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Psychologie

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Il catalogo è questo

11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 20:50
Voilà une nouvelle qui en réjouira plus d'un: Clément ouvre son site internet.

http://www.quellusignolo.fr/photos/banniere.jpg

Ce site n'est ni plus ni moins que la base de donnée la plus exhaustive et la plus fouillée à ce jour sur les artistes lyriques du XVIIème et XVIIIème siècles. Il s'agit d'un outil essentiel pour tout musicologue, chanteur ou simple amateur, cherchant à mieux comprendre la typologie vocale d'un rôle en se penchant sur son créateur.

Comme Clément l'explique très bien, les chanteurs et chanteuses de l'époque étaient de véritables parties prenantes dans la composition d'un opéra, en amont (modification de livrets, de partitions) mais aussi en aval (improvisation des da capo notamment). Je le cite: "La création d'un opéra mettait alors au premier plan le librettiste et ses interprètes, reléguant le compositeur au second plan. Ce dernier devait mettre en musique le drame qu'on lui avait assigné de manière à mettre en valeur les chanteurs engagés : leur personalité vocale et dramatique pesaient donc fortement sur la musique, quand ce n'était pas sur le livret ! Il est ainsi parfaitement légitime de s'intéresser à ces interprètes, que l'on pourrait créditer en tant que co-créateurs des œuvres de cette époque."

Le site compte plus de 500 fiches détaillant la biographie de chanteurs et chanteuses, accompagnée d'un portrait et d'un relevé exhaustif de tous les témoignages vocaux contemporains des rôles créés par le chanteur concerné. La page d'accueil propose en outre de découvrir un chanteur par mois à l'aide de vidéos et extraits sonores; et c'est le castrat Monticelli qui assure le lancement, grace à Romina Basso et Vivica Genaux.

http://www.quellusignolo.fr/photos/monticelli.jpg

Un tel site est une mine formidable, fruit d'un travail passionné et minutieux. Il va certainement devenir une référence. Bravo à Clément!

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Published by Licida - dans Artistes
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 10:26

[Et aussi : sur ARTE vendredi 12 à 20h45, LA « nouvelle » version (c’est-à-dire celle du montage originel de Lang, redécouverte en 2008, avec 26’ de plus) de Metropolis que les moins de 90 ans ne peuvent pas connaître…]

 

 

 

__________________________________

 

 

Semaine du 6 au 12 février :

 

                                                                                                               

 

TELEVISION :

 

 

            ¤¤  Les 17es Victoires de la musique classique : lundi 8 à 20h35  (France3)

 

 

  

RADIO :

 

 

            ¤¤  Les enfants du baroque : avec Stratton Bull : samedi 6 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Simon Boccanegra de Verdi (MET, en direct) : samedi 6 à 19h05  (FM)

                        Levine – Domingo…

 

 

            ¤¤  La tribune des critiques de disques : Mahler : Rückertlieder : dimanche 7 à 10h  (FM)

 

 

            ¤¤  Ba-ta-clan d’Offenbach et Trois contes de l’honorable fleur d’Ohana (+ compléments) : dimanche 7 à 14h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Note contre note : avec AM Goulet pour ‘Poésie, musique et sociabilité au XVIIe siècle’ : dimanche 7 à 17h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Grands compositeurs : Massenet, sans Werther : de lundi à vendredi à 13h02  (FM)

 

 

            ¤¤  Grandes figures : Jordi Savall : de lundi à vendredi à 14h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Messe en ré de Dvorak (Nantes, fév. 07) : lundi 8 à 16h  (FM)

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec Olivier Py (pour ‘Lulu’ à Genève) : lundi 8 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Le rendez-vous : avec D. Barenboïm : lundi 8 à 19h03  (France Culture)

                        Suivi d’une soirée spéciale en direct de l’Odéon

 

 

            ¤¤  Les 17es Victoires de la musique classique : lundi 8 à 20h35  (France Inter)

 

 

            ¤¤  Concert Mendelssohn (Cité de la musique, fév. 06) : mardi 9 à 10h30  (FM)

                        Equilbey – J M Böhnert ; T E. Bauer…

 

 

            ¤¤  Concert Verdi / Martucci / Schubert (Naples, mai 2009) : mardi 9 à 22h  (Radio Classique)

                        Muti – V. Urmana

 

 

            ¤¤  Vêpres de la Vierge de Mazzochi (auditorium du Louvre, en direct) : mercredi 10 à 20h  (FM)

                       

 

            ¤¤  Chant des toiles : Yvon Gérault, réal. du ‘Fairy Queen’ d’Aix 1990 : mercredi 10 à minuit  (FM)

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec Gérard Lesne : jeudi 11 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Rigel / Grétry / Haydn / Mozart (Deauville, mai 2005) : vendredi 12 à 10h30  (FM)

                        Rohrer – Marion Harousseau

 

 

 

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Published by Caroline - dans Radio & Tv
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:31

A partir de 10h30 (TNT…) et jusqu’à 20H30, ARTE consacre ses programmes à la Folle journée, dimanche. A 19h, le concert de clôture est retransmis pour tout le monde …

 

 

 

__________________________________

 

 

Semaine du 30 janvier au 5 février :

 

                                                                                                               

 

TELEVISION :

 

 

            ¤¤  Didon et Enée de Purcell (Opréra-Comique, déc. 2008) : lundi 1er à 22h30  (ARTE)

                               voir article de Licida

 

 

  

RADIO :

 

 

            ¤¤  La Folle journée de Nantes : samedi 30 de 9h05 à 23h  (FM)

