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Psychologie

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 23:23
Furore !
Joyce DiDonato
Les Talens Lyriques - Christophe Rousset
 
Teseo [1713] - Medea
Acte II, scène 1 : « Dolce Riposo »
Actes II, scène 6 : « Ira, sdegni, e furore... O stringero nel sen »
Acte V, scène 1 : « Moriro, ma vendicata »

Imeneo [1740] - Tirinto
Ouverture
Acte II, Scène 3 : « Sorge nell'alma mia »

Il Pastor Fido [1734]
Chaconne

Serse [1737] - Serse
Acte III, Scène 11 : « Crude furie »
 
Entracte

Ariodante [1734] - Ariodante
Acte II, Scène 3 : « Scherza Infida »

Rodrigo [1707]
Passacaille

Hercules [1745] - Dejanira
Ouverture
 Acte II, Scène 6 : « Cease Ruler of the day to Rise »
Acte III, Scène 3 : « Where shall I fly »

Bis
Serse (1737) Acte I, Scène 1 : "Ombra mai fu di vegetabile"
Ariodante (1734) Acte III, Scène 8 : "Dopo notte"



Joyce Didonato est une sacré bonne femme, c'est peu de le dire et à l'annonce de ce disque et de la tournée avec Christophe Rousset, j'espérai bien une réussite au moins égale au récital de Sandrine Piau avec le même chef quelques années plus tôt. Tout semblait réuni: une chanteuse aux moyens conséquents et une sélection intelligente d'airs rares mélés à quelques tubes. Restait à savoir si Christophe Rousset et ses Talens lyriques retrouveraient l'entrain et la puissance des grands jours, où s'ils donneraient dans le petit son étriqué que peuvent faire les tempêtes dans des verres d'eau (parfois). A l'écoute du teaser suivant, on pouvait légitimement craindre que ce serait le tournicoti-tournicoton et je crains toujours de jeter une oreille au disque. Tandis que ce soir, on a eu droit à une orchestre parfaitement équilibré (21 instrumentistes c'est peu, mais ça ne fait pas paraitre maigrichonne la basse continue) et bien sonnant; certes on aurait pu souhaiter une étoffe plus foisonnante, mais ne nous plaignons pas, les directions rondement menées (et j'insiste sur le "rondement") de Rousset sont de plus en plus rares. Et ce soir, on a clairement bénéficier de l'expérience de la tournée.



Et alors notre chanteuse, Joyce Didonato mezzo-soprano nous dit-on. On pourrait un peu vite la classer dans cette catégorie à la mode des mezzo coloratures, idéales pour les rôles de castrat. Eh bien non. Contrairement à Hallenberg, Kozena ou Bonitatibus pour ne citer qu'elles, ce n'est pas une mezzo à aigus, mais une soprano à graves. C'était déjà sensible dans son Romeo à Bastille, mais ce soir c'était évident. Du coup, cette voix transpire la féminité, ce qui en fait une interprête royale pour les magiciennes comme Medea, Alcina ou Melissa, et non pour les rôles de castrats comme Ariodante ou Serse.

Didonato a plusieurs grandes qualités, c'est d'abord sa projection puissante qui lui permet de briller dans Rossini également et d'être ici toujours audible même dans le grave truqué; c'est ensuite ses qualités de belcantistes qui en faisaient un Idamante extraordinaire à Garnier (repris cette saison), rarement les cadences auront été aussi soignées et les variations aussi assurées, trilles et messa di voce à tous les étages; et enfin un investissement débordant.
Mais elle a aussi des défauts: un souffle qui s'épuise vite à ce régime de projection et qui la force à respirer trop souvent (mais c'est plus que pardonnable) et un grave truqué. Le trucage ne me gêne pas tant qu'il n'est pas surexposé, or dans les rôles de castrat, comme elle a l'honnêteté de ne pas escamoter les graves, le contraste avec l'aisance du registre aigu est criant. Quand elle chante la folie de Déjanire, ce grave grinçant et aigre est saisissant; quand elle chante une magicienne, la facilité avec laquelle elle passe d'un aigu pur et rond à un grave caverneux et apre est fantastique pour traduire la personnalité de la magicienne qui se voudrait pleinement femme mais dont la puissance, alors apanage de l'homme, lui interdit de vivre l'amour comme ses rivales, les sopranos gourdasses :o)


Une fois que j'ai dit ça, je peux donc mettre de coté les airs de Serse et d'Ariodante: c'est bien trop féminin, le "Scherza infida" a beau être le plus parfait techniquement que je connaisse, cela me laisse froid (faut dire aussi que l'orchestre était alors en pilote automatique), tout comme le "Ombra mai fu", que je n'en peux plus d'entendre; ou alors trop difficile pour elle, le "Dopo notte" est très tendu dans les vocalises auxquelles elle n'arrive pas à donner un intérêt psychologique trop attachée qu'elle est à les exécuter à toute vitesse sans beauté plastique, le "Crude furie" est sauvé par l'investissement mais les vocalises sur "aspergeeeete" et "veleeeeeeno" sont vraiment désagréables à entendre. L'air de Tirinto, "Sorge nell'alma mia" lui est plus favorable en l'absence de nombreux points de comparaisons et de par une écriture plus nerveuse qui l'autorise à de superbes surgissements dans l'aigu.

Le cas de Déjanire est à part. C'est un peu trop grave pour elle, mais l'anglais est d'un tranchant saisissant et ce grave grinçant fait mouche dans "Where shall I fly" pour les raisons évoquées plus haut, son emportement supérieur du à la mise-en-scène à Garnier la trouvait peut-être moins mécanique dans le syllabisme; quand à "Cease ruler of the day", la lenteur de l'air lui permet de déployer sa grande voix avec une amplitude duveteuse prodigieuse. Sans doute le plus beau moment de la soirée avec les deux premiers airs de Medea.

Venons-y donc à la magicienne, Medea. Je ne vais pas repêter ce que j'ai dit plus haut sur le passage de la femme à la furie, je dirais juste que cette alternance n'est pas simplement réussie vocalement mais aussi dans le sort fait aux mots: par exemple cette dernière syllabe de "Quel ben ch'adoro" qui sonne déjà comme la haine de "O la rival cadra". Bref c'est du très bon niveau.
Maintenant chipotons tout de même, non plus sur le grave ou le souffle mais sur l'abondance d'aigus. Si elle ne sacrifie jamais l'intention au volume, et si ces intentions sont vécues et non juste éxécutées, l'aigu est tellement puissant et facile qu'au final on ne retient que ça. Il masque trop le reste qui est loin d'être à oublier. En plus d'une féminité qui peut alors sonner indecrotable, on est tellement abreuvé d'aigus qu'on en serait presque sevré (et pour que je dise ça!). Certes l'enchainement d'airs de fureur concourre à cette impression, mais plus de mesure au sein des airs ne ferait pas de mal et permettrait de donner plus de force à certains passages qui le méritent vraiment. J'ai entendu ce soir une Médée puissante et passionnée mais dont l'aigu n'exprime nulle trace de souffrance (contrairement à ce que font des Kalna, Gauvin ou Rostof-Zamir dans les rôles de magiciennes). A trop vouloir jouer la furore, l'interprête en oublie qu'à l'origine de celle-ci on trouve une profonde tristesse qu'il convient d'exprimer dans tout l'air et non uniquement dans la partie B de l'aria ou dans des graves torturés. Paradoxalement la fureur handelienne s'apprécie moins en XXL, c'est too much. J'attends par contre avec impatience sa Donna del Lago à Garnier la saison prochaine.



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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 00:38
Dido and Eneas
Purcell

Malena Ernman (Dido)
Christopher Maltman (Aeneas)
 Judith van Wanroij (Belinda)
 Hilary Summers (Sorceress)
 Lina Markeby (Second Woman)
 Céline Ricci (First Witch)
 Ana Quintans (Second Witch)
 Marc Mauillon (Spirit)
 Ben Davies (Sailor)
 Fiona Shaw (Prologue)

Les Arts Florissants
William Christie (direction)

Deborah Warner (mise en scène)
Chloe Obolensky (décors et costumes)
Jean Kalman (lumières)


L'entrée de Didon


A l'exception de la retransmission télévisée du très beau spectacle de Sasha Waltz, je n'avais encore jamais vu Didon et Enée mis-en-scène, j'attendais donc beaucoup de ce spectacle, et notemment d'apprécier une oeuvre qui ne me touche que ponctuellement (l'ouverture, les deux airs de Belinda au I, l'entrée de la sorcière et la mort de Didon). Et je n'ai pas été déçu.

