Blog sur l'opéra
Elisabeth Schwarzkopf est morte dans la nuit à 90 ans. C'est une des premières chanteuses que j'ai découverte adolescent, et quoique l'on puisse lui reprocher humainement, j'ai toujours adoré sa Comtesse, sa Donna Elvira et sa Maréchale. Son disque d'airs de Mozarts et ses interprétations de lieder m'emeuvent toujours autant. Je laisse de plus fins connaisseurs en parler mieux que moi.

Mais je saisis l'occasion pour m'etonner des torrents d'emotion que peut provoquer la mort d'une chanteuse (ou d'un artiste) alors même que celle-ci ne chante plus depuis longtemps: sa mort artistique est consommée depuis longtemps.
Je comprends la tristesse à la mort de Lorraine Hunt, qui était loin d'avoir fini de chanter. Je comprends que l'on puisse être ému humainement dans le cas d'artistes que nous idolatrons et si j'avais été vivant en 1977 j'aurais très certainement pleuré Callas. Mais pour les chanteurs que l'on admire simplement, ces effusions me semblent en grande partie plus dues à une nevrose sociale qu'à une émotion authentique (cela dit je serais bien en mal de dire quelle émotion peut être parfaitement authentique!) dans la mesure où on ne les connaissait pas personnellement ni le croyait comme dans le cas de nos idoles.
Cela dit je ne jette pas la pierre sur ce type de commémoration qui sont toujours l'occasion de saluer un talent. Par contre vous ne m'entendrez jamais dire un bien ronflant "Adieu Madame et merci"!