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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 17:53
 

Sandrine Piau, soprano & Ann Hallenberg, mezzo-soprano

Modo Antiquo
Federico Maria Sardelli, direction    

Théâtre des Champs-Elysées
30 novembre 2009    



Haendel : Ariodante, ouverture
Airs "O take me from this hateful light", "Calm thou my soul" et "Convey me to some peaceful shore" (Alexander Balus)
Air "Con l'ali di Constanza" (Ariodante)
Airs "Che sento oh dio", "Se pietà di me non senti" (Guilio Cesare in Egitto)
Air "Dopo notte" (Ariodante)
Duo "Se rinasce nel mio cor" (Ariodante)

Entracte

Vivaldi : La Griselda, sifonia dall 'opera
Duo "Certo timor c'ho in petto" (La Candace)
Air "L'innocenza sfortunata" (Tieteberga)
Haendel : Concerto grosso op. VI, 6
Air "Scherza infida" (Ariodante)
Air "Da tempeste il legno infranto" (Guilio Cesare in Egitto)
Duo "Bramo aver mille vite" (Ariodante)

Bis
Vivaldi: Duo "Zeffiretti che sussurateDuo"
Handel: Duo "Se rinasce nel mio cor" (Ariodante)

http://www.modoantiquo.com/site/media/image/large/604.jpg

Un remplacement en chasse un autre : après avoir annulé quelques semaines plus tôt Dido & Aeneas à cause d’un malaise, Ann Hallenberg vient remplacer Idelbrando d’Arcangelo souffrant. A priori pas de raison de se plaindre : on échange une bonne basse contre une des meilleurs mezzo colorature du moment, et a fortiori une de mes chanteuses préférées, mais hélas le programme a lui beaucoup perdu en attrait. Comme pour le récital Kozena quelques jours plus tôt, on perd un programme riche en raretés pour se retrouver avec du rabaché. La raison en est simple : étant donné le temps imparti entre l’annulation de la basse et le concert, Sardelli a décidé de ne jouer que des airs qu’il a déjà travaillé avec ses deux chanteuses, c'est-à-dire du Ariodante pour Hallenberg (donné à Beaune cet été) et des airs du disque Vivaldi chez Naïve. Seules nouveautés, les finals en duo d'Ariodante. A part les deux airs d’Alexander Balus, pas de découvertes ce soir donc. Mais cela valait toujours mieux qu'une annualtion totale, ne nous plaignons donc pas.

Modo Antiquo dirigé par Federico Maria Sardelli est toujours aussi avare de couleurs, pauvre en harmonique, la texture est épaisse mais uniforme, de plus les vents sont souvent approximatifs; le rythme est souvent le point fort de l’ensemble mais quelle lourdeur dans ce dernier mouvement de la sinfonia de la Griselda, c’est d’un balourd, les pauses du second air d’Alexander Balus sont bien trop longues et détruisent l’effet mimétique de battements du cœur ; quant à l’accompagnement du « Scherza infida », il souffre vraiment d’un manque d’imagination, tout est très répétitif à l’opposé de ce que fait la chanteuse.

Ann Hallenberg donc, ce « Scherza infida » aura vraiment été le sommet de la soirée, malgrè l’accompagnement sommaire, elle réussit à varier l’expression avec une finesse extraordinaire à chaque répétition de ces deux mots, les piani sont veloutés, les variations d’une élégance bouleversante et comme toujours, le texte est parfaitement compréhensible. Les deux autres airs d’Ariodante l’ont trouvée moins épatante : la vocalise est aisée et impressionnante (malgrè un petit problème de souffle lors de la première du « Con l’ali di constanza » et une inhabituelle dureté dans l’aigu) le sourire ininterrompu, la tessiture très bien balayée, mais comme me le disait Clément, sans mélancolie implicite, ces airs tombent vite dans la joyeuse parade sans réelle implication dramatique. L’air de Vivaldi est exactement ce qui ne lui convient pas : très grave, uniformément syllabique, elle ne s’y révèle que dans le da capo où elle varie à l’aigu travestissant l’air.  Dans les duos elle est par contre fabuleuse, diminuant même la fréquence de son trille pour ne pas trop contraster avec les secousses vocales qui servent de trille à Piau.

http://i.ytimg.com/vi/FUtGg9LvlDE/hqdefault.jpg

Sandrine Piau m’a par contre semblé un peu fatiguée* : les aigus sonnent toujours aussi bien et la vocalisation est toujours aussi virtuose, tout comme l’implication dramatique, et cette pose dans les lamenti, droite, le bassin lègerement cassé, bras tendus, paumes vers l’extérieur, Pina Bausch dans Café Müller.  Mais le medium est resté sourd toute la soirée, le premier air d’Alexander Balus en a souffert, et le « Se pieta » m’a beaucoup moins ému que la saison précédente avec Jacobs où elle avait su dépasser ses lacunes dans le grave pour un tel rôle.  Le « Da tempeste » était un peu trop mécanique, avec des vocalises mitraillettes qui ont perdu leur rayonnement, tout comme dans l’air de Vivaldi. Intelligement elle n’a pas retenu pour le concert les airs des grands oratorios anglais dans lesquels je trouve qu’elle manque non de sentiments mais de spiritualité, il est cependant dommage qu’elle n’ait pas gardé le « Tu del ciel ministro eletto » ou même le « Lascia ch’io pianga » qu’elle a chanté lors de son dernier récital (sur l’opéra à Hambourg au début du 18ème)  dans lesquels elle était fabuleuse.

http://lesvictoires.com/classique/photos/piau_sandrine_grand.jpgPhoto: Antoine Legrand

La surprise vint du premier bis où les deux chanteuses interprétèrent le très beau "Zeffiretti che sussarate" en duo, alternant dans le rôle de l'écho; cet air passait très bien ainsi adapté et malgrè la grande différence entre ces deux voix.

Une soirée un peu décevante donc, quand on sait ce dont sont capables ces deux divas dans de meilleures conditions, mais amplement satisfaisante pour ces conditions çi.

* J'ai appris par la suite qu'elle était convalescente et n'avait eu d'autre choix que de chanter pour que le concert ne soit pas tout bonnement annulé.

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

Carlupin 31/12/2009 11:50


Quelle abondance de baroqueries ! Merci encore :)
Remarque sans trop d'intérêt, mais à propos du trille, Piau éxécute quelque chose dans la Fida Ninfa au disque qui s'en approche de plus en plus... sonnons les cloches !