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Il catalogo è questo

20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 00:27

Voilà un des plus beaux spectacles de l'ère Mortier!

Passons sur la direction affable et molle de Kuhn et sur son orchestration du Journal d'un disparu, laquelle sonne pauvre et rudimentaire à coté de ce que j'ai déjà entendu de Janacek.

La mes de la Fura dels Baus est formidable: dans le Journal, elle se contente peindre l'univers sombre et fiché dans la terre du personnage, l'actualisation de la gitane en prostituée est faite sans excès et les corps rampants sous une lumière zébrée à la fin produisent un effet morbide saisissant. Pour Barbe-Bleue, l'utilisation de la vidéo est totalement inédite à ma connaissance (et bien plus inspirée que celle du Chatelet dans La Pietra au même moment!): projetés sur des toiles de gazes et sur le rideau d'eau, les images ne sont plus une surface plane de fond, mais prenent un relief, sont intégrées à la mes, devienent un véritable élément de décors puisque les personnages peuvent apparaître derriere l'ecran, ou passer à travers comme à la fin où Judith traverse le rideau d'eau sur lequel est prejeté l'impressionnante figure de Barb-Bleue. Faire de Garnier le chateau de Barbe-Bleue est une idée remarquable qui plonge le spectateur au choeur du décor: le royaume devient une vue de Paris depuis le toit de l'opéra, la salle des bijoux le Grand foyer... il faut à ce titre saluer le travail sur les lumières qui sculptent les chanteurs et le peu de décors qui sont sur scène, notamment les tranches de rideaux en plastique qui scintillent superbement quand le danger lié à la banalité de la matière était grand. La mes brille aussi par sa sobriété et son sens de la dissimulation: jamais l'on ne saura si le sang que voit Judith est bien là ou s'il s'agit d'une de ses hallucinations, on ne verra pas les anciennes femmes autrement que par des bras qui assaillent Judith sur le lit conjugual... Plus l'on avance dans l'action, moins la mes se fait spectaculaire visuellement, ce qui pourrait décevoir contribue à rendre l'histoire encore plus mystérieuse et l'on se retrouve aussi perdu que Judith dans ce grand chateau sombre dont la pénombre peine à être percée par la faible bougie que tient Judith parcourant les labyrinthiques escaliers.

Konig est excellent dans les mélodies de Janacek, violent sans jamais brailler. Uria-Monzon est splendide en Judith, ses attaques un peu viriles convenant parfaitement pour traduire l'angoisse du personnage, je ne saurai jugé de sa prononciation du hongrois, mais sa voix sombre et son jeu plein de convulsions m'ont pleinement convaincu. White est encore un de ces chanteurs dont on dit qu'il a beaucoup perdu; eh bien comme pour Raimondi, je trouve ça encore bluffant, de présence comme d'ampleur purement vocale. Du chanteur épuisé comme cela j'en redemande (là encore je me demande s'il n'y a pas un effet de mode qui consiste à dire, pour faire connaisseur "il a beaucoup perdu", simplement parce qu'il arrive en fin de carrière, on se dispense ainsi de tout discours valable sur sa prestation, puisque celle çi n'est pas dignement critiquable en référence à son passé). N'étant que peu familier de ce répertoire je serai bien en peine cependant d'en dire plus sur l'interprétation musicale. Je ne peux que vous conseiller d'y aller lors d'éventuelles reprises!

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Published by Licida - dans Représentations
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