Blog sur l'opéra
Merci à Faust pour son premier article!
Réouverture de la salle Pleyel
Après cinq longues années de fermeture, la salle Pleyel a donc rouvert ses portes. Mais, est-ce bien encore la salle Pleyel ? Lorsque l’on pénètre dans le grand hall, on ne peut dire que l’on soit dépaysé. L’architecte, François Ceria assure être revenu à la conception originale, celle de 1927. Au-delà de l’impression de neuf, on découvre une très belle rosace au sol au-dessous de la coupole qui, nous assure-t-on, bénéficie d’un puits de lumière. Il faudra attendre que les jours aient rallongé, c’est-à-dire la fin du printemps prochain pour le vérifier en allant au concert !
L’essentiel n’est évidemment pas là. Il est dans la salle dont il ne faut pas hésiter à dire qu’elle est entièrement nouvelle. Parler, comme on le fait, de rénovation de la salle me paraît quelque peu abusif. Il n’y a rigoureusement rien de commun entre la salle d’il y a encore cinq ans et celle d’aujourd’hui. On ne s’en plaindra assurément pas. L’ancienne salle Pleyel était un grand hall que le bleu des murs rendait encore plus froid. Chacun se souvient que l’acoustique y était très moyenne, flattant exagérément les cuivres et ne permettant pas d’entendre les détails d’une orchestration. Pourtant, lorsque l’orchestre de Paris s’y était installé, le progrès était très sensible pour les musiciens et les mélomanes, l’orchestre ayant enfin pu quitter le Palais des Congrès, immense salle peu adaptée aux concerts symphoniques.
C’est donc la surprise qui l’emporte lorsque l’on découvre la nouvelle salle. Une impression intimiste qui change agréablement de l’ancien vaisseau. Décor blanc, très dépouillé. On découvre sur les côtés des balcons. Sièges confortables. Un peu plus de place où mettre ses jambes. L’architecte assure même que les fibres de lycra évitent au corps de transpirer ! Pour une fois, le confort des spectateurs n’a pas été oublié. Le regard se porte évidemment sur la scène qui n’a plus rien à voir avec la précédente. Elle a été un peu avancée. Derrière le plateau, se trouvent des banquettes qui pourront accueillir un chœur. L’accès à la scène doit aussi être plus commode pour les musiciens. C’est donc une salle moderne de conception contemporaine que l’on découvre sans aucun rapport avec la précédente salle ou même, j’imagine, avec la salle d’origine qui avait, peu après son inauguration en 1927, disparu dans un incendie.
On saura gré à l’actuel ministre de
Seule ombre au tableau, la réduction sensible du nombre de places. De 3 000 en 1927, on est passé ensuite à 2 370 pour terminer aujourd’hui à 1 913. Sans doute n’était-il pas possible de faire autrement à partir du moment où l’on mettait au centre de la rénovation les contraintes d’une acoustique de qualité.
Pour avoir assisté le 15 septembre au concert donné par l’orchestre philharmonique et le chœur de Radio-France, il semble bien que le résultat, sur le plan acoustique, puisse être qualifié de remarquable. Extraordinaire clarté du son. On entend à la perfection le son très pur du violon de Svetlin Roussev dans Tzigane de Ravel. Les grandes masses sonores de Daphnis et Chloé emplissent la salle sans que pour autant on ait l’impression d’une bouillie sonore. Une petite impression d’un son légèrement mat pendant le Boléro. Mais, il est un peu curieux de commencer un concert par le célèbre Boléro et, en outre, il faut sans doute attendre un peu avant que les orchestres en résidence n’aient pris définitivement leurs marques dans cette nouvelle salle. Si l’on peut donc se réjouir d’une incontestable plus-value sonore, elle n’est pas sans quelques contreparties déplaisantes … On y entend aussi beaucoup mieux les téléphones portables qui sonnent et même le bruit que fait le contrevenant en le cherchant fébrilement dans son sac … S’il existe des systèmes de brouillage efficaces, on ne saurait trop recommander à
Que penser de ce concert du Philharmonique dirigé par Chung ? Deux œuvres se dégagent du concert : Tzigane et Daphnis. Déjà donné par les mêmes aux Théâtre des Champs Elysées il y a quelques années, l’interprétation que Chung en live m’a semblé plus vive, plus flamboyante. Le chef coréen peut jouer sur les contrastes de l’œuvre et terminer en apothéose la danse générale qu’il reviendra bisser. Ouvrant curieusement le concert, le Boléro ne m’a pas semblé avoir ce côté lancinant et inéluctable, se déroulant d’un seul trait jusqu’à l’accord final. De
L’ouverture de la nouvelle salle Pleyel est incontestablement le grand évènement et la bonne surprise de cette saison. Espérons que son acoustique impitoyable conduira nos orchestres à livrer le meilleur d’eux-mêmes ...