                        Dont un concert avec des airs de Haendel à 12h30

 

 

            ¤¤  La Folle journée de Nantes : dimanche 31 de 9h à 20h  (FM)

                        Dont un concert d’airs d’opéras à 12h30

 

 

            ¤¤  Lieder de compositeurs contemporains de Chopin (archives de la radio autrichienne) : dimanche 31 à 20h  (FM)

                        Mendelssohn (par E. Grümmer) ; Schumann (par Fischer-Dieskau)

 

 

            ¤¤  Grands compositeurs : Médiévaux anonymes: de lundi à vendredi à 13h02  (FM)

 

 

            ¤¤  Passion classique : Nicole Bru : lundi 1er à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Purcell (Opéra-Comique, janvier 2009) : mardi 2 à 10h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec E. Pido’ : mardi 2 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec M-N Lemieux : mercredi 3 à 18h  (FM)

                       

 

            ¤¤  Symphonie n° 2 de Mahler (Châtelet, en direct) : jeudi 4 à 20h  (FM)

                        Gatti – C. Tilling ; MN Lemieux

 

 

            ¤¤  Concert Vivaldi de P. Jaroussky (TCE, nov. 2006) : vendredi 5 à 10h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Les vendredis de la musique : Idoménée, de Mozart : du seria furioso  : vendredi 5 à 15h  (France Culture)

 

 

            ¤¤  Concert Ravel avec Anne Sofie von Otter (Cité de la musique, en direct) : vendredi 5 à 20h  (FM)

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 01:08
Purcell
The Fairy Queen

(1692)


Direction musicale, William Christie

Mise en scène, Jonathan Kent
Décors et costumes, Paul Brown
Lumières, Mark Henderson
Collaborateur aux mouvements, Kim Brandstrup

 

Soprano, Juno, Lucy Crowe
Bass, Coridon, Winter, Hymen, Sleep, Andrew Foster-Williams
Mystery, 1st Fairy, Nymph, Spring, Claire Debono
Fairies, Miriam Allan, Anna Devin, Maud Gnidzaz
Tenor, Adam, Secrecy, Ed Lyon
Tenor, Summer, Sean Clayton
Bass, Callum Thorpe
Soprano, Night, the Plaint, Emmanuelle de Negri
Mopsa, Robert Burt
Phoebus, Andrew Davies
Autumn, David Webb
Eve, Helen Jane Howells

Theseus, William Gaunt
Egeus, Robert East
Hermia, Alice Haig
Lysander, Nicholas Shaw
Demetrius, Gwilym Lee
Helena, Jo Herbert
Starveling, Roger Sloman
Flute, Robert Burt
Bottom, Desmond Barrit
Quince, Paul Mc Cleary
Snug, Brian Pettifer
Snout, Jack Chissick
Titania, Sally Dexter
Puck, Jotham Annan
Oberon, Finbar Lynch


Danseurs

Laura Caldow, Omar Gordon, Samuel Guy, Anthony Kurt-Gabel, Jarkko Lehmus, Caroline Lynn, Maurizio Montis, Sarah Storer


Chœur et orchestre Les Arts Florissants


http://images.telerama.fr/medias/2010/01/media_51655/fairy-queen,M32410.jpg
Photo: Pierre Grosbois



Les critiques se plaisent souvent à parler de spectacles à écouter les yeux fermés pour signifier leur désaveu d’une mise-en-scène qui vient ternir l’excellence de l’exécution musicale ;  avec cette Fairy Queen à l’Opéra Comique, voilà un bel exemple de spectacle à regarder les oreilles fermées. J’exagère évidemment, car c’est presque exclusivement l’orchestre que je vise, mais à l’égard de leur réputation, leur prestation de ce soir mérite ma colère.

Saluons d’abord la démarche qui consiste à restituer ce semi-opéra avec sa moitié, à savoir Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare : The Fairy Queen n’apparait alors plus comme une simple suite d’airs brillants mais comme un manège musical qui accroit la fantaisie shakespearienne ; mieux, ainsi isolés, regroupés et dramatiquement placés, ces airs prennent toute leur saveur, certains prennent même sens. Mais il ne faut pas pousser cette logique trop loin, il s’agit avant tout de divertir et, comme dans la tragédie lyrique, on se gardera de vouloir trouver à chaque danse un lien profond avec l’action.

 



Et cette dimension  divertissante, Jonathan Kent l’a parfaitement comprise ; de ce point de vu le pari est pleinement réussi : soutenir l’attention pendant 3h30 de spectacle entièrement en anglais (même la pièce est jouée en anglais) n’était pourtant pas gagné d’avance. Le spectacle jamais n’ennuie, les tableaux musicaux se suivent sans jamais se ressembler, contrairement aux tableaux théâtraux : le fil d’Ariane est dans la pièce, tandis que la musique s’amuse à l’embobiner.  C’est truculent et énormément travaillé : décors et costumes aussi luxuriants que nombreux et habiles (epanadiplose du décor général qui se disloque au fil de l'action) ; direction d’acteur toujours animée avec de très bonnes idées (les chinois qui deviennent Adam et Eve ; le cabinet de curiosité dans les loges duquel viennent s’asseoir les fées ; l’orange qui sert de sein à Thisbée qui tombe pendant sa mort; l'Hymen qui devient un pasteur…) et qui entre toujours en résonnance avec le texte ; une bonne opposition entre le monde humain et ses lourds costumes traditionnels abandonnés pour des nuisettes et des chemises lâches pendant la confusion, très simple donc en regard du monde féérique au luxe toujours changeant ; pas fan en revanche des chorégraphies que j’ai trouvées anonymes et souvent insignifiantes. Kent a parfaitement compris que le texte de Shakespeare ne devait pas être surchargé scéniquement (sauf pour la bouffonnerie du Pyram et Thisbé), tandis que les moments musicaux autorisaient et même appelaient tous les fastes possibles.

