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Il catalogo è questo

13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 16:48

Et voici une petite introduction au nouveau disque de Bartoli proposée par Caroline.


Quelque autre étudiera cet art que tu créais*

 


 

 

« Quelque autre », ce sera donc pour nous Cecilia Bartoli et Maria est bien celle que Musset tutoyait. Je pense donc que ce nouvel album aurait pu aussi bien s’intituler « Ninette » ou encore « Marietta », mais cela a sans doute été jugé un peu trop familier et, en vérité, n’aurait peut-être pas été très accrocheur, c’est donc finalement « Maria » qui a été retenu… ce qui ne plaira pas à tout le monde. Paradoxalement, en nos temps tutoyeurs, je suis sûre que beaucoup auraient préféré un nom propre : « La Malibran » aurait sonné très bien, non ? tandis que « Maria » paraîtra plus suspect… je vais vous dire : on s’en fout de la pochette.
 
 
Voilà le programme ! (et il est copieux)
 
 
Giovanni Pacini (1796 -1867) - Irene o L'Assedio di Messina (Atto II, Scena ultima e stretta - Irene)
Se il mio desir... Cedi al duol
            Ira del ciel
 
Giuseppe Persiani (c.1799-1805 -1869) - Ines di Castro (Atto II, Romanza - Ines) :
            Cari giorni

Felix Mendelssohn (1809 -1847) - Scena ed aria for voice, violin solo and orchestra :
            Infelice

Manuel García (1775 -1832) - monologue opera El poeta calculista (Caballo)
            Yo que soy contrabandista

Vincenzo Bellini (1801 - 1835) - La Sonnambula (Aria e cabaletta - Amina)
Ah, non credea mirarti
Ah, non giunge

Johann Nepomuk Hummel (1778 -1837)
Air à la Tyrolienne avec variations

Manuel García (1775 -1832) - La figlia dell'aria (Atto II, Recitativo, scena ed aria - Semiramide)
            E non lo vedo... Son regina

Maria Malibran (1808 -1836) - Album Lyrique n° 6 (Chansonnette)
            Rataplan

Giovanni Pacini (1796 -1867) – Rondò de substitution pour le Tancredi de Rossini (Tancredi)
            Dopo tante e tante pene

Vincenzo Bellini (1801 - 1835) - I Puritani (Scena e cabaletta - Elvira)
 
           Oh, rendetemi la speme... Qui la voce
Vien diletto

Jacques Fromental Halévy
(1799 -1862) – Clari (Atto primo, Cavatina - Clari)
               
Come dolce a me favelli

Lauro Rossi (1812 -1885) - melodramma comico in 3 atti Amelia ovvero Otto anni di costanza (Rondò finale – Amelia)
            Scorrete, o lagrime

Maria Malibran (1808 -1836) – Rondò de substitution pour L'elisir d'amore de Donizetti (Atto II – Adina)
            Prendi, per me sei libero

Vincenzo Bellini (1801 -1835) – Norma (Atto primo, Cavatina – Norma)
Casta diva

Avec :

Celso Albelo, ténor (Elvino, Riccardo)
Luca Pisaroni, baryton-basse (Giorgio)
Maria Goldschmidt (flûte)
Robert Pickup (clarinette)
Una Prelle (harpe)
Maxim Vengerov (violon)
Ada Pesch (violon)
Daniel Pezzotti (violoncelle)
Claudio Mermoud (guitare)
International Chamber Soloists/Jurg Hammerli
Orchestra La Scintilla – Dir. : Adam Fischer

 

 

Avant d’écouter et de découvrir tout cela, j'avouerai que j'étais un peu inquiète, quand même. Qu'est-ce que c'était que cette 'Rivoluzione romantica' que les théâtres nous vendaient avant l’heure?... Il est vrai qu’il y a des mots qui suffisent à me faire peur et ce n’est certes pas celui de Révolution que je crains le plus. Et puis les accents de Cecilia n’étant pas ceux de la langueur, je la voyais déjà perdue dans un monde où l’on meurt si facilement de consomption. Cecilia, que fais-tu là ?… Fermati !… Il y a des rives où je ne te suivrai pas.

 

Mais non ! Il ne fallait pas avoir peur. Tchétchi n'est pas folle. Et ce « Maria » est tout simplement la suite logique des épisodes précédents.