Pourtant je fus d'abord sceptique: puisque la musique du prologue était perdue, on décida de nous en présenter le texte joué par Fiona Shaw, excellente au demeurant, entre le tragique et le dérisoire avec un anglais délectable, texte dont les différentes parties étaient signalées par quelques accords de musique intermédiaires. Façon de justifier aussi le fait de ne pas présenter une autre oeuvre en complément, 1h20 de spectacle cela reste tout de même un peu chiche. Mais j'avoue que la mise-en-scène ne m'a pas permi de faire le lien entre le mythe narré dans le prologue (Echo et Narcisse) et celui de l'opéra. Tout juste commençait-on à le comprendre à la fin du prologue avec cet étrange texte ironique sur la force de l'amour.

Au moins ai-je eu le temps de comprendre l'un des codes de la mise-en-scène de Deborah Warner, celui des costumes: à part les personnages principaux (Didon, Enée, Belinda, la suivante et la sorcière) tous sont en costumes contemporains extrêmement sobres contrastant avec la richesse des costumes d'époque dessinés par Chloe Obolensky. Quant à notre récitante elle porte jean, corset et épée. Il en va de même pour les ingénieux décors: sur les cotés des murs de brique avec projecteurs, en fond de scène la façade du palais voilée par un rideau de fils brillants et les frondaisons; au centre une mosaïque qui se transforme en marre sur laquelle tombent les feuilles au II,2 puis, symboliquement, en port avec voile marine deployée devant la façade au III. Le tout baignant dans les éclairages raffinés et puissants de Jean Kalman est une réussite visuelle extraordinaire: rarement le mélange des époques aura-t-il été réalisé avec autant de goût et de force suggestive.
Et pourtant, bien que belle, cette mise-en-scène se révèle assez creuse. On remarque quelques bonnes idées: l'effroi de Didon quand la suivante évoque le sort d'Actéon ici-même, alors même qu'elle en mimait l'instant d'avant la scène de métamorphose avec Enée; peu après, plutot qu'une tête de sanglier (so glam!), c'est un oiseau en cage que lui offre ce dernier; le personnage de la sorcière est très réussi également, survirilisée, fumant cigarette comme un voyou et menant ses consoeurs en laisse tout en mangeant de la barbe à papa lors du départ d'Enée. La direction d'acteurs se révèle donc très efficace: on pourrait également citer les acrobates qui s'agitent et s'entremèlent tels les vents furieux lors de la tempête avant de revenir, toujours suspendus depuis les cintres, pour être cette fois les marins, comme si la tempête qui chasse les amants de leur épisode champêtre était le prémisse du départ d'Enée, toujours poussé par les vents.
Et puis quelques idées moins heureuses: Didon se suicide en avalant un poison, sa mort en devient biologique et non plus mystique, elle ne meurt qu'indirectement d'amour, c'est moins beau; les enfants qui envahissent régulièrement le plateau en piallant, criant et tentant d'exécuter les danses baroques en suivant un maître d'école. L'image est un peu facile (les enfants qu'auraient pu avoir, mais n'auront pas Didon et Enée), et 2 ou 3 bambins eurent suffit, la vingtaine c'est un peu trop présumer de la fertilité de la reine de Carthage :o) On pense peut-être à une référence à la recréation posthume de l'oeuvre dans un pensionnat de jeunes filles, mais au moins le bruit de leur pas sert-il de basse continue à l'orchestre...
Un spectacle ravissant donc mais qui ne marque finalement pas, dont le charme n'est que présent. Ce spectacle est l'adaptation de celui monté à Vienne dans une salle aux dimensions plus vastes, je ne sais pas dans quelle mesure adaptation il y a eu, mais il convient très bien à l'intimité de l'Opéra Comique.


L'entrée de la sorcière


Coté musical, la satisfaction est aussi de mise. D'abord William Christie et ses Arts florissants sont bien moins chichiteux et pète-secs qu'au disque. Bien sur la basse continue est toujours aussi maigre et donc loin d'avoir le poids tragique ou comique qu'elle a chez Harnoncourt, on pourrait toujours souhaiter plus de couleurs, mais les passages intimistes et les lamentations furent véritablement enthousiasmants. Il faut dire que le plateau vocal assure le spectacle.

En Didon Malena Ernman semble d'abord mal à l'aise, le rôle met presque trop en lumière son medium un peu sourd et son investissement de chaque instant, l'empeche de colorer, comme si l'angoisse qui l'etreint la trouvait incapable de faire montre d'un chant épanoui, mais cela marche; et c'est d'ailleurs mourrante que la voix se libère, libérée de l'angoisse de voir son bonheur s'achever, les couleurs naissent, le souffle s'allonge avant de s'épuiser, l'effet est paradoxal et saisissant, jamais la splendeur d'une voix n'avait sonnée si morbide à mes oreilles. Et il faut mentionner son masque facial fascinant, jamais les paroles de Belinda n'auront étées plus ambigues: "her eyes confess the flame her tongues denies", la flamme est amoureuse, la voix s'étrangle, puis elle devient funèbre, les paupières se ferment et la voix se libère.
Face à elle l'Enée de Christopher Maltman est diablement séduisant physiquement (slurp!) mais la voix porte presque trop, sans grande attention au style. Le contraste avec sa royale amante n'en est que mieux souligné, et vu l'épaisseur du rôle, on lui sait grès d'avoir réussi à se faire remarquer.
La Belinda de Judith van Wanroij déçoit clairement: la voix est maigre, musicale mais avec une projection très limitée et incapable de rayonner face au trouble contraltisant de sa soeur.
Mais la plus contraltisante de tous ce fut bien sur la sorcière d'Hilary Summers, butch jusqu'au bout des doigts, singeant deNiro, sa voix épaisse et noire comme du camboui convient à merveille quand l'actrice est si assurée. Incompréhensiblement elle se fait huer au rideau, les gens s'attendaient à quoi? ma sorcière bien aimée?! qu'on leur envoit Trudeliese Schmidt pour les calmer!
Mention spéciale pour la suivante de Lina Markeby qui réussit lors des quelques phrases de la scène champêtre à émouvoir et justifier l'angoisse de Didon, c'est assez incroyable, je ne sais si c'est la densité de sa voix ou sa tristesse pudique, mais elle capte immédiatement l'attention, et sa présence auprès de Didon mourrante est tout à fait naturelle.
Les autres seconds rôles furent très bons, mais je m'étonne que l'on ait confié le rôle de l'esprit à un ténor: Marc Mauillon est toujours très bon, mais transformé en marin, ce mythe y perd décidemment toute puissance sacrée, comme si on avait voulu le laïciser, sans grand résultat.

Le spectacle a été radiodiffusé sur France Musique en direct dimanche 8 décembre et sera prochainement diffusé à la télévision.

La mort de Didon

Photos: Elisabeth Carecchio

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 15:30

Semaine du 6 au 12 décembre :     

 TELEVISION:          

             
 
        ¤¤  Elektra de R. Strauss (ONP 2005) : dans la nuit de samedi à dimanche vers 1h30  (France3)
 
 
        ¤¤  Don Carlo de Verdi (Milan, en léger différé) : dimanche 7 à 19h  (ARTE)
D. Gatti / S. Braunschweig - détails
 
 
        ¤¤  Le songe d'une nuit d'été de Britten (Liceu) : dans la nuit de dimanche à lundi vers 2h50 du matin  (TF1)
[Je sais bien que je l'avais déjà annoncé il y a peu, l'une des deux annonces est donc fausse, mais c'est une manière de tester votre assiduité...]
 
    RADIO:         
 
        ¤¤  Les enfants du baroque: Le RIAS Kammerchor a 60 ans : samedi 6 à 18h  (FM)
 
 
        ¤¤  Anna Bolena de Donizetti (TCE, nov. 08) : samedi 6 à 19h30  (FM)
Pido' - E. Jaho; M. Vinco; S. Ganassi; D. Schmunck
 
 
        ¤¤  Classic classique: Chopin, puis "rendez-vous avec J. Kaufmann" : dimanche 7 à 13h30  (RTL)
 
 
        ¤¤  Dido and Aeneas de Purcell (Opéra Comique, en direct) : dimanche 7 à 14h30  (FM)
W. Christie - M. Erman; C. Maltman; H. Summers...
 
