

(pour certains faudra s'armer de patience...)
*Saison parisienne 08/09
*Mats Ek à Garnier
*Félicity Lott au Châtelet
*Porgy & Bess à l'Opéra Comique
*I Capuletti à Bastille
*Don Carlos à Bastille
*Falstaff au TCE
*Signes à Bastille
*Portrait de Silvia Tro Santafé
*Portrait de Max Cencic
*Portrait de Christophe Dumaux
*Les inédits de Bartoli
*Les inédits de Ciofi
*Les inédits d'Antonacci
*Destructive Aria
Les renforts de rédacteurs sont les bienvenus!!
Ces articles ont été agrémentés d'extraits musicaux pour votre plus grand plaisir!
*Roberta Invernizzi
*Sonia Prina
*Ann Hallenberg
*La Vergine dei dolori de Scarlatti
*La Griselda de Vivaldi au TCE
*Récital Kozena/Daniels
au TCE
*Arianna in Creta de Handel
*Anna Bonitatibus
Sans oublier la rubrique Miousic only.
Pour fêter ses vingt ans, le Centre de Musique Baroque de Versailles a décidé de regrouper de nombreux concerts en quatre week-ends, chacun consacré à un règne de Louis XIII à Louis XVI. Le principe étant le suivant: chaque concert dure environ une heure et est repris deux fois pour permettre aux spectateurs d'aller ensuite à un autre concert donné dans un autre lieu, suivant ainsi un parcours musical dans le chateau et son parc.
Sur le papier c'est assez séduisant: on peut ainsi découvrir la musique d'une époque donnée en France, comparer les compositeurs, les interprêtes qui sont parmi les meilleurs ensembles baroques actuels et ce dans des lieux qui ont plus souvent l'habitude d'entendre les pas des touristes que les instruments de musique. En réalité, c'est un échec (de mon point de vue du moins, je ne connais pas les résultats financiers de l'opération). Plusieurs raisons à cela qu'une simple étude de marché aurait permi de révéler: tout d'abord Versailles, c'est loin de Paris, on aurait donc pu penser que proposer plus d'un concert motiverait les parisiens à sortir en banlieue; c'était sans compter les tarifs plutot élevés (38€ pour parfois simplement 45mn de musique, ça fait chero!) et les habitudes des auditeurs qui font qu'à part quelques passionnés, personne n'est prêt à aller voir 4 concerts à la suite, même de courtes durées. Par ailleurs, beaucoup de concerts proposés sont en réalité des reprises de concerts/disques déjà anciens. Résultat: des salles à moitié vides, ce qui n'est guère agréable pour les chanteurs et les musiciens. Il eut été plus intéressant de donner des concerts plus longs et/ou moins cher et dans un laps de temps plus long, peu de personnes ayant l'envie de se rendre 4 fois de suite à Versailles en l'espace de 2 mois. Notons tout de même un point positif: tous les concerts ont été enregistrés et même parfois filmés avec des moyens conséquents.
Ceci dit, voilà quelques mots sur les trois concerts auxquels j'ai pu assisté (eh oui car même à Versailles, il y a des tarifs jeunes!); je me limiterai à quelques mots car aucun programme n'étant distribué si ce n'est celui vendu pour le week-end, et leur site internet tout comme la brochure étant pour le moins réservés sur la question, je n'ai pas toujours su ce que j'écoutais...
Piccini, Airs de Didon et Didone abandonnata
Sachini, Airs d' Oedipe à Colonne
La Cappella di turchini
Antonio Florio
Roberta Invernizzi
Orangerie 28/09/07
Dans le bel espace de l'Orangerie où le son est lent à mourrir, devant la statut équestre de Louis XIV, Antonio Florio nous proposait ce beau programme sur deux italiens à la cour de Louis XVI alliant (un peu trop!) de morceaux musicaux de Piccini et Sachini à des airs (pas assez!) d'opéra chantés par Roberta Invernizzi (Ave Roberta pleine de grace, que ton nom soit sanctifié). La qualité de l'orchestre n'est plus à démontrer, c'est d'un rare équilibre sans jamais être trop sage, cela sonne remarquablement surtout ainsi réverbéré par les hautes voutes, mais... il faut bien reconnaitre que je me lasse vite de cette musique assez vite répétitive, surtout quand cela se fait au détriment des airs. Quitte à avoir Invernizzi, autant lui faire chanter un peu plus que quatre airs, bordel! D'autant qu'elle n'était pas vraiment à son aise. Le premier air tiré de Didon est un air de demi-caractère sans grand intérêt, le second est plus interessant mais malheureusement le français d'Invernizzi (je lui ai enfin trouvé un défaut!) est trop vocal, les consonnes se noient dans les voyelles et l'opulence de sa voix, sans compter que la réverbération du lieu n'aide guère à la compréhension du texte. Ce défaut entache aussi la grande scène dramatique d'Oedipe à Colonne, le sentiment y est, mais on reste toujours en retrait faute de comprendre ce qui se passe. Heureusement le "Son regina" de Didone la retrouve dans toute sa gloire: dans sa langue maternelle, sa prosodie retrouve tout son naturel et sa voix se libère avec une aisance souveraine qui culmine dans une cadence délirante, le tout surclassant de loin la version plus sage qu'elle avait donnée à la Villette en 2003 quand Florio avait joué l'opéra en entier. Un concert d'un très bon niveau orchestral, avec une chanteuse mal et pas assez employée donc. Moult caméras laissaient prédire une diffusion télé.
