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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 05:34
Handel, Faramondo (1738)

Mary Ellen Nesi, Faramondo
Philippe Jaroussky, Adolfo
Netta Or, Clotilde 
Marina De Liso, Rosimonda
In-sung Sim, Gustavo
Xavier Sabata, Gernando
Marco di Sapia, Teobaldo

I Barocchisti
Diego Fasolis, direction




France Musique a décidé d'annuler la radio-diffusion de ce concert pretextant l'annulation de Max Emmanuel Cencic dans le rôle-titre; je ne saurai dire s'il s'agit d'une demande prudente de Mary Ellen Nesi qui le remplaçait au pied levé ou bien encore d'une preuve du grand professionalisme de France Musique, mais c'est d'autant plus dommage que ce concert fut proprement électrique, bénéficiant de la longue tournée qui a suivi la sortie du disque, toute l'équipe, Nesi exceptée, est en parfaite confiance, nous offrant une prestation bien plus vivante qu'au disque, avec en prime la Clotilde étonnante de Netta Or. C'était le dernier concert de la tournée.

Il est entendu chez les specialistes que cet opéra n'est pas le plus réussi de Handel: composé un peu à la va-vite sur un livret incompréhensible, il n'en reste pas moins que l'équipe créatrice fut brillante (la même que pour Serse immédiatement postérieur) et qu'Handel se devait de composer une musique à la hauteur de tels chanteurs: la Duparc (qui sera aussi sa Semele) en Clotilde, Montagnana (la basse handelienne la plus célèbre) en Gustavo, la Merighi (celle qui chanta Rosmira et bien d'autre rôles chez Handel) en Gernando, et surtout Caffarelli (que tout le monde connait maintenant grace à Sacrficium) en Faramondo. Il est alors étonnant qu'Handel n'ait retenu qu'un orchestre aussi pauvre pour une telle équipe: que des cordes, un timide hautbois muet la pluspart du temps et deux cors qui n'arrivent que pour le final. A défaut d'être très créatif avec un livret aussi mauvais et un orchestre si pauvre, Handel n'en sera pas moins très efficace. Le problème majeur de cet opéra réside dans le manque d'authenticité des personnages qui ne font que répéter le même affect pour la pluspart, et quand ils en changent, cela sent le passage obligé à plein nez, la situation dramatique n'exigeant rien qu'elle ne puisse rendre compréhensible. On peut donc légitimement penser que les créateurs du rôles aient consacré tous leurs efforts à briller dans ces airs déjà balisés et sans grand risque esthétique, ce en quoi Handel les a satisfait en leur composant certains airs superbes d'élan et de raffinement, de vraies turbines à affect. Et ce soir, ça turbine sévère!



Diego Fasolis a mené toute son équipe avec une maestria rarement vue dans ce répertoire: très directif, galvanisant parfois jusqu'à l'excès ses chanteurs (auxquels il est toujours diablement attentif) et musiciens, il a su imposer à toute la representation une urgence dramatique purement musicale puisqu'à peu près personne dans la salle n'a compris l'histoire. Son orchestre I Barocchisti a déjà fait la preuve de son excellence dans Vivaldi et dans la musique baroque sacrée, ils sont hélas bien trop rares dans le seria où ils sont pourtant maitres parmi les maitres: roboratif est le mot qui les décrit le mieux. Avec plus de relief, de présence qu'au disque, ils ont tenu toute la salle en haleine pendant 2h30: je reste stupéfait du "Combatutto da due venti" dans lequel ils ont réussi à rendre le tissu des vents palpable et ce rien qu'avec des cordes, mais aussi de la saillance des milles raffinements du "Sebben mi lusinga" ou encore de ce final, très bien écrit contrairement à l'habitude, dont la montée en puissance évoque déjà les grands ensembles des oratorios à venir. Vraiment prodigieux.

Mary Ellen Nesi étonne, surtout pour un remplacement soudain. A-t-elle eu conscience du caractère hors-norme du chanteur qu'elle remplaçait? L'impréparation l'a-t-elle incitée à prendre plus de risque? Si le lamento du II "Poi che pria" manque de couleurs et de soutien, et si le grand air du III s'éternise un peu dans le déchiffrage, les trois premiers de l'oeuvre sont sans doute ce que j'ai entendu de mieux de sa part. Le "Rival ti sono" est incisif et mordant, quant au "Sebben mi lusinga" elle y fait montre d'une technique impressionnante, d'un sens du rythme remarquable et d'aigus puissants, elle rend même sans sourciller le canto di sblazo (sans l'étendue ni l'émission nécessaire, mais encore une fois, je préfere de loin un essai à moitié réussi, à une esquive malhonnête). Elle a eu droit à un triomphe aux applaudissements, d'autant moins évident que la déception semblait grande lorsque la défection de Cencic a été annoncée (moi qui pensait que tout le monde ne venait que pour Jaroussky!).

Marco di Sapia est un Teobaldo sans brillant mais pugnace, c'est déjà amplement suffisant pour ce petit rôle. La voix d'In-Sung Im impressionne plus encore qu'au disque qui la prive de sa résonnance, c'est très percutant, très stylé, mais le timbre peut sembler monotone, avare de couleurs; la forte présence en scène vient, elle, donner tout son sens à ce rôle monolithique de roi tonnant.

La prestation de Philippe Jaroussky est plus problématique: un contre-ténor dans un rôle de soprano pourquoi pas, au moins n'a-t-on pas à lui reprocher de ne pas faire tous les graves des rôles de castrats. Le chanteur est en plus ce soir là en grande forme: timbre pulpeux, souffle parfaitement maîtrisé; ce genre de rôle galant lui va en plus plutôt bien, et le style est irréprochable (très beau "Se a piedi tuoi morro"). Mais pour être conquis, il faut simplement accepter ce timbre lisse qui, en l'absence de dimension dramatique dans la partition, fait que l'on a fait le tour du personnages au bout de trois mesures et que tout le reste ne sera que répétition. L'aisance vocale et la rareté du naturel pour ce type de voix pallient souvent ce timbre, mais il m'a manqué ce soir le fruité d'un soprano, celui que devait avoir la Droghierina, future Atalanta.

Avec Xavier Sabata, il se joue l'inverse. Sur le vif, les limites vocales du chanteur dans la haute-virtuosité sont évidentes: souffle court qui sacrifie les graves, vocalises en sourdine, ce chanteur s'épanouit bien plus dans le syllabisme dramatique du "Voglio che mora" ou dans la plainte de l'acte II "Non ingannar", que dans l'urgence musicale qu'exigent les airs à vocalise. Mais c'est bien l'emportement dramatique qui le sauve et fait l'intérêt de sa prestation, certes une femme sera toujours mieux armée vocalement pour ce rôle (c'en est presque absurde de devoir le rappeler!) mais la personnalité dramatique de Sabata est vraiment attachante. Et en plus il a le même tailleur que Cencic!