 
        ¤¤  Les greniers de la mémoire: les archives de la Scala de Milan : dimanche 7 à 17h  (FM)
 
 
        ¤¤  Don Carlo de Verdi (Milan, en direct) : dimanche 7 à 18h  (FM)
[voir "Télévision"]
 
 
        ¤¤  A voix nue: Luc Bondy (redif. de 2006) : de lundi à vendredi à 20h  (France Culture)
 
 
        ¤¤  Histoire de...: La vie musicale à Vienne (fin) : lundi 8 à 9h30  (FM)
 
 
        ¤¤  Le matin du musicien:  Du parler au chanter : lundi 8 à 10h  (FM)
 
 
        ¤¤  Grands compositeurs: Messiaen : de lundi à vendredi à 13h02  (FM)
 
 
        ¤¤  Concert Purcell et ses contemporains (Opéra Comique, en direct) : lundi 8 à 20h  (FM)
P. Agnew - C. Debono; C. Auvity; P. Agnew; L. Abadie
 
 
        ¤¤  Concert de Joyce DiDonato (Pleyel, en direct) : mardi 9 à 20h  (Radio Classique)
C. Rousset - Haendel: airs de fureur et airs de folie.
 
 
        ¤¤  Le magazine: avec J. Savall et M. Figueras (en direct) : jeudi 11 à 18h10  (FM)
 
 
        ¤¤  La vie baroque: P. Beaussant : jeudi 11 à 21h  (Radio Classique)
 
 
        ¤¤  Concert "Noël! Noël!" (Sarrebruck, en direct) : vendredi 12 à 20h  (FM)
C. Poppen - R. Ziesak; A. Schlosser; C. Mahnke; J. Taylor; N. Borchev...
Programme: Mendelssohn, Mozart (Exsultate jubilate), Humperdinck (Hänsel und Gretel), Franck (Messe), Saint-Saëns (Oratorio)
 
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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 23:09

YAHOOOOOOOOOOUUUUUUUUU!!!!! Mes amis c'était à se taper le cul par terre!!! Je n'en peux plus de bonheur!!! SONIAAAAAAAAAA!!!!!! ROBERTAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!

 Mon Dieu entre ces deux là et Florio, c'est des coups à souiller son pantalon ça! "Messieurs nous vous rappellons que pour votre confort le port du préservatif est très recommandé lors de ce spectacle"  

 Cette partition est sublime, les récitatifs étant captivants alors qu'il ne se passe RIEN! Ahurissant! Rolala ces airs de Rosmira et de Partenope! et ceux du ténor!!! et cet orchestre!! RHAAAAAAA!!

 Bon Licida ait un semblant de dignité je te prie! Et dire qu'il y en a qui prennent de la drogue pour être dans cet etat!! 

 Je vous fait un compte rendu demain quand j'aurai la tête plus froide! et même la neige n'y a rien fait c'est vous dire!!

VIVA PARTENOPE!! VIVA!!!



 

 

Je partai avec un mauvais a priori sur l'oeuvre entendue en différé de Beaune à la radio dans un son hyper-reverbéré qui noyait tout (micro caché dans un des caveau de la crypte?), je trouvais l'orchestre moins percutant que dans Vinci et je n'y suis allé hier soir que pour Invernizzi et Prina. Eh bien ce spectace m'a passionné! Du coup je réécoute le concert de Beaune en corrigeant mon oreille par le souvenir de celui de la Villette, plus incisif et surtout bénéficiant de conditions acousitques bien meilleures!

 

L'oeuvre d'abord est une merveille d'intelligence!! Le livret est dans la veine ironique des Serse ou Agrippina ( lire à ce propos le très bon commentaire de Kaminsky dans sa Bible): il ne se passe rien, mais alors rien entre la guerre au début du II et le duel à la fin du III, soit près de 2 heures de musique dont l'action se résume à l'intermède de Vinci. Du coup là où Vinci comblait cette "lacune" par de la virtuosité, Handel l'utilise et la souligne dans ses airs d'une précision psychologique à laquelle je suis hautement sensible, sans négliger une virtuosité à la hauteur des créateurs des rôles.

 

Partenope.................Anna Strada del Po, soprano......Roberta Invernizzi
Rosmira/Eurimene.....La Merighi, alto..........................Sonia Prina
Arsace......................Bernacchi, alto castrato..............Renata Pokupic
Armindo....................Bertolli, alto...............................Valentina Varriale
Emilio........................Fabbri, tenor..............................Cyril Auvity
Ormonte....................Riemschneider, basse.................Chrisitian Senn

 

A noter d'abord que la distribution a évolué au grès des reprises et celle de ce soir était un mix, puisque Varriale est une soprano (le role fut chanté en 1737 par Giziello, soprano castrato tandis que la Negri faisait...Ormonte! et Beard, Emilio. L'oeuvre est paumée dans le lot d'opera oubliés de Handel entre Rodelinda(1725) et Orlando (1733), cette Partenope date de 1730, date de la mort de Vinci dont Handel semble s'être inspiré d'autant que le livret, très second degré, semblait le hanter depuis un moment (écrit par Stampiglia). Pour le détail des airs et leur intêrets propres, voyez le Kaminsky, je ne cite qu'un petit bout ici: "Ce marivaudage héroïcomique et passablement échevelé fournit le pretexte d'une de ses partitions les plus irrésistibles, aussi drôles qu'emouvantes(...) il deploie ici la gloire incomparable de son orchestre, parant les fausses ardeurs guerrières de ses héros de trompette, cors et hautbois qui se montrent fort aptes à la verve militiare(...) on ne peut qu'apllaudir J.Keates, biographe de Handel, lorsqu'il proclame que Partenope"devrait figurer au repertoire de tout opéra disposé à monter La Chauve souris, L'Elixir ou L'Enlevement"." Après la retransmission radio, je me disai que Piotr et son copain étaient tombés sur la tête; plus maintenant.  

 

Pour vous donner une idée de la formidable ironie que delivre la partition, on pourrait évoquer le "Se bramate d'amar che vi sdegna" de Serse ou les petits coups d'archets semblent ricaner; parrallelement l'emotion est présente dans de longs airs pleins d'empathie. Bref Handel a vraiment tout compris à la condition humaine! Il est à la fois compatissant et dérisoire; c'est pour ça que j'aime tant ce mouvement héraclitéen derrière ses codes qui en rebutent plus d'un aujourd'hui.

 

On peut rajouter qu'il y a plus d'ensemble que dans les autres partitions de Handel et que les rôles de Partenope et Rosmira sont bien plus gatés en airs que chez Vinci. Voilà désolé pour le coté un peu brouillon, je vais essayer de me rattraper pour le compte rendu du concert.

 

L'orchestre dirigé par Antonio Florio s'est surpassé!! Que de splendeurs dans les archets!  Des cuivres et des bois justes (presqu'aucun pain dans la gigue de Rosmira) et le tout parfaitement ensemble: sachant être tantôt délicat, tantôt dynamique et tourmenté, tantôt martial, ça nous change du disque de Curmyn. Seul petit reproche si on veut jouer les chieurs, l'ironie de certaines pages eut pu ressortir avec plus d'évidence par un plus grande incisivité: je ne suis pas certains d'avoir compris que le livret était ironique si je n'avais pas lu le commentaire de Kaminsky auparavant (mais il est vrai que c'est le rôle de la mise-en-scène que de venir suppléer ce manque). Bref Florio en plus d'être un specialiste des napolitains est formidable dans Handel! Paris serait bien avisé de l'inviter plus souvent et pas uniquement sur une semaine comme c'est la cas cette fois-çi.  


 

Roberta Invernizzi est une Partenope pour laquelle j'aurai presque voulu être un quatrième soupirant(c'est dire!). Non seulement sa voix est splendidissime, avec des flambées de vocalises et des aigus scintillants au dessus d'un medium corsé, avec une aisance confondante, mais en plus c'est vécu d'un bout à l'autre: les récitatifs étaient, grace à elle et Prina, absolument captivants, on s'y croyait  Son "L'amor ed il destin" cranait fièrement et légitimement, j'ai écrasé une petite larme après son "Voglio amare"... je ne vais pas m'amuser à tous les citer mais j'espère que la radio diffusera cette performance: c'est bien simple pour moi avec Gauvin, Piau et Kalna, c'est la plus grande soprano handelienne actuelle. A l'article des reproches, je comprend que l'on puisse se lasser des ces incessantes volutes vocales, qui si elles n'ont rien de scolaire seraient assez identiques entre elles et répetitives, n'etait l'investissement psychologique d'une finesse remarquable qui vient transcender un luxe vocal en nécéssité.


