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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 15:32

Vivaldi

Sara Mingardo, contralto

Venice Baroque Orchestra
Andrea Marcon, direction

Théâtre des Champs-Elysées
18 novembre 2009


Vivaldi : Sinfonia en ut majeur pour cordes et basse continue RV.114
Concerto en sol mineur pour flûte, cordes et basse continue « La Notte » RV.439
Stabat Mater 

Entracte

Concerto pour 2 violons en sol majeur RV.516
Concerto pour flûte à bec en ut majeur RV.443
«Cessate, omai cessate» Cantate pour contralto, cordes et basse continue RV.684

Bis
L'Olimpiade: "Mentre dormi" (Licida)
Final de la cantate "Cessate": "Nell orrido albergo"

http://www.naive.fr/public/img/front/pho/artists/205x205/000302.jpg

Mais quelle est donc cette mystèrieuse épidémie qui décime les chanteurs devant se produire au Théâtre des Champs-Elysées, une malédiction? C’était ce soir au tour de Magdalena Kozena d’annuler ce récital, et à Sara Mingardo de venir la remplacer, entre temps on a échangé un programme original et parfaitement adapté à la voix de Kozena (excluant donc certaines pages contraltisantes du disque) contre un programme commun mais tout autant adapté à la voix de Mingardo.


Le Venice baroque orchestra est sans surprise dans ce répertoire balisé, d’un très bon niveau dans le concerto pour deux violons (encore faudrait-il que ce morceau soit intéressant); manquant de spiritualité pour le Stabat mater, mais pas de couleurs, ils sont décidemment meilleurs pour rendre la folie du carnaval vénitien que la sobre splendeur de l’intérieur des Eglises; la cursivité et l’emportement de la cantate sont eux parfaits; de l’emportement il y en a par contre bien trop à jouer le concerto pour flûte à bec : la soliste est d’une virtuosité époustouflante, mais cela vient bien trop vite pour être émouvant, à se demander si la flûte ne fait pas un concours de vitesse avec les cordes, et à ce jeu là, le second mouvement perd toute sa poésie pasolinienne.

http://kammerakademie-potsdam.de/images/db/orchester/Andrea_Marcon.jpgPhoto: Elmar Schwarze

Sara Mingardo ne connait aujourd’hui aucune concurrence dans le Stabat mater, tout à déjà été dit sur sa très belle prestation au disque avec le Concerto Italiano. Aujourd’hui la voix a vielli, et on la sent plus prudente, moins ardente, mais ses graves continuent de vous envelopper comme un doux linceul et la chanteuse a toujours cette fierté que l’on dirait espagnole dans le port et ce regard intense. Dans Cessate omai cessate, la prudence est plus sensible encore, la rage supporte moins la pudeur que la ferveur, tout comme la perte des aigus et la moindre projection.  Et cependant l’éloquence est intacte, la densité de l’expression. Certes on entend plus la voix résonner dans la caverne pour le dernier mouvement, mais l’impuissance de cet amant éconduit n’en est que plus audible, il n’est finalement bon qu’à insulter: ces « ingrata ! spietata ! » âpres,  carnassiers.


En bis nous eûmes droit au superbe « Mentre dormi » de L’Olimpiade. Petit pincement au cœur, c’est le rôle dans lequel j’ai découvert Mingardo et auquel je dois mon pseudo lyrique. Force est de constater que Sara Mingardo est loin d’être finie (de toute manière j’ai horrrreur des critiques assènant qu’un tel ou un tel est fini !): le soutien de ligne est sans faille, la douceur de la voix aussi douillette qu’une couette et pourtant elle fait de cet air plus qu’une berçeuse, on entend très bien dans l’ouverture de la dernière syllabe du mot « piacer » tout l’espoir que le repos de Megacle implique pour Licida, espoir trouble, à cause du non respect des règles sur lequel il repose, de sa transgression mais aussi à cause d’une transgression plus érotique qui émane de cet air. Et la voix chaude, légèrement étouffée, moirée de Mingardo est ici idéale, surtout ainsi retenue, presque hésitante à poursuivre, à sortir de l’ambiguïté.

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Published by Licida - dans Représentations
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commentaires

Licida 26/10/2010 21:56



Ah ba je découvre! On peut en écouter des airs ici:


 


http://www.disquesoffice.ch/fr/cd/soon/classique/-177116.html


 


Ca n'a pas l'air mauvais du tout! et de toute façon Mingardo c'est toujours très bien!


 


 



Caroline 25/10/2010 14:32



Quelqu'un a-t-il entendu quelque chose du CD de Mingardo largement consacré à Respighi?