Mais ce spectacle trouve ses limites pour deux raisons majeures: premièrement, rien n'est jamais inquiétant dans cette vision, l'admirateur de Füssli que je suis ne pouvait manquer de le remarquer et le potentiel de la pièce de Shakespeare insuffisamment exploité, ce monde baroque par son manque d'effroi tend trop vers la comédie musicale. Ensuite et surtout, son manque d’originalité: le metteur-en-scène ne nous propose jamais un univers, une fantaisie personnels qui viendraient illustrer celles de Shakespeare et Purcell, il nous propose au contraire plusieurs univers différents que l’on a souvent déjà vu ailleurs. Cette mise-en-scène est un peu la synthèse de ce qui se fait de mieux dans le baroque depuis 30 ans : le luxe des costumes fait penser à McVicar ou Villégier, certains décors (l’apparition de Phébus!) à Pizzi, l’irruption du moderne dans l’ancien (les artisans devenant hommes de ménage) à Pelly, la direction d’acteurs à Wernicke ou Martinoty (la scène de la nuit!)et certaines idées au Regietheater (la partouze des lapins et toute la scène champêtre, au comique bouffon parfaitement assumé). Rien de personnel dans ce spectacle, de touchant donc, beaucoup de talent et de travail mais pas de génie. Relativisons tout de même en précisant qu’un spectacle de cette qualité est suffisamment rare pour que l’on ne boude pas son plaisir avec cette réserve.

 http://static.guim.co.uk/sys-images/Arts/Arts_/Pictures/2009/6/22/1245662611566/Fairy-Queen-006.jpgPhoto: Tristram Kenton

 

Car ce qui gâche finalement le plus ce spectacle, ce n’est pas son manque d’originalité, c’est son accompagnement musical : d’habitude, c’est le choix interprétatif pur qui me gêne avec les Arts florissants, et j’ai récemment encore loué leur excellence plastique, mais ce soir j’ai été assez abasourdi par leur médiocrité. Trompettes canardantes, vents faux, basse continue inaudible, violons acides, clavecin aussi inspiré que dans les pires disques de Curtis (l’air du chinois accompagné avec un prosaïsme désespérant), problèmes de rythme, d’équilibre des pupitres, bref un vrai naufrage. Si l’on compare cette prestation avec ce que faisait William Christie à Glyndebourne, où fut créée la prod’ par l’Orchestre de l’Age des lumières, c’est le jour et la nuit : quelque chose me dit que les musiciens des Arts florissants n’ont pratiquement pas répété cette partition depuis le lointain enregistrement du disque et leur calendrier surchargé en cette saison anniversaire pourrait bien l’expliquer. Mais en aucun cas le pardonner, leur prestation de ce soir fut vraiment lamentable ; et si l’on ajoute les options retenues que je critique depuis longtemps (jouer Purcell sur la pointe des pieds, à l’anglaise, à l’opposé de toute la force, le dramatisme et les couleurs qu’y apportent Harnoncourt ou Niquet pour ne citer qu’eux) et que Christie abandonne quand il dirige d’autres ensembles (!!), on comprend que l’orchestre ait suffit ce soir à gâcher mon plaisir devant la mise-en-scène. Même remarque pour les chœurs dont l’assurance et la cohésion n’étaient pas les premières qualités.

 

 


Et le plateau souffre de l’impréparation de la fosse. Pas les acteurs évidemment qui sont tous formidables (surtout Desmond Barritt - en Bottom et poète ivre - dont la présence comique est renversante), mais les chanteurs oui. Les nombreux chanteurs sortis du chœur s’en sorte plutôt bien avec leur petite partie, preuve encore que c’est le travail d’équipe qui a manqué.

Emmanuelle de Negri est magique en nuit, mais ne m’a pas convaincu dans la plainte, je n’y crois jamais à cause de cette façon de jouer caractéristique des Arts flo encore une fois, façon éthérée qui veut que la délicatesse ne s’accommode pas de la brutalité de l’incarnation – et Kenny ou Gauvin ont, me semble-t-il, brillamment prouvé le contraire pour cet air.

Le succès est par contre total avec Andrew Foster-Williams : sa voix calmement impérieuse fait merveille dans l’Hymen et le Sommeil, ses talents d’acteur dans Coridon, et le tout dans l’Hiver.

Claire Debono déçoit en revanche, on la sent mal à l’aise avec l’orchestre, et la voix devient très vite acide. Même remarque pour Lucy Crowe dont la voix semble avoir encore verdi, cela sonne plus étriqué  encore que ce qu’elle faisait avec Minko, reste cette tension de l'émission (qui la rapproche de Delunsch), mais elle n'en fît rien ce soir là.

 


Christie semble s’être entiché d’Ed Lyon, il sera son Pygmalion à Aix cet été et tiendra le rôle-titre dans la reprise de l’Atys de Villégier en 2011 ; je ne comprends pas du tout cet engouement, je trouve qu’il en fait toujours trop avec pas assez de moyens vocaux. Je l’ai découvert en Hyllus dans un live d’Amsterdam et déjà cette façon de trop ouvrir les sons m’insupportait, je n’entendais qu’un benêt chantant ; à le voir en vrai, je trouve que c’est le matériau vocal qui est insuffisant : voix de ténor aigu irrégulière, absence de graves et de couleurs, problèmes de soutien (nb : c’est peut-être aussi du au manque de répétitions, comme pour les autres chanteurs). Alors certes il est plutôt beau gosse (mais pas en blond!), et chez les ténors c’est une qualité rare, mais pour chanter Secrecy cela n'est d'aucun secours.