 

Sonia Prina m'a encore plus convaincu en Rosmira qu'en Partenope de Vinci qui était pourtant de très haute volée. Je ne m'attendais pas à une telle réussite: un look à la Liza Minelli, une attitude en scène qui me ravit toujours autant par son engagement et son impetuosité, des vocalises de plus en plus torrentielles, des aigus et des graves que je ne lui connaissait pas, une intelligence musicale immédiatement sensible et en plus tout ce talent mis au service d'airs du meilleur Handel pour dépeindre cette superbe chieuse qu'est Rosmira: "Un altro volta ancor" filant à toute vitesse comme pour fuir l'eventualité d'une nouvelle trahison de l'infidèle Arsace; la gigue "Io seguo sol fiero" est devenu mon air de chasse préferé de Handel avec "Sta nell Ircana" et "Va tacito e nascosto", le thème m'a trotté dans la tête pendant tout mon entretien d'embauche aujourd'hui (et ça a marché! c'est vous dire le genie de Handel); l'air des furies de la jalousie possède une gravité aussi torturée que vaine absolument renversant; etc etc... Bref je comprends le pauvre Arsace qui hésite entre ces deux femmes comme on hésite entre Athéna et Diane! (voilà le coté "je fais mon intelligent" c'est fait!) Et je ne vois pas ce que l'on peu reprocher à Sainte Sonia (je plaisante bien sur, ses vocalises me charment par le timbre qu'elles developpent, mais elles sont tout de même un peu engorgées).

 

Renata Pokupic ne peut s'inventer des graves qu'elle n'a pas et pour cause c'est un mezzo, pas un alto et elle ne peut faire illusion comme Hallenberg ou surtout comme Bonitatibus. Son rôle est assez pleurnichard: Rosmira l'a castré en lui interdisant de réveler sa vraie personnalité, du coup il ne peut que répéter "Si je pouvais parler!" et se plaindre entre temps dans des lamenti absolument déléctables (j'ai déjà dit que cette partition était géniale?). De ce point de vue elle s'en sort pas mal du tout, même si cela reste un peu trop appliqué. Par contre, le seul air dans lequel Arsace retrouve sa virilité, "Furibondo spira il vento" tombe totalement à plat: cet air fait écho à celui des Furies de Rosmira dans le même acte, on doit entendre par les vocalises le vent s'engouffrer dans la caverne des graves, gagné en puissance et éclater dans l'éclair de l'aigu avec un incessant aller-retour à l'unisson avec les archets lancés à toute allure en pesant bien sur les cordes. Or Pokupic est bien en peine d'aller d'un coté comme de l'autre sinon ponctuellement dans une cadence bien préparée. Dommage donc, mais de toute façon je vois mal qui pourrait chanter ça depuis Horne, à part Bonitatibus et Podles. A bon entendeur...


 

Valentina Varriale a aussi un rôle de pleurnichard qui attend que Partenope arrive dans son lit sans rien faire pour. Elle hérite d'air très délicat qu'elle a interprété comme une ...soprano d'eglise: aigu parfait, medium honnête, mais ce n'était pas du tout émouvant, son jeu était toujours corseté, bref des cours d'art dramatique feraient sans doute d'elle une soprano très intéressante; là bon ben voui pourquoi pas...  

 

Cyril Auvity ferait bien de se lacher un peu plus aussi!! Quand on a un timbre aussi séducteur et tant de souplesse dans les vocalises, on ose des cadences plus interessantes (d'autant que Florio laissait des autoroutes pour les cadences finales à tous les chanteurs, même Pokupic les a bien utilisées) et un aigu (qu'il a en plus! il l'a sorti...une fois!!) plus solaire. Armindo c'est un guerrier tout de même, à moitié castré par Partenope lui aussi certes (décidemment quel opéra de femmes phalliques!), mais il lui en reste assez pour se battre. J'aurai aimer entendre sonner l'armure dans ses airs virtuoses, d'autant qu'il en avait les moyens! Le tout etait un peu trop molasson et se reposait trop sur un timbre des plus élegants et un naturel dans le chant confondant.


 

Chrisitan Senn enfin avait le seul rôle de mâle solitaire et fier de l'être loin des séductions feminines: il s'est bien sorti de son seul air assez virtuose aussi, mais bon rien d'inoubliable tout de même.

 

Au final, puisque la partition avantage nettement les deux donzelles, Prina et Invernizzi ont suffi a faire la qualité du plateau à elles seules, sachant que les autres chanteurs étaient soit décevants aux vues de leurs possibilités (Varriale, Auvity) soit en partie mal distribués (Pokupic). Et puis avec un orchestre aussi luxueux, je ne pouvais que souiller mon siège! 

 

Ps: j'autorise la femme de ménage à recueillir ma semence; étant données les conditions d'extractions de cette dernière, je ne doute pas que, allié à une ovulation provoquée dans les mêmes conditons, cela ne donne naissance à un "Handel eprouvette". Comme quoi on peut avoir mal au derrière à force de le taper sur le siège et faire un enfant! Amis de la poésie bonsoir.

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 22:48

De retour de ma virée lyrique à la Vilette pour aller écouter la Partenope de Vinci et en attendant celle de Handel mardi, voici un premier compte-rendu.

 

Leonardo Vinci
Partenope

Livret de Silvio Stampiglia
Intermezzo de Domenico Sarro

 La Cappella de'Turchini
Antonio Florio

 

Sonia Prina contralto (Partenope)
Maria Ercolano soprano (Arsace)
Maria Grazia Schiavo soprano (Rosmira)
Lucia Cirillo mezzo-soprano (Emilio)
Makoto Sakurada ténor (Armindo)
Rosario Totaro
ténor (Ormonte)

Giuseppe Naviglio baryton basse (Beltramme)
Giuseppe de Vittorio ténor (Eurilla)


 



 

Alors petit commentaire général d'abord: l'oeuvre (que je connaissais déjà à travers la retransmission radio de Beaune) était donnée dans son intégralité et avec l'intermède! Du coup le concert a duré 4 heures. Première remarque; on sous-estime bien trop l'importance de ces intermèdes, et c'est d'ailleurs par là que je vais commencer. Cet intermède bouffe transpose dans le regsitre populaire l'histoire noble de la Partenope: à travers la minauderie d'Eurilla interprétée par un tenor travesti, on voit tout de suite la parodie de Rosmira, travestie en Eurimene; quand la première change d'avis comme de chemise dès que son soupirant Beltramme la demande en mariage, la seconde ne sait jamais à quelle attitude donner la préference, la vengeance ou le pardon pour l'infidèle Arsace. La parodie de l'intermède sert donc ici à absorber toutes les critiques que l'on pourrait formuler selon le bon sens sur un livret vraiment "baroque" pour le coup. La satire est même poussée dans la dernière partie de l'intermède qui précède le lieto fine, dans le duo parodique qui voit les personnages échanger des paroles aussi gauches que caricaturales en filant la métaphore cliché de l'amour qui se deverse, du dard d'Eros et des retards imposées par la damoiselle au soupirant. A cette fonction cathartique s'ajoute celle évidente du comique qui ne donne que plus de force à la gravité du drame qui l'entoure. Bref les baroques avaient bien compris ce qu'est l'art total: maintenant que l'intelligence des da capo est établie, il serait grand temps de reconnaitre l'intelligence des intermezzi en rapport avec l'oeuvre pour laquelle ils ont été composés. On peut aisément y voir une préfiguration de l'idéal hugolien du grotesque et du sublime.

 

Giuseppe Naviglio s'est très bien sorti de sa partie de soldat forcé d'être galant et courtois pour parvenir à ses fins bien plus grivoises, tout à fait dans le ton il bridait volontairement le volume de sa voix pour rester bouffe et drôle. Giuseppe de Vittorio a parfaitement joué son rôle de Zaza Napoli, animant les récitatifs avec intelligence et sans lourdeur, il alla jusqu'à revêtir un châle pour pallier la carence visuelle de la version de concert. La salle les a beaucoup apprécié et moi itou! Prina et Schiavo étaient mortes de rire.