Airs de Grétry: La Fausse magie, Céphale et Procris, Le Tableau parlant
Les Paladins
Jérôme Corréas
Isabelle Poulenard
Théâtre Montansier 29/09/07
Ce concert fut la grosse deception: d'abord parce que personne ne nous avait prévenu de la défection de Sandrine Piau (pas une affichette, rien!) alors même qu'ils le savaient suffisamment tôt pour imprimer le nom de Magali Léger sur les programmes à vendre. Ce fut finalement Isabelle Poulenard qui chanta, mais ça on a du le deviner nous même puisque personne n'a pris la peine de la présenter avant ou après le concert, sympa pour la chanteuse! Dans ces conditions, on imagine que les répétitions ont du être insuffisantes: d'où seulement 45 minutes de concert (exit "Je romps la chaine qui m'engage") d'une part, et de nombreuses choses pas en place du tout: Poulenard ayant toujours besoin de regarder le chef pour le moindre départ, d'où des pauses assez génantes pour la continuité des airs; un orchestre plus qu'approximatif pour ne pas dire désagréable (les vents, l'équilibre des pupitres...) ce qui est difficilement acceptable étant donné leur effectif assez réduit. Pour ce qui est de la chanteuse, elle s'en est fort bien tirée: cela fait longtemps que Poulenard ne donne plus dans les vocalises de Handel, alors celles de Grétry... c'est souvent limite dans l'aigu (ça craque plusieurs fois) mais le français est limpide (ça change d'Eda-Pierre - faut bien chipoter sur Christianne!) et le ton y est (surtout dans le grand air dramatique dans lequel ses talents de tragédienne trouvent à s'exposer). La semaine prochaine au Chatelêt, Corréas et ses Paladins devraient reprendre une partie de ce programme avec Sandrine Piau, j'espère que cela sera d'une meilleure qualité orchestrale...
Blamont, Egine
Les Nouveaux Caractères
Sébastien d'Hérin
Virginie Pochon, Égine - La Nymphe de la Seine
Caroline Mutel, Thétis - Minerve
Arnaud Marzorati, Sisyphe
Jean-Sébastien Bou, Jupiter - Mercure
Galerie des batailles 14/10/07
Je ne connaissais absolument rien de Blamont, j'y allais donc par pure curiosité musicale (d'autant que c'était le seul opéra complet présenté). L'oeuvre en un prologue et un acte est très belle, pas tant dramatiquement (un acte! pouvait pas faire des miracles non plus!) que musicalement où l'on sent toute l'admiration de Blamont pour Rameau mais aussi des echos de Destouches; la musique n'est pas toujours très inventive mais retient constamment l'attention par sa vivacité et sa richesse harmonique. Inconnus au bataillon Les Nouveaux Caractères dirigé du clavecin par Sébastien Guérin est un ensemble absolument remarquable dont la sonorité est très proche de celle du Concert Spirituel de Niquet, c'est tout dire ('m demande même si cet ensemble ne serait pas composé de transfuges du Concert Spirituel et des Musiciens du Louvre...). Dans la galerie des batailles aussi ça réverbère un max, mais là on avait des chanteurs au français impeccable, possibilité nous était donc offerte de déceler ici et là des bouts de phrase surnageant au dessus de la vague orchestrale. Venue remplacer Karine Deshayes, Virigine Pochon manquait un peu de ressources dans le grave mais pas de style ce qui est de loin l'essentiel dans ce répertoire; Caroline Mutel fut impressionnante par la vaillance de son registre aigu longuement sollicité sur certaines phrases; Arnaud Marzorati possède une voix plus commune mais utilisée avec toute la hargne qui sied à l'éconduit Sisyphe; quant à Jean-Sebastien Bou, il serait parfait n'était cette tendance à gueuler d'autant plus sensible dans une salle où Virignie Pochon semble avoir le même volume vocal que Birgit Nilson. Une jolie découverte donc, et surtout un ensemble à suivre.
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