 

http://www.artsjournal.com/plainenglish/The_Fairy_Queen_1428341c.jpgPhoto: Alastair Muir

 

Au final un spectacle qui aurait du être superbe mais qui se trouve gâché par l’orchestre. Heureusement le DVD a été tourné à Glyndebourne, sans les Arts flo donc ; tous les extraits vidéos proposés dans cet article émanent de cette captation réalisée par François Roussillon, il y en a beaucoup d’autres sur youtube. D’ailleurs quelqu’un sait-il pourquoi Christie ne dirige jamais son propre ensemble à Glyndebourne ?


 

http://livingopals.wordpress.com/files/2009/12/1533837977_6405b2e41e_o.jpg

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 19:12

Semaine du 23 au 29 janvier :

 

                                                                                                               

 

TELEVISION :

 

 

            ¤¤  Concert à la salle Gaveau : Le gala des étoiles (2/2) : samedi 23 à minuit 30  (France3)

 

 

            ¤¤  Fritz Wunderlich : dimanche 24 à 19h15  (ARTE)

 

 

            ¤¤  Werther de Massenet (ONP, janvier 2010), co-réalisé par B. Jacquot : mardi 26 à 20h35  (ARTE)

                        Plasson / Jacquot – voir article de Licida

 

 

  

RADIO :

 

 

            ¤¤  Saül de Haendel (Utrecht, août 2009) : samedi 23 à 19h05  (FM)

                               D. Reuss –

 

 

            ¤¤  Gloriana op. 53 de Britten : dimanche 24 à 14h30  (FM)

                       Mackerras -

 

 

            ¤¤  Note contre note : avec P. Michot : dimanche 24 à 17h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Le matin des musicians: avec Isabelle Moretti : lundi 25 à 9h07  (FM)

 

 

            ¤¤  Grands compositeurs : Bellini, chants de folie : de lundi à vendredi à 13h02  (FM)

 

 

            ¤¤  Grandes figures : Année 1810 (2e partie) : de lundi à vendredi à 14h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec l’équipe de ‘La Cenerentola’ du TCE : lundi 25 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Midem classical awards (en direct) : mardi 26 à 20h  (FM)

                        Garanca ; Gerhaher ; Piot ; Lemieux…

 

 

            ¤¤  Soirée anniversaire des Arts florissants (Opéra-Comique, en direct) : mercredi 27 à 20h  (FM)

 

 

            ¤¤  Les discoportraits : J. E. Gardiner  : jeudi 28 à 21h  (Radio classique)

 

 

            ¤¤  Les chefs-d’œuvre classique : J. E. Gardiner  : jeudi 28 à 22h  (Radio classique)

 

 

            ¤¤  La Folle journée de Nantes  : vendredi 29 de 9h07 à munuit  (FM)

                        Dont un concert avec des airs de Haendel à 12h05

 

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 19:10

 Massenet, Werther


Jonas Kaufmann Werther
Ludovic Tézier Albert
Alain Vernhes Le Bailli
Andreas Jäggi Schmidt
Christian Tréguier Johann
Sophie Koch Charlotte
Anne-Catherine Gillet Sophie


Michel Plasson  Direction musicale
Benoît Jacquot  Mise en scène
Charles Edwards  Décors
Christian Gasc  Costumes
André Diot  Lumières (d'après les lumières originales de Charles Edwards)


Orchestre de l’Opéra national de Paris
Maîtrise des hauts-de-seine ⁄ chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris

Opéra Bastille
14 janvier 2009

 

http://www.artistikrezo.com/images/stories/redaction/3263_2009-10-WERTH-133.jpg© Opéra national de Paris/ Elisa Haberer

 

On ne dira jamais assez à quel point la sobriété des interprètes est une bénédiction dans Massenet.  Je ne suis vraiment pas un adepte de ce compositeur dont je trouve le style trop lourd et indigeste, et il faut vraiment le folklorisme compassé de Thaïs pour me plaire, mais ce soir Werther m’a enfin plu, et ce grace à une équipe artistique dont le spectacle approche ce que je peux attendre de mieux chez ce compositeur. Car Werther c’est finalement du gothique non flamboyant, une atmosphère bien trop ténébreuse et étouffée pour être balayée par le vent du romantisme, d’ailleurs Goethe n’était pas un écrivain romantique mais bien classique; maintenant qu’il annonce le romantisme, c’est autre chose et c’est aisé à dire, mais mieux vaut ne pas confondre Goethe et Novalis ou Werther et Chatterton. Et pour en revenir à l’opéra, j’ai enfin réussi à dépasser mes critiques faciles sur ce genre d’œuvres où le héros met vingt minutes à mourir alors qu’il vient de se tirer une balle en plein cœur… c’est simplement qu’il ne faut pas voir Werther comme une pièce dramatique, mais plutôt comme un tableau,  une œuvre d’art qui n’a pas de temporalité, où tout est donné à voir dès le premier coup d’œil, dès la première mesure, mais qui révèle ses détails, approfondit son impact à l’attention soutenue du spectateur, de l’auditeur ; la mort de Werther ne « dure » pas plus longtemps que le prélude du dernier acte, ces deux moments ne font que tourner non pas en rond mais en spirale sur un thème stéréotypé, dont il s’agit de révéler la prégnance.