La Clotilda de Netta Or fut faramond... faramineuse. Je l'avais déjà énormément appréciée dans Mozart, Scarlatti et gluck, elle confirme mon sentiment: à suivre!! Le timbre a la même stridence délicieuse que celui de Gauvin, un petit coté rocailleux que j'adore, et la tessiture, l'aisance dans l'aigu sont impressionantes. J'enrage que son "Combattuto da due venti" n'ait pas été enregistré: elle y déplace les montagnes, c'est précis et nébuleux à la fois, les aigus sont olympiens et d'autant plus libérateurs que la tension du chant semble se résoudre en eux, d'une note à l'autre on passe de la lame de fond à la crête de la vague. Quant à son dernier air, "Aure placida" et son tapis de cordes, c'est un diamant: la dureté du carbone sous les doigts du joaillier devient transparence aérienne et néanmoins fortement incarnée.

Face à elle la Rosimonda de Marina de Liso est d'autant plus détonnante que son rôle tourne à vide sur un seul effet: l'invective. Et pourtant elle prouve qu'avec un emportement dramatique sans relâche, on peut rendre tous ces airs fascinants; on en craint à chaque instant le geste fatal (dont on ne sait plus trop bien qui il doit frapper...), mais ce ne sont que des aigus déchirants qui sortent de cette colère; et quels aigus d'ailleurs, il faudrait serieusement cesser de vouloir transformer de toute force d'aussi superbes mezzo coloratures en alto plats et détimbrés pour que les dix-neuviemistes ne perdent pas trop leurs repères!



Triomphe final dans une salle remplie à craquer. On a eu droit à un bis du choeur final. Je n'ai même pas envie de déplorer les coupes dans la partition tant le résultat final dépasse tout ce que l'on pouvait espérer de cette partition.

PS: et oui je sais, Fasolis ressemble à Voldemort. Allez écouter ses disques au lieu de vous moquer! Commencez par la Juditha Triumphans avec Invernizzi et par les Concertos bandenbourgeois.
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 17:37

Et aussi :

 

Sasha Waltz & guests : Dialog 09, Nouveau Musée, doc. de S. Waltz, sur ARTE lundi 19 à 22h20…

 

 

 

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Semaine du 17 au 23 octobre :

 

                                                                                                               

 

TELEVISION :

 

 

            ¤¤  Le couronnement de Poppée de Monteverdi (Prologue et Acte I) : samedi 17 à minuit 55  (France3)

Haïm / Carsen – D. de Niese, A. Coote, T. Mumford, C. Dumaux…

 

  

 

RADIO :

 

 

            ¤¤  Faramondo de Haendel (TCE, en direct) : samedi 17 à 19h30  (FM)

                       Fasolis – ME Cencic, P. Jaroussky, N. Or, M. De Liso, X. Sabata…

 

 

            ¤¤  Le jardin des dieux : Médée, magicienne et amoureuse (2) : dimanche 18 à 8h10  (FM)

 

 

            ¤¤  Matinée opéra : Xerse de Cavalli (TCE, septembre 2009) : dimanche 18 à 14h30  (FM)

                       Détails

 

 

            ¤¤  Note contre note: avec B. Norman pour son livre sur Quinault, librettiste de Lully : dimanche 18 à 17h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Grands compositeurs : Korngold, le film d’une vie : de lundi à vendredi à 13h02  (FM)

 

 

            ¤¤  Les lundis de l’Histoire : avec A. Farge pour son Essai pour une histoire des voix au XVIIIe siècle : lundi 19 à 15h  (France Culture)

 

 

           ¤¤  Histoire de… la musique à Venise : de lundi à vendredi à 17h45  (FM)

 

 

            ¤¤  Passion classique : Laurent Naouri : mardi 20 à 18h  (Radio Classique)

 

 

            ¤¤  Susanna de Haendel (Pleyel, en direct) : mardi 20 à 20h  (FM)

                        Christie – S. Karthäuser, ME Cencic

 

 

            ¤¤  Concert Dvorak / Amar / Saminsky / Yablokof / Fedman (Radio France, septembre 2009) : mercredi 21 à 10h30  (FM)

                        Léa Sarfati, soprano

 

 

            ¤¤  Le magazine: en direct de l’Opéra de Lille : mercredi 21 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Xenakis / Stravinsky (Perséphone) (Cité de la musique, en direct) : mercredi 21 à 20h  (FM)

                        Tabachnik – G. Ragon

 

 

            ¤¤  Tout arrive : débat critique : La Ville morte de Korngold : jeudi 22 à 12h02  (France Culture)

 

 

            ¤¤  Les vendredis de la musique : Manuel de Falla : vendredi 23 à 15h  (France Culture)

 

 

            ¤¤  Concert « Romances et musiques de salon » (Versailles, octobre 2009) : vendredi 23 à 16h  (FM)

                        Programme Dauvergne, Boieldieu, Hérold, Saint-Georges, Dalayrac, Grétry -  JP Fouchécourt

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 21:00
Olivier Py
Les Enfants de Saturne

Création

mise-en-scène: Olivier Py
décor, costumes & maquillages : Pierre-André Weitz
lumière : Olivier Py avec Bertrand Killy

Nâzim Boudjenah Paul
 Amira Casar Ans
 Matthieu Dessertine Simon
 Mathieu Elfassi Un serveur
 Michel Fau
 Philippe Girard Virgile
 Frédéric Giroutru Nour
 Laurent Pigeonnat Silence
 Olivier Py Monsieur Loyal
 Bruno Sermonne Saturne
 Pierre Vial (sociétaire de la Comédie-Française) Le fossoyeur





Quelques mots sur ce beau spectacle qui mériterait une analyse bien plus fouillée avec le texte sous les yeux. J'avais renoncé à rendre compte du Soulier de satin donné la saison dernière à l'Odéon avec la troupe d'acteurs favoris de Py que l'on retrouve ici, mais qui m'avait pourtant fait forte impression... et s'enquiller 11 heures de Claudel (avec une 1h30 de pause je vous rassure) sans s'ennuyer, voire en y prenant plaisir, était une performance de la part du génial metteur-en-scène et directeur du Théâtre de l'Odeon qui m'avait laissé tout aussi muet d'admiration que la splendeur du texte. Ce que je connaissais de lui à l'opéra m'avait passionné (à l'exception de son Idomeneo aixois, mais ne loupez pas les Contes d'Hoffmann diffusés ce soir à la télé). Voilà donc ce qui m'a motivé pour découvrir Olivier Py un peu plus loin, avec une pièce écrite par lui-même.

Photo: Alain Fontenay

Et je n'ai pas été déçu. Parlons tout de suite du texte qui transpire les goûts littéraires de son auteur: durant les 2h40 de spectacles, on pense toujours à Claudel pour le lyrisme de la prose démiurgique emplie d'effroi devant le mystère du monde (oui ben, essayez donc de parler de Claudel en termes posés et modestes vous!) et surtout la scène finale où les deux adolescents espèrent sur la mer; mais aussi aux tragiques grecs (je serai tenté de dire Eschyle que Py a plusieurs fois avoué préférer aux autres mais pour le coup je ne sais pas assez les distinguer pour m'avancer) pour l'excès permanent de la parole et la lutte, l'agonie au sens premier, constante entre les personnages. Tout de suite on peut dire que ces deux références écrasent un peu le texte, et que souvent l'attention décroche d'un texte trop riche et trop travaillé; pourtant je ne sais pas vous, mais moi, même à "seulement" trois heures de Claudel, je décroche souvent aussi. L'essentiel ne me semble pas résider dans l'entente aboutie et parfaite du texte et de ses implications, mais dans l'implication du spectateur dans un univers esthétique dont le texte n'est que la partie civilisée, quand la scène joue un rôle plus primitif, plus violent.

