ne connais pas). Et on trouve aussi du Nebra dans l’album d’airs de zarzuelas que les mêmes ont gravés avec Maria Bayo (parution imminente chez HM).

En l’occurrence, ces cantates toutes dévolues à un soprano virtuose combinent 2 récitatifs et 2 airs da capo. L’écriture vocale est très lyrique, souvent brillante, avec un vocabulaire qui évoque tantôt Haendel tantôt Vivaldi, mais surtout elle témoigne d’un sens mélodique de premier ordre et d’une tendresse d’expression remarquable. L’accompagnement orchestral (l’orchestre comprenait14 cordes, avec contrebasse, archiluth et harpe) évite par ailleurs la banalité, par son sens de la surprise rythmique et par sa souplesse harmonique.

 

 

Le concert mettait ainsi en vedette la jeune Nuria Rial, déjà connue au disque par sa Barbarina chez Jacobs, des extraits du Lotario de Haendel avec Zazzo (Oehms) et récemment un Stabat Mater de Pergolèse avec Carlos Mena. La voix, d’une souplesse et d’une ductilité admirables, n’est pas grande : on songerait parfois à Emma Kirkby, si Rial n’offrait un timbre beaucoup plus moelleux, d’un charme juvénile constant, d’une tendresse en effet qui conviennent admirablement à ces œuvres. Cependant, le medium est plus avantageux que l’aigu (vite tendu, mais peu sollicité finalement) et surtout qu’un grave que l’acoustique et la résonance des cordes de l’orchestre n’aident guère à s’affirmer : il faut bien convenir que plus d’une fois la voix disparaît en descendant. 

 

 

Dans ces conditions, l’extrême raffinement de l’interprète dans la nuance piano se paie parfois d’une dilution des contours ornementaux. Il est vrai aussi que la diction de Rial apparaît assez molle (rançon de sa morbidezza ?), là où Marta Almajano (qui a beaucoup chanté ce répertoire ibérique avec cet ensemble) fait davantage sonner les mots, mais d’une voix plus dure et sans le charme de la cadette. 

 

 

Car c’est en définitive le charme et l’élégance qui caractérisent d’abord cette voix d’une fluidité admirable, à quoi s’ajoutent les mouvements légèrement balancés des bras et du buste de Nuria Rial lorsqu’elle chante. Je précise qu’elle ne tangue pas comme Guillemette Laurens, mais semble onduler en respirant avec la musique, et avec une classe qui ravit. 

 

 

L’orchestre était excellent, et s’est illustré dans les concertos d’Avison, décidément une musique extrêmement séduisante, où on remarquait la violoniste solo, à qui reviennent parfois des traits d’une difficulté extrême (je ne puis vous dire son nom), et aussi le contrebassiste, mais pour d’autres raisons : c’est le charme espagnol incarné… et comme il reste debout, on en profite. 

 

 

Le programme comportait enfin des extraits de pièces pour orgue (positif) du Padre Soler, qui ont paru assez plates comparées à ses étonnantes sonates pour clavecin (vous connaissez le CD de Noelle Spieth ?). 

 

 

Mais le lien avec l’orgue, raison d’être du Festival, c’était aussi le projet de construction à Toulouse d’un orgue ibérique, auquel contribuait la recette du concert (si j’ai bien compris). Il s’agit en effet d’augmenter le patrimoine exceptionnel de Toulouse en matière d’orgues par un instrument « ibérique », caractérisé par des couleurs particulières de jeux et par les « chamades », trompettes horizontales installées à la base de la façade. Le projet est en bonne voie, si bien que l’église des Jacobins pourrait bientôt accueillir ce nouvel orgue.

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Published by Bajazet - dans Représentations
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Bajazet 19/10/2006 15:25

Salut à Votre Majesté Clémentine ;-)
Rial n'est en rien une voix frappante, mais elle chante comme la source coule, si je puis dire. À la réflexion, elle est assez parente de ce qu'a pu faire Susanna Rigacci dans le répertoire XVIIIe.

clement 19/10/2006 14:17

Merci bien cher Bajazet pour ce commentaire ; je suppose qu'on va parler en effet un peu plus de Nebra, surtout que le disque très médiatisé et marketé de Bayo/Rousset chez Naïve (?) a reçu des critiques globalement bonnes, et que la qualité des airs de Nebra, remarquables - à défaut d'être parfaitement adaptés à la voix de Bayo - a frappé beaucoup de critiques, dans mon souvenir.Nuria Real, en revanche, j'ai dû l'entendre un peu, mais rien qui m'ait frappé.