 

Pour la Partenope proprement dite: il s'agit d'un opéra napolitain, l'exhubérance est donc une qualité requise pour rendre pleinement justice à cette partition. Or aucun des chanteurs présents n'étaient vraiment à même de le faire en raison de tessitures souvent limitées. Pour pallier ce défaut une interprétation plus sage mais aussi plus soignée et ciselée a été retenue. Or la partition est assez pauvre harmoniquement, mais le lui reprocher serait vain, ce n'est pas du vénitien et encore moins du français. Sans être expert en la matière, on peut donc regretter d'un point de vue général un certain manque de folie.

 

L'orchestre dirigé par Antonio Florio a commencé de façon plus mollassone qu'à Beaune, mais s'est très vite rattrapé: ni tonitruant ni intimiste, parfaitement juste on peut regretter encore une fois des cadences un peu trop sages et une interprétation un peu trop claire, mais le tout est plus qu'honorable et remarquable pour une partition qui n'avantage pas vraiment les musiciens. Florio a donc encore une fois fait mouche, en deterrant ce petit bijou de Partenope.

 

Inutile de vous dire que Sonia Prina m'a encore une fois ravi! Un timbre toujours aussi suave, un engagement et un jeu investis et captivants, une virtuosité bien sentie, un look d'enfer font vite oublier une tessiture réduite et de trop rares incursions dans l'aigu. Son air de la fin du premier acte et son "Cade mura" furent ses deux meilleurs moments: rutilante, noble, chaleureuse et caressante, ça a vraiment de la gueule! Vivement mardi que je la retrouve ne Rosmira cette fois çi! Sonia je t'aime!!! 


Photo: Marco del Grande

 

J'ai été très très agréablement surpris par la prestation de Maria Grazia Schiavo que j'avais trouvé peu excitante à la radio mais qui dégage un véritable charme sur scène et force la sympathie à défaut de l'adoration. Le timbre est assez commun, joli mais pas inoubliable, la tessiture est un peu courte: tout pour en faire un soprano passe-partout que l'on sort du choeur pour interpéter une niaiserie quelconque. Or force est de reonnaitre à Maria Grazia une véritable intelligence et un sens du drame: alors que son rôle est sans doute le plus improbable du livret, elle a toujours fait oublier son coté girouette pour en réveler le coté torturé et profondément humain. Elle a su éviter l'ecueil de la soubrette qui s'est trompé de partition (du style de Laura Giordano en Aminta ) pour nous révéler une Chimène. Si tous les soprano légers avec des moyens supèrieurs avaient son intelligence, nos scènes seraient peuplées de Roberta Invernizzi. Schiavo est donc  une artiste à suivre, pas forcément idoine pour se lancer dans les grands rôles handeliens tels que la Partenope (à Beaune, c'est Invernizzi qui le chantera à Paris), certainement pas faite pour chanter les airs écrits pour Farinelli (à Montpellier avec Florio en remplacement de Ciofi), elle peut se réveler très interessante ailleurs, cette Rosmira en est la preuve: un "Spiegati" au I percutant, un air de tempête au III dans lequel les vocalises sont parfaitement timbrées mais malheureusement pas assez étendues: en tout cas je préfère cette haute virtuosité propre et engagée à celle à la moulinette de Cangemi. Elle semble de plus avoir fait de nets progrès depuis son interprétation de Beaune, où elle était plus placide. Et en plus elle est assez jolie!


 

Seconde bonne surprise Maria Ercollano; soulignons tout de suite les défauts: cela manque assez de grave, le timbre n'est pas égal entre le medium et l'aigu, du coup "elle marche sur des oeufs" comme dirait l'amie qui m'accompagnait et fait dans la dentelle quand on l'attendait plus sauvage. Reste un medium superbe, une projection honnête (je l'entendai parfaitement du fond du balcon), un bon jeu et des vocalises élégantes qui nous donnent un air de Rondinella toujours aussi entêtant (ça c'était juste pour faire bisquer Clément!). Même si l'idéal pour ce rôle serait plutot Anna Bonitatibus, Maria Ercollano en donne une interprétation intéressante et adaptée à ses moyens à defaut d'être aussi captivante que cette femme phallique de Partenope. 


 

Lucia Cirillo se sort fort bien du rôle virtuose d'Emilio: même si encore une fois le grave fait défaut, elle comble ce manque en poitrinant de façon satisfaisante; en tout cas les vocalises sont impeccables et les montées dans l'aigu font un peu songer à Ann Hallenberg, la rondeur et la somptuosité du medium en moins. Un jeu à la hauteur de la vaillance du personnage finit de rendre son inteprétation tout à fait appréciable.

 

Makoto Sakurada a la dikchion peu chatichfeuante, mais un timbre très élégant: intéressant dans son air du I, chiant dans son dernier air du II qui reclame un investissement dramatique supèrieur au minimum syndical.

 

Rosario Totaro s'est par contre lui clairement trompé de rôle! Ce ténor chevrotant qui doit sans doute être à l'aise dans les rôles bouffes est supportable dans les récitatifs (son rôle n'a aucune importance dramatiquement) mais assez ingrat dans son seul et unique air: au lieu d'un servus currens, on attendait plutôt un noble serviteur, mais bon, cela n'a que peu d'impact sur la qualité générale du plateau.

 

La salle était remplie aux trois quarts seulement, mais s'est peu vidée malgrè les deux entractes et les 4 heures de spectacle; elle a reservé un beau succès à ce spectacle qui ne requiert qu'une mise-en-scène pour réveler toutes ses qualités. Les chanteurs n'y sont pas tous idoines, mais au moins y sont-ils bons et l'orchestre rend parfaitement justice à cette superbe partition qui risque malheureusement de replonger dans l'oubli (aucune sortie au disque n'est prévue: vive la Radio et l'ordi!)...du moins ne risque-t-on pas de la voir de nouveau à Paris de si tôt  exactement comme la Didone Abbandonata de Piccini donnée ici même l'an dernier par la même équipe.

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 22:30
Ezio
Opera seria de C.W.Gluck
sur un livret de Métastase
Créé à Prague en 1750

Ezio Sonia Prina
Fulvia Ann Hallenberg
Valentiniano Max-Emmanuel Cencic
Massimo Robert Breault
Onoria Mayuko Karasawa
Varo Julien Prégardien

Il Complesso Barocco
Alan Curtis

Théâtre de Poissy
18 novembre 2008


Ce soir là, Alan Curtis a enfin réussi son pari: prouver que certaines oeuvres oubliées méritent d'être appelées chef d'oeuvres. Après plusieurs tentatives plus ou moins echouées pour défendre des oeuvres oubliées de Handel, après un réussite plus franche pour ressuciter le Motezuma de Vivaldi, Alan Curtis finit par convaincre: cet Ezio n'est pas un opera seria parmi d'autres mais bien un chef d'oeuvre de Gluck et, qui plus est, un des plus beaux opera seria du XVIIIème siècle aux cotés de La Griselda (Scarlatti), Alcina, Orlando Furioso, Solimano ou Mithridate.

D'abord un point sur l'oeuvre. Il en existe deux versions: la première, présentée ici, date de 1750, la seconde est un remaniement opéré entre 1763 et 1764 dans lequel presque tous les récitatifs sont réécrits, beaucoup d'airs remplacés par d'autres tirés d'oeuvres antérieures de Gluck, trois airs remplacés par des neufs (dont le superbe "Se il fulmine sospendi"), quant aux airs conservés ils sont dopés par des lignes mélodiques doublées et des variations à foison. Signe du goût de l'époque, la veine dramatique et galante des années 1750 est supplanté par une exhubérance musicale plus flamboyante dont le Miithridate de Mozart est le superbe paradigme.
L'oeuvre est très contrastée: alternance entre airs de demi-caractère, airs furieux et lamenti, jusque dans les parties de chaque personnage dont la palette expressive est très étendue.
Gluck sera visiblement assez fier du résultat puisqu'il réutilisera plusieurs idées musicales dans d'autres opéras: le premier air de Massimo deviendra "Che puro ciel" dans l'Orfeo de Vienne, on retrouvera la poursuite des traits de violon du deuxième air d'Ezio dans le "Tremo" de Vitellia  (La Clemenza di Tito), tout comme l'ouverture et la marche (à l'identique), l'air d'Onoria au II se retrouvera chanté par Sesto ou l'air de fureur de Massimo par Tito avec d'importantes modifications (désolé pour l'imprécision sur le nom des airs mais je n'ai pas le livret chez moi et je m'appuis sur ma simple mémoire).
Le livret de Metastase a été sensiblement modifié comme il était d'usage à l'époque: dramatiquement cela a pour conséquence le sacrifice du personnages de Varo (un seul air) dont la psychologie est presque aussi inutile que celle d'un deus ex machina, son seul intérêt étant de dénouer le drame vers e lieto fine et il ne pourra pas chanter le déchirement entre son amitié pour Ezio et l'obeissance qu'il doit à son empereur. ; Onoria s'en sort un peu mieux (trois airs) mais c'est à peine si on lui laisse le temps d'exprimer sa rage.
Par rapport à la version de Handel (donnée en ce même lieu il y a 2 mois), Gluck s'embarasse donc beaucoup moins de véracité psychologique et accorde plus d'importance à la confrontation entre personnages: d'où des récitatifs enflammés et surtout un superbe trio à la fin de l'acte II.