L'histoire est celle de Saturne, un patron de journal viellissant qui voit sa fiereté, La République, s'éffondrer; c'est alors l'occasion pour toutes les histoires enfouies de resurgir et provoquer une apocalypse familliale digne des Atrides mais aussi une apocalypse totale, le nom du journal pouvant tout à fait être lu par métaphore. Ré (onomastique-tique), le fils batard de Saturne et sado-maso à ses heures jure la perte de tous les enfants de ce dernier: Ans la fille un peu pute et surtout très paumée enceinte de son frère tout aussi paumé mais poète, Paul; sans oublier Virgile le politicien qui feint de haïr son fils Simon pour lui dissimuler son désir sexuel et destructeur à son égard (Phèdre, sors de ce corps!) et se paye donc le desespoir de Nour, fils d'immigré dont le père vient de mourir. Bref tout va bien à Youpiland! Mais encore une fois cet excès est parfaitement assumé voir tourné en dérision avec la longue scène initiale où Py passe l'aspirateur de façon nonchalante. Et cette dramaturgie du paroxysme perpetuel ne s'affiche pas tout de suite: le début de la pièce est très classique, voire réaliste, et c'est peu à peu, à travers la transe des acteurs, à travers l'immersion du spectateur (les gradins sont posés sur une tournette qui déplace le spectateur devant les décors qui l'entourent) et à travers la plongée lyrique du texte que l'on pénètre cette esthétique. Ou plutôt qu'elle vous pénètre, la mise-en-scène jouant perpetuellement sur le malaise du spectateur: la proximité de la scène (des scènes plutôt) due à la faible jauge des gradins (100 places je dirais), les nombreuses scènes de nudité parfois frontales, les cris très perceptibles qui résonnent dans les Ateliers Berthier, la venue des acteurs dans les gradins, les coups des personnages contre les décors, tout cela chahute le spectateur qui serait tenté de se reposer sur les nombreuses phrases bien trouvées qui émaillent le texte.



Tous les acteurs furent excellents ce soir-là, allant au bout d'eux-mêmes malgrè un texte très exigeant qui pourrait vite sonner bavard, mais les extrêmités dans lesquelles ils vont ne sacrifient jamais la limpidité de la langue au cri. Mention spéciale pour Michel Fau qui confirme mon admiration du Soulier de satin, c'est clairement celui dont la palette de nuances est la plus développée avec son sourire ironique en coin; j'ai beaucoup aimé Bruno Sermone aussi, parfait pour Saturne avec sa voix caverneuse et ses traits que l'on croiraient dessinés par Goya et qui ne sont pas pour rien dans la richesse de sa présence lors de ses scènes muettes dans le dernier quart de la pièce; et enfin Matthieu Dessertine qui prouve que la valeur n'attend point le nombre des années (huhu), je ne saurai dire s'il est plus facile de s'exposer ainsi à vif quand on a 20 ans, mais ce tourment profondément ressenti et extériorisé par un jeune homme qui a le regard qui vole, cela m'a vraiment ému. Tous les autres acteurs furent excellents, mais faut bien choisir ceux qui vous ont le plus touché.

Voilà, avant de donner dans le stéréotypement votre, je vous conseille donc d'aller voir cette pièce, d'autant que ce n'est pas cher du tout et loin d'être plein. Plus d'informations, une vidéo et de photos sur le site de l'Odéon.

Et pour le fun, j'étais assi à coté de l'actrice qui jouait la bouchère dans le Claudel la saison dernière (Sissi Duparc), laquelle était venue avec une copine, Audrey Tautou. Et voilà un peu de Goya bien trash,des fois que vous croiriez que je fais dans le complaisamment people :-p

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 00:36
Armida al campo d'Egitto
Antonio Vivaldi
 (1718)

Sara Mingardo : Armida
Furio Zanasi : Califfo
Monica Bacelli : Osmira
Raffaella Milanesi : Erminia
Marina Comparato : Emireno
Romina Basso : Adrasto
Martin Oro : Tisaferno

Concerto Italiano
Rinaldo Alessandrini : direction

Salle Pleyel, 10 octobre 2009



Bon beh déception... à tout ceux qui attendent le disque avec impatience, je conseille le calme car c'est loin d'être le plus bel opéra de Vivaldi. Certes à part l'acte II qui est reconstitué (mais bien: les airs sont construits à partir de diverses sources et non parachutés tels quels), presque toute la musique est totalement inédite (exception faite de l'ouverture et de l'air final du II présents dans le récital Regazzo/Alessandrini, et trois airs par-ci par-là, mais qui ne sont pas des tubes non plus, si bien que j'étais certains de les avoir déjà entendu sans pouvoir les identifier; sauf le dernier air d'Armida, avec cors, qui a été repris par Biondi pour sa mouture d'Ercole). Mais bon, je ne sais pas si c'est le manque de contrastes de la partition (presque que des airs de demi-caractère), l'inadéquation de la salle à ce répertoire (Pleyel noit le son des petites formations baroques) ou la ouate du son du Concerto italiano, le fait est que sur les 3 heures de musique, je me suis bien ennuyé la pluspart du temps. Concernant l'oeuvre: les récitatifs sont très longs et pas très originaux, les airs pas très saillants (à l'exception d'un duo initial entre Adrasto et Tisiferno, puis de tous les airs de ce dernier), le livret (de Giovanni Palazzi) bavard même si pas trop mal construit et avec une touche d'humour. L'histoire est celle d'Armide II Le Retour, qui tente de lever une armée en Egypte pour aller enfin régler son compte à Renaud; pour ce faire elle use de ses charmes, mais pas magiques cette fois-çi, juste ceux de ses yeux, mais Emireno ne cède pas, donc elle jure sa perte, mais finalement elle va encore se planter, le complot est découvert, elle reconnait sa faute, on peut aller faire la guerre "abattre et égorger!" Tout le monde il est content. Fin.

Mais il serait malhonnête d'accuser la seule oeuvre de la tièdeur de cette soirée (enfin de mon coté du moins, le public semble avoir beaucoup aimé): le Concerto italiano dirigé par Rinaldo Alessandrini, jouit d'un velouté des cordes absolument remarquable qui fait que l'on oublie parfaitement qu'il n'y a qu'un seul vent (un basson) là où l'orchestre de Fabio Biondi dans le même repertoire irritait d'un son filandreux. Le sens du rythme du chef n'est plus à démontrer mais l'on sent que l'orchestre se cherche encore, cela manque de netteté, d'audace, le tout baigne encore dans la prudence (ou peut-être est-ce du à la salle encore une fois, difficile de juger).


