Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Psychologie

  • : Alma Oppressa
  •  Alma Oppressa
  • : Blog sur l'opéra
  • Contact

Articles à venir

Recherche

Archives

Il catalogo è questo

29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 14:06

Voilà une nouvelle série de mini-compte-rendus qui eux le sont vraiment et n'ont rien de modificatif :o)

* Gardiner dans Brahms&Co. à Pleyel (15 & 18 novembre 2007)

Le premier concert a débuté de façon captivante avec une luxuriante Variation sur un thème de Haydn et deux morceaux de Schubert (Gesang der Geister über den Wasser & Gruppe aus dem Tartarus) transcris pour choeur par Brahms: inutile de préciser que tant l'Orchestre romantique et révolutionnaire que les Monteverdi Choir sont d'une précision, d'une délicatesse, d'une clareté et d'une energie remarquables. La seconde partie m'a semblé plus décevante: c'était la première fois que j'entendais la Rhapsodie pour alto, et c'est d'un pathos un peu trop gras pour mois (là je sens que je vais me faire taper!), pourtant je ne saurais accuser la prestation de Nathalie Stutzman qui, pour le coup, semblait presque un peu trop retenue voire distante, bref je n'ai pas accroché. Quant à la Symphonie n°1, je m'étonnais de n'en avoir aucun souvenir en arrivant, et je comprends pourquoi je n'écoutais que la 3 et la 4 durant mon adolescence: c'est vraiment le gros bordel romantique cette première symphonie, et ce n'est pas la citation de la neuvième de Beethoven qui vient structurer une partition assez brouillone.

 

Heureusement le 18 novembre le programme était impeccable: après une nouvelle démonstration de l'excellence et de l'exhaustivité des Monteverdi Choir dans le Begrabnisgesang de Brahms, le "Wie lieblich sind die Wohnungen", le "Es ist genug" de Ahle et le "O Ewigkeit, du Donnerwort" de JS Bach, ce fut le moment du Deutsches Requiem (enfin un truc que je connaissais, mais je suis loin de me plaindre de mes autre découvertes; à noter qu'une sortie cd des 3 concerts est d'ailleurs prévue). Alors certes Matthew Brook fatiguait un peu, certes Camilla Tilling était plus scolaire qu'investie (mais pour la première fois j'ai vraiment aimé la qualité de sa voix), mais l'orchestre était vraiment parfait. Je n'ai vraiment rien à redire et m'avoue même un peu à court de mots pour en décrire l'impression ressentie: il faut dire que ce Requiem que j'entendais au concert pour la première fois, gagne énormément en impact par rapport au disque, et que j'en suis sorti abasourdi.
Sylvie Eusèbe a publié un compte-rendu du premier concert chez David, je vous recommande tout autant la discussion qui s'en suit.

*Il Sant'Alessio de Landi au TCE (générale du 19 novembre 2007)

Je ne vais pas ici reprendre mon raisonnement sur les mise-en-scènes de Benjamin Lazar, mon sentiment est à peu près équivalent à celui de Cadmus et Hermione, mais j'ai trouvé cette mise-en-scène plus ingénieuse et spirituelle (l'oeuvre y incite) cherchant plus a créer l'intimité et l'obscurité dans lesquelles naissent la ferveur nécessaire au déroulement de cette action sacrée, tout en symbolisant l'esthétique d'une époque de façon brillante (notemment l'apparition des 3 femmes dans les fenêtres, telles des tableaux vivants).


L'oeuvre en soit est assez monotone et longue: l'histoire de Saint Alexis, patron de tous les homos refoulés devenus moines à défaut de pouvoir devenir Saint sous l'escalier pour échapper au mariage, me semble déjà sans intérêt (il y a tout de même de plus beaux exemples de contrition dans l'hagiographie!), et le livret joue la contemplation d'un bout à l'autre (de ce point de vue la mise-en-scène s'avère idéale), l'action étant rudimentaire: la famille d'Alexis le cherche et se lamente, celui-çi chante sa foi et se fait emmerder tantot par des domestiques tantôt par l'envoyé du diable qui le tente trois fois en vain, et puis crac, il est mort l'Alexis. Or la musique dans cette même perspective contemplative, ne captive que pour les moments de ferveur ou de tristesse profonde, elle est incapable de soutenir l'attention du spectateur (ou du moins de la majorité) pendant l'action et ce sur 3 heures!
Il faut dire que la direction étirée, molle et languissante de William Christie n'arrange en rien; heureusement Philippe Jaroussky s'avère un sublime Alexis, retrouvant au passage son registre de sopraniste qui s'est beaucoup amélioré en clareté et en précision depuis Sedecia; Max-Emmanuel Cencic trouve enfin un rôle à sa mesure sur une scène parisienne: le jeu est si investi et pourtant sobre, pudique, la voix si chaleureuse que la confusion des sexes est totale. Alain Buet est un père digne et viril, impeccable; le Démon de Luigi di Donato plancheronne (vous voyez qu'il est bien pratique ce mot!) vite dans le grave abyssal de son rôle mais sa stature physique et le coté mordoré de son medium font vite oublier cette limite. Dans la série des contre-ténors on retiendra le très sonore Xavier Sabata en mère éplorée et la percutante nourrice de Jean-Paul Bonnevalle. On se souviendra aussi malheureusement de la voix mixte anarchique et de la diction catastrophique (vous vous souvenez du critique français dans Huit et demi...) de Ryland Angel en Adrasto.