Pour ce qui est du matériel discographique: lorsque Cecilia Bartoli sortait son album consacré au Gluck seria, elle fit la preuve qu'avant la célèbre Réforme dont il n'est pas le seul auteur, Gluck n'avait  pas composé que de la musique oubliable. Son programme incluait d'ailleurs un passionnant "Misera dove son... Ah non son io che parlo" tiré de cet Ezio. Plus tard deux enregistrements discographiques sont venus confirmer l'intérêt de cet opéra: la version de 1750 dirigée par Andreas Stoehr s'avère trop timorée (voire apathique) et les chanteurs trop sur leur gardes pour convaincre qu'il s'agit là de plus que de la jolie musique, même Cencic(Valentiniano) et Or (Onoria) semblent alors en retrait; la version de 1764 dispose par contre de la direction exhubérante de Michael Hofstetter et de l'Ezio stupéfiant de Franco Fagioli, malheureusement les autres chanteurs s'ils laissent deviner la beauté de cette musique sont plus affairés à ne pas se laisser submerger par la partition qu'à interpréter leur personnage, et la vaillante Netta Or ne chante plus que le petit rôle de Varo.



Et bientôt donc, en septembre 2009, sortira le disque, écho de cette soirée, disque qui se placera sans difficulté au sommet des enregistrements d'oeuvres de Gluck à coté de la trilogie française par Minkowski, il ne manque plus qu'un enregistrement au même niveau de La Clemenza di Tito pour que les mérites du Gluck seria ne soient plus contestables. En attendant, la retransmission vidéo de ce concert aura lieu sur Mezzo en janvier 2009: enfin une occasion pour beaucoup de voir Hallenberg, Cencic et Prina dans des rôles à la mesure de leur talent.

Alan Curtis et une belle plante

Il Complesso Barocco était ce soir en petit effectif (je n'ai pas la partition, si quelqu'un avait le moyen de vérifier l'effectif original ce serait sympa); ils ont commencé de façon très très précautionneuse et puis après un petit temps de chauffe, la machine s'est lancée et je les ai retrouvés presque aussi bons que pour leur Motezuma au TCE. Il n'y a pas à dire, ils sont vraiment meilleurs dans un repertoire plus évidemment mélodique que celui de Handel: ils ont plus de sensibilité que d'esprit, d'où des echecs quasi systématiques dans Handel et de vraies réussites ailleurs pour peu qu'ils preparent longuement les oeuvres. Je suis heureux en tout cas de les voir progresser: tant de distributions frisant l'idéal gachées, je n'y tenais plus.
Les cordes se sont montrées excellentes, attentives à la vivacité du drame et à l'unisson; les cors n'ont pas canardé (une seule fausse note pardonnable), seuls les vents étaient un peu en retraits, mais la partition les flatte surtout dans les airs en tant que solistes et non dans les ensembles. La direction d'Alan Curtis fut équilibrée et précise: quel contraste pour l'air syllabique de Valentiniano au I, si on le compare avec la version éteinte de Stoehr! Bien des airs ont ainsi enfin révélé les beautés que le disque ne laissait que timidement supposer et la folie de Fulvia n'avait pas à souffrir la comparaison avec l'idéale version de l'Akademie für alte Musik de Berlin dans le récital Bartoli.



En Empereur Max-Emmanuel Cencic surclasse ici son interprétation au disque: il n'est qu'à écouter les variations audacieuses de son premier air pour entendre la différence. En confiance, il peut faire montre de ses impressionnantes ressources vocales et surtout de son goût exquis: ces cadences frisent la perfection. S'il a commencé son premier air sur ses gardes avec une voix qui sonnait petite, c'était sans doute pour laisser le temps à sa voix de se déployer et pour s'économiser devant la longueur de l'air. Autre sujet d'admiration: dans les récitatifs sa voix est parfaitement timbrée, attenuant ainsi le contraste avec les airs. Et l'on peut ajouter que la tessiture est toujours aussi extraordinaire pour un contre-ténor. Seul léger reproche: si l'attitude est parfaite, les inflexions de l'acteur sont parfois trop galantes pour l'empereur que l'on souhaiterait moins gracieux et plus autoritaire.


Premier air de Valentiniano chanté au disque par Cencic


Face à lui Sonia Prina est bien plus à sa place en Ezio gluckiste qu'en Valentiniano handelien: le rôle lui permet de faire montre de la variété de son talent, aussi bien dans un air virtuose (qui frolait le délire vocal de son "S'impugni la spada") que dans le lamento de prison où sa musicalité et son cantabile font merveille. Maintenant je ne vais pas m'étaler sur ses qualités, il n'y a rien de neuf, que de l'excellent, et j'ai suffisemment détaillé ses mérites ailleurs.

Photo: Terrence McCarthy

De même pour Ann Hallenberg, une autre diva tutélaire de ce blog, qui trouve en Fulvia un rôle de mezzo colorature idéal dans lequel elle brille bien plus que lorsqu'elle joue les contralto, d'autant que sa projection est alors autrement plus glorieuse. Cet air galant et virtuose qui conclut l'acte I, je ne l'avais pas même remarqué au disque, ici il brille de mille feux et rappelle les plus belles pages de Hasse. Son registre aigu sonne toutefois plus dur qu'autrefois, un peu moins facile, soulignant ainsi la cassure avec son medium.
C'est particulierement sensible dans le dernier air qui peut toutefois rivaliser sans peine avec la version Bartoli, mais quand cette dernière amenait l'aigu sur "che de-li-rAAAAr" de façon plus naturelle, Hallenberg n'a pas d'autre choix que de survaloriser cet aigu; je n'ai pas l'oreille absolue et serait bien incapable de dire si la note en question a la même hauteur chez les deux dames, mais psychologiquement cela prend un sens différent: chez Bartoli la folie augmente sur la phrase et explose dans l'aigu; chez Hallenberg le personnage semble ailleur sur la phrase avant cet aigu d'effroi qui sonne comme une soudaine et violente confrontation à la réalité: la mort de son amant.
Enfin tout comme Cencic et Prina les récitatifs sont portés à leur plus haut degré d'exécution: timbre plein, aucune consonne ne manque à l'appel, et le jeu est parfaitement maitrisé jusque dans l'inflexion des sourcils.



Passons maintenant aux chanteurs que je découvrais: le premier est une bonne surprise, Julien Prégardien (un lien de parenté avec l'autre célèbre Prégardien?) possède une belle voix et un sens du style évident, dommage que son attitude en scène soit un peu trop effacée et l'acteur aux abonnés absent, mais étant donné son rôle embryonnaire, c'est bien pardonnable.


J'ai un peu frissoné lors du premier récitatif de Mayuko Karasawa, la technique semblait plus aléatoire encore que celle de Sonia Prina, et étrangemment elle poitrinait pour les notes dans le medium... Au final c'est une voix aigu assez stridente qui manque d'assise, mais l'enthousiasme de l'actrice et son application à ne pas sacrifier les notes graves malgrè les efforts hasardeux que cela lui coutait, sauvèrent largement son interprétation. On peut aussi déplorer une tendance à surarticuler le texte ("aRRRRRRRogante!") qui rends son élocution très cassante, mais cela ne nuit pas au rôle et lui donne même un certain relief bienvenu.