Les chanteurs eux furent plus convaincus mais pas non plus assez percutants: commençons par Furio Zanasi qui n'a rien à faire ici, quand on essaye pas de nous le vendre en ténor, il joue les basses, sans aucun grave évidemment, sans même se donner la peine de camper un personnage, sa retenue passera pour la sereine autorité du roi, très court tout de même et parfaitement ennuyeux.
Monica Bacelli m'a étonné ce soir: je ne la savais pas si bonne technicienne, liquidité des vocalises et précision des trilles remarquables, mais l'émission reste toujours très engorgée, empesant la diction au passage et la tessiture est très réduite, sortie du medium, les graves sont crasseux et les aigus hullulés; je loue cependant l'implication de l'actrice, parfois un peu trop comique malgrè elle, faisant passer Osmira pour une gourde, mais enfin ça fait plaisir à voir.
Marina Comparato était bien plus en forme que pour la Juditha parisienne de la saison passée, malheureusement son rôle est sans doute le moins bien doté et n'était son instinct dramatique dans les récitatifs et l'instabilité relative de sa voix qui en fait tout le charme, on oublierait vite son personnage.
Même remarque pour Raffaella Milanesi qui joue les amantes négligées sur du Vivaldi au kilomêtre, quand on connait l'engagement de la dame dans d'autres rôles (malgrè ses limites vocales), on est déçu.
Et puis pareil pour Romina Basso, enfermée dans une tessiture de contralto qui l'empêche de briller dans l'aigu: la technicienne est toujours aussi bluffante, mais c'est comme demander à un acrobate de jouer les contorsionnistes.
Reste alors Martin Oro dont tous les airs sont splendides, particulièrement celui de l'acte II, andante plaintif avec des vocalises languissantes qu'il assume à la perfection; cette voix de contre-ténor impressionne par sa clareté et l'absence apparente de contrainte (sauf dans les passages vers les limites de la tessiture où cela tangue pas mal), comme presque tous ses confrères les graves sont épisodiques (mais il y en a!), et pourtant l'aisance de l'émission rappelle Jaroussky et la consistance du timbre Cencic, ce qui n'est pas peu dire.
Enfin la grande Sara Mingardo m'a laissé sur ma faim, il faut bien le dire: ce rôle écrit pour la Merighi devrait lui convenir à merveille, mais on la sent encore retenue, elle vocalise en sourdine et il lui manque le mordant qui faisait le succès de Nathalie Stutzman dans un autre rôle que Vivaldi écrivit pour cette chanteuse (Damira dans La Verita in cimento), bref le potentiel est là mais soit le rôle a été insuffisamment préparé, soit la chanteuse était en méforme et protegeait sa voix, deux hypothèses que le disque évitera.

Une déception donc par rapport à l'attente que suscitait en moi la recréation de cette oeuvre, mais j'ai bon espoir que le disque corrige bien des facteurs qui ont fait de cette soirée un semi-echec, et m'incite peut-être à plus de clémence sur l'oeuvre. Après tout, c'est avec cette Armida que Vivaldi s'est introduit à la cour de Mantoue pour laquelle l'année suivante il composait son sublime Tito Manlio.




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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 12:30

Et aussi :

 

L’instinct de la musique, doc. d’E. Mannes sur ARTE dimanche 11 à 23h20…

Récital Felicity Lott à Compiègne (déc. 2008) sur Mezzo…

 

 

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Semaine du 10 au 16 octobre :

 

 

 

TELEVISION :

 

 

            ¤¤  Le Roi Roger de Szymanowski (ONP, juin 2009) : lundi 12 à 22h35  (ARTE)

                        Ono / Warlikowski – Kwiecien, O. Pasichnyk, E. Cutler, S. Margita

 

 

            ¤¤  Les contes d’Hoffmann d’Offenbach (Genève, 2008) : lundi 12 à minuit 15  (France2)

                        P. Davin / O. Py – M. Laho, S. Doufexis, P. Petibon…

 

  

 

RADIO :

 

 

            ¤¤  Le songe d’une nuit d’été de Britten (Milan, juin 2009) : samedi 10 à 19h30  (FM)

                       A. Davis – D. Daniels, R. Joshua

 

 

            ¤¤  Le jardin des dieux : Médée, magicienne et amoureuse : dimanche 11 à 8h10  (FM)

 

 

            ¤¤  La tribune des critiques: La ville morte de Korngold : dimanche 11 à 10h  (FM)

 

 

            ¤¤  Matinée opéra : L’enlèvement au sérail de Mozart (Aix, juillet 1954) : dimanche 11 à 14h30  (FM)

                       Rosbaud – T. Stich Randall, C. Prieto, N. Gedda, M. Sénéchal…

 

 

            ¤¤  Note contre note: Grétry : dimanche 11 à 17h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Grands compositeurs : Grétry oublié : de lundi à vendredi à 13h02  (FM)

 

 

            ¤¤  Grandes figures : William Christie et Les Arts florissants : de lundi à vendredi à 14h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Monteverdi (Ambronay, septembre 2009) : lundi 12 à 16h  (FM)

                        R. Alessandrini –

 

 

           ¤¤  Histoire de… la musique à Venise : de lundi à vendredi à 17h45  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Varèse (Pleyel, oct. 2009) : lundi 12 à 20h  (FM)

                        Eötvös – Anu Komsi Asko

                                                                                    

 

            ¤¤  Les chefs-d’œuvre du classique : autour de Verdi : lundi 12 à 22h  (Radio Classique)

                        A l’occasion de Simon Boccanegra à Toulouse et du Requiem par Pappano

 

 

            ¤¤  Le mardi des auteurs : Rolf Liebermann, en passant par Paris : mardi 13 à 15h  (France Culture)

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec Pierre Cao : mardi 13 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Requiem + Symphonie n° 40 de Mozart (TCE, septembre 2009) : mercredi 14 à 16h  (FM)

                        F. Brüggen – I. Eerens, W. T. Brummelstroete, M. Beekman, A. Morsch…

 

 

            ¤¤  Suites d’opéras de Lully et Rameau (Versailles, septembre 2009) : jeudi 15 à 10h30  (FM)

                        S. Stubbs, P. O’Dette – Carolyn Sampson

 

 

            ¤¤  Motets de MA Charpentier et Lorenzani (Versailles, septembre 2009) : vendredi 16 à 10h30  (FM)

                        G. Lesne – E. Warnier

 

 

            ¤¤  Les vendredis de la musique : Manuel de Falla : vendredi 16 à 15h  (France Culture)

 

 

            ¤¤  Concert Lassus / Gombert / Des Près / Victoria (collège des Bernardins, septembre 2009) : vendredi 16 à 16h  (FM)

                        P. Phillips -

 

 

            ¤¤  Passion classique : Luc Bondy : vendredi 16 à 18h  (Radio Classique)

 

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Published by Caroline
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 17:53
Xerse de Cavalli (1654)




Kristina Hammarstroem, Xerse
Guillemette Laurens, Arsamene
Isabelle Philippe, Romilda 
Magali Léger, Adelanta 
Anna-Maria Panzarella, Amastris
Isabelle Druet, Eumène 
Jean-Paul Fouchécourt, Ariodate  
Arnaud Marzorati, Ariston 
Jean-François Lombard, Elviro
Eugénie Warnier, Clito


Les Paladins
Jérôme Correas, direction

 




