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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 15:59
Nearly 90²
de Merce Cunningham
Merce Cunningham Dance Company
  Création
Avec le Festival d'Automne à Paris

Théâtre de la Ville
3 décembre 2009

http://arshtpov.files.wordpress.com/2009/08/mercecunningham_portrait_full.jpg
© Annie Leibovitz



Dans ma découverte progressive des grands chorégraphes , il y a parfois des déceptions, ce spectacle de Merce Cunningham en est une. Quelques mois après sa mort, sa compagnie présente au Théâtre de la Ville Nearly ninety2, une adaptation de Nearly Ninety privée de la sculpture monumentale et des projections qui occupaient la scène lors de la création. Le style est volontairement totalement abstrait, épuré : cette esthétique est sa propre fin, elle ne fait appel à aucune coincidence ou évocation du monde extérieur, c’est un ensemble de mouvements unis stylistiquement mais qui ne parlent de rien, qui ne produisent aucun sentiment, des émotions peut-être mais purement issues de l’étrangeté du monde dans lequel on est plongé. On est donc assez proche chorégraphiquement de l’art abstrait en peinture, mais plutôt du Malevitch extrémiste que du Kandisky coloré.


http://files.fluctuat.net/IMG/jpg/nearly_90.jpg© Anna Finke



L’épure s’illustre d’abord dans la scénographie : plateau vide, fond noir qui s’ouvre parfois sur un seuil puissamment solaire ou sur lequel est projeté un rayon de lumière blanche ; les costumes sont des secondes peaux noires en velours finement puis largement zébrées de bandes argentées. La musique est conçue sur le même modèle de paysage abstrait, sonore en l’occurrence : un designer du son et un guitariste sont dans la fosse pour créer façon Pierre Henry, de la musique très violente, brute et âpre.


http://s2.e-monsite.com/2009/12/04/11/resize_550_550//Cunningham-Nearly-90-ph-Anna-Finke-1.jpg© Anna Finke


Le langage chorégraphique ressemble étonnamment à du Martha Graham sans signification mytho-psychologique ni même dramatique : raideur, simplicité, équilibres faussement statiques…  Tout cela est parfaitement cohérent et même impressionant plastiquement, mais sur presque 90 minutes*, c’est vite emmerdifiant ! Et à l’inverse de Martha Graham (ou même de Pina Bausch) dont les spectacles devenaient plus légers et plein d’une sage dérision à l’approche de sa disparition, j’ai le sentiment que Cunningham persiste dans une voie qu’il a mis tant d’efforts à tracer ; mais n’ayant jamais vu d’autres spectacles de Cunningham, ce n’est qu’un pressentiment sans fondement.


http://s2.e-monsite.com/2009/12/04/11/resize_550_550//Cunningham-Nearly-90-ph-Anna-Finke-61.jpg© Anna Finke


* le titre du spectacle trouve aussi sa justification dans l'age du chorégraphe quand il a créé ce spectacle, il est  d'ailleurs mort récemment, à 90 ans, peu après Pina Bausch.

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Published by Licida - dans Représentations
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