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Il catalogo è questo

16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 16:26

La Bohème
de Puccini

Stefano Secco Rodolfo
David Bizic Schaunard
Matteo Peirone Benoît
Tamar Iveri Mimi
Ludovic Tézier Marcello
Giovanni Battista Parodi Colline
Rémy Corazza Alcindoro
Natalie Dessay Musetta

Daniel Oren  Direction musicale
Jonathan Miller  Mise en scène
Dante Ferretti  Décors
Gabriella Pescuci  Costumes
Guido Levi  Lumières
Alessandro Di Stefano  Chef de Chœur

Orchestre et choeur de l’Opéra national de Paris
Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris

Opéra Bastille
29 octobre 2009

http://a10.idata.over-blog.com/320x480/2/93/66/60//Dessay-Boh-me-Bastille.jpg

Qu’est-ce qui rend comble une nieme reprise d’un spectacle de routine ? La présence d’une star, en l’occurence, Natalie Dessay. Et ce qu’il y a de bien avec Dessay, c’est que sa rareté sur les scènes parisiennes par rapport à son immense popularité en France lui assure le succès avant même d’entrer en scène. Et pourtant ce soir de première, on a pas entendu grand-chose… le trac, la première fois qu’elle abordait Puccini, la dernière fois pour ce qui est de ce rôle selon ses déclarations, une orchestration très différente de ce qu’elle a l’habitude d’affronter dans la fosse, une salle immense qui ne pardonne rien… on peut trouver toutes les excuses et les comprendre, même une star ne peut être au top de sa forme tous les soirs, surtout Dessay dont les lacunes techniques sont sources de précarité pour ses interprétations : un soir au top, le lendemain inaudible. Mais pour la Dessay actuelle, plus actrice que jamais, les soucis vocaux passent finalement au second plan, vous allez me dire, à l’opéra c’est con tout de même. Eh bien non, car même si elle était la moins bien chantante du plateau, on ne voyait sur l’immense plateau de Bastille que son petit second rôle, là où tous les protagonistes en pleine forme vocales étaient transparents. C’est de loin dans les passages parlés finalement que l’on entendait le mieux Dessay, particulièrement dans les derniers mots de Musette pendant la mort de Mimi qui furent boulversants. Comme quoi l’éloquence n’est pas forcément dépendante de la projection. On a beau ne rien comprendre à l’italien de « Quando m’en vo » et à peine entendre les notes, si ce n’est quelques aigus canardés, elle reste une actrice stupéfiante qui donne vie à son personnage de grisette avec un naturel et une force qui éclipse le chant de ses partenaires.


http://www.forumopera.com/uploads/images/photos/Opera/2009-2010/Boheme1.jpgPhoto: Christian Leiber


Il faut dire que la mise-en-scène ne les aide pas les partenaires : mon copain qui m’accompagnait me disait avoir déjà vu cette mise-en-scène il y a 7 ans ; renseignements pris, cette production fut créée en… 1995. Je sais bien que l’ONP est une maison de répertoire et que les Noces de Strehler y furent reprises pendant 25 ans… mais cette production de Jonathan Miller, très honnête cela dit, en mérite-t-elle autant. D’autant que l’on sait pertinemment qu’au fil des reprises, le metteur-en-scène ne revenant plus, nous n’avons plus droit qu’à des décalqués de mise-en-scène. Dans ce dernier calque, la direction d’acteur a presque totalement disparu, à moins que cela soient les chanteurs qui aient refusé de lui donner vie, à part Dessay et Tézier personne n’habite ici. Cette production qui ressemble finalement à du Zambello peut inspirée, se transforme alors peu à peu en Deflo.


Et le manque de théâtre pour un tel opéra, c’est vraiment plus con que le manque de voix pour Dessay. Car on ne croit finalement à personne, et l’empathie ne fonctionne pas, l’émotion ne vient pas, sauf quand Dessay parle. Pourtant tous les chanteurs chantent très bien, mais ils ne font que chanter.


A contrario l’Orchestre de l’opéra de Paris dirigé par Daniel Oren, chante, joue et nuance comme rarement dans du Puccini, pas de pataugeoire à pathos comme on en entend souvent, mais des tempi maitrisés, retenus pour mieux s’épancher au moment opportun, des couleurs ravissantes qui viennent animer ce décor grisâtre et ce vérisme sinistre.

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

Jean-Charles 29/01/2010 11:35


Juste pour dire qu'à la dernière reprise de cette Bohème à l'automne 2005 (Guriakova/Villazon en alternance avec Mesheriakova/Secco), le remontage du spectacle avait été plutôt soigné.

Je ne crois d'ailleurs pas qu'un spectacle de répertoire soit condamné à une régie médiocre. Les reprises sous Mortier étaient plutôt soignées (je pense spontanément à Butterfly ou
Lohengrin). Il n'est qu'à aller à Munich pour voir ce qu'il en est : j'ai vu le Rosenkavalier de Schenk créé il y a 35 ans, et il y avait une vie scénique et des détails de régie
incroyable, mais c'était la même chose pour les Meistersinger ou pour Salomé. S'il y a une volonté, un spectacle de répertoire n'est pas forcément condamné à des chanteurs à
l'avant-scène dans des décors qu'on sort des entrepôts.

La faiblesse de la régie des reprises est une tendance nette depuis l'arrivée de Joel. On va finir par se croire à Vienne ou au Deutsche Oper Berlin...