Plusieurs années après la sortie de l'enregistrement de René Jacobs, Jerôme Corréas s'attelle à faire revivre cette oeuvre peu après avoir contribué à la discographie de son auteur (Ormindo). Le pari est réussi, et ce malgrè une partition qui n'est vraiment pas la meilleure de Cavalli. On apprend dans le programme que l'oeuvre fut créée pour un théâtre "public" (par opposition au théâtre de cour), donc pas de riche mécene ici, juste un impressario soucieux de la rentabilité de sa production (et oui déjà!); résultat: 12 musiciens seulement, basse continue comprise, et pas de choeur. Pour pallier ce rachitisme musical, Cavalli joue donc à fond la carte du drame, et avec succès à l'époque: la partition originale de 1654 est perdue mais celle d'une reprise en 1657, avec des modifications dont la disparition du prologue, subsiste. (Il existe aussi une version à la Bibliothèque Nationale de l'Opera de Paris témoignant d'une reprise avec de nombreux ajouts et modifications de Lully.) La version jouée ce soir semble donc être celle de 1657, sans que le programme précise si Corréas a corrigé celle-ci à rebours pour revenir au plus près de l'original. En suivant le livret on peut cependant trouver des coupures bien compréhensibles pour une version de concert. Ont souffert de ces coupures les intrigues amoureuses secondaires des nombreux adjuvants. Car impressario radin ou pas, ce théâtre reste très vénitien, enchevêtrement d'amourettes, déguisements et quiproquos dans tous les sens, tournant résolument cette histoire de mèdes vers la farce plus que la grande fresque historique. Xerse c'est un peu un argument de plus contre la privatisation de la Poste :o) Handel ne s'y trompera d'ailleurs pas, en composant son célèbre et archaïsant Serse, dont le livret reprend l'essentiel de celui utilisé par Cavalli (en se séparant de nombreux personnages secondaires), avec une ironie plus fournie encore, grace au gonflement dramatique du rôle-titre. Chez Cavalli, notre perse a finalement peu d'airs et l'on reste presque sur notre faim quand ces superbes récitatifs ne débouchent pas sur les airs bien connus ajoutés par Handel ("Se bramate" après le récitatif avec Romilda incluant les très beaux "L'amerete? L'amero"; "Crude furie" après le récitatif rageur). Pour plus d'informations, voir ici.




Pour faire vivre cet opéra, il nous fallait donc des acteurs hors pairs doublés de chanteurs parfaitement au fait du style de cette musique, tout y est bien trop facilement chantable, c'est justement le piège. Kristina Hammarstroem et Isabelle Philippe sont sans doute celles qui osent le moins se jeter dans la variété du drame et chantent trop uniformément seria: la première est comme toujours irréprochable, l'italien est parfaitement accentué, la voix bien placée, mais la composition manque de contraste et de vie, on a guère que la rage finale à se mettre sous la dent. A sa décharge, comme je le disais plus haut, le rôle n'est pas très fourni ni varié. 


Isabelle Philippe jouit d'une voix ample et très sonore, mais l'émission est bien trop raide pour rendre le tout parfaitement séduisant, et surtout pour traduire les intentions qu'elle essaye de faire passer, comme si elle voulait pallier son manque de confiance dramatique par une opulence musicale qui ne prend jamais ici, faute de partition adaptée à cet éclat. 


C'est le même problème qui entache la performance d'Anna-Maria Panzarella: le timbre est toujours aussi anodin et la chanteuse aussi energique, mais elle se repose trop sur sa projection (certes impressionante), et son tourment est finalement plus bruyant que touchant, se réfugiant derrière un certains stéréotype de la douleur lyrique. Il a donc manqué à ces trois rôles une vraie dimension théâtrale, même si musicalement le résultat fut tout à fait à la hauteur. 


Je suis d'habitude peu sensible aux charmes de Magali Léger: je ne l'ai jamais trouvée bonne technicienne ni particulièrement bonne actrice. Ici la voix est parfaitement posée, jamais sollicitée hors du medium ou par des vocalises (sauf dans son dernier air, bien raté du coup), l'actrice est parfaite pour le personnage dont elle a la pétulance et la rouerie. Une vraie réussite. 


Eugénie Warnier semble en comparaison bien meilleure technicienne malgré un aigu très dur et s'attache avec succès à jouer son rôle bouffe. Jean-François Lombard jouit des mêmes qualités: présenté comme ténor, il chante ici en voix mixte avec une aisance certaine, le timbre est assez disgracieux mais l'acteur impayable sans jamais être excessif. Arnaud Marzorati est par contre moins marquant, il faut dire que le rôle est anecdotique.



Jean-Paul Fouchécourt dispose encore d'une émission superbe et d'un jeu attirant immédiatement la sympathie qui le rendent formidable dans ce répertoire où l'on n'entend jamais le "chanteur en fin de carrière", comme certains critiques le prétendent.



Mais la plus grande ce fut sans conteste Guillemette Laurens: quelle fougue, quelle jeunesse, quel naturel dans les récitatifs! Et ce sans aucun artifice musical, du jeu pur et simple, des intentions parfaitement lisibles et cohérentes. Ils sont peu nombreux ces artistes capables de faire rire une salle sur un seul "Respiro!" de soulagement. C'est tout bonnement bluffant.




Les Paladins dirigés par Jérôme Corréas soutinrent avec brio le rythme à cette soirée, on a pu par moment les trouver un peu trop timide, surtout au regard de leur effectif très réduit, et le tout gagnerait certainement à tourner encore un peu, mais ce Xerse là a su soutenir notre attention pendant presque 3 heures, ce qui était loin d'être évident. 


La salle n'était remplie qu'à moitié. Espérons que La Calisto du même Cavalli qui sera mise-en-scène dans ce même théâtre dans quelques mois rencontrera plus de succès.





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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 13:44

Et aussi :

 

Le convenienze ed inconvenienze teatrali de Donizetti (dalla Scalla) sur Mezzo dès dimanche 4 à 20h…

 

 

 

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Semaine du 3 au 9 octobre :

 

 

 

TELEVISION :

 

 

            ¤¤  Métropolis : un sujet sur l’adaptation pour l’opéra des Belles endormies : samedi 3 à 22h35  (ARTE)

 

 

            ¤¤  Jeffrey Tate : Une force tranquille (doc., All. 2009) : lundi 5 à 23h  (ARTE)

 

 

            ¤¤  Marius et Fanny de Cosma : vendredi 9 à minuit 10  (France3)

                        Redif. avec Alagna et Gheorghiu

 

  

 

RADIO :

 

 

            ¤¤  Plaisirs d’amour : avec Lorenzo Regazzo (en direct de Venise) : samedi 3 à 14h  (FM)

 

 

            ¤¤  Les enfants du baroque : avec Giovanni Antonini : samedi 3 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Zelmira de Rossini (Pesaro, août 2009) : samedi 3 à 19h30  (FM)

                       Abbado – K. Aldrich, Esposito, Florez…

 

 

            ¤¤  La tribune des critiques: Nuits d’été de Berlioz : dimanche 4 à 10h  (FM)

 

 

