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Il catalogo è questo

7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 22:52

Bon, je n'ai pas tenu le rythme ces derniers mois, j'ai vu trop de trucs et je n'ai pas pu en faire un compte rendu détaillé à chaque fois; promis je vais essayer de m'améliorer pour les concerts et spectacles à venir. En attendant voilà un lot de critiques pas assez détaillées et fournies pour mériter un fil chacune.

*Idomeneo à Garnier 5.12.06

J'ai été assez déçu par la mes que j'ai trouvé très prosaïque pour la direction d'acteurs et manquant d'idées. Je n'ai pas du tout trouvé les eclairages extraordinaires, au contraire je n'ai vu qu'un dégradé de gris toute la soirée (placé en quatrième loge de coté, il se peut que les eclairages soient moins admirables depuis ces places). Plus grave, cela plombe l'oeuvre plus que cela ne souligne le drame et le desespoir des personnages, à aucun moment l'action ne décolle, embourbée dans cette atmosphère. Les chorégraphies m'ont semblé assez vaines et gesticulatoires. Je jetterai un voile pudique sur la coupure du ballet dont on entend que le début, l'orchestre baissant ensuite le volume comme sur une chaine hi-fi...
L'orchestre dirigé par Hengelbrock a fait un véritable effort pour sonner baroque, mais ce qui est un succès enthousiasmant du point de vue du rythme et des contrastes, l'est
 beaucoup moins pour la beauté du son, les cordes sonnent très vertes et le tout est assez sec avec des timbales trop sonores et un pianoforte envahissant.
Coté chanteur, superbe Vargas, qui, même malade, a chanté le grand Fuor del Mar avec élégance et puissance, l'acteur est moins bon et manque de panache, mais un ténor gracieux, c'est suffisamment rare pour me contenter. Mention spéciale pour di Donato, exceptionnel Idamante, avec des cadences périlleuses et réussies et qui trille en plus! Tilling m'a semblé bien fade et trop maigrement inspirée pour toucher. Delunsch est une formidable Elettra, infernale et sardonique, les stridences se mettant au service du rôle, plus déchainée dans son dernier air, malgrè un rire quelque peu esquivé, que dans le premier (logique!), j'emettrai quelques reserves sur le deuxième air, l'élégie la trouvant un peu trop acide et corrosive.

*Sumi Jo au TCE 12.12.06

La brave Sumi a encore de beaux jours devant elle: emission toujours aussi limpide et précise, diction remarquable; si la vocalise rapide la trouve un peu à la traine (La Sonnambula), elle excelle dans les airs bel cantiste assez lents (I Capuletti). Devant un public déchainé elle nous offert trois bis dont l'air d'Olympia, remarquable de netteté et conclu par un suraigu longuement tenu. Altinoglu dirige son orchestre de façon militaire et sèche, sans poésie, c'est purement efficace.

*Candide au Chatelêt 19.12.06

Assez moyennement séduit par la mes, vive et dynamique, qui présente cependant de nombreux défauts: le premier c'est bien sur la scène des présidents et la réecriture des dialogues, je n'ai rien contre le principe, mais c'est franchement lourdingue: le passage sur Shell et Texaco est une attaque simpliste et celui des présidents digne du bebete show, je vous laisse juges:
- Chrirac: "Ah, putain!"
- Poutine: "Tu m'as appellé?"
Du coup c'est tout le spectacle qui souffre de cette critique simpliste de l'occident rebaptisé Ouest-faillite, des fois que nous les cons on comprendrai pas. Ainsi faire se dérouler toute l'oeuvre aux USA est assez répétitif, n'aide pas le dernier acte à paraître moins long, et réduit la porté de la critique: évidemment il n'y a que les américains qui sont cons, nous les français on le sait bien! C'était bien la peine de se mettre sous le patronnage de Voltaire, qui lui critique une façon de pensée qui n'a pas de frontières. Le final détourné en plaidoyer écologique est un enorme contre sens, sans doute volontaire, mais hors de propos.
Coté chanteurs il y a du bon: Candide, la vielle dame, Pangloss/Martin/Voltaire et de l'affreux: Cunégonde criarde et acide, le "Glitter and be gay", déjà bousillé par la mes qui lui retire toute authenticité est douloureux pour les tympans. Dessay reste indétronée pour cet air, où elle est la seule à émouvoir et à donner un sens aux vocalises. L'ensemble orchestral de Paris ne m'a pas paru indigne, c'était rondement mené avec vivacité et rutilance, j'ai beaucoup aimé.

*Don Giovanni à Bastille (générale du 17.01.07)

C'était la première fois que je voyais cette mes que j'ai trouvée tantot brillante (Fincho dal vino, la mort de DG, le rapport DG-Leporello...), tantot creuse et répétitive. Au début voir les personnages courrir éperdument sur scène, se vautrer par terre, être surpris par les lumières qui s'allument brusquement dès que l'orchestre s'anime... est très impressionnant; et puis on se lasse. D'autant que pour susciter le malaise, les recitatifs ont été volontairement ralentis avec de nombreux silences et un clavecin quasi-muet, or le malaise devient vite ennuie et entraine une distorsion de toute l'action, les airs et ensemble, contrastant trop avec les recitatifs, semblent ne rien partager avec eux et arriver comme des cheveux sur la soupe. Bref si cette mes n'a rien de neuf (DG au XXème, Sellars, Engel et Bieito l'ont déjà fait), elle a pour elle une force de frappe remarquable mais intermittente.
Guttler est aussi plat la dedans que du Kuhn, mais déjà moins aride que ce que j'avais pu entendre de Cambreling. Mattei est toujours aussi splendide; Pisaroni était malade(mais toujours aussi mignon!); Schäfer ne me semble vraiment pas faite pour chanter de l'opéra (amha le lied lui irait mieux) et surtout pas à Bastille où elle poitrine aussi férocement qu'elle extrapole ses aigus; Rhadijan est grotesque dans ce role, un vrai boulet pour DG plus qu'une amante dont le desespoir emeut, elle ferait mieux de se tourner vers Verdi; Zamojska est hors de propos vocalement en Zerlina; Mathey est un Ottavio fallot pour changer, c'est honnête; Bizic un très bon Masetto; pas grand chose à dire sur le Commandeur de Petrenko qui est amplifié dans le final, donc difficilement jugeable.