 


On ira lire chez Friedmund un compte-rendu encore moins enchanté et chez David une note plus élogieuse.

 

 *Motets de Rameau par Niquet au TCE (26 novembre 2007)

Moi qui suis émerveillé dès que je découvre une nouvelle oeuvre de Rameau, je suis sorti de ce concert fort déçu ayant constaté que ses motets (ici Quam dilecta et In convertendo) sont... chiants. Je ne saurais mettre en cause la qualité de l'orchestre et des choeurs du Concert Spirituel qui ne sont plus à prouver dans ce repertoire, ni du chef que j'adore outre mesure. La prononciation française du latin ne m'a pas géné non plus et tous les chanteurs étaient très honnêtes quoiqu'un peu gueulard (Mathias Vidal, Marc Mauillon) et à la voix encore verte (Hanna Bayodi). Stéphanie Révidat fait forte impression dans son long air du In convertendo se jouant des difficultés techniques avec un métier remarquable et malgrè un petit grelot dans la voix. Les deux motets de Joseph Michel (Dominus regnavit & Quid retribuam tibi) ne m'ont pas plus sorti de cet ennui poli.

*Das Paradis und die Peri de Schumman au TCE (8 décembre 2007)

Superbe oeuvre que je découvrais, très poétique et envoutante mais inégalement servie: l'Orchestre de l'Age des Lumières dirigé par Simon Rattle m'a semblé manquer de cohérence et de continuité, si bien que l'on n'est jamais emporté jusqu'au bout de la phrase musicale tant le chef semble prendre plaisir à l'interrompre pour souligner lourdement un détail au détriment de la clarté de l'ensemble; peu après le Monteverdi Choir, le Choeur de l'Age des Lumières faisait pâle figure, attaques approximatives ,ténors inaudibles, diction alléatoire. Heureusement les solistes relèvent le niveau: Sally Mathews a le port d'une ragédienne (et les épaules d'Amélie Mauresmo) et le ton, voix longue et dynamique aux accents percutants, on la sent pourtant parfois plus attentive à l'excellence de l'émission qu'à l'emotion (bien pardonnable à ce niveau); Kate Royal n'a malheureusement qu'un rôle minuscule et ne peut donc faire preuve de tout son talent comme dans L'Allegro de Handel à Garnier la saison dernière; Bernarda Fink est toujours une chanteuse à la tessiture non identifiée et c'est tant mieux, tant elle sait en jouer pour souligner la poésie du texte et de la musique (ah ce "Verlasse den Jügling" !); Mark Padmore est très honnête mais ce timbre ne m'a jamais ému, contrairement à Friedmund dont l'avis est bien plus élogieux que le mien.

* L'Etoile de Chabrier à l'Opera Comique (20 décembre 2007)

Moi j'ai adoré, et je n'ai rien à ajouter que ce que je n'ai déjà dit en commentaire à l'excellent article de Bajazet.

 

* Kirschlager dans Les Nuits d'été au TCE (15 janvier 2008)

Grosse déception: moi qui ne voulait pas rester sur la mauvaise impression laissée par son piètre Ariodante et qui la croyait idéal pour ce repertoire, je suis déçu, déçu, déçu. Sa diction du français par ailleurs superlative est ici aléatoire, tantôt l'on comprend tout, tantôt plus rien; le timbre semble souvent sec, la voix à bout de souffle, l'émotion intermittente. N'y a-t-il pas eu assez de répétitions? La direction chahutée de McCressh à la tête de l'Orchestre de Chambre de Bâle l'a-t'elle mise mal à l'aise. En tout cas ce fut raté et ce fut tout, puisque Le Songe d'une Nuit d'été interprété en seconde partie le fut sans les parties vocales: appeler ça un récital, c'est à la limite du foutage de gueule! Paul McCreesh fut ici bien plus satisfaisant que pour sa Missa Solemnis à Pleyel, mais ces arrêtes permanentes et ce manque de respiration m'indisposent toujours autant, surtout quand on a l'ouverture d'Oberon par Minko et Le Songe par Herreweghe dans la tête.

Partager cet article

Repost 0
Published by Licida - dans Représentations
commenter cet article

commentaires

licida 12/02/2008 20:02

Ce qui n'est pas pour te déplaire :o) Et puis du haut de ton age canon, tu as du voir beaucoup pir... mieux!

Agecanonix 12/02/2008 17:18

Rien ne m'aura été épargné.

licida 12/02/2008 16:34

Je me doutais bien que tu étais adepte des jougs dans les bordels, romantiques ou pas.

Agecanonix 12/02/2008 16:06

Faut pas renoncer aux accents circonflexes.

Je viens de remarquer que tu avais écrit à propos des concerts Brahms « c'est vraiment le gros bordel romantique cette première symphonie ».
Alors certes je vais prier pour toi du fond de mon ermitage, mais c'est amusant, j'ai toujours été subjugué par la 1ère alors que la 4e me lasse vite, je lui trouve un côté "machin". Comment ça, je ne suis pas clair ?

licida 12/02/2008 15:53

One ppeu la wechauffai si vou voulai!*

*'tain c'est pas évident à faire l'accent british à l'ecrit, indeed!