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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 23:48

Thaïs de Massenet
Théâtre du Chatelêt, 19 mars 2007

Thaïs Renée Fleming
Athanaël Gerald Finley
Nicias Fabrice Dalis
Palémon Nicolas Courjal
Le serviteur de Nicias Laurent Alvaro
Crobyle Marie Devellereau
Albine Caitlin Hulcup
La Charmeuse Rebecca Bottone
Myrtale Nora Sourouzian

Direction musicale Christoph Eschenbach
Orchestre de Paris
Chœur Accentus

Direction artistique Laurence Equilbey

Je dois ici avouer que ce soir, j'ai pour la première fois connu Massenet: auparavant je n 'avais entendu que d'anodins "Adieu notreu petiteu taaableu" ou d'autres "Profiterolles de la jeunesses", mais jamais d'oeuvres en entier. Je savais que sa prosodie était la plus ratée de tout l'opéra français, mais j'ignorais à quel point ce maître a pu exceller dans la kitscherie confite dans le mauvais goût éhonté et ce en 1894!! Tout de suite je suis pris de sympathie pour l'antipahtique Debussy... Sinon, passé un livret moisi au dramatisme douteux, à l'exotisme de pacotille et à la poésie frelatée dans lequel les éclats de rire sardoniques passent pour du génie, qu'est-ce que l'on s'amuse! Dommage que cela ne soit pas mis en scène, car cet enchainement de danses sautillantes et de scènes sans intérêt à l'acte II doit mieux rendre encore si l'on joue la carte de la sucrerie à fond. Et les choeurs, ah les choeurs! On a toujours l'impression qu'ils vont se prendre par le coude et nous chanter une chanson paillarde! (sauf pour les choeurs religieux quand même). J'ai sans doute l'air de découvrir ce que tout le monde connaissait déjà, mais je voulais vous faire partager mon émotion...quand je pense que certains ont fait la fine bouche sur La Juive :-))) En tout cas je ne me suis pas ennuyé, toujours diverti par un nouveau truc bien ronflant ou des instruments exotiques pour faire folklore, j'ai souri toute la soirée!

Question interprétation, on était servi par la pretresse "Wenéééé" tout à fait à sa place dans un opéra dont les premiers mots sont "Voici du miel" (oui bon d'accord en fait c'est "Voici du pain", mais sinon c'est pas drôle!). Sincèrement Renée Fleming est excellente dans ce rôle, surtout dans le III où ses piani font merveille dans la mort sulpicienne de la courtisane, alors tant pis pour toutes les notes attaquées par en dessous, pour le medium qui se délite au moment de passer en voix de poitrine et pour les aigus souvent stridents. Par contre pas tant pis pour son premier air qui manquait de tenue et de cohérence à mon gout, en même temps la tenue et la cohérence chez Massenet, bon... hein... Du coup je n'ai pas envie de faire ma fine bouche sur son articulation dégeulasse, et sa déclamation rudimentaire, dans ce rôle là cela ne me gêne pas car j'ai vraiment apprécié son superbe timbre, même si sa voix a perdu de son velouté, et son expressionisme dans un rôle pour lequel la finesse est superflue. A part ça pour les trucs pas intéressants, Renée était "habillée" par Christian Dior: une robe verte aux écailles dorées absolument immonde qui lui faisait les seins en portefeuilles, un cul énorme et conférait à sa marche la grace d'une sirène sur ses nageoires, en plus le broshing Dallas laquée pour l'éternité... hmmm quel charme cette Thaïs! Je suis tout de même déçu qu'elle n'ai pas changé de robe au cours de la soirée, alors que l'action l'y incitait (sans aller jusqu'à la bure bien sur). En décembre, Sumi, elle, elle l'avait fait!

Mieux, Gérard Finley fut un excellent Athanaël: de la prestance, une allure sévère, un français parfaitement intelligible, une voix somptueuse et splendidement projetée, il m'a moins convaincu à l'acte III n'en faisant pas assez pour traduire la soudaine passion de l'innébranlable père, mais cela restait très impressionant.

Fabrice Dalis faut appelé à la dernière minute pour chanter Nicias, ténor à la voix frêle et au timbre ingrat, il ne m'a pas plu du tout; je n'en dirais pas plus eu égard aux circonstances.

Nicolas Courjal est un très beau Palémon au verbe haut et fier, il m'a vraiment marqué dans ce rôle pourtant limité. Rebecca Bottone, Marie Devellereau et Nora Sourouzian sont bien, rien d'extraordinaire mais pour ces rôles de cretines à suraigu, leur pétulance et la justesse des notes étaient bien suffisantes. Caitlin Hulcup est très propre en Albine, avec une élégance sur scène qui donne à son rôle l'aura que la musique lui refuse. Laurent Alvaro dit bien ses trois lignes.

L'orchestre de Paris dirigé par Eschenbach m'a paru excellent, c'était contrasté et pas bégueule, joliet et coloré, rentre-dedans et dégoulinant quand il le fallait; l'équilibre des pupitres et la synchronisation de l'impressionnante masse orcestrale m'ont aussi pleinement satisfaits.

Bravo au choeur Accentus aussi, qui a su donné toute la dignité et l'élégance possible à ces choeurs tantôt archiclassiques tantôt pas piqués des hannetons!

 

Au final une très belle soirée donc, rien d'émouvant cependant à cause de l'oeuvre elle-même.

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

Caroline 09/06/2007 12:04

Diffusion sur France Musique, ce soir.

Friedmund 22/04/2007 23:19

Je suis assez d'accord avec le commentaire d'Aladin, et j'irai même plus loin: non seulement il faut cesser de parfumer chic Thaïs, mais il faut au contraire l'encanailler. 
Aladin le dit justement: c'est la saturation d'émotions de Thaïs qu'il faut préserver; pour le chic, la musique de Massenet est suffisamment précieuse pour ne pas en rajouter, bien au contraire.
Plus on sucre cette musique, plus elle est indigeste.

Aladin 22/04/2007 19:46

J'avais vu Thais à Nice quand Fleming devait le chanter en France pour la première fois, et fut remplacée par Isabelle Kabatu, verdienne opulente et fruitée, un peu carrurée pour le rôle. J'aime beaucoup cet opéra. Même si il me fait penser  dans  sa thématique et son livret à l'érotisme et l'imagerie loin de nous de certains films muets (je pense aussi à Salambô par exemple): parfois on sourit, parfois on est étonné de voyager dans le temps et de voir quel était le souffre  qui émouvait les gens de l'époque, la courtisane, etc. Il parait qu'au Châtelet ça  a été donné de façon "épurée" et chic...Si c'est le cas, e trouve dommage de vouloir toujours améliorer le parfum  d'une oeuvre, sous prétexte qu'il est un peu saturé en émotions qui nous semblent datées.

licida 20/04/2007 22:37

C'est un truc de djeun's, mais c'est déjà total ringard!

http://youtube.com/watch?v=dDwKPGUIVME

Bajazet 20/04/2007 22:29

Euh… c'est quoi, Alizée ? Je connaissons que les fiers Aquilons, moi.