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Publié dans : Représentations
Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 00:36
- Par Licida
Armida al campo d'Egitto
Antonio Vivaldi
 (1718)

Sara Mingardo : Armida
Furio Zanasi : Califfo
Monica Bacelli : Osmira
Raffaella Milanesi : Erminia
Marina Comparato : Emireno
Romina Basso : Adrasto
Martin Oro : Tisaferno

Concerto Italiano
Rinaldo Alessandrini : direction

Salle Pleyel, 10 octobre 2009



Bon beh déception... à tout ceux qui attendent le disque avec impatience, je conseille le calme car c'est loin d'être le plus bel opéra de Vivaldi. Certes à part l'acte II qui est reconstitué (mais bien: les airs sont construits à partir de diverses sources et non parachutés tels quels), presque toute la musique est totalement inédite (exception faite de l'ouverture et de l'air final du II présents dans le récital Regazzo/Alessandrini, et trois airs par-ci par-là, mais qui ne sont pas des tubes non plus, si bien que j'étais certains de les avoir déjà entendu sans pouvoir les identifier; sauf le dernier air d'Armida, avec cors, qui a été repris par Biondi pour sa mouture d'Ercole). Mais bon, je ne sais pas si c'est le manque de contrastes de la partition (presque que des airs de demi-caractère), l'inadéquation de la salle à ce répertoire (Pleyel noit le son des petites formations baroques) ou la ouate du son du Concerto italiano, le fait est que sur les 3 heures de musique, je me suis bien ennuyé la pluspart du temps. Concernant l'oeuvre: les récitatifs sont très longs et pas très originaux, les airs pas très saillants (à l'exception d'un duo initial entre Adrasto et Tisiferno, puis de tous les airs de ce dernier), le livret (de Giovanni Palazzi) bavard même si pas trop mal construit et avec une touche d'humour. L'histoire est celle d'Armide II Le Retour, qui tente de lever une armée en Egypte pour aller enfin régler son compte à Renaud; pour ce faire elle use de ses charmes, mais pas magiques cette fois-çi, juste ceux de ses yeux, mais Emireno ne cède pas, donc elle jure sa perte, mais finalement elle va encore se planter, le complot est découvert, elle reconnait sa faute, on peut aller faire la guerre "abattre et égorger!" Tout le monde il est content. Fin.

Mais il serait malhonnête d'accuser la seule oeuvre de la tièdeur de cette soirée (enfin de mon coté du moins, le public semble avoir beaucoup aimé): le Concerto italiano dirigé par Rinaldo Alessandrini, jouit d'un velouté des cordes absolument remarquable qui fait que l'on oublie parfaitement qu'il n'y a qu'un seul vent (un basson) là où l'orchestre de Fabio Biondi dans le même repertoire irritait d'un son filandreux. Le sens du rythme du chef n'est plus à démontrer mais l'on sent que l'orchestre se cherche encore, cela manque de netteté, d'audace, le tout baigne encore dans la prudence (ou peut-être est-ce du à la salle encore une fois, difficile de juger).


Les chanteurs eux furent plus convaincus mais pas non plus assez percutants: commençons par Furio Zanasi qui n'a rien à faire ici, quand on essaye pas de nous le vendre en ténor, il joue les basses, sans aucun grave évidemment, sans même se donner la peine de camper un personnage, sa retenue passera pour la sereine autorité du roi, très court tout de même et parfaitement ennuyeux.
Monica Bacelli m'a étonné ce soir: je ne la savais pas si bonne technicienne, liquidité des vocalises et précision des trilles remarquables, mais l'émission reste toujours très engorgée, empesant la diction au passage et la tessiture est très réduite, sortie du medium, les graves sont crasseux et les aigus hullulés; je loue cependant l'implication de l'actrice, parfois un peu trop comique malgrè elle, faisant passer Osmira pour une gourde, mais enfin ça fait plaisir à voir.
Marina Comparato était bien plus en forme que pour la Juditha parisienne de la saison passée, malheureusement son rôle est sans doute le moins bien doté et n'était son instinct dramatique dans les récitatifs et l'instabilité relative de sa voix qui en fait tout le charme, on oublierait vite son personnage.
Même remarque pour Raffaella Milanesi qui joue les amantes négligées sur du Vivaldi au kilomêtre, quand on connait l'engagement de la dame dans d'autres rôles (malgrè ses limites vocales), on est déçu.
Et puis pareil pour Romina Basso, enfermée dans une tessiture de contralto qui l'empêche de briller dans l'aigu: la technicienne est toujours aussi bluffante, mais c'est comme demander à un acrobate de jouer les contorsionnistes.
Reste alors Martin Oro dont tous les airs sont splendides, particulièrement celui de l'acte II, andante plaintif avec des vocalises languissantes qu'il assume à la perfection; cette voix de contre-ténor impressionne par sa clareté et l'absence apparente de contrainte (sauf dans les passages vers les limites de la tessiture où cela tangue pas mal), comme presque tous ses confrères les graves sont épisodiques (mais il y en a!), et pourtant l'aisance de l'émission rappelle Jaroussky et la consistance du timbre Cencic, ce qui n'est pas peu dire.
Enfin la grande Sara Mingardo m'a laissé sur ma faim, il faut bien le dire: ce rôle écrit pour la Merighi devrait lui convenir à merveille, mais on la sent encore retenue, elle vocalise en sourdine et il lui manque le mordant qui faisait le succès de Nathalie Stutzman dans un autre rôle que Vivaldi écrivit pour cette chanteuse (Damira dans La Verita in cimento), bref le potentiel est là mais soit le rôle a été insuffisamment préparé, soit la chanteuse était en méforme et protegeait sa voix, deux hypothèses que le disque évitera.

Une déception donc par rapport à l'attente que suscitait en moi la recréation de cette oeuvre, mais j'ai bon espoir que le disque corrige bien des facteurs qui ont fait de cette soirée un semi-echec, et m'incite peut-être à plus de clémence sur l'oeuvre. Après tout, c'est avec cette Armida que Vivaldi s'est introduit à la cour de Mantoue pour laquelle l'année suivante il composait son sublime Tito Manlio.





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