 

http://www.artinfo.com/media/image/100270/01_Hammershoi_Sunbeams.jpg

 

Et cette constatation, c’est clairement la mise-en-scène de Benoit Jacquot qui m’y a amené. Je n’avais guère gouté la Tosca filmée de ce dernier, assez caricaturale, or j’ai l’impression qu’il a réussi sur scène tout ce qu’il a raté à la caméra avec ce film. Le tout est extrêmement classique, pour ne pas dire traditionnel, et pourrait passer aux yeux du spectateur pressé pour un nouvel opus de Nicolas Joel, et pourtant derrière ce parti pris de classicisme se cache une machine redoutablement efficace : les décors carton-pâte s’animent sous des éclairages qui respectent parfaitement la lente marche vers l’obscurité hivernale et sentimentale du livret, au grand soleil de la cour du I où le mur ménage tout de même une ombre qui sert de refuge à la mélancolie de Werther, succède la luminosité granuleuse de l’automne devant une mer bleue salée, mais toujours des extérieurs puissamment éclairés. C’est à la Noël que le soleil a disparu, et n’apparait plus dans cette sombre pièce en bois foncé et laqué qu’à travers une fenêtre latérale dans laquelle Charlotte ira ressourcer ses rêves, le traitement de la lumière fait penser à Hammershoi  (à l'acte III la référence est même évidente), un peu comme ce qu’avait fait Tcherniakov au début d'Onéguine, mais en plus apre et sombre encore ; puis la nuit et la simple bougie qui voit Albert exiger de Charlotte qu’elle cède les pistolets à Werther, la scène est d’autant plus violente qu’elle est faiblement éclairée au milieu de ce grand plateau ténébreux ; enfin le rideau se lève sur un dernier acte où tombe la neige avec, au loin, un cadre dans lequel brille par intermittence une faible bougie, le cadre se rapproche de l’avant-scène pendant le prélude et l’on découvre peu à peu le corps de Werther affaissé au pied du lit, pourtant de la lumière passe encore par la lucarne du fond, répondant aux contrastes des cris joyeux d’enfants qui effrayeront tant Charlotte sur le corps mourant de son non amant ; puis Werther meure et la chandelle s’éteint. Tout cela est donc très classique, mais le traitement de la lumière et de la scénographie illustre assez bien l’aspect pictural de cette production.
A coté de cela la direction d’acteurs est très méticuleuse, elle ne signifie jamais rien de plus que ce qui est dans le livret, mais cela elle le rend très bien : Werther qui cherche l’ombre puis Charlotte tout en la suivant dans la salle, Sophie qui ne cesse de déployer les plis de sa robe en tournoyant, Charlotte statique de dos au début du III, qui serre Werther sans jamais l’enlacer et qui erre sur le plateau comme une toupie désaxée après l’avoir repoussé une dernière fois, avant de le retrouver dans sa chambre et tenter de le suivre dans l’effondrement… et puis il en faut de la précision pour animer le tableau final sans jamais lasser le spectateur ni trop remuer un mourant et une désespérée. Il n’y a finalement qu’aux deux ivrognes que l’on ne croit pas, mais de toute façon, le livret et la musique échouent déjà à en faire des pendants valables au lourd pathétisme de l’action.

Bref tout cela est très efficace et beau sans jamais chercher l’originalité ni la sur signification, en utilisant simplement les ressorts dramatiques du livret et en écoutant l’atmosphère de la musique… évidemment il s’en est trouvé pour huer.


http://www.artistikrezo.com/images/stories/redaction/3258_2009-10-WERTH-134.jpg© Opéra national de Paris/ Elisa Haberer


Cette sobriété des moyens expressifs on la retrouve aussi chez les chanteurs : on louera jamais assez Alain Vernhes et sa diction immédiatement compréhensible qui ne sacrifie jamais à la qualité de la note et à la sureté de la projection, or ce soir il devait se sentir moins seul qu’à son habitude, tout le monde fait en effet de louables efforts pour articuler et l’on comprend presque tout sans surtitre, sauf à la fin où Werther et Charlotte sont incompréhensibles, celle-ci ayant déjà pris de l’avance dans son invocation à Dieu. Mais à vrai dire je ne serai pas aussi sévère que d’habitude sur ce point : la prosodie de Massenet va tellement à l’encontre du rythme naturel de langue française qu’y être compréhensible est bien plus difficile que dans les autres opéras français, dans certains passages très lyriques me suffisent donc amplement les arrêtes des consonnes et la coloration des voyelles, en vouloir plus serait un peu comme reprocher à un tableau impressionniste de n’être pas assez dessiné, de manquer de trait, d’avoir des couleurs qui débordent. Andreas Jäggi et Christian Tréguier sont très vivants et tiennent brillamment leur partie, les enfants de même.

La Sophie d’Anne-Catherine Gillet est splendide, ce vibrato très serré semble constamment annoncer le trouble qu’elle ressent à la fin du II et que le livret ne lui laisse pas le temps d’exprimer, comme si sa joie n’était qu’apparence, qu’il y avait quelque chose de mélancolique en elle, en commun avec sa sœur, mais que l'absence de responsabilité familiale à la mort de sa mère n’aurait pas laisser s’épancher chez celle qui a droit de jouir de la jeunesse.

En Albert, Ludovic Tézier fait toujours aussi peu d’effort pour jouer, mais ici c’est idéal pour traduire la confiance, la sagesse et l’assurance d’un personnage qui ne vacille jamais devant l’amour de Werther pour sa femme qu’il sait partagé; il n’y a que dans sa dernière scène que la colère laisse supposer qu’il sait pertinemment quelle conséquence aura l’octroi des pistolets ; toutes ces qualités s’illustrent parfaitement dans une voix toujours aussi ample et stable.