            ¤¤  Cantabile : avec Véronique Gens : dimanche 4 à 12h30  (Fréquence protestante)

 

 

            ¤¤  Matinée opéra : Dialogues des carmélites de Poulenc (avril 1980) : dimanche 4 à 14h30  (FM)

                       JP Marty – F. Lott, R. Crespin… [il s’agit d’une émission hommage à Crespin]

 

 

            ¤¤  Grands compositeurs : Autour de Cherubini : de lundi à vendredi à 13h02  (FM)

 

 

           ¤¤  Histoire de… la musique à Venise : de lundi à vendredi à 17h45  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert « Musiques pour la famille royale » (Sarlat, septembre 2009) : lundi 5 à 16h  (FM)

                        Descenclos – Programme Marchand, MA Charpentier, Raison

 

 

            ¤¤  Passion classique : Cecilia Bartoli : lundi 5 à 18h  (Radio Classique)

 

 

            ¤¤  Concert Adams / Moss / Greif / Connesson / Murail (Radio France, septembre 2009) : lundi 5 à 20h  (FM)

                        – A. Hill

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec David Daniels : mardi 6 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec Dominique Meyer : vendredi 9 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Stravinsky / Xenakis (Cité de la musique, en direct) : vendredi 9 à 20h  (FM)

                        P. Rophé – S. Sakkas…

 

 

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 14:02

Et aussi :

 

Concert Haydn, Cimarosa (La fedeltà premiata, Orlando Paladino, L’impresario in angustie) par Rhorer avec Pokupic, sur Mezzo…

 

 

 

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Semaine du 26 septembre au 2 octobre :

 

 

 

TELEVISION :

 

 

            ¤¤  Musique baroque à Versailles : Amadis + « Ricercar » : lundi 28 vers minuit 20  (France2)

 

 

            ¤¤  La bohème en banlieue, musique de Puccini (en direct de Berne, mais chez les pauvres) : mardi 29 à 20h05  (ARTE)

                        S. Dinic / A. Horst – M. Boog, S. Pirgu, R. Adams…

 

  

 

RADIO :

 

 

            ¤¤  Elle est sortie sans son chapeau de Gounod (ONP, en direct) : samedi 26 à 19h30  (FM)

                       Minkowski – I. Mula, Castronovo, Vernhes, Brunet, Gillet, Ferrari…

 

 

            ¤¤  Matinée opéra : Leonard Bernstein : dimanche 27 à 14h30  (FM)

                        A quiet place (Vienne, 1986)

                               Songfest (extr.)

 

 

            ¤¤  Note contre note: Musique vocale profane au XVIIe s. et l’air de cour en France : dimanche 27 à 17h30  (FM)

                                                     

 

            ¤¤  Récital de Petra Lang (Genève, juillet 2008) : lundi 28 à 10h30  (FM)

                        C. Spencer, piano – Programme Brahms, Schumann, Mahler

 

 

            ¤¤  Grands compositeurs : Autour des compositeurs Caccini et Cavalieri : de lundi à vendredi à 13h02  (FM)

 

 

           ¤¤  Histoire de… la musique à Venise : de lundi à vendredi à 17h45  (FM)

 

 

            ¤¤  Passion classique : Vincent Le Texier : lundi 28 à 18h  (Radio Classique)

 

 

            ¤¤  Concert Purcell / Kurtz / Neuwirth / Berio / Schafer (Bouffes du Nord, en direct) : lundi 28 à 20h30  (FM)

                        R. Lay – B. Peyré, A. Aubin

 

 

            ¤¤  Le matin des musiciens : Wagner: La Trétralogie – Le crépuscule des dieux : mardi 29 à 9h07  (FM)

 

 

            ¤¤  Les discoportraits: Riccardo Muti : mardi 29 à 21h  (Radio Classique)

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec N. Joel : mercredi 30 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Varèse / Jodlowski / Berio (Cité de la musique, en direct) : mercredi 30 à 20h  (FM)

                        S. Mälkki –

 

 

            ¤¤  Le matin des musiciens : Le viol de Lucrèce de Britten : jeudi 1er à 9h07  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Grieg (TCE, en direct) : jeudi 1er à 20h  (FM)

                        Masur – C. Tilling…

 

 

            ¤¤  Les discoportraits : James Levine : jeudi 1er à 21h  (Radio Classique)

 

 

            ¤¤  Les chefs-d’oeuvre du classique : Les salons de George Sand : jeudi 1er à 22h  (Radio Classique)

 

 

            ¤¤  Concert « L’Amour de Madeleine » (St-Sulpice-de-Favières, septembre 2009) : vendredi 2 à 10h30  (FM)

                        Aymes – MC Kiehr, (B. Lazar)… Programme Charpentier, Agneletti, Monteverdi

 

 

            ¤¤  Les vendredis de la musique : Giacinto Scelsi : vendredi 2 à 15h  (France Culture)

 

 

            ¤¤  Le magazine : au Palazzetto Bru Zane (en direct) : vendredi 2 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Brahms / Rihm (Pleyel, septembre 2009) : vendredi 2 à 20h  (FM)

                        M-W Chung – N. Dessay, L. Tézier

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 21:45
J.C. BACH

« Vo solcando un mar crudele » (Artaserse, scena ultima, aria di Arbace, 1760) Guadagni
Récitatif et rondeau « Sentimi non partir... Al mio bene a lei che adoro » (1779) Tenducci
Haydn : Concerto pour violon et cordes en sol majeur Hob VIIa : 4
Récitatif « Perfida Cartismandua » et cavatine « Fra l'orror » (Carattaco, acte 2, sc. 1, cavatine di Caratacco, 1767) Guarducci
Air « Pugna il guerrier » (La Clemenza di Scipione, 1778) Francesco Roncaglia

Entracte

Air « Cara, la dolce fiamma » (Adriano in Siria, aria di Farnaspe, 1778) Manzuoli
Symphonie en sol mineur opus 6 n°6
Récitatif et rondeau « Ebben si vada...Io ti lascio » (vers 1778) Tenducci
Air « Ch'io parta ? » (Temistocle, aria di Lisimaco,1772) Silvio Giorgetti

Bis

"Perche tardai la morte" (Artaserse, aria di Arbace au début du III, 1760) Guadagni
" Tutti nemici miei" (Adriano in Siria, 1778) Tenducci


Philippe Jaroussky
Le Cercle de l'Harmonie
Jérémie Rhorer

Théâtre des Champs-Elysées
16 septembre 2009


(En rouge le nom des castrats créateurs tels que trouvés par Clément)


Et voilà le premier spectacle de la saison et pas des moindres: un chanteur très populaire en France qui profite de sa notoriété pour faire découvrir au public un compositeur négligé, un des fils Bach, Jean-Chrétien. Avant de critiquer les limites du chanteur dans ce repertoire, saluons donc sa curiosité musicale. Comme on avait déjà pu s'en rendre compte grace à de rares disques et lives (Temistocle par Rousset, Adriano in Siria par Mackerras, Amadis par Rilling et Montgommery, Endimione par Hickocks et Weil, Alessandro nell'Indie par Spering et même un antique récital par Agnès Giebel), cette musique est passionnante. Très variée, souvent foisonnante, donnant aussi bien dans le seria roccoco que dans le grand style tragique français, avec une évidence mélodique remarquable et une recherche de l'orchestration surprenante, doué pour toutes les atmosphères, témoignant d'un sens du drame aigu, on comprend tout à fait l'admiration de Mozart pour son contemporain, et l'on sent à quel point les Mitridate et Lucio Silla de ce dernier s'inspirent du style explosif de Jean-Chrétien.