Et pour terminer le point noir, mais alors pas un petit, ce fut le Massimo de Robert Bréault. Confier un tel rôle à un ténor inconnu (de moi du moins) à l'évidence en fin de carrière relève déjà du pari très très risqué, mais alors là... c'est un remplacement de dernière minute? La voix est en ruine, à plusieurs reprises certaines notes sont graillonées (!!!!!) alors même qu'elles ne sont ni aigues ni prises à un tempo rapide, on ne compte plus les fausses notes, les départ en retard, l'italien est sali par un accent français grossier, et l'intonation ferait plus penser à un déchiffrage chez soi qu'à un concert: pourquoi diable commencer les phrases de façon sourde pour ouvir la voix sur la fin? une distorsion de bande sonore. Inutile de préciser que l'acteur est rudimentaire et que le sens du style se limitait à des atterissages en douceur. Il a un site internet pour ceux qui voudraient en savoir plus avec des extraits audios pas dégueu, à mille lieux de ce que l'on entendu ce soir.





Sinon je ne peux m'empecher de dézinguer le discours de Monsieur le directeur, qui, non content de nous faire perdre le quart d'heure qui nous aurait permi d'avoir le dernier train pour Paris (et de ne pas attendre le bus de nuit pour rentrer à 2h du mat' chez soi!), le fait en enchainant les stupidités. J'avais déjà détaillé sa flagornerie leonesque lors du concert Handel, mais là on touche le fond. Enregistrement par Mezzo oblige, Monsieur fait le cabotin en arrivant dans le public, micro accroché au revers de sa veste et il nous explique:
- que la soirée est filmée par Mezzo en HD Haute qualité (vive la redondance)
- par des cadreurs qui sont ceux du grand cinéma français (rien que ça!)
- qu'on ne peut pas parler de Gluck sans évoquer Marie-Antoinette (t'as raison Gaston! surtout pour un Gluck seria créé à Prague!)
- laquelle avait d'ailleurs une jolie voix puisqu'elle chantait dans Le Devin du village du Rousseau (autre explication possible: c'est la reine, c'est tout!)
- la même protégeait d'ailleurs un jeune auteur inconnu, et Christian de nous jouer au clavecin les premières notes d'"Ah! vous dirais-je maman", ahah il parlait de Mozart ce grand blagueur (juste une précision, Mozart a écrit des variations sur "Ah vous dirais-je Maman" et non le théme!)
- que Gluck est souvent présenté à Poissy, par exemple toutes les versions d'Orphée: pour mezzo avec Podles (laquelle peut légitimement prétendre au rang de contralto, mais bon) en 1992, la version de Vienne avec Jacobs et la version Berlioz avec Minko et Croft (pas de chance, cette dernière c'est la version de Paris qui n'a rien à voir avec Berlioz!)
- mais bon l'essentiel c'est que cet Ezio de Gluck est une véritable résurrection puisqu'on ne l'a plus entendu depuis la reprise de 1764 (sauf pour ceux qui ont acheté les disques ou qui ont assisté aux représentations dont ils découlent évidemment...)
- "le disque, enfin non le coffret discographique parce que c'est tellement long que cela ne tient pas sur un seul cd, est enregistré ce soir" (merci de la précision)
Dommage qu'il ne nous ait pas dit que Christoph Willibald était dans la salle pour la résurrection de son oeuvre...
Je trouve tout de même affligeant que quelqu'un qui se dit directeur artistique étale ainsi son inculture et son impréparation de façon flagrante. De là à penser qu'il n'est pas entièrement responsable de l'orignalité et du prestige de sa saison...


Enfin quelques remarques sans interêt glanées à Tapetteland: Prina rocks! (comme toujours) et a enfin changé de photo dans les programmes; Cencic a de nouveau des cheveux; Julien Prégardien ressemble à Julien Doré; Curtis aurait pu être un ministre de l'échiquier anglais; Bréault a le même profil que Raymond Devos et se lèche souvent les babines; Hallenberg regarde ses collegues en scène avec une bienveillance maternelle et le premier violon ressemble à Miranda dans Sex & the city. J'espère que vous saurez apprécier ces informations à leur juste valeur.
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 22:28

La première fois que je voyais Cencic en concert. Pas franchement satisfait. Et je suis étonné de lire tout le mal que je pensais de Gonzalez-Toro à l'époque, alors que je l'apprécie beaucoup aujourd'hui, surtout dans la tragédie lyrique.


C'était franchement pas terrible! Je commence par le plus intéressant: Maxou a la boule à zéro!! ça lui donne un air plutôt sexy! Il arborait une magnifique tunisienne moulante avec strass à l'encollure façon patinage artistique et un pantalon noir des plus élégants qui lui moulait ses p'tites fesses! Ca fait plaisir de voir un chanteur faire de la concurrence à ces dames qui exhibent des robes flamboyantes tandis que ces messieurs sont condamnés au costard du dimanche, le plus souvent mal coupé et mal porté! 

 

Je suis tout de même content d'être aller à ce concert car cela m'a permi d'apprécier la voix de Max Emmanuel Cencic in vivo: le grave est toujours aussi somptueux qu'au disque mais bien moins sonore que l'aigu (normal pour un ancien sopraniste), la technique a l'air bien en place mais il lui faudra encore un peu de temps pour que sa voix prenne du corps: dès qu'il y a plus de 2 chanteurs avec lui, on ne l'entend plus, sa voix me semble donc bien plus à sa place dans le seria que dans la musique sacrée. D'ailleurs n'était le timbre somptueux, sa prestation aurait juste été honnête, exactement ce que l'on est en droit d'attendre d'un petit chanteur de Vienne, c'est poli mais manque d'émotion, de plus le texte est mal articulé et donc mal déclamé; le tout interprêté le nez dans sa partition sans regarder le public, mais c'était le cas de tous les chanteurs ce soir, comme si dans une musique sacrée il fallait avoir l'air inspiré ou recueilli et osciller du regard entre le plafond et le plancher! On chante tout de même pour un public, merde! Bref Cencic, c'est bien mieux dans le profane!



 

Bon sinon Christophe Rousset était particulièrement plat ce soir, pas engagé ni original, un concert de routine quoi; le Stabat Mater de Pergolesi à la limite de la corvée, du coup on s'est fait chier dans le Stabat Mater de Boccherini qui a besoin d'autrement plus d'enthousiasme pour retenir l'attention, et on reconnaissait Pergolese sans trouver ça formidable. En bis fut donné le final du Stabat Mater de Caldara qu'il eut été plus intéressant de jouer en entier à la place du Pergo que l'on se bouffe déjà à toutes les sauces.

 

Faut dire que les autres chanteurs n'ont en rien aidé: Caitlin Hulcup présentée comme soprano et tenant la partie alto de Boccherini (ben voyons! pourquoi s'emmerder à trouver un vrai alto, le public n'y verra que du feu!) est australienne, a les mêmes joues que Mamie Joan et la même articulation pateuse et incompréhensible, mais la comparaison s'arrête là: le grave est inaudible car ce n'est pas sa tessiture, tous les aigus sont forte et plafonnent, la voix très diversemment timbrée; quand je pense que c'était Anne-Lise Sollied qui était prévue initialement! Certes elle n'est pas plus alto que sa consoeur, mais elle est autrement soprano!

 

Emiliano Gonzalez-Toro est un ténor fade et transparent, articulation gloubiboulguesque également.

 

Quant à Anna-Maria Panzarella que j'estimai au disque sans l'adorer, je suis plus que déçu! L'aigu vire très vite à l'alarme incendie, strident avec un vibrato très sérré; on ne comptait plus les attaques par en dessous et le grave étaient aux abonnés absents. On peut apprécier un beau medium bien maitrisé et une certaine élégance dans le cantabile ainsi qu'un soucis de ferveur dans l'interprétation, mais cela n'a pas suffi pour être touchée par la Grace!

 

En conclusion, seul Cencic s'en est sorti honnêtement, mais il peut faire bien mieux!!

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 22:17
Mon premier contact avec la Tragédie lyrique, essai bientôt transformé avec la Proserpine de Lully. Je le publie pour mémoire du programme, plus que pour les 3 lignes que j'avais pu écrire.


A radio France le 22 janvier 2006 à 16H:

Les grandes héroïnes du XVIIème français dans le cadre du week-end Musique et héros.