En Charlotte, Sophie Koch fait vite oublier ma déception devant ses Nuits d’été il y a trois mois : le timbre a quelque chose de moiré, comme un sombre velours qui de temps à autre se pare d’un aigu fulgurant, la projection est remarquable et l’investissement théâtral total, souvent à la limite de l’excès, limite qui est aussi celle entre le bouleversant et le caricatural ; et avec quel art, sans aucune baisse d’intensité de la déclamation, elle intègre le parlé dans ses derniers mots sur le cadavre du héros. On lui reprochera juste de trop transformer ses « w » en rampe de lancement des « erther », trop faire durer les consonnes nuit gravement à la santé mentale de votre entourage.

Enfin Jonas Kaufman est un Werther idéal qui unit à lui seul les versions pour baryton et ténor du rôle : il assombrit considérablement sa voix sans pour autant renoncer aux aigus du rôle qu’il amène avec une intensité et une tension concentrée, sans jamais dégouliner, là où tellement de ténor balancent ça comme une machine à laver à travers la fenêtre : difficilement, lourdement et dangereusement ! A tel point que ces aigus ne semblent plus surgir de nulle part, c’est peut-être une marrotte personnelle, mais je ne les ai jamais supportés ni compris dans « Pourquoi me reveillEEEEr », avec Kaufman cela n’a plus rien de la démonstration de force d’un ours peu matinal, et devient enfin l’éclat rageur mais tout de suite atténué par la conscience de sa vanité, c’est le spleen baudelairien, le à-quoi-bon de Cioran qui vient mettre un terme à l’emportement Sturm und Drang de l’aigu.


http://www.artistikrezo.com/images/stories/redaction/3261_2009-10-WERTH-170.jpg © Opéra national de Paris/ Elisa Haberer


Et cette réussite parfaite du plateau, on la doit aussi à Michel Plasson, chef que je n’ai jamais vraiment aimé sans trouver grand-chose à lui reprocher (ah si ! sa Carmen avec Gheorghiu !), mais qui fit ce soir toute la preuve de sa compréhension de ce répertoire : la pâte sonore de l’orchestre ondoie comme une mer houleuse et menaçante, ce n’est jamais tapageur, toujours contrasté, avec des pupitres parfaitement équilibrés qui se marient sans jamais se confondre ou se couvrir, révélant toute la richesse de cette orchestration qui m’avait toujours semblé pesante car trop nourrie.

J’attends de voir si le charme de l’œuvre ainsi interprétée opérera encore lors de la retransmission télé ; pour ceux qui ne pourront assister au spectacle, je ne saurai trop vous conseiller d’y jeter un œil, pour ceux qui peuvent se déplacer jusqu’à l’opéra Bastille, je crois que les premières catégories ne sont pas pleines...


http://www.artliste.com/interieur-piano-femme-vetue-noir-vilhelm-hammershoi-32-618-iphone.jpg

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 14:52

Semaine du 16 au 22 janvier :

 

                                                                                                               

 

TELEVISION :

 

 

            ¤¤  Concert à la salle Gaveau : Le gala des étoiles (1/2) : dans la nuit de samedi à dimanche vers 1h05 du matin  (France3)

 

 

            ¤¤  Europa Concert 2009 ( ???) : lundi 18 à minuit 10  (France2)

                        Muti -

 

 

            ¤¤  Toute la musique qu’ils aiment… : Soirée Mozart : vendredi 22 à minuit 10  (France3)

                        [Vous serez bien évidemment déjà sur France3, puisque juste avant l’émission de Duault, Mireille Dumas recevra… Eve Ruggieri.]

 

 

  

RADIO :

 

 

            ¤¤  Jusqu’à la lune et retour : Hänsel et Gretel : samedi 16 à 19h30  (France Culture)

 

 

            ¤¤  Carmende Bizet (MET, en direct) : samedi 16 à 19h30  (FM)

                               Y. Nézet-Séguin – Garanca; Alagna; Frittoli; Kwiecien…

 

 

            ¤¤  Leur premier CD : Michèle Losier (Intégrale des mélodies de Duparc) : dimanche 17 à 7h06  (FM)

 

 

            ¤¤  La tribune des critiques : Schoenberg : Gurrelieder : dimanche 17 à 10h  (FM)

 

 

            ¤¤  Die schweigsame Frau op. 80 de R. Strauss (Salzbourg le 14 juillet 1971) : dimanche 17 à 14h30  (FM)

                        Sawallisch - Reri Grist, Martha Mödl, Barry McDaniel, Benno Kusche, Donald Grobe

 

 

            ¤¤  Note contre note : P. Barbier pour ‘Pauline Viardot’ : dimanche 17 à 17h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Concert Schubert : Duos et quatuors (Schwarzenberg, sept. 2007) : dimanche 17 à 19h05  (FM)

                        J. Drake, piano – D. Damrau; A. Kirchschlager; I. Bostridge; C. Maltman

 

 

            ¤¤  Récital de Bryn Terfel (Edimbourg, août 09) : lundi 18 à 10h30  (FM)

                        M. Martineau, piano -

 

 

            ¤¤  Grands compositeurs : Chabrier, c’est ouf ! : de lundi à vendredi à 13h02  (FM)

 

 

            ¤¤  Grandes figures : Année 1810 : de lundi à vendredi à 14h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Le matin des musiciens : Mahler : Das Lied von der Erde : mardi 19 à 9h07  (FM)

 

 