Le programme conçu par Jaroussky se concentre sur le versant italien de l'oeuvre, puisqu'il ne comprend que des airs pour castrats, sur ces derniers je ne pourrais pas vous en dire beaucoup et laisse à Clément ce soin. Il nous suffira de noter qu'à la fin du Siècle la tessiture de ceux-ci était notablement étendue, d'ailleurs peu de temps après, les baryténors allaient leur voler la vedette en héros du drame, en toute continuité. De plus une telle sauvagerie de procédé devait bien s'expliquer par le résultat exceptionnel obtenu à une époque où l'on connaissait déjà le chant en voix de tête.
En regardant les partitions de ces airs, on s'aperçoit donc que nos contre-ténors, aussi braves soient-ils, ne peuvent que difficilement rendre une tessiture aussi étendue. Ainsi certains nient tout simplement cette théorie et arguent que l'écriture de l'époque était différente de l'actuelle et donc que les castrats n'avaient pas de graves aussi fournis, s'arrogeant ainsi une légitimité supérieure à celle des mezzo-soprano pour interpréter ce repertoire. Admirateur de Bartoli, Jaroussky n'est pas de ceux là, il a clairement compris que l'ablation de leur lourd fardeau viril n'a pas fait décoller les castrats loin au dessus de la clef de sol. Le prouve le programme retenu et la modestie affichée au moment d'entonner le dernier bis, air du fureur: "Je vais faire ce que je peux!"

Le démarrage à froid sur "Vol solcando" n'était pas une très bonne idée: très soucieux de la complication musicale mimétique de l'air, et même du canto di sbalzo timidement rendu, il en oublie cependant le théâtre et la portée psychologique, on ne sent pas l'emportement ni l'égarrement du personnage, on entend que Jaroussky qui sort les avirons dans des eaux où il n'a vraiment pas pied. Au da capo tous les ornements se feront d'ailleurs vers l'aigu, adieux graves et canto di sbalzo, la navigation en eaux troubles est bien plus simple au dessus des flots.

Heureusement le rondeau qui suit, "Sentimi... Al mio bene", le montre bien meilleur, élégant et s'abandonnant à un certain hédonisme vocal avec des variations délicieuses, inspirées et une aise procurée par le tempo bien plus lent qui lui permet de faire sonner des graves avec bien plus de conviction. Même si l'on peut préférer des timbres plus fruités et riches, le naturel de cette voix de tête force ici l'admiration.

L'air de Carattaco qui suit, est précédé d'un récitatif virulent pour lequel Jaroussky n'a pas la projection et donc l'impact nécessaire, on le voit s'agiter en scène de façon un peu maladroite et raide, l'intention y est mais cette voix reste celle d'un petit garçon qui ne peut susciter ni tension dramatique dans le récitatif ni effroi dans l'air (du moins pour moi).

Enfin la première partie s'achève sur un "Pugna il guerrier" qui souffre des mêmes défauts, dès le premier "pugna" qui lui reste dans la gorge. Il faut dire que l'acoustique du TCE ne lui est guère favorable, sèche et plate, elle ne porte pas la voix ni les intentions et ce malgrè un accompagnement, très attentif à ne jamais déborder le chanteur sans pour autant manquer de chaleur et de vivacité, du Cercle de l'Harmonie dirigé par Jérémie Rhorer; on reprochera juste à certains instruments de jouer en sourdine (les cors!) et de manquer de netteté dans les attaques, étouffant un peu les surprises de l'orchestration de JC Bach (très joli concerto de Haydn avec Julien Chauvin en soliste, et belle symphonie de JC, même si l'on eut préférré entendre des ouvertures de ce dernier).

Reposé après l'entracte et sans doute moins poursuivi par le trac, Jaroussky attaque donc la pièce qui sera le sommet de la soirée et certainement du disque puisqu'il en porte le nom, il s'agit de l'air "Cara, la dolce fiamma". Toutes les qualités déjà évoquées pour le rondeau "Sentimi... Al mio bene" sont ici décuplées, douceur et naturel de l'élocution, aisance de la respiration, on le sent en pleine confiance de ses moyens. C'est clairement dans ces atmosphères là qu'il rend le mieux l'art des castrats.

Le second rondeau "Io ti lascio" pour Tenducci est superbe avec son pudique pianoforte: Jaroussky y est parfois un peu acide et affecté, mais l'allant est là, encore une fois ce naturel, et c'est très séduisant.

Et enfin, "Ch'io parta?" de Temistocle, le seul que je connaissais grace au live de Rousset à Toulouse (avec de vrais graviers de Nicolas Joel dedans). Celui-ci n'est qu'à moitié réussi, la faute en revient aussi bien à l'orchestre qui hésite à rendre le tumulte du torrent à des hauteurs suffisantes, qu'à Jaroussky qui a du mal à donner à son élocution le poids nécessaire pour traduire le surgissent du torrent hors rochers; peu de vocalises en effet pour cet air (lesquels ne lui posent pas de problème) mais un long texte qui doit être lancé avec le même débit tortueux et tsumamiesque que celui du torrent.


L'air "Perche tardai la morte" le retrouve à son meilleur, toujours habile à dialoguer avec les vents solistes qui accompagnent la méditation du prince condamné à mort. Enfin le dernier air, "Tutti nemici miei" issu d'Adriano in Siria, manque encore de punch comme pour le "Pugna il guerrier", mais Jaroussky rend mieux la rage que la sereine virilité belliqueuse, surtout épaulé par un orchestre qui le pousse réellement à dépasser une certaine timidité qui peut passer pour de la prudence malvenue ici.

La salle pleine à craquer lui réserve un triomphe. Au final et malgrè les nombreuses critiques émises, ce fut donc un très bon concert au programme rare et rendu avec intelligence, à défaut d'avoir toujours les moyens vocaux nécessaires pour chanter une musique diablement difficile. Gageons que les problèmes de balance et de projection seront gommés au disque, dont la couverture est pour une fois de bon goût comme le signalait Baja.


Le disque contient un air non chanté ce soir: "La legge accetto", Orfeo  - Gluck arr. JC Bach pour Guadagni

Sortie du disque le 2 novembre; téléchargeable dès le 28 septembre sur les plateformes payantes légales, HADOPI proof.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 20:30
En réaction à un article sur un blog politique et militant, j'ai publié en commentaires un petit éloge de ce film célèbre, qui revient dans l'actualité puisque la pièce dont il est inspiré est actuellement donnée à Paris avec Christian Clavier et Didier Bourdon (non non non je ne mettrai pas l'affiche ici!). Il s'agissait donc d'une critique de la portée du film, lequel est souvent vilipéndé par les homos militants ou simplement un peu trop englués dans leur idéologie normalisante ou stéroïdée, quand ce n'est pas les deux. Cela fera donc un article cinéma tchi-tcha et sociologique à la fois, dans lequel je parle aussi de La Juive et de "Y a bon Banania", avouez que vous n'y tenez plus!




