Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Psychologie

  • : Alma Oppressa
  •  Alma Oppressa
  • : Blog sur l'opéra
  • Contact

Articles à venir

Recherche

Archives

Il catalogo è questo

24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 21:26

Voilà un petit commentaire pour parler de ma première rencontre avec Marina de Liso, accompagnée hier soir par l’Europa Galante et Fabio Biondi pour un récital Vivaldi à l’auditorium de Lyon.

Mon impression fut très mitigée à la sortie du spectacle, mais toutefois positive. Marina est apparue dans une superbe robe en élasthane bleue pailletée (les chanteuses sont à paillettes, ou ne sont pas !) et dégage avant la première note un halo attachant, dû sûrement à sa plastique avantageuse et à son italinità ravageuse…

Le programme annonçait des concerti e sinfonie et des airs tirés de Bajazet, L’Atenaide et Farnace. Finalement, on a eu droit seulement à deux airs du premier et deux airs du second, plus un « Amato ben » apparemment orphelin, bien que la musique soit celle de La Verità in cimento (mais un texte légérement différent).

Après la sinfonia « Il coro delle muse » qui ouvrit la soirée avec bonheur, Marina attaqua par le récitatif accompagné d’Asteria suivi de l’air « Svena, uccidi, abbatti, atterra » (Bajazet). Par souci d’insuffler la tragédie dans chaque syllabe, le texte était mitraillé à une vitesse exagérée, et l’air, bien trop grave pour une entrée de récital, était audible surtout sur les consonnes (je préfère donc Mijanović). Sur l’air suivant, « Sorge l’irato nembo », soit-disant tiré de L’Atenaide mais déjà entendu « ailleurs », ce ne fut guère mieux : aigus étouffés dans le da capo, mais surtout ce bas médium inaudible sous lequel se glissait un grave joyeusement poitriné et rocailleux à souhait (mais c’est pas pour ça qu’on entendait mieux). Le challenge sur les vocalises fut remporté, mais le tempo choisi était plutôt modéré. Après ça, Marina s’éclipsa pendant les concerti « Il piacere », « L’amoroso » et « Per viola d’amore » (tous très bons, malgré des solos un peu waktcha-waktcha de Biondi) pour revenir dans une « La cervetta timidetta » sautillante et délicieuse (avec en plus plein de variations rigolottes au violon de Biondi). Sans surprise, elle fut tout d’un coup parfaitement audible, mais seul hic : le da capo avait été tronqué de sa moitié. Argh ! L’air suivant, « Amato ben » lui permit de s’aérer la poitrine pendant un moment (air pour soprano, écrit pour Anna Maria Strada del Pò à l’époque où elle n’était qu’une misérable gueuse inconnue :-p), mais c’était tout de même trop aigu, surtout que sa voix n’était toujours pas assez chauffée, du coup cela sonnait un peu tiré. Et en plus, une fois encore, une partie du capo fut jetée aux oubliettes. La salle (à moitié vide) en délire réclama un bis avant même la fin du concert, et Marina nous gratifia d’un très beau « Mio cor, che prigion sei » tiré de L’Atenaide. Biondi nous expliqua qu’il planait encore une incertitude quant au compositeur de cet air qui, par sa ritournelle avec tutti en pizzicato, évoque un familier « Sento in seno ch’in pioggia di lagrime », mais qui dévoile des motifs vocaux inhabituels de la part de Vivaldi, d’où une semi-attribution au compositeur Paganelli (kicékiconé ?). Ce fut quoi qu’il en soit le plus beau moment de Marina cette soirée, qui avec une sensibilité dosée, parvint enfin à trouver une assise confortable pour un grave qui devint alors moelleux et corpulent. Et évidemment, lorsque cela devint enfin intéressant, Madame s’en alla, préférant nous laisser aux mains de Biondi et de son équipe pour un concerto et une petite sinfonia (celle de La Senna festeggiante).

 

Côté orchestre, cela me parut très satisfaisant, malgré un recours un peu trop fréquent à ces tics, dictés par la tendance actuelle selon laquelle Vivaldi ne peut être joué qu’à grands renforts de claquements secs et martellement de clavecin. D’ailleurs, quelqu’un sait-il à quel instrument on doit ces effets de percussion ? Je croyais que c’était le clavecin, mais hier il sembla que ce furent les violoncelles… On eut droit à deux bis : le presto de « L’estate » et le largo de « L’inverno ». Pas très inventif tout ça… C’est surtout à ça que je dois ma frustration : un programme méga-rabaché, avec uniquement des airs et des concerti/sinfonie déjà magistralement enregistrés. Mais une rencontre sympa tout de même.

Carlupin

Partager cet article

Repost 0
Published by Carlupin - dans Représentations
commenter cet article

commentaires

licida 25/04/2007 22:05

Je vais vous poster ça.

Par contre ces enregistrements jamais publiés et pas si anciens que ça, on ne les trouve pas, on les a, c'est tout!

(Mes secrets sont communiquables par mail...)

Carlupin 25/04/2007 19:14

Pause émotion pendant que je contemple mon commentaire qui est devenu un article à part entière de ce blog ! = D En tout cas merci, public, je ne te décevrai jamais ! Bref, sinon quelqu'un a-t-il une opinion quand à la manufacture de cet air mystérieux ? ( Et oui, Licida, il FAUT que tu le postes, surtout si c'est chanté par Mingardo ^^) D'ailleurs, comment fait-on pour avoir accès à tous ces enregistrements anciens ?

Bajazet 25/04/2007 02:49

« La salle (à moitié vide) en délire réclama un bis avant même la fin du concert »
>> Décidément, le public lyonnais me déconcertera toujours.

clement 25/04/2007 00:35

Mio cor che prigion sei n'est pas un morceau qui m'a particulièrement marqué, même par Sara Mingardo.Ce n'est certainement pas Marina Di Liso qui va changer les choses. pour parler avec concision, je trouve cette chanteuse sans intérêt, voilà tout. Je me demande vraiment pourquoi on veut nous en faire un contralto de haut rang ; même Pizzolato est meilleure !Quant à Paganelli, j'ai déjà entendu le nom, et de sa musique, certainement au moins un air, mais je ne saurais dire lequel : les musicologues lui attribuent apparemment un morceau du pasticcio Rosmira Fedele ("de" Vivaldi), où l'on trouve aussi du Hasse, Pampani, ou encore Haendel...

licida 24/04/2007 21:40

Merci Carlupin pour ce commentaire.

(NB: quand tu veux, ou quiconque d'ailleurs, publier un article et qu'aucun fil n'a été créé pour, n'hésite pas à me le demander plutot que de le glisser en commentaire où il passera vite inaperçu - on peut me contacter grace au lien "contact" en bas de page).

Je n'ai jamais beaucoup apprécié de Liso, qui est un mezzo assez banal et limité sans le génie dramatique de Prina. Dans Tamiri et dans L'Humilita (Santissima annunziata, commentaire à venir), elle m'a toujours semblée transparente, rien d'indigne mais rien qui accroche non plus.

J'aime beaucoup ton expression "les solos un peu waktcha-waktcha de Biondi"! Cela traduit bien mon sentiment sur ce musicien et chef toujours un peu trop violoneux qui néglige un peu les vents. Mais au moins ses solos sont justes, alors que ceux de Spinosi...

Biondi avait déjà donné "Mio cor che prigion sei" avec Mingardo à Dresde; j'adore aussi cet air! Si vous me le demandez gentiment, je le poste (oui j'ai envie de me faire prier ce soir!).