            ¤¤  Génération jeunes interprètes : Finale du concours international de musique reine Sonja 2009 : mercredi 20 à 10h30  (FM)

 

 

            ¤¤  Récital de W. Holzmair (Opéra-Comique, en direct) : mercredi 20 à 20h  (FM)

                        Trio Wanderer – Programme Haydn, Pleyel, Beethoven

 

 

            ¤¤  Le magazine : avec M. Plasson  : jeudi 21 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  Les vendredis de la musique : Henry Purcell, l’Orphée britannique (2) : vendredi 22 à 15h  (France Culture)

 

 

            ¤¤  Le magazine : Nathalie Stutzmann  : vendredi 22 à 18h  (FM)

 

 

            ¤¤  L’actualité du disque : Sophie Karthäuser : vendredi 22 à 22h  (Radio Classique)

 

 

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 16:26

La Bohème
de Puccini

Stefano Secco Rodolfo
David Bizic Schaunard
Matteo Peirone Benoît
Tamar Iveri Mimi
Ludovic Tézier Marcello
Giovanni Battista Parodi Colline
Rémy Corazza Alcindoro
Natalie Dessay Musetta

Daniel Oren  Direction musicale
Jonathan Miller  Mise en scène
Dante Ferretti  Décors
Gabriella Pescuci  Costumes
Guido Levi  Lumières
Alessandro Di Stefano  Chef de Chœur

Orchestre et choeur de l’Opéra national de Paris
Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris

Opéra Bastille
29 octobre 2009

http://a10.idata.over-blog.com/320x480/2/93/66/60//Dessay-Boh-me-Bastille.jpg

Qu’est-ce qui rend comble une nieme reprise d’un spectacle de routine ? La présence d’une star, en l’occurence, Natalie Dessay. Et ce qu’il y a de bien avec Dessay, c’est que sa rareté sur les scènes parisiennes par rapport à son immense popularité en France lui assure le succès avant même d’entrer en scène. Et pourtant ce soir de première, on a pas entendu grand-chose… le trac, la première fois qu’elle abordait Puccini, la dernière fois pour ce qui est de ce rôle selon ses déclarations, une orchestration très différente de ce qu’elle a l’habitude d’affronter dans la fosse, une salle immense qui ne pardonne rien… on peut trouver toutes les excuses et les comprendre, même une star ne peut être au top de sa forme tous les soirs, surtout Dessay dont les lacunes techniques sont sources de précarité pour ses interprétations : un soir au top, le lendemain inaudible. Mais pour la Dessay actuelle, plus actrice que jamais, les soucis vocaux passent finalement au second plan, vous allez me dire, à l’opéra c’est con tout de même. Eh bien non, car même si elle était la moins bien chantante du plateau, on ne voyait sur l’immense plateau de Bastille que son petit second rôle, là où tous les protagonistes en pleine forme vocales étaient transparents. C’est de loin dans les passages parlés finalement que l’on entendait le mieux Dessay, particulièrement dans les derniers mots de Musette pendant la mort de Mimi qui furent boulversants. Comme quoi l’éloquence n’est pas forcément dépendante de la projection. On a beau ne rien comprendre à l’italien de « Quando m’en vo » et à peine entendre les notes, si ce n’est quelques aigus canardés, elle reste une actrice stupéfiante qui donne vie à son personnage de grisette avec un naturel et une force qui éclipse le chant de ses partenaires.


http://www.forumopera.com/uploads/images/photos/Opera/2009-2010/Boheme1.jpgPhoto: Christian Leiber


Il faut dire que la mise-en-scène ne les aide pas les partenaires : mon copain qui m’accompagnait me disait avoir déjà vu cette mise-en-scène il y a 7 ans ; renseignements pris, cette production fut créée en… 1995. Je sais bien que l’ONP est une maison de répertoire et que les Noces de Strehler y furent reprises pendant 25 ans… mais cette production de Jonathan Miller, très honnête cela dit, en mérite-t-elle autant. D’autant que l’on sait pertinemment qu’au fil des reprises, le metteur-en-scène ne revenant plus, nous n’avons plus droit qu’à des décalqués de mise-en-scène. Dans ce dernier calque, la direction d’acteur a presque totalement disparu, à moins que cela soient les chanteurs qui aient refusé de lui donner vie, à part Dessay et Tézier personne n’habite ici. Cette production qui ressemble finalement à du Zambello peut inspirée, se transforme alors peu à peu en Deflo.


Et le manque de théâtre pour un tel opéra, c’est vraiment plus con que le manque de voix pour Dessay. Car on ne croit finalement à personne, et l’empathie ne fonctionne pas, l’émotion ne vient pas, sauf quand Dessay parle. Pourtant tous les chanteurs chantent très bien, mais ils ne font que chanter.


A contrario l’Orchestre de l’opéra de Paris dirigé par Daniel Oren, chante, joue et nuance comme rarement dans du Puccini, pas de pataugeoire à pathos comme on en entend souvent, mais des tempi maitrisés, retenus pour mieux s’épancher au moment opportun, des couleurs ravissantes qui viennent animer ce décor grisâtre et ce vérisme sinistre.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 16:14
Paulus
de Mendelssohn

Matthias Goerne, baryton
Ruth Ziesak, soprano 
Christianne Stotijn, mezzo-soprano 
Rainer Trost, ténor

Orchestre National de France
Choeur de Radio France, direction Matthias Brauer
Maîtrise de Radio France, direction Sofi Jeannin
Kurt Masur, direction