J’entreprends donc d’essayer de vous convaincre du fait que La Cage aux folles est un film moderniste qui a plus fait pour la condition homo que toutes les actions militantes (rien que ça !). Mais d’abord un point sur les relations des homos et des « folles » qui sont souvent la base du mépris pour ce film.


Il est courant aujourd’hui d’entendre des homos se disant les plus tolérants du monde dire que les folles donnent une mauvaise image de l’homosexualité. On pourrait simplement remarquer que vouloir donner une bonne image est déjà loin des prédispositions subversives qu’avait cette sexualité dans les années 70, mais après tout chacun a le droit de vouloir rentrer dans le rang comme d’en sortir ; pourtant vous ne m’enlèverez pas de l’idée que réclamer le droit à l’indifférence n’a pas empêché les juifs de devenir les bêtes noires des nazis qui ne craignaient rien tant qu’un juif qui ne ressemble pas à son stéréotype et se fond dans la masse, au point de vouloir les signaler par une étoile jaune.


Pour en revenir à cette mauvaise image donc, je rétablirai d’abord une vérité historique en disant que, bonne ou mauvaise, elle fut la première de l’ère contemporaine, et que les homos « mecs-mecs » (comme on lit sur les chats) n’avaient qu’à se bouger le cul plus tôt pour faire évoluer les mentalités au lieu de rester dans le placard en attendant qu’on daigne les accepter sans rien faire d’autre que d’être honteux. Car en effet, des figures interlopes des années 20 aux gazolines des années 80, les folles sont toujours en tête des fiertés homos : et à Stonewall, c’est d’abord à coup de talons aiguilles que les affrontements ont commencé.


Mais les homos se comportent aujourd’hui comme une certaine droite envers les immigrés : « vous n’êtes que des parasites qui menez notre communauté à la faillite ». Les homos ont un mépris de la folle, à la mesure du refoulement de leur inconscient et de leur sur-moi démesuré : tous les homos admirent Marlon Brando, mais tout le monde a du Zaza Napoli en soi. Certes il est insupportable de voire toute une population homosexuelle réduite à un seul de ses stéréotypes, la folle, mais au-delà des raisons historiques que j’évoquais, il y a aussi une cause sociologique : la folle est le stéréotype parfait pour faire accepter l’homosexualité, il rassure. Il rassure car il fait rire, la folle est parfaitement ridicule et, de ce fait, inoffensive. C’est là toute l’utilité des caricatures : vous parlez de « cage aux bougnoules » ou de « cages aux youpins » mais elles ont existé ! Prenez La Juive d’Halévy dans lequel le juif Eléazar est le parfait stéréotype du juif cupide, et pourtant cet opéra est un hymne à la tolérance envers les juifs ; prenez un slogan tel que « Y a bon Banania ! » ou des biscuits tels que feu les « Bamboulas » qui présentaient les noirs sous des aspects tribaux pour ne pas dire demeurés, mais c’est ainsi qu’ils n’effrayaient plus. Il ne faut pas oublier que l’acceptation sociale se fait à le mesure de l’intelligence d’une société : quand la masse est conne, son chemin vers la tolérance l’est tout autant. Et pour les juifs, les noirs ou les homos, le chemin a toujours été le même : dédramatisation de la figure à travers une caricature débile, puis reconnaissance du pouvoir économique de la population concernée et enfin acceptation et abandon de la caricature. S’il y a toujours des cons pour croire que tous les homos sont des folles, n’accusez pas Zaza Napoli, accusez-les cons ! Et à tous les homos qui trouvent qu’il n’y a que des folles et des trav’ à la Gay pride et que cela donne une mauvaise image, bougez-vous le cul et allez donner votre image de l’homosexualité à la Gay pride !



Et maintenant, j’en reviens au film La Cage aux folles. Patrice Chéreau disait à ce propos : « La Dame aux Camélias est une histoire hétérosexuelle qui se finit mal, et pourtant ce n’est pas un pamphlet contre l’hétérosexualité » (in Y.Jeuland, Bleu Blanc Rose). Eh bien La Cage aux folles, c’est la même chose, le film ne prétend pas saisir toute la réalité homosexuelle; je comprends parfaitement qu’en termes de visibilité de l’homosexualité à cette époque, cela ait pu être insupportable à des militants qui se battaient pour ne pas être réduit à ce stéréotype, mais non seulement aujourd’hui cette lutte n’a plus de raison d’être car la diversité de l’homosexualité est suffisamment démontrée au ciné comme à la télé (et si certains pensent que tous les homos sont des folles, c’est simplement qu’ils refusent de voir le contraire, et tous les gays de Plus belle la vie n’y changeront rien), mais en plus ce film a davantage fait pour la cause homo que toute l’action militante.


La différence est dans la cible de l’action. L’action militante veut faire bouger les choses par le haut, en faisant pression sur l’Etat et, si l’on est un peu rousseauiste, on pense que c’est par la loi que les mentalités de masse changent et non l’inverse. L’action de ce film est au contraire sur les masses : à une très très large majorité de spectateurs de ce film, « LGBT » ou « Act-up » n’évoquent absolument rien. Or en voyant La Cage aux folles, ils ont eu à voir une différence qu’il ne tenait à qu’à leur intelligence d’accepter ou du moins de tolérer pour son caractère inoffensif.


Et mieux, ce film défend la diversité de l’homosexualité, et, j’ose le dire, l’homoparentalité. Car enfin il n’y a pas que Zaza, il y a aussi Renato qui est plutôt très viril malgré un suraigu échappé de temps à autre ; et puis Zaza est parfaitement heureuse en travesti, dans son couple et dans sa vie professionnelle, elle a trouvé sa place ailleurs que sur le trottoir et paye ses impôts comme n’importe quel intermittent du spectacle ; et puis qui a élevé le petit quand l’irresponsable mère hétérosexuelle s’est enfuie ? et pire, le fils, en plus d’être plutôt bogosse, est parfaitement équilibré, normal, au point de vouloir reproduire lui aussi ce bon vieux mariage hétéro en toute simplicité ; et à coté de la mère fuyarde, on ne peut pas dire que l’hétérosexualité soit bien défendue dans ce film à travers le patriarche intégriste joué par Galabru ! Mais quoique l’on dise, les homos bien pensant vous rétorquent « Cachez cette folle que je ne saurais voir ! »


Donc je suis persuadé que ce film est à inscrire au panthéon de l’histoire homosexuelle, qu’il n’a rien de raciste ou de discriminatoire dans la mesure où il ne propose aucun jugement de valeur mettant les homos en dessous des hétéros.



Commentaire entier et réponse de l'auteur ici.

Toutes les réactions sont les bienvenues, même les plus folles évidemment :o)

 Et je ne rembourse pas les places si le spectacle actuellement donné est nul, qu'on se le dise!

Ps: comment ça vous vous attendiez à ce que je détaille l'intérêt esthétique du cinéma de Molinaro?!
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