 

Pascal COLLASSE
Achille et Polixène

Ouverture
"Dieux! Quel horrible spectacle" (Polixène)

 

Jean-Baptiste LULLY
Persée

Danses des jeux junoniens
"O mort! Venez finir mon destin déplorable" (Mérope)

 

Henry DESMAREST
Didon

Ouverture
"Tu me fuis inconstant...Un généreux trépas" (Didon)

 

Cardinal DESTOUSCHES
Callirhoé

Ouverture
"O nuit témoin...Le tendre amour" (Callirhoé)

 

Marc-Antoine CHARPENTIER
Médée

Suites de Danses
"Vous savez l'exil qu'on m'ordonne" (Médée et Jason)
"Quel prix de mon amour... Noires filles du Styx"(Médée)

 


Alors comme je ne suis que très peu familier de ce repertoire je vais pas pouvoir vous en dire grand chose: Stéphanie d'Oustrac est une formidable tragédienne (ce que tout le monde savait déjà): une déclamation noble, altière et percutante, une diction parfaite, une intelligence du texte et de la musique remarquable, et en plus sa prestance su scène est fascinante: la class'  



 

Hervé Niquet est fou (ça aussi on le savait déjà tous) et dirige son Concert Spirituel comme un pantin désarticulé, mais force est de constater que ça marche! Je ne me suis pas ennuyé à un seul instant alors même que ce repertoire m'ennuie au disque.

 

Caroline Mutel était tout à fait juste en Briséis puis en Nérine: un jolie voix prometteuse à surveiller; François-Nicolas Geslot était tout à fait faux en Jason.

 

Maintenant je ne vais pas vous mentir en vous disant que ce concert m'a transporté de joie, mais la faute en est plus à ce que je n'apprecie pour le moment que peu ce repertoire, ne l'ayant encore jamais vu mis en scène, ce qui pourrait bien faire déclic,et je crains de regretter plus tard de n'avoir pu gouter ce concert à sa juste valeur.

 


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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 22:05
Dans la série du neuf avec du vieux, on passe à un Gluck, Le Feste d'Apollo. Le disque est sorti depuis.

Eh bien tout cela était fort intéressant!!

Aristeo et Philemon e Baucis sont deux belles partitions de Gluck tirées du recueil Le Feste d'Apollo; certains airs en seront repris dans des operas ulterieurs pour devenir: "Non sdegnare" de Paride e Elena, "L'espoir renait dans mon âme" de la version parisienne d'Orphée, le choeur de la haine dans Armide; mais ce fut aussi l'occastion de découvrir un air superbe: "Il mio pastor tu sei".



 

Les Talens lyriques étaient dirigés de main de maître par Christophe Rousset qui commence vraiment à nous habituer à l'excellence: rien de lourd ou qui sente le dechiffrage, on peut certes lui reprocher un petit manque de folie.



 

Ditte Andersen et Ann Hallenberg étaient plutôt tiraillées par le trac lors d'Aristeo: l'une peinait à tenir ses aigus dans ce qui sera l'ariette d'Orphée, et les cadences étaient soit sages, soit interrompues violemment puis reprises, soit ratées; mais déjà on peuvait admirer un grande précision dans la vocalise malgrè un volume sonore des plus faibles. Hallenberg était audible dès le début avec de beaux graves sensuels de mezzo, mais c'est le registre aigu qui répondait mal, or quand on sait à quel point ses aigus sont cristallins, on pouvait être déçu! La seconde partie du concert les a vu plus en forme: Andersen a retrouvé une projection plus adaptée au lieu et ses aigus n'étaient plus serrés, sauf le recurrent contre-fa d'"Il mio pastor tu sei", vraiment rikiki. Quant à Hallenberg elle nous a gratifié du sublime air avec pizz des violons qui deviendra le choeur initial de Paride e Elena: sublime d'un bout à l'autre, un legato onctueux, des aigus sonnants sans être agressifs et un grave chaleureux: le pied! 



 

Marie Lenormand était assez inaudible, fade et n'accrochant vraiment pas l'oreille. Quant à Magnus Staveland, il était franchement dépassé aussi: dès qu'il essayait de donner du volume à sa voix, on obtenait des sons très étranges, et le reste était juste ennuyeux du fait d'un manque clair du sens de la déclamation et de l'interprétation.

 

Une bonne soirée donc, qui venant après le très beau récital de d'Oustrac à Radio France m'ont fait passé un charmant dimanche! 

 

a a a AAAA a a a a(essai de contre-fa)
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 21:51
En rangeant mon disque dur, je redécouvre quelques articles sauvegardés que j'avais publié sur un forum. Des fois que cela pourrait interesser quelqu'un, je les publie. Le style en est parfoit maladroit et répétitif, mais je l'assume.

Mon impression sur ce concert est assez mitigée, mais comme je découvrai les airs au programme, je ne vais pas m'étaler en considérations savantes (ce qui de toute façon m'arrive rarement! charmes de l'ignorance...  ).

 

L'orchestre porte bien mal son nom! Ces Folies françoises étaient très mécaniques, de la dynamicité sèhe et aucune souplesse, un seul mot: ennui! La Symphonie n° 29 était bien longue, et le concerto pour violon et orchestre n° 1 aussi avec un prime un soliste pas toujours juste. Bref je passe à la raison de ma venue ce soir là : la Sandrine! 


 

Le concert a mal commencé puisque dans le très virtuose «Non curo l'affetto», le medium répondait mal, du coup les graves ne passaient pas la rampe alors que les aigus étaient d'une rare finesse et qualité comme toujours. Le second air «A Berenice... Sol nascente» était bien mieux réussi, la voix ayant eu le temps de se chauffer, et Sandrine Piau a pu faire montre de tout son talent, cascade de vocalises aussi justes que charmantes et diablement compliquées, un véritable enchantement. D'ailleurs j'ai du mal à  comprendre les critiques de certains sur le volume de sa voix, qui certe est réduit mais n'en est pas moins percutant. Je l'ai toujours parfaitement entendu du fond du second balcon que ce soit au Chatelêt, à Radio France (oui je sais il n'y a pas de second balcon à RF, je vois que vous suivez) ou au TCE et pourtant ce soir l'orchestres jouait assez fort.

 

En seconde partie, deux airs bien plus dramatiques étaient programmés et le manque de soutien de l'orchestre s'est fait cruellement ressentir. Autant dans les deux premiers airs, Sandrine Piau pouvait assurer l'essentiel du spectacle par sa pyrotechnie vocale et faire oublier la routine baroqueuse de l'orchestre; autant là , elle avait vraiment besoin de son aide, sans compter que, comme le remarquait Baja, sa tessiture n'est pas la plus adaptée à ce type d'aria. «Voi avete un cor fedele» ne fut qu'à  moitié réussi du coup: Piau était sublime de sentiment et de maitrise vocale mais l'orchestre cafouillait trop pour la suivre. Quant à «Ah ! Lo previdi...Ah ! T'invola», tout son talent n'a pas suffit à me sauver de l'ennui. C'était à  mon sens le moins bon moment du concert, d'autant plus frustrant que bien accompagnée elle aurait pu faire quelque chose de tout à fait satisfaisant.

 

En bis, nous avons eu droit au «Parto» de Lucio Silla: du grand art, on retrouvait la grande chanteuse, tout y était parfait, et l'orchestre semblait plus à l'aise dans cette partition hyperconnue et balisée; de même pour le «Ruhe sanft» qui était le meilleur moment du concert, air qu'elle maitrisait parfaitement pour avoir déjà chanté le rôle entier; enfin ce fut à nouveau «Non curo l'affetto», bien plus accompli que la première fois: plus assuré avec plus de grave et d'audace dans le da capo (eh oui c'est possible!).

 

Je m'etonne que ce concert n'ait pas fait l'objet d'une captation radio, cela eu valu le coup ne serait-ce que pour Piau. Je n'ai jamais vu le TCE aussi vide (sans doute à cause des départs en vacance), mais je ne m'en plaindrais pas car j'ai encore une fois pu me replacer confortablement. Par contre pour vide qu'il fut, le TCE n'a jamais autant résonné des quintes de toux des tuberculeux qui le peuplaient! A tel point qu'un spectateur a même du crier "Ah suffit maintenant" pour mettre un terme à ces intermèdes qui venaient polluer chaque silence quand ce n'était pas les piani de Sandrine!

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