Théâtre des Champs-Elysées
5 décembre 2009


http://www.concert-anniversaire.be/Felix+Mendelssohn+mendelssohnf.jpg


J’allais à ce concert un peu à reculons, freiné par l’a priori selon lequel Mendelssohn cherchait dans ses oratorios à copier Bach, et Dieu sait que les Passions de Bach m’ennuient ; l’évocation de l’héritage de Haydn n’était pas non plus me rassurer en la matière. Mais je fus agréablement surpris. D’abord l’orchestration romantique de Mendelssohn me séduit beaucoup plus que la froide spiritualité de Bach : la musique semble toujours porter la tourment existentiel que la foi cherche à résoudre. Et pourtant le modèle de Bach est toujours sensible : personnage du narrateur, grands chœurs entrecoupés d’arias, dramatisme évangélique, homogénéité du tissu musical, mais la choucroute sacrée me semble bien plus digeste ici que chez Haydn ou Beethoven.


http://www.carolinaperformingarts.org/assets/calendars/2008-09/Classical%20Recitals/MatthiasGoerneDET.jpg


Il faut dire que les interprètes ce soir-là avaient souvent de quoi convaincre : pas fan de Rainer Trost que j’ai trouvé trop extérieur, plus solennel que spirituel, mais parfaitement probant vocalement ; un peu gêné par l’excès d’effets de Ruth Ziesak, voix légère très percutante mais actrice manquant de simplicité, cela a au moins le mérite d’être très personnel ; on est déçu de si peu entendre Christianne Stotjin dont les très courtes interventions trouvent l’équilibre parfait entre la pudeur de la contrition et l’extériorisation inhérente à la spectacularisation de la foi.  Et enfin Matthias Goerne est comme toujours le plus inspiré et le plus impressionnant, surtout en regard de l’économie d’effets; le rayonnement serein, concentré et la douce résonnance de la voix sont toujours aussi séduisants ; tout juste pourrait-on lui reprocher de ne pas assez différencier Saul et Paul, mais la musique ne va pas vraiment dans ce sens non plus.


http://symphonycast.publicradio.org/programs/2008/02/04/images/masur.jpg


Chœur et orchestre furent excellents, puissance et clareté (assez impressioné par le chœur de la lapidation de St Etienne) ;  Kurt Masur est de plus en plus vacillant sur son pupitre, mais son entente avec l’orchestre saute aux yeux. Je manque de points de comparaison pour juger de sa direction, mais le simple fait qu’elle ait réussi à me faire apprécier ce type d’oratorio est pour moi gage de sa qualité.

Et grâce à cet oratorio, j’ai appris que St Paul avait été converti par un Ananas, et rien que pour ça, ça valait le détour :o)

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 15:59
Nearly 90²
de Merce Cunningham
Merce Cunningham Dance Company
  Création
Avec le Festival d'Automne à Paris

Théâtre de la Ville
3 décembre 2009

http://arshtpov.files.wordpress.com/2009/08/mercecunningham_portrait_full.jpg
© Annie Leibovitz



Dans ma découverte progressive des grands chorégraphes , il y a parfois des déceptions, ce spectacle de Merce Cunningham en est une. Quelques mois après sa mort, sa compagnie présente au Théâtre de la Ville Nearly ninety2, une adaptation de Nearly Ninety privée de la sculpture monumentale et des projections qui occupaient la scène lors de la création. Le style est volontairement totalement abstrait, épuré : cette esthétique est sa propre fin, elle ne fait appel à aucune coincidence ou évocation du monde extérieur, c’est un ensemble de mouvements unis stylistiquement mais qui ne parlent de rien, qui ne produisent aucun sentiment, des émotions peut-être mais purement issues de l’étrangeté du monde dans lequel on est plongé. On est donc assez proche chorégraphiquement de l’art abstrait en peinture, mais plutôt du Malevitch extrémiste que du Kandisky coloré.


http://files.fluctuat.net/IMG/jpg/nearly_90.jpg© Anna Finke



L’épure s’illustre d’abord dans la scénographie : plateau vide, fond noir qui s’ouvre parfois sur un seuil puissamment solaire ou sur lequel est projeté un rayon de lumière blanche ; les costumes sont des secondes peaux noires en velours finement puis largement zébrées de bandes argentées. La musique est conçue sur le même modèle de paysage abstrait, sonore en l’occurrence : un designer du son et un guitariste sont dans la fosse pour créer façon Pierre Henry, de la musique très violente, brute et âpre.


http://s2.e-monsite.com/2009/12/04/11/resize_550_550//Cunningham-Nearly-90-ph-Anna-Finke-1.jpg© Anna Finke


Le langage chorégraphique ressemble étonnamment à du Martha Graham sans signification mytho-psychologique ni même dramatique : raideur, simplicité, équilibres faussement statiques…  Tout cela est parfaitement cohérent et même impressionant plastiquement, mais sur presque 90 minutes*, c’est vite emmerdifiant ! Et à l’inverse de Martha Graham (ou même de Pina Bausch) dont les spectacles devenaient plus légers et plein d’une sage dérision à l’approche de sa disparition, j’ai le sentiment que Cunningham persiste dans une voie qu’il a mis tant d’efforts à tracer ; mais n’ayant jamais vu d’autres spectacles de Cunningham, ce n’est qu’un pressentiment sans fondement.


http://s2.e-monsite.com/2009/12/04/11/resize_550_550//Cunningham-Nearly-90-ph-Anna-Finke-61.jpg© Anna Finke


* le titre du spectacle trouve aussi sa justification dans l'age du chorégraphe quand il a créé ce spectacle, il est  d'ailleurs mort récemment, à 90 ans, peu après Pina Bausch.

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