Ce répertoire qu’elle nous sert là est comme remis à l’endroit et tout est à redécouvrir… ou à découvrir, puisque évidemment avec Bartoli les inédits sont là ; mais le ‘connu’ ne fait pas moins tendre l’oreille (et il fera causer, c’est sûr). L’orchestre qui joue sur instruments anciens me semble donner à entendre une musique quasi nouvelle tant elle sonne différemment de ce que j’en pouvais connaître. Et puis, ce chant-là, cette voix-là n'est certes pas ancrée dans le XIXe siècle, mais porte bien toujours ce temps d'avant. Bartoli joue encore de ces moments charnières qui font passer d'un âge à un autre, mais en sachant bien sur quel côté de la ligne du temps on s’appuie pour avancer. Tout ce qu'elle a chanté ces dix dernières années se retrouve d’une manière ou d’une autre ici. Rossini n'est pas loin, évidemment, mais ce serait trop facile et on a déjà donné (beaucoup). Ce sont aussi Haydn, Gluck, qui ont servi à construire cela. Ces scènes qui portent le sentiment, mais gardent à distance tout sentimentalisme, le disent bien (Ah ! ce Mendelssohn!). Et si 'bel canto' il y a, c'est bien encore celui des castrats que l’on peut entendre en tendant l’oreille. Le premier 'Prendi' du rondo d'Adina nous rappelle bien quelque chose, quand même, même s’il s’évanouit aussitôt. Et si ce Casta diva-là devait quelque chose à Haendel ? Bartoli prétend que c'est en chantant Cléopâtre (avec Minkowski) qu'elle a pu oser aller un peu plus loin dans l’interprétation du ressenti de l'émotion et il me semble vrai qu'à partir de là, elle nous ait donné des choses de l'ordre de l'intime qu'elle n'osait pas avant, ou plutôt qu'elle ne maîtrisait pas avant de la même manière. Et je trouve qu'ici ce qu'elle donne dans les moments doux et intimes est vraiment très beau, on entre vraiment dans la sensation, presque physique, de l'émotion, un cran plus loin et ce serait peut-être de l'impudeur.

Bref, jouée et chantée comme ça, cette musique est encore une leçon que je prends de Bartoli. Je ne sais pas comment les amateurs de Bellini et autres, eux, prendront la chose (je ne sais pas, mais je m’en doute…), mais c'est encore un superbe disque que Bartoli nous sert là et pas un disque de plus, mais quelque chose qui lui ressemble et qui fait aussi un pas de plus. Et j'aime ça!… même si je préférerai toujours le temps d’avant.

 

Oui, Alfred avait raison ; quelqu’un s’est effectivement penché sur les mêmes partitions, les traités de chant, les lettres (le camion-musée essaiera d’en faire partager quelque chose) et puis aussi sans doute peu à peu a commencé à percevoir ces autres choses qui viennent bruisser à notre oreille ces soirs où l’on veut bien admettre que parfois, en certains lieux, sous certains cieux, tous les temps se rejoignent. Au fond, c’est toujours la même histoire : apprendre, s’imprégner, comprendre pour mieux redonner à entendre, à sentire comme on dit plus justement en italien, parce que cela ne se fait pas qu’avec les oreilles. Lire, tourner les pages, essayer à petits pas pour oser recréer à son tour.

Comment chantait la Malibran ? La couleur de sa voix, ses accents, sa présence en scène, ce n’est pas à nous qu’elle les a donnés ; l’empreinte de vie qu’elle y a laissée ce sont ses contemporains qui l’ont caressée ; elle devait être forte puisque son écho suscite encore le fantasme. Mais si quelque autre a effectivement étudié son art, c’est sans doute moins pour nous proposer une évocation que pour laisser une autre trace, une autre empreinte, avec ses défauts, ses envies, ses enthousiasmes, ses couleurs et ses propres battements de vie.

 

N'était-ce pas hier qu'à la fleur de ton âge
Tu traversais l'Europe, une lyre à la main ;
Dans la mer, en riant, te jetant à la nage,
Chantant la tarentelle au ciel napolitain,
Cœur d'ange et de lion, libre oiseau de passage,
Espiègle enfant ce soir, sainte artiste demain ?*

 

C., simple ouvreuse de fil.

 

________________________

* Stances de Musset ‘A la Malibran’


 

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Published by Caroline - dans Disques et lives
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commentaires

Caroline 13/12/2007 14:16

Le camion (oui, Lici, "pouet! pouet!") sera pendant 3 jours, du 14 au 16 décembre, place du Palais Royal.



licida 01/12/2007 22:23

Dring! Dring!

En parlant d'Arte, y a Semele avec Cecilia qui va commencer!!

Carlupin 01/12/2007 22:18

Mais si ça avait été une bicyclette ?

licida 01/12/2007 18:49

Mais non on ne s'en fout pas! Je n'ai pas pu voir le camion de Cécilia, voilà qui va rattraper le coup!

Et juste pour le plaisir: Camion > Pouet-Pouet! C'était la minute poésie, je vous remercie.

Caroline 01/12/2007 09:23

Tout le monde s'en fiche, mais je vous le signale quand même: un sujet sera consacré à Bartoli (et son camion) dans l'émission 'Métropolis' d'ARTE, ce soir à partir de 20h.