*Royal Fireworks & Watermusic par Niquet au TCE 21.01.07

Vous connaissez mon adoration pour le disque sorti chez Glossa il y a quelques années: jouées avec les effectifs de la création, ces oeuvres retrouvent tout leur charme et leur impact. Malheureusement une grande salle aurait été plus indiquée, l'acoustique du TCE etouffait et confondait trop les différents pupitres, même le dialoque de la timbale et du tambour au début du second mouvement des Fireworks paraissait confus. Les effectifs étaient impressionnants et on ne louera jamais assez Niquet qui réussit à faire jouer chaque groupe d'instruments, aussi nombreux soient-ils comme un seul homme, et pourtant, les 9 trompettes et les 9 cors naturels jouaient l'embouchure fièrement levée et trillaient (!!!!) tous ensemble, idem pour les 17 hautbois, les 10 bassons, les 2 contre-bassons, les 22 violons et altos, les 4 contre-basse, les 4 violoncelle...(merci à Amadis pour les chiffre, j'ai pas pu tout compter!).

 

*La Betulia Liberata à Pleyel 30.01.07

Rien à rajouter sur ce qu'en a dit Bajazet pour le spectacle de Vienne, si ce n'est que j'ai été séduit outre mesure par l'orchestre d'Harnoncourt et le choeur Arnold Schönberg que j'entendais rellement pour la première fois. Ovenden malgrè son timbre ingrat m'a agréablement surpris, délicat dans la déclamation et correct dans les vocalises. Mijanovic me séduit rien que par la splendeur de son timbre, même avec des trous, et par son allure altière. Mais je trouve impardonnable d'avoir coupé le "Parto inerme". Du second balcon, je l'entendais très bien (je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi on dit que Pleyel est une salle horrible pour les chanteurs).

 

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

Caroline 17/02/2007 12:23

La diffusion d'Idomenée, c'est ce soir sur FM...

DavidLeMarrec 10/02/2007 17:00

Il est vrai que Voltaire avait la décence de commencer par critiquer ses compatriotes. Mais je n'ai jamais été plus enthousiaste que toi sur Carsen.

Merci à Faust pour son éclatant retour. Même impression pour Jacobs : celle d'entendre l'oeuvre pour la première fois. Beaucoup d'idées, et une lecture cohérente. Extrêmement séduit moi aussi.

Faust 10/02/2007 16:27

Le Don Giovanni d'Haneke, Mortier, Cambreling continue de me laisser perplexe. Je veux bien qu'à Bastille cela " passe " mieux qu'à Garnier ... J'avais de Garnier le souvenir d'éclairages bien pâles. Plutôt l'impression d'un spectacle se déroulant dans une quasi obscurité.
 
Il y a eu, en quelques mois, trois Don Giovanni sur les scènes parisiennes. Passons sur celle du TCE, dépourvue du moindre intérêt. Il reste donc Mortier, et son équipe infernale, et René Jacobs en version de concert avec un peu de mise en espace. J'avoue ne guère trouver d'intérêt aux expériences de Mortier. Je continue à penser qu'il n'a pas monté Don Giovanni, mais demandé à Haneke de faire un spectacle à partir du Don Giovanni de Mozart-Da Ponte. Pourquoi pas ? Si vraiment Haneke a des choses réellement profondes à dire sur le mythe de Don Giovanni ! Je n'aime pas trop ce genre d'expérience (Aix l'a fait l'an dernier avec une Périchole profondément ennuyeuse). Car, tout de même, comme l'écrit (me semble-t-il !) Licida, le chef d'oeuvre de Mozart en ressort passablement défiguré. La voie suivie pas Jacobs me semble infiniment plus intéressante. Un Don Giovanni tout neuf, débarrassé de la vision romantique du XIXème siècle. L'impression d'entendre l'oeuvre pour la première fois. La distribution de Jacobs est inférieure à celle réunie par Mortier ? Sans doute. Mais, ce Don Giovanni tout jeune qui semble parfois inconscient de ce qu'il fait, qui (pour ceux qui ont vu) agace un peu en restant presque constamment la bouche ouverte (travers d'une production mise en scène juste avant de venir à Paris ?), ne manque pas de charme. Après tout, qu'il s'agisse de celui de Tirso de Molina, de Molière ou de Da Ponte et Mozart, il est jeune, plein de vie et d'envies. Et cette mort du Commandeur où la musique seule, dirigée par Jacobs, vous touche et vous entraîne bien au-delà de la grotesque mise en scène d'Haneke ! Je continue à penser que Mortier à loupé son Don Giovanni (cela arrive !) et à attendre le traduction discographique de Jacobs. Haneke s'est enferré dans le mythe. Jacobs nous dit qu'il n'y a pas de mythe. Il ne reste plus qu'à attendre, en juillet, ce qu'Hervé Niquet nous dira, à Montpellier, de Don Giovanni ...
 
La lecture des réminiscences - toujours passionnantes ! - de Licida ne me fait pas regretter d'avoir échappé